Partage international no 248 – avril 2009
Après avoir analysé la condition juive au lendemain de l’attaque israélienne contre Gaza, Antony Lerman, ancien directeur de l’Institut de recherches sur les politiques juives, basé au Royaume-Uni, tire la conclusion suivante : « Nous tombons bien trop aisément dans le piège de croire que les souffrances des Juifs ont quelque chose de particulier. C’est faux. »
Dans son très sérieux article publié par le quotidien britannique The Independent, M. Lerman cite une étude du professeur Daniel Bar Tal de l’Université de Tel Aviv, selon laquelle la conscience des Juifs israéliens « se caractérise par un sentiment de persécution, une mentalité d’assiégés, un patriotisme aveugle, un bellicisme affirmé, du pharisaïsme, une tendance à ne pas considérer les Palestiniens comme des êtres humains, et de l’insensibilité pour leurs souffrances ». Les chercheurs ont trouvé un rapport étroit entre cette conscience collective et le souvenir de l’Holocauste et des « persécutions passées des Juifs », ainsi que le sentiment que « le monde entier est contre nous ».
Selon M. Lerman : « Il est compréhensible que les Juifs se considèrent eux-mêmes ainsi, mais c’est une distorsion hautement dommageable. » Le professeur Bar Tal affirme de son côté que ce point de vue est le fruit d’un constant endoctrinement qui se base sur l’ignorance, et même la nourrit.
L’opinion publique juive ne veut pas regarder les faits en face, de peur de se poser des questions. Si nous nous laissons définir par les persécutions passées, par notre mentalité de victime, comment pourrons-nous jamais aborder objectivement le problème israélo-palestinien, et celui de l’antisémitisme ? « Le credo que l’option militaire est la seule possible repose sur la mise en relief incessante des souffrances israéliennes, à l’exclusion de tout autre fait contextuel, et sur le mantra qu’aucun autre pays ne tolérerait que ses citoyens soient ainsi menacés sur une aussi longue période. »
Et pourtant, écrit M. Lerman, avant même « le désastre de la guerre du Liban » de 2006, Nahman Shai, ancien porte parole de la Défense israéliennes et personnalité éminente de l’establishment israélien, avait déclaré : « En dépit de toute la colère, la frustration et le dégoût que nous ressentons, nous devrions parler au Hezbollah. Nous ne devons manquer aucune occasion d’aboutir à un compromis avec eux, ce qui nous fera gagner un temps précieux. Le Hezbollah incarne-t-il vraiment tout le mal de cette région ? Qu’attendons-nous ? Nous pourrons toujours ensuite reprendre la lutte contre le terrorisme, si c’est nécessaire. » De plus, en janvier 2009, Efraim Halevy, ancien chef du Mossad et ancien conseiller à la Sécurité nationale, a déclaré : « Si le but d’Israël était de soustraire les résidents du Sud du pays à la menace des tirs de roquettes, il aurait suffi d’ouvrir les frontières pour obtenir ce résultat pendant une génération. Je sais bien que le siège, le bombardement et l’invasion de Gaza ne sont pas comparables avec l’anéantissement du ghetto de Varsovie – contrairement à ce que les censeurs d’Israël diffusent sur Internet. De telles comparaisons ne favorisent pas le calme et la compassion dont nous avons besoin pour examiner objectivement la réalité de ce conflit. Mais si nous prenons assez de recul pour comparer la souffrance d’un enfant juif agonisant dans le ghetto et celle d’un enfant palestinien agonisant à Gaza, qui oserait prétendre que leur souffrance est différente ? »
Sources : The Independent, G.-B.
Thématiques : peuples et traditions, Économie
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! »
Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)
