Une intercession divine

Partage international no 112décembre 1997

Cher Monsieur,

Les vacances de Noël 1944 sont les premières dont je garde le souvenir. A l’âge de trois ans, les préparatifs de Noël me semblaient un peu extravagants, mais cela marquait une pause bienvenue dans l’hiver austère du Wisconsin. La veille de Noël, je me souviens d’avoir demandé à ma mère à quoi servait tout cela. Je ne comprenais pas pourquoi on se donnait tant de peine pour l’anniversaire de quelqu’un. Toutefois, pendant que ma mère mettait en place les petites statues italiennes de la Sainte Famille dans la crèche, sous l’arbre de Noël, elle expliquait aussi bien que possible à un enfant de trois ans, que l’on célébrait la naissance de l’enfant Christ pour se souvenir que Dieu était venu sur Terre en tant qu’être humain. Quand je lui demandai si le Christ allait venir nous rendre visite le jour de Noël, elle me montra les étoiles et m’expliqua que le Christ était mort et qu’il avait rejoint son Père dans les Cieux.

Cette explication me fit m’interroger sur la nature de Dieu et je réfléchissais sur le sujet du mieux que pouvait le faire un enfant, tout en jouant avec les statuettes de la crèche, mordillant de temps à autre la tête d’un mouton ou d’un berger. J’étais loin de m’imaginer que la ravissante statue de Marie, vêtue de bleu et de blanc, deviendrait vivante pour moi lors des fêtes de Pâques, l’année suivante.

Je me rappelle avoir été conduit plusieurs fois chez le médecin, dans la ville voisine de Shawano, après Noël, car je n’allais pas bien. A chaque fois, le médecin de famille ne trouvait rien d’anormal. Ce fut seulement le jour du vendredi saint, une semaine après avoir eu mes quatre ans, que je commençai à ressentir une douleur à l’estomac ; je m’en plaignis à ma mère. Elle m’installa sur le canapé du salon et s’en alla servir le souper à ma sœur aînée et à mon père dans notre grande cuisine de campagne. Je les entendais discuter pendant que j’étais couché, regardant le plafond ; mais bientôt, j’entendis quelque chose de vraiment particulier, provenant de l’étage. Ça ne ressemblait pas à un bruit de pas, mais plutôt au froissement d’une étoffe de soie ou de satin. Chaque pas mesuré, avec ce bruissement, se rapprochait de la cage d’escalier ouverte qui descendait le long du mur jusqu’à la salle de séjour. Comme le bruit devenait plus fort et plus proche, je m’étonnai de ne pas avoir su que nous avions un invité à la maison. Mes parents n’avaient pas fait mention d’un visiteur. Or, il ne faisait aucun doute que quelqu’un était sur le point de descendre l’escalier.

D’où j’étais installé, je voyais tout l’escalier. Près du plafond, là où la dernière marche aboutissait au pallier, arriva un chausson blanc miroitant comme de la soie. Tout autour, il y avait une robe de la même soie blanche, recouvrant tout, sauf le chausson. Marche après marche, cette inhabituelle robe ondoyante se mit à descendre jusqu’à ce que j’en aperçoive la taille. A ce moment-là, la jeune femme se pencha en avant jusqu’à me faire face. Etonnamment, elle savait exactement où je me trouvais dans la pièce et me regarda directement avec un sourire chaleureux et amical, tout en continuant à descendre l’escalier. J’étais fasciné par ses vêtements. Ils étaient si différents de ceux de ma mère ou de ses amies. Je m’aperçus que le voile bleu qui lui recouvrait la tête et qui ondoyait jusqu’au bord de sa robe était identique à celui porté par la statuette de Marie, dans la crèche de Noël. En fait cette jeune femme lui était identique en tout point, pour autant que je pouvais m’en souvenir.

Alors qu’elle traversait la salle de séjour en venant vers moi, je commençais à comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un hôte habituel, mais qu’en fait, il devait s’agir réellement de Marie, la mère du Christ enfant, du Petit Jésus des décorations de Noël. Elle s’agenouilla à mes côtés et me demanda pourquoi j’étais si triste. J’essayais de trouver une réponse, lorsqu’elle me répondit qu’elle comprenait. Je réalisai qu’elle lisait mes pensées et elle me dit que je pouvais faire de même avec les siennes. Elle commença immédiatement à m’informer que j’étais en grave danger. Il fallait qu’un médecin m’examine avant la fin de la nuit, sinon ce serait trop tard et il faudrait qu’elle revienne pour moi. Elle me demanda si je comprenais ce que cela signifiait. Je répondis que je ne pourrais plus revenir à la maison. Elle acquiesça et m’indiqua qu’il m’appartenait de choisir. Elle était si belle, si aimante et compréhensive, qu’après un instant de réflexion, je déclarai que je voulais m’en aller avec elle. Elle se mit à rire doucement et m’expliqua que mes parents et ma sœur m’aimaient et qu’ils seraient très tristes de me perdre. Je persistais néanmoins dans mon intention de partir avec elle plus tard durant la nuit.

Je remarquai une sorte de frustration de sa part face à ma décision. Ses yeux se tournèrent vers le plafond et elle resta silencieuse pendant un moment. Lorsque son regard se posa à nouveau sur moi, son expression sembla plus sérieuse. Elle déclara : «Je vais te dire un secret que très peu de gens connaissent maintenant. Si tu restes avec ta famille, tu verras le Christ, parce qu’il va venir vivre avec les gens dans le monde. » Tout excité, j’essayai de m’asseoir alors que je lui demandai : « Quand, quand viendra-t-il ? » A nouveau, elle se mit à rire et me repoussa doucement sur mon oreiller en disant : « Tu dois rester tranquille. Quand tu seras plus grand, adulte peut-être, mais il viendra et tu seras un des premiers à le voir et à le reconnaître. » Je fus alors convaincu qu’au delà de mon entendement immédiat, ma vie pourrait être intéressante.

Son travail avec moi commença alors. Elle m’expliqua de quelle manière je devais me rendre à l’hôpital, aussitôt que possible. Je devrais convaincre mes parents qu’il s’agissait d’une urgence. Je connaissais le médecin et son cabinet, mais je ne savais pas ce qu’était un hôpital. Consciente de mon ignorance, elle m’expliqua exactement que dire à mes parents et, de plus, me fit part de leurs réponses. Pour tout ce qu’ils pourraient dire à ce sujet, elle avait une réplique que je devais mémoriser. Je dus répéter chacune de ses phrases trois fois. Finalement, elle parut satisfaite de me voir préparé pour la rencontre avec mes parents. Elle promit de faire en sorte que le médecin de famille m’attende à l’hôpital. Elle m’expliqua clairement que je ne devais pas avoir peur, que tout se passerait bien. Elle m’embrassa sur le front et remonta la couverture autour de mon cou, me recommandant de rester au chaud. Lorsqu’elle s’en alla, elle se dirigea vers la porte ouverte de la cuisine où ma famille étaient encore en train de manger. Ils ne remarquèrent pas sa présence. Elle passa ensuite à travers le rideau vert qui séparait la salle de séjour de la pièce adjacente. En voyant cela, bien qu’étant un enfant de quatre ans, je reconnus en elle un être exceptionnel.

Mes parents firent exactement ce qu’elle avait dit qu’ils feraient et dirent ce qu’elle avait dit qu’ils diraient. C’était comme si je vivais le même moment deux fois. Mon père accepta finalement d’appeler le médecin bien que ce fût tard dans l’après-midi du vendredi saint et que presque tout, dans notre petite ville, fût fermé. A la grande surprise de mon père, le docteur était à son cabinet et nous demanda de nous rendre directement à l’hôpital, où il avait une urgence. Mon appendice enflé fut ôté juste avant d’avoir atteint le point de rupture. Je m’éveillai à la première lueur du dimanche de Pâques.

Non seulement Marie m’a sauvé la vie, mais elle a tenu sa promesse selon laquelle je verrais le Christ lorsqu’il réapparaîtrait parmi les hommes sur terre. Je lui suis très reconnaissant pour cela. Wayne Peterson, Henderson, Nevada, Etats-Unis. [Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que Marie était le Maître qui fut la Madone.]

                                                                                                       W. P., Nevada, Etats-Unis.

[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que Marie était le Maître qui fut la Madone.]


Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)