Un œuf contre le mur

Partage international no 248avril 2009

« Entre un mur haut et massif, et un œuf qui se brise contre lui, je serai toujours du côté de l’œuf, a déclaré en Israël l’écrivain japonais Haruki Murakami, tandis qu’il recevait le prestigieux Prix de Jérusalem en février 2009. Oui, même si le mur a raison et l’œuf tort, je serai du côté de l’œuf ». Après avoir publié ces propos, le quotidien Ha’aretz a reçu de nombreux courriers disant, par exemple : « Les murs ne brisent pas les œufs, sauf si on les lance dessus » ou : « Si nous avons construit ce mur, c’est précisément pour nous protéger, car nous sommes les œufs. »

Les groupes pro-palestiniens avaient déconseillé à l’écrivain de venir en Israël, mais il avait tenu à recevoir le prix en mains propres. Et ce fut seulement lorsqu’il entreprit d’expliquer sa métaphore qu’il a déclenché une chaude polémique. Dans certains cas, les bombes, les tanks, les missiles et les grenades au phosphore sont le mur, et les citoyens innocents l’œuf. Il a d’ailleurs ajouté que « chacun d’entre nous est un œuf, jusqu’à un certain point.

Chacun d’entre nous est une âme unique et irremplaçable, enclose dans une coquille fragile… Et chacun d’entre nous fait face à un mur haut et massif. Ce mur a un nom ; il s’appelle « Le Système ». Le Système est censé nous protéger, mais, parfois, il assume une vie propre et se met à nous tuer, ou nous force à tuer des gens – froidement, efficacement, systématiquement. »

M. Murakami a ensuite dévoilé son crédo d’auteur : « Je n’ai qu’une seule raison d’écrire des romans : révéler la dignité de l’âme individuelle et permettre à sa lumière de briller. Tout récit a pour but de tirer une sonnette d’alarme, et d’éclairer un aspect du Système. »


Sources : NRC Handelsblad, Pays-Bas
Thématiques : politique
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)