Un monde entre deux civilisations

Partage international no 387novembre 2020

par Gerard Aartsen

Dans son nouveau livre, Pioneers of Oneness (Pionniers en quête d’Unité, non traduit), Gerard Aartsen s’appuie sur les grandes valeurs du nouvel âge pour découvrir ce qu’une synthèse de la science, de la religion, des enseignements de la Sagesse éternelle et ceux des visiteurs de l’espace révèlent sur la nature de la réalité. Ces extraits montrent comment les fortes divisions et les tensions presque insoutenables qui existent actuellement peuvent être surmontées en nous confrontant à notre tendance au séparatisme, et en les considérant comme étant les douleurs de l’enfantement qui mèneront à un sens nouveau de l’unité qui se fait jour en l’humanité.

Couverture du livre « Pioneers of Uneness »

Au moment de la transition entre deux cycles cosmiques, nous voyons les vieilles structures s’effondrer alors que les structures qui permettront à l’humanité de manifester les nouvelles valeurs d’unité et de synthèse ne sont pas encore en place.

Des dysfonctionnements de longue date dans les domaines politiques et économiques alimentent toujours des théories du complot au sujet d’organisations secrètes qui dirigeraient le monde tels que « les Illuminati » ou « l’Etat profond ». Ceci a été habilement exploité par des activistes d’extrême droite QAnon qui ont joué les lanceurs d’alerte pour alimenter la méfiance du public en répandant des rumeurs de pratiques pédophiles et autres atrocités qui auraient prétendument été commises par les élites. En ces temps incertains, des pandémies de peur, de haine et d’autres virus sont attisées par des dirigeants intolérants et incompétents qui créent un « ennemi » afin de prendre le contrôle sur un système qui s’effondre. Le sentiment d’insécurité qui en résulte chez les gens peut alors être projeté sur « l’autre » – que ce soient les juifs dans les années 1930 ou les réfugiés et les migrants de nos jours.

Néanmoins, les références dans les médias aux « structures qui ne fonctionnent plus » se multiplient et renforcent tant le sentiment d’urgence que la promesse d’un monde nouveau. Greta Thunberg, militante pour le climat âgée de 17 ans, a déclaré en juin 2020 que notre société était arrivée à un tournant où l’injustice ne peut plus être ignorée : « Les crises climatiques et écologiques ne peuvent pas être résolues par les systèmes politiques et économiques actuels. Ceci n’est pas une opinion. C’est un fait. »

Sans surprise, ce sentiment d’espoir se retrouve dans les enseignements de la Sagesse éternelle pour le nouvel âge, mais il est également présent dans l’enseignement qui vient de l’espace. Dans sa contribution à Crop Circles – Signes Annonciateurs du Changement Mondial, un des premiers livres publiés sur les crop circles, l’archéologue Michael Green décrit la relation qui existe entre les ovnis et les agroglyphes. Il fait diverses références à H. Blavatsky et Alice Bailey et conclut son chapitre en affirmant que diverses grandes énergies cosmiques ont été transmises vers l’humanité : « Selon moi, ce processus constitue le début formel du nouvel âge ou en terminologie chrétienne la « Seconde Venue ». Les agroglyphes sont le signe visible pour l’humanité de l’avènement du Royaume de Dieu. »

Plusieurs contactés ont été informés de même, comme par exemple Enrique Barrios. L’Age du Verseau, lui a-t-on révélé, est « une nouvelle étape dans l’évolution de la planète Terre, la fin de millénaires de barbarie, un nouvel âge d’amour, une sorte de « maturation. » Vous êtes déjà entrés dans l « Ere du Verseau », mais seulement de manière temporelle, pas dans les actes. La Terre a commencé à être régie par d’autres sortes de lois et de radiations cosmiques géologiques. En d’autres termes, il y a plus d’amour dans le cœur des gens mais ils continuent de vivre selon des principes qui appartiennent au passé et qui correspondent à des niveaux inférieurs d’évolution. Il en résulte un conflit entre ce que les gens sentent intérieurement et ce qu’ils sont contraints de faire extérieurement. »

Si l’humanité n’est pas là où nous voudrions être ou là où nous voudrions que notre société soit, ne devrions-nous pas nous demander si nous faisons ce qui est en notre pouvoir pour changer la situation, au lieu de chercher un bouc émissaire ou sauveur d’origine terrestre ou extraterrestre ? Citons Charles Eisenstein qui pose avec insistance la question suivante : « Bien sûr, il y a de nombreuses mauvaises personnes dans notre monde, des gens sans pitié qui perpétuent des actes haineux. Mais ont-ils crée eux-mêmes le système et le mythe de la séparation, ou se contentent-ils seulement d’en tirer avantage ? »

Notre degré d’implication pour sauvegarder l’intégrité de la vie planétaire et de ses règnes, étant donné que l’humanité fait partie intégrante de ce joyau bleu présent dans les cieux, est directement corrélé à notre capacité à percevoir et à faire l’expérience de l’unité en nous. Mais comment peut-on atteindre cette unité à l’échelle mondiale quand, selon B. Creme, seulement la moitié de la population « fait partie des gens du Verseau naissant et que les gens des Poissons constituent le reste, c’est-à-dire tous les gouvernements du monde, tous ceux qui aiment le mode de vie d’avant, qui détiennent la majorité des richesses du monde ? »

De plus, la moitié « Verseau » de la population mondiale n’est pas un groupe homogène non plus. Par exemple, les militants dans le domaine politique et social peuvent reprocher aux chercheurs spirituels d’être éloignés des problèmes du monde réel, alors que ces derniers peuvent se demander comment les militants peuvent ignorer les causes spirituelles qui sont derrière de telles questions. Pourtant, leurs motivations respectives ne sont pas si éloignées l’une de l’autre qu’elles le paraissent pour un observateur non averti. Le militant se sent poussé à agir lorsqu’il voit comment l’injustice sociale porte atteinte à la vie dans son intégrité et son unité, même quand cela n’a pas été pensé clairement. De même, un chercheur spirituel répond à cette impulsion du cœur qui le pousse à se sentir connecté à la source à laquelle toute l’humanité est reliée, même quand la mise en pratique est déficiente. Ainsi, quelque soit l’approche que nous ayons pour manifester notre sens de l’unité, le dénominateur commun de ces approches respectives est le fait que notre conscience en expansion cherche son expression dans les relations justes – avec nous-mêmes, avec « l’autre », et avec la planète. Par conséquent, que nous soyons militant ou chercheur spirituel, aucune de nos actions ne produira de résultats durables si elles sont le résultat des divisions actuelles ou si elles les accentuent.

En se remémorant la définition de la spiritualité donnée par le Maître Djwal Khul dans L’Education dans le Nouvel Age comme étant l’effort de surmonter les limitations existantes, le militant peut dépasser ses limitations en reconnaissant que son impulsion à agir a une origine spirituelle, alors que le chercheur peut le faire en reconnaissant qu’il doit agir en réponse à sa perception de l’unité afin de la rendre réelle.

Etant donné la situation mondiale actuelle, où les premiers acquis sociaux durement gagnés sont menacés par les forces de la marchandisation qui craignent de perdre les privilèges indécents que leur accorde le statu quo, il est plus important que jamais que tous, militants et chercheurs spirituels, unissent leurs forces pour « matérialiser l’esprit » ou « spiritualiser la matière ».

A ce sujet, le Centre d’études stratégiques internationales1 constatait en mars 2020 : « Nous vivons une époque où des manifestations de masse ont lieu à l’échelle mondiale et dont la fréquence, la portée ainsi que la taille sont inégalées. […] La taille et la fréquence de ces récentes manifestations éclipse celle des manifestations de masse qui ont eu lieu dans le passé telles que celles de la fin des années 1960, la fin des années 1980, et le début des années 1990. Vu dans ce contexte plus large, les événements du Printemps arabe n’étaient pas un phénomène isolé mais plutôt une manifestation très prononcée d’une tendance générale qui ne fait que s’amplifier. »

Selon le Maître de Benjamin Creme : « Nombreux sont ceux qui, dans leur cœur, renoncent aujourd’hui à l’iniquité du matérialisme qui imprègne la planète. Aspirant à la justice et à la paix, ils descendent dans la rue pour les voir instaurées. »

Bien que des manifestations dégénèrent parfois en violences et en pillages, des études montrent que les manifestations ne devraient pas être craintes ou évitées à cause de tels excès. Amber Gaffney de l’Université Humboldt en Californie, qui est psychologue en sociologie, a découvert que la polarisation est une réponse parfaitement humaine à nos fragilités et à nos défauts. Elle dit : « Quand les gens doutent beaucoup d’eux-mêmes et de leurs motivations, [c’est-à-dire lorsqu’ils ne sont pas en contact avec leur âme, le centre de leur être] des types de leadership alternatifs deviennent plus attirants pour eux, comme par exemple les dirigeants autocratiques dans les démocraties » qui jouent sur cette incertitude en tenant des propos tels que « Nous perdons notre identité ». Toutefois, poursuit-elle, certaines des plus grandes avancées sociales « ont résulté de l’action de groupes minoritaires dotés d’une forte cohésion et d’une identité claire. Lorsque nous voyons des changements sociaux positifs, ils sont provoqués par des minorités. Pensez au mouvement des droits civiques, le vote des femmes. Les changements sont tous fort positifs, mais ils ont commencé avec des groupes minoritaires – c’était une lutte contre la norme. »

Beaucoup de ceux qui ont travaillé pendant des décennies pour répandre le message des Frères de l’espace, ainsi que ceux qui l’ont fait pour l’Emergence de l’Instructeur mondial, pourraient s’en plaindre car leur vision optimiste de l’avenir met bien du temps à se concrétiser. Les mots que le major Hans Petersen a choisis pour clore son rapport sur la tournée européenne de George Adamski en 1963 auraient pu être écrits de nos jours : « Et ainsi vous êtes seuls – peut être en train de marcher sur votre propre chemin solitaire – dans un monde où les contrastes ne font que s’accentuer. […] La dépression est de grande ampleur, plus qu’elle ne l’a jamais été – meurtres, violences, crimes, accidents, escroqueries, maladies et stress, et tout cela à un tel point que l’on n’imagine pas que cela puisse être pire. Mais le plan – qui se poursuit et se manifeste par la présence des soucoupes volantes dans notre atmosphère et par le travail des gens de l’espace parmi nous – commencera bientôt à être visible. Lorsque cela arrivera, de nombreuses choses changeront¸ et puis cela ira en s’accélérant. Nous serons entraînés dans la spirale du progrès, et la loi de cause à effet rétablira l’équilibre dans notre monde. »

Extraits de Gerard Aartsen, Pioneers of Ondness. The science and spirituality of UFOS and the Space Brothers (Pionniers en quête d’Unité. La science et la spiritualité des ovnis et des Frères de l’Espace, non traduit). BGA Publications, Oct. 2020 ; 276 pages. ISBN : 978-90-830336-0-0.

  1. Le Centre d’études stratégiques internationales (CSIS) est un centre de réflexion basé à Washington DC (Etats-Unis). Le CSIS conduit des études politiques et des analyses stratégiques sur des questions politique, économique et sécuritaire dans le monde entier, et se concentre en particulier sur les relations internationales, le commerce, la technologie, la finance, l’énergie et la géostratégie.

Auteur : Gerard Aartsen, enseignant, auteur et collaborateur de Share International basé à Amsterdam (Pays-Bas).
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : De nos correspondants ()