Un étranger dans l’obscurité

Partage international no 248avril 2009

Le lundi 1er décembre 2008, je décidai d’aller faire des courses. J’étais de mauvaise humeur.

Il faisait presque nuit. Je tournai au coin de la maison dans une rue peu éclairée et je croisai quelqu’un que je ne regardai pas. J’étais plongé dans mes propres pensées, lorsque j’entendis quelque chose comme : « Excusez-moi. » C’était une voix bizarre et je choisis de l’ignorer. Je réponds souvent aux gens dans la rue, mais ce soir-là je n’étais pas d’humeur. J’entendis à nouveau : « Excusez-moi » beaucoup plus nettement et également « s’il vous plaît » répété deux fois et avec force. Je m’excusai aussitôt en disant que je n’avais pas bien entendu. Je remarquai alors qu’il s’agissait d’un homme ayant les deux poignets serrés et que l’un était levé vers moi comme pour un genre de salut poing contre poing à l’américaine, ou une sorte de poignée de main avec quelqu’un d’handicapé qui ne pouvait ouvrir la main. Me sentant encore irritable et ne sachant trop ce que j’étais supposé faire, je ne fis rien et le poignet retomba. Dans la lumière vraiment très faible j’essayai de regarder cet homme un peu mieux. Je distinguai les yeux qui semblaient regarder directement vers moi, mais tout le reste semblait disloqué. Le reste de son visage et ses membres semblaient ne pas se joindre de la bonne manière.

Il me demanda 38 pence. Tout en fouillant dans ma poche, je commençais à me demander s’il ne s’agissait pas d’un Maître sous un déguisement. En cherchant de la monnaie j’en fis tomber et je me plaignis de ne pas voir suffisamment pour reconnaître les pièces. Je cherchais une pièce d’une livre, mais j’ai regretté par la suite de ne pas lui avoir tout simplement donné toute ma monnaie.

En dépit d’émotions contradictoires où se mêlaient l’énervement et le désir de me présenter sous un jour favorable, pour le cas où s’il s’agirait d’un Maître (comme si on le pouvait !) je commençais en fait à ressentir une certaine chaleur pour cet homme étrange et en tout cas à éprouver de la compassion pour les terribles handicaps dont il semblait souffrir. Je lui donnai une livre en lui disant que je pensais que cela pourrait l’aider, bien qu’il m’ait demandé de manière très précise 38 pence. Il me répondit alors : « Vous savez, je ne suis pas un mendiant. » J’acquiesçai, me sentant de plus en plus incertain sur le sens de cette rencontre. Puis il fit un sourire rayonnant et tendit à nouveau le poing, que je pris volontiers comme pour une poignée de mains. Il s’éloigna dans l’obscurité. J’éprouvais un profond sentiment de légèreté, teinté cependant du regret de ne pas m’être montré plus amical au début.

J’ai beaucoup réfléchi à cette rencontre tant elle m’a impressionnée. Je peux y voir différents messages possibles, par exemple que je devrais être plus détaché, moins stressé, en fait ne pas avoir les poings aussi fermés. J’avais rencontré quelqu’un qui semblait être obligé de vivre dans un corps contorsionné et avait cependant une ouverture et une liberté d’esprit qu’il me serait impossible de décrire. En revoyant tout cela, je ressens encore une légèreté et une énergie merveilleuse qui semblent m’envahir jusqu’au bout des doigts.

A. N., Cambridge, Grande-Bretagne

[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que l’homme était Maitreya.]

Royaume Uni
Date des faits : 1 décembre 2008
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)