Partage international no 275 – juillet 2011
Yvonne Margarula est chef du clan des Mirrar, un peuple aborigène. En 1998, elle reçut le prix des Amis de la Terre et celui pour un Avenir sans nucléaire. En 1999, elle reçut le prix Goldman pour l’environnement.
Le 6 avril 2011, elle a envoyé une lettre à Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, exprimant sa solidarité avec le peuple de Fukushima. En voici des extraits.
« Ce fut avec une grande tristesse que nous, peuple Mirrar du parc national Kakadu d’Australie du Nord, inscrit au Patrimoine mondial, avons appris la souffrance du peuple japonais suite au récent tremblement de terre, au tsunami et à la menace nucléaire. Nos pensées et nos prières sont tournées vers le peuple japonais en ces temps très difficiles. Nous espérons que les individus, les familles, les communautés et la nation puissent se reconstruire. Nous espérons aussi une rapide résolution de l’urgence nucléaire de Fukushima […]
Je suis chef du clan, gardienne principale des traditions et de la pérennité de la plus ancienne tradition culturelle vivante du monde. Nous, Mirrar, sommes les propriétaires traditionnels de la terre actuellement exploitée par les mines d’uranium de Ranger et du site du projet d’exploitation de Jabiluka. La mine de Ranger produit actuellement 10 % de l’uranium mondial. Nous, peuple aborigène, nous opposons au développement de Ranger, et, bien que notre proposition ait été rejetée, elle n’a jamais été abandonnée […]
L’air, l’eau, la terre, la nourriture que nous absorbons sont pollués par des substances et des poisons nombreux. Les pires sont les radiations nucléaires émanant des centrales nucléaires ou provenant des expériences nucléaires qui continuent d’avoir lieu. C’est là le plus grand danger. Ces radiations détruisent le système immunitaire et les allergies sont le résultat de cette destruction.
On constate maintenant des réactions allergiques dans le monde entier. Selon les Maîtres, la pollution ‑ principalement la pollution radioactive ‑ est la principale cause de mortalité dans le monde.
[Le Grand Retour (B. Creme)]
Au début des années 1970, le gouvernement australien, dans le cadre des négociations avec le premier ministre japonais Kakuei Tanaka, s’est engagé à exporter l’uranium depuis notre terre de Ranger jusqu’au Japon […]. Etant donné la longue histoire entre les sociétés nucléaires japonaises et les propriétaires des mines d’uranium australiens, il est probable que les problèmes de radiation à Fukushima sont, en partie au moins, aggravés par l’uranium provenant de nos terres ancestrales. Cela nous afflige grandement […]
Aujourd’hui, environ 12 millions de litres d’eau radioactive s’étend sur le site de la mine d’uranium Ranger, en amont des communautés indigènes et des zones humides internationalement reconnues comme telles par la convention de Ramsar. La compagnie minière, détenue par Rio Tinto, a suspendu tout broyage d’uranium en raison des problèmes de gestion de l’eau non résolus et des menaces pour l’environnement. Tout cela est fort préoccupant et se passe dans le plus grand parc national d’Australie et sur notre Terre-mère, Kakadu […]
Depuis des milliers d’années nous, peuple aborigène de Kakadu, avons respecté les sites sacrés où réside un pouvoir spécial et dangereux. Nous appelons ces lieux et ce pouvoir : Ojang. Là se trouve Ojang, associé à la fois à la zone minière Ranger et au site proposé pour la mine de Jabiluka. Nous croyons et avons toujours cru que lorsque Ojang est perturbé, un grand et dangereux pouvoir se déverse sur le monde entier. Mon père en a averti le gouvernement australien dans les années 1970, mais aucun des dirigeants ne l’a écouté.
Nous espérons que des personnes telles que vous écouteront et agiront, aujourd’hui. »
Ceux qui construisent ces centrales ont l’illusion de pouvoir contrôler l’énergie nucléaire ‑ dont ils pensent tout connaître. Ils vivent dans l’illusion alors que tant de gens meurent des effets de la pollution nucléaire. Ils comprennent seulement trois plans de la matière, le plan physique solide, le plan physique liquide et le plan physique gazeux. Ils ne savent rien des quatre plans supérieurs de la matière connus des Maîtres et appelés les plans éthériques. Ils n’ont pas une technologie suffisamment sensible pour reconnaître les plans éthériques ; les instruments sont inadéquats.
Des gens meurent sans nécessité des effets des radiations sur ces quatre plans plus élevés. Nous devons nous débarrasser des radiations nucléaires sous tous leurs aspects le plus rapidement possible.
[Partage international, juillet/août 2009]
Sources : Wikipedia ; Indymedia Australia ; The Independent, G.-B
Thématiques : environnement, peuples et traditions
Rubrique : Dossier ()
