Partage international no 341 – février 2017
Le mouvement pour l’« éducation positive » prend de l’ampleur, visant à changer la nature de l’enseignement dans les établissements scolaires. Il tire son origine du courant de psychologie positive qui lie la réussite scolaire et académique au bien-être des étudiants. Le Réseau international pour l’éducation positive, fondé il y a deux ans, a actuellement pour président Sir Anthony Seldon, ancien principal du Collège universitaire Wellington, établissement indépendant situé au Royaume-Uni, et co-fondateur du mouvement Action pour le bonheur. En juillet 2016, le Réseau a organisé à Dallas le premier Festival international de l’éducation positive. Plus de 1 000 délégués de nombreux pays – éducateurs, politiciens, praticiens en psychologie positive, chercheurs et journalistes – ont participé à cet événement de trois jours centré sur deux questions principales : pourquoi les enfants détestent si souvent l’école (alors qu’ils ont naturellement le désir d’apprendre) et pourquoi les professeurs finissent si souvent par s’épuiser.
Premier du genre, ce festival a réuni éducateurs et praticiens en psychologie positive pour faire le point sur la pratique actuelle de l’éducation positive dans les établissements et pour définir comment sa mise en œuvre peut faciliter la vie des étudiants, professeurs et parents. Des éducateurs et des psychologues venus du monde entier – en particulier du Royaume-Uni, des États-Unis, d’Australie, de Chine et des Émirats Arabes Unis (25 professeurs et principaux venaient de Dubaï) – ont animé des discussions et des ateliers.
L’un des plus grands défis auxquels le changement éducatif doit faire face est la difficulté de convaincre les gouvernements de l’avantage des alternatives positives par rapport aux tests internationaux controversés proposés par l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). En 2014, des universitaires du monde entier ont prévenu que l’engouement de l’OCDE pour les tests standardisés risquait de « tuer la joie d’apprendre ».
Les gouvernements doivent comprendre que l’éducation concerne aussi le corps, les émotions et le cœur ; qu’elle doit aussi aider les jeunes à développer leur nature morale et artistique, ainsi qu’à affermir leur caractère de façon juste.
La directrice du Réseau international d’éducation positive, Emily Larson, assure que l’éducation positive se répand rapidement pour plusieurs raisons : « Dans le monde, dit-elle, le nombre de dépressions chez les étudiants ne cesse d’augmenter, et ses victimes sont de plus en plus jeunes, en particulier en Asie et en Australie, où certains étudiants atteints n’ont que 14 ans. Les éducateurs veulent combattre ce fléau en améliorant leur bien-être. »
Sources : ipositive-education.net ; positive.news
Thématiques : éducation
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
