Rapport 2005 d’Amnesty International

Partage international no 203juillet 2005

 Le rapport 2005 d’Amnesty International porte un regard sur les droits de l’homme à travers le monde. Il examine les violations et les mesures prises pour protéger des tels droits dans 149 pays, et souligne les manquements face aux abus commis contre les droits de l’homme, tant au niveau national qu’international. Amnesty déclare que « les droits de l’homme ne sont pas seulement une promesse non tenue mais une promesse trahie », et appelle à une plus grande responsabilité internationale. Pendant l’année 2004, les droits de l’homme ont été ignorés ou grossièrement bafoués, à travers le monde, en raison de facteurs tels que les intérêts économiques, l’hypocrisie politique et la discrimination orchestrée socialement, qui ont enflammé certains conflits à travers le monde.

Ce qu’on nomme la « guerre contre le terrorisme » a davantage érodé les principes des droits de l’homme qu’elle n’a empêché le « terrorisme » international. Les droits de millions de femmes qui souffrent de violences du fait de leur sexe, dans certaines communautés ou dans des zones en guerre, ont été largement ignorés. Et les droits économiques, sociaux et culturels de communautés marginalisées ont été presque complètement négligés.

Lors de la divulgation du rapport à l’association Foreign Press, Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty a déclaré : « De nombreux millions de personnes se sentent trahies par l’impuissance des gouvernements et de la communauté internationale à soutenir les droits de l’homme. » Elle a poursuivi en ces termes : « J’ai volontairement choisi le mot trahi. L’écart est tel entre la promesse et ce qui a été réalisé par les gouvernements, entre leur devoir de soutenir les droits de l’homme et leur échec à y parvenir, entre leur rhétorique pour le respect des droits de l’homme et leur zèle à les ignorer ou à les déformer, en 2004, que je ne trouve aucun autre mot pour le décrire. »

I. Khan a précisé que les gens ordinaires souffrant d’abus des droits de l’homme ne sont pas toujours familiers des termes « droits de l’homme », mais « ils savent certainement ce que la justice et l’injustice signifie ».

En préambule du rapport 2005, I. Khan écrit : « Malgré les promesses de la Déclaration des droits de l’homme et des traités internationaux des droits de l’homme selon lesquels chaque individu possède le droit à une vie décente et à l’accès à la nourriture, au logement, à l’éducation, au travail et à la santé, il y a plus d’un milliard de personnes qui n’ont pas accès à une eau saine, 121 millions d’enfants ne vont pas à l’école, plus de 25 millions de personnes souffrent du sida en Afrique et n’ont pas accès aux soins, et un demi million de femmes meurent chaque année pendant la grossesse ou à l’enfantement. Les pauvres sont plus facilement atteint par le crime et la brutalité policière. »

Notre rapport présente une image noire des dirigeants et des promesses non tenues. Mais de toutes les promesses faites par les gouvernements, aucunes n’était aussi creuse que celle de faire du monde un lieu plus à l’abri des attaques terroristes. »

Des changements positifs ont eu lieu en 2004 et, comme le confirme le rapport d’Amnesty, ces changements ont souvent pour origine des campagnes publiques d’activistes des droits de l’homme ou d’ONG.

Amnesty demande aux Nations unies de renforcer leur position vis-à-vis des Droits de l’homme et de se montrer plus fermes à l’encontre des pays qui bafouent les traités internationaux.

Le rapport demande : « Les gouvernements et les Nations unies tiendront-ils un tel agenda ? Aujourd’hui plus que jamais les activistes doivent faire leur part en mobilisant l’opinion publique pour faire pression sur les gouvernements et les organisations internationales. De diverses manières au cours de l’année 2004, la mobilisation populaire pour les victimes des attentats de Madrid et du tsunami dans l’océan Indien ont montré la puissance des gens ordinaires à susciter l’espoir au lieu de la peur, l’action au lieu de l’inertie et la solidarité au lieu de l’indifférence. Amnesty International croit en la capacité des gens à apporter des changements extraordinaires, et avec nos membres et sympathisants, nous poursuivrons en 2005 notre campagne de promotion de la justice et de la liberté pour tous. Nous restons d’éternels négociants d’espoir. »


Sources : Amnesty International
Thématiques : Société, politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)