Partage international no 274 – juin 2011
Le 7 mai 2011, à Tokyo, des milliers de personnes ont marché pour montrer leur soutien au premier ministre, Naoto Kan. A la suite du désastre de Fukushima, celui-ci avait en effet préconisé qu’on ferme l’usine de production électrique de Chubu, à Hamaoka. Ils scandaient des slogans et portaient des bannières sur le thème « Fermons une bonne fois pour toutes les centrales nucléaires ! », « Plus jamais de Fukushima ! » La pression du public et la prédiction des experts qu’un tremblement de terre d’une magnitude de 8 était susceptible de toucher la région ont conduit le gouvernement à revoir sa politique nucléaire
Le 16 avril 2011, à Amsterdam (Pays-Bas), 10 000 personnes ont participé à une manifestation anti-nucléaire sur la place du Dam. Elle était organisée par le parti Gauche verte (Groen Links), avec notamment la présence de l’astronaute néerlandais Wubbo Ockels, du leader travailliste Job Cohen, et de Jolande Sap, leader du parti Gauche verte. Dix mille personnes avaient préalablement signé une pétition adressée au gouvernement lui demandant de revenir sur des projets de construction de nouvelles centrales nucléaires.
Le 30 avril 2011, à Taipei, la capitale de Taiwan, environ 5 000 personnes se sont rassemblées pour un défilé anti-nucléaire, dans le cadre d’une protestation nationale appelée « l’action anti-nucléaire des 430 fleurs de tournesol » (la fleur de tournesol, qu’on appelle aussi soleil en français, représentant l’énergie solaire). Le leitmotiv était : « Souriez au soleil, évitez les désastres nucléaires ! » Les participants brandissaient des fleurs jaunes représentant l’énergie renouvelable et des éoliennes en papier, scandant des slogans tels que « aimez la vie, mettez fin au pouvoir du nucléaire ! » et « je veux un pays sans nucléaire ! ».
Choqués par les fuites radioactives de l’usine thermonucléaire japonaise de Fukushima, et inquiets pour leur avenir dans une zone sismique, les manifestants demandaient à leurs dirigeants d’arrêter les centrales nucléaires existant à Taiwan, d’interrompre la construction d’une quatrième centrale située dans le district de Gongliao, à New Taipei City, et de créer un pays sans nucléaire.
En Allemagne et en France, à la veille du 25e anniversaire de l’accident nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) le 26 avril 1986, des milliers de manifestants se sont rassemblés sur des ponts sur le Rhin entre la France et l’Allemagne, en scandant « Tchernobyl, Fukushima, plus jamais ! » Au son d’une sirène, ils jetaient des fleurs dans le fleuve et se couchaient par terre en simulant la mort.
En Allemagne, le puissant lobby anti-nucléaire a fait venir des milliers de manifestants sur les sites des centrales de Biblis, Grohnde et Grafenrheinfeld. Erhard Reinz, l’un des organisateurs de la manifestation à Biblis a déclaré : « Après Fukushima, il est maintenant clair que le danger de l’énergie nucléaire est réel. »
A Stuttgart, les manifestants ont formé une chaîne humaine de 45 km conduisant à une usine nucléaire, en demandant au gouvernement d’annuler le projet de prolonger la vie du réacteur nucléaire. Les organisateurs ont déclaré que les événements du Japon avaient démontré que l’énergie nucléaire constituait une technologie dangereuse et incontrôlable.
Le président russe Dimitri Medvedev et le premier ministre de l’Ukraine, Viktor Yanukovich, ont visité Tchernobyl, le 26 avril 2011, en souvenir de ces événements. « Je pense que nos Etats modernes se doivent de tirer une leçon de ce qui s’est produit à Tchernobyl et récemment encore au Japon, et dire la vérité aux peuples. » C’est ce qu’a déclaré Dimitri Medvedev aux survivants du programme de nettoyage nucléaire, lors d’un meeting au Kremlin. Une semaine plus tôt, une conférence internationale s’est tenue à Kiev (Ukraine) pour essayer de réunir des fonds pour un nouveau sarcophage géant destiné à couvrir le réacteur de Tchernobyl qui fuit encore. Il doit être le plus grand du monde et fournir des installations de stockage fiables. Mais seuls les deux tiers du montant nécessaire ont pu être réunis. La nouvelle structure est en cours de construction par l’Ukraine avec l’aide de l’Union européenne et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.
Sources : BBC News ; WSWS.org
Thématiques : Société, environnement, politique
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
