Partage international no 182 – octobre 2003
Des fuites alarmantes ont révélé qu’une réunion ultra secrète entre de hauts responsables du complexe militaro-industriel américain (scientifiques, stratèges, Pentagone…) s’était tenue en août 2003, sur la base d’Offutt (Nebraska). Cette base, au cœur d’un réseau labyrinthique de bunkers ultra sophistiqués, jouit d’un très haut niveau de secret et de sécurité – c’est là qu’est situé le poste de commandement prêt à répondre à tout instant à une éventuelle menace nucléaire – le président Bush y fut conduit immédiatement après les attentats du 11 septembre.
Cette réunion, selon le document qui a filtré, avait pour but de faire le point sur le développement d’une nouvelle génération d’armes nucléaires, les mini bombes, qui seules seraient à même de détruire sans trop de dégâts les stocks souvent profondément enfouis d’armes biologiques, chimiques et nucléaires dont pourraient disposer des Etats voyous ou certaines organisations.
Cela révèle, selon les associations spécialisées dans le contrôle des armements, un tournant dramatique dans la stratégie militaire américaine. Un tournant préparé déjà depuis quelques années, puisqu’un rapport publié en janvier 2001 par le National Institute for Public Policy,au moment où l’administration Bush prenait ses fonctions, appelait à la création de ce nouveau type d’arsenal. C’est d’ailleurs ce rapport qui inspire depuis une des revues officielles de l’Administration, la Nuclear Posture Review, qui milite pour l’utilisation préventive de telles armes.
Autre motif d’inquiétude soulevé par cette réunion, qui ne fait que confirmer l’existence de tout un courant militariste, c’est le secret dont elle a été entourée. A l’égard du public, naturellement, mais aussi des scientifiques et des experts en armements qui sont en désaccord avec les positions de la Maison Blanche – un de ces experts auprès du Congrès s’est vu expressément interdire d’y participer. Comme l’a indiqué Greg Mello, président du Los Alamos Group Study, « les laboratoires et les centrales nucléaires peuvent y envoyer autant de gens qu’ils veulent. Mais pas le Congrès. »
Etats-Unis
Sources : The Guardian, Grande-Bretagne
Thématiques : environnement, politique, Économie
Rubrique : Regard sur le monde (Dans cette rubrique, Partage international met en lumière certains problèmes urgents qui nécessitent une nouvelle approche et des solutions durables.)
