Partage international no 442 – juin 2025
A l’été 1977, j’ai visité l’Europe avec ma sœur jumelle. J’étais seule dans un train de nuit entre Genève et Rome ; ma sœur devait me rejoindre le lendemain après avoir récupéré son passeport qu’elle avait laissé quelque part la nuit précédente. Une fois à Rome, j’ai retrouvé un voyageur canadien que nous avions rencontré en chemin, mais ce jour-là j’ai parcouru la ville seule. Nous avons trouvé un logement dans une pension, sur une place. Après avoir laissé mon sac à dos et mon sac de couchage dans la chambre, je suis descendue marcher.
Sur la place, un groupe jouait de la musique dans un espace clôturé, mais on pouvait les voir et entendre la musique parfaitement, même à l’extérieur. De jeunes arbres avaient été récemment plantés sur la place. Je me suis arrêtée pour regarder le spectacle et j’ai remarqué une mendiante âgée, qui se tenait à environ trois mètres devant moi. Elle était très petite, frêle et en haillons. Ses bras et le bas de ses jambes étaient dénudés. Elle entoura gentiment d’une main un des jeunes arbres, et les rayons du soleil sur ses cheveux blancs, fins et clairsemés, formaient un halo brillant derrière elle. Je me suis sentie submergée d’amour pour elle. Plus tard, je l’ai vu se glisser dans un sac à ordures pour dormir, à l’abri d’une avancée de toit.
Je suis retournée à ma chambre à la pension. Tandis que la nuit tombait, je me suis sentie à nouveau submergée, cette fois-ci par un sentiment de tristesse. Je restai près d’une fenêtre à regarder les lumières de la métropole au crépuscule résonnant des bruits de la ville. Je pensais à cette chère mendiante, minuscule, dans son « sac de couchage » en plastique, et à mon propre vrai sac de couchage, que je n’avais jamais utilisé. J’envisageai de descendre dans la rue et de lui donner, mais je ne m’étais jamais trouvée seule dans une grande ville et j’étais effrayée. Je ne voulais pas réveiller mon ami canadien pour cela, et je ne fis donc rien.
Plus tard, au cours de notre voyage, ma sœur et moi avons laissé nos sacs de couchage dans un train pour que quelqu’un les trouve.
Environ dix ans plus tard, lors d’un rassemblement de collaborateurs à New-York où B. Creme (BC) intervenait, j’ai raconté au groupe mon souvenir de la mendiante, mentionnant combien je regrettais de ne pas lui avoir donné mon sac de couchage. BC m’a regardé avec un doux sourire et m’a demandé : « Savez-vous qui c’était ? C’était le Maître Jésus. »
A. F., Buffalo, New York (Etats-Unis)
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)
