Partage international no 47 – juillet 1992
par Benjamin Creme
Ce texte est extrait d’un exposé fait par Benjamin Creme à San Francisco en juillet 1990, lors d’un congrès de méditation de transmission. La rubrique Questions-réponses est constituée d’éléments provenant de deux colloques, l’un à San Francisco aux USA, et l’autre à Veldhoven, en Hollande.
Il apparaît évident, en occultisme, qu’aucun nouvel enseignement ne peut être transmis avant que celui qui a déjà été révélé n’ait été mis en pratique. C’est une loi. Vous ne pouvez en aucune manière intégrer un quelconque matériel plus élevé avant d’avoir mis en application ce que vous avez déjà reçu. Les gens approchent généralement l’ésotérisme comme s’il s’agissait d’une matière académique et comme s’il fallait passer des examens pour obtenir un diplôme. Ce n’est pas du tout le cas. Il existe en effet des échelons, les degrés de l’initiation, mais vous pouvez devenir un initié sans connaître quoi que ce soit de la théorie ésotérique ou de sa pratique, simplement en menant la vie d’un disciple d’une manière naturelle et intuitive.
Vous devez en passer par là d’une manière ou d’une autre. Vous pouvez le faire intuitivement, ou par l’acquisition de connaissances et l’application des règles et des préceptes dans votre vie, d’instant en instant. Il s’agit d’une préoccupation quotidienne. Je constate que la plupart des gens abordent le discipulat avec une certaine tiédeur, peu de sérieux. Ils l’insèrent dans leur vie lorsqu’ils ont un moment à y consacrer. Le disciple moyen ne réalise pas qu’un disciple est une personne différente du reste de l’humanité. Les règles et les lois qui s’appliquent — y compris les lois de cause et effet et de renaissance, qui bon gré mal gré affectent l’humanité — affectent le disciple de manière différente, selon son aptitude à les manipuler et à les utiliser selon les besoins de l’âme.
Un disciple, ou quiconque ayant l’aspiration à devenir disciple, doit tout d’abord reconnaître qu’il est un être humain ordinaire ayant fait un vœu et pris en main la conduite de sa propre évolution. Il apprend à collaborer avec l’âme et à réaliser l’objectif de celle-ci. Le dessein de l’âme, quels que soient les autres desseins qu’elle puisse avoir, est, sous la Loi du Sacrifice, de collaborer au plan de l’évolution dans la mesure où le disciple peut en avoir l’intuition et l’appliquer dans sa vie. Seuls les rudiments du plan peuvent apparaître clairement dans sa conscience, mais dans la mesure où ces aspects prennent effectivement une réalité, il lui incombe de les mettre en pratique dans sa vie. En fait, il est très rare d’y parvenir vraiment.
Ce ne sont pas les forces du mal qui inquiètent le Christ et les Maîtres de la Hiérarchie. Ils peuvent en venir à bout sans trop de difficultés. La plupart des gens pensent que les obstacles les plus importants à l’extériorisation de la Hiérarchie et à la spiritualisation de la vie de l’humanité sont les problèmes concernant les forces de la matérialité. C’est vrai en partie, mais les disciples du monde sont parmi les premiers à se montrer sensibles à cette matérialité. C’est la matérialité enracinée, et surtout l’inertie des disciples, tout comme celle de tout un chacun, qui retiennent l’humanité captive des forces de la matérialité, des forces du mal comme on les appelle.
Les disciples sont doublement responsables. Ils ont la même responsabilité que le reste de l’humanité, à laquelle s’ajoute une responsabilité supplémentaire du fait qu’ils connaissent certains aspects de la vérité. Ils ont accepté de faire quelque chose pour changer la situation du monde, ainsi que de transformer leur propre nature de manière à pouvoir collaborer intelligemment avec le Plan. Malheureusement, les gens sont tellement imprégnés par le matérialisme — son enracinement est tel, même dans le vaste ensemble des disciples — que rien ou très peu n’est entrepris, par aucun d’entre nous, pour remédier à la situation. Comme les autres, nous restons plongés dans le matérialisme. Voilà le problème du Christ et des Maîtres : non pas les forces du mal, mais l’inertie, l’inertie paralysante des disciples du monde.
Récemment, mon Maître m’a appris que la durée moyenne pendant laquelle les personnes pratiquant la méditation de transmission sont réellement alignées — c’est-à-dire lorsque le cerveau physique et l’âme sont alignés et sont dès lors actifs en tant que transmetteurs, réalisant ainsi réellement le travail de transmission — est étonnamment faible.
Pourquoi ? Il doit bien exister une raison pour laquelle vous êtes encore si peu efficace après 10 ans de pratique — c’est la dixième année que je viens aux États-Unis et, pour certains d’entre vous, c’est votre dixième année de pratique de la méditation de transmission.
Je me pose la question : « Qu’avez-vous fait durant toutes ces années ? » Naturellement, c’est une question de polarisation. Si une personne est polarisée astralement — et c’est le cas de la majorité d’entre vous, dans ces groupes — il lui est difficile de maintenir l’attention au niveau du centre ajna, et donc d’être alignée, pendant plus de quelques minutes consécutives. Vous ne semblez pas non plus percevoir la différence entre être aligné et ne pas être aligné. Certains pensent être réellement alignés. Je suis certain que vous êtes tous choqués par ce constat. Vous imaginez être alignés, et pourtant, très franchement, la plupart du temps, vous ne l’êtes pas.
Que faites-vous si vous n’êtes pas alignés ? Je pense que vous êtes dans un état de rêverie. Vous êtes occupé à ruminer. Vous êtes dans un état où votre attention erre aux alentours du plexus solaire. Mais puisque vous savez que la méditation de transmission implique la concentration de votre attention au niveau du centre ajna, et que de temps en temps, quand vous vous en souvenez, vous pouvez y ramener l’attention, vous oubliez que votre attention s’était relâchée. En fait, elle était retombée en l’espace de quelques minutes. Si vous additionnez les quelques minutes pendant lesquelles vous l’avez vraiment maintenue au centre ajna, et donc pendant lesquelles vous avez transmis, vous obtiendrez, en moyenne, quatre à cinq minutes par heure. Certains ne font qu’une heure de transmission par semaine, ce qui fait quatre à cinq minutes par semaine. Ce n’est pas beaucoup. Le « rôle de la méditation de transmission dans le développement du disciple » (tel qu’il est décrit dans un article paru dans le numéro de janvier-février 1990 de Partage international) ne s’applique pas à ceux qui ne transmettent effectivement que quatre à cinq minutes par semaine. On ne peut s’attendre à grand chose en une durée aussi brève.
Néanmoins, il se passe suffisamment de choses pour faire de la méditation de transmission un puissant moyen de service. Si vous transmettez quatre à cinq minutes par heure, ne fut-ce que pendant une heure par semaine, vous recevez à travers vos chakras le bienfait de ces forces spirituelles d’une manière tout de même plus puissante que si vous aviez employé une autre méthode en y consacrant le même temps et en produisant le même effort.
Le fait est que les gens ne font pas grand effort. Ils pensent qu’ils le font. Ils sont pleins de bonnes intentions. Tout le monde est rempli de bonnes intentions. Chacun s’imagine qu’il travaille très fort. Mais du point de vue des Maîtres, ils ne font que jouer à faire partie d’un groupe de transmission et à aider le monde. Un groupe de méditation de contacte des énergies spirituelles qui transforment le monde entier — politiquement, économiquement, socialement, etc. La plupart des gens n’y contribuent que durant quelques minutes par semaine et, cependant, ils sentent qu’ils vivent quelque chose de fort, de puissant — et c’est le cas. Mais c’est le cas seulement parce que ces énergies sont si fortes, si puissantes, que ces quelques brèves minutes de transmission effective ont plus de valeur que toute autre chose.
Pour la plupart des gens, le discipulat représente une activité qu’ils intègrent à leur vie ordinaire. Ils suivent le mouvement. Leur priorité principale est de gagner leur vie. Tout le monde — presque tout le monde — doit gagner sa vie. C’est vrai pour tout le monde, quel que soit son niveau. Cela semble être prioritaire sur toutes autres choses. Ensuite vous devez prendre des vacances. C’est la seconde priorité. Si vous avez une famille, vous devez vous en occuper, la vêtir, la nourrir, et l’emmener en vacances, etc. Les gens consacreront quantité de temps, d’énergie et d’argent pour les vacances, pour des repas au restaurant, pour passer un agréable moment en bonne compagnie. Il n’y a rien de mal à cela. Sauf que cela n’a rien à voir avec l’état de disciple.
Etre disciple signifie s’engager dans la vie de disciple, qui diffère sensiblement de la vie de l’être humain ordinaire. Le disciple est dans le monde, fait partie du monde, s’identifie totalement au monde, le servant et pourtant, curieusement, il est isolé du monde. Il se trouve étrangement isolé au sein du tourbillon de la vie quotidienne. Et le disciple ressent les choses avec plus d’acuité, cela lui est plus pénible que pour les autres. Tout le monde voit la douleur, la souffrance du monde — les millions de gens qui meurent de faim, la pauvreté, les tremblements de terre, les terribles maladies ravageant l’humanité. Cela émeut tout le monde. Mais, très souvent, le disciple voit cela avec plus de clarté que les autres. Etant plus sensible à cette souffrance, puisqu’il a conscience d’être une âme en incarnation et de s’être engagé à servir et à soulager la souffrance, il la ressent davantage que la plupart des gens.
Pourquoi donc n’agit-il pas ? Bien sûr, certains agissent. Beaucoup se dévouent totalement au service du monde, à dissiper la douleur du monde. Mais ceux-là ne sont généralement pas des étudiants de l’ésotérisme. Ce sont plutôt des personnes qui n’ont que faire de l’ésotérisme, qui n’ont pas l’impression d’être quelqu’un de très particulier mais qui sont simplement dévouées au service. Ce sont des disciples qui agissent et subissent l’entraînement au discipulat, par le service, sans même y accorder la moindre pensée.
Mais si vous y pensez, et vous reconnaissez en tant que disciple, cherchant consciemment à remplir les obligations de cet état, votre action prendra une ampleur bien plus grande. Ce qui manque dans la vie du disciple moyen, c’est le sens de la vocation — de la vocation en tant que disciple. Dans un certain sens, le discipulat est une vocation. Vous y êtes appelé : non par Dieu, mais par votre propre âme. C’est votre âme qui fait de vous un disciple. Vous devenez disciple dès que vous entrez en contact avec votre âme et que celle-ci vous conduit de l’avant.
Cependant, le disciple moyen insère sa vocation parmi les autres éléments de sa vie quotidienne. Il ne la considère pas comme le but de cette incarnation spécifique. C’est pourquoi il ne génère pas le feu qui fait de l’état de disciple ce qu’il devrait être : un sentier qui le mènera aussi rapidement que possible à la porte de l’initiation.
On ne peut pas franchir la porte de l’initiation avec tiédeur ; c’est impossible. Tôt ou tard, cette tiédeur doit se transformer. Si ce n’est dans cette vie, alors se sera au cours de la prochaine vie, ou dans la suivante. L’âme n’est pas pressée. L’âme a tout le temps, toute l’infinité. Mais si vous êtes pressé, si vous ressentez le besoin du monde, vous pouvez être certain qu’il n’est pas suffisant d’être un disciple simplement quand cela vous arrange, quand il n’y a rien de bien à la télévision, quand vous vous sentez en forme, quand vous ne ressentez aucune douleur et que votre estomac ne vous tourmente pas. Les gens permettent à toutes sortes de futilités de les empêcher d’agir en disciple : la fatigue du corps physique — qui est le lot de tous — n’a rien de particulier. Tout le monde a des douleurs corporelles, des déficiences, des maladies ou autres. L’important est de ne pas vous laisser abattre et que cela ne vous empêche pas d’accomplir vos activités.
Parmi les grands disciples des dernières années que nous connaissons, Helena Blavatsky et Alice Bailey furent malades pendant une grande partie de leur vie. Mais elles n’ont jamais permis à leur maladie de les empêcher de servir le monde comme peu l’ont fait. Comme vous le savez, Alice Bailey a servi de secrétaire au Maître DK pendant trente ans. La plupart du temps, elle était malade et écrivait assise dans son lit jusqu’à n’en plus pouvoir, littéralement jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus écrire un mot de plus. Alors le Maître changea la méthode, et elle eut la possibilité de lire son enseignement sur une sorte d’écran intérieur qu’elle lisait à voix haute et enregistrait sur bande magnétique, une autre personne pouvant se charger de la dactylographie. Pendant de nombreuses années, elle travailla ainsi, profondément handicapée.
Madame Blavatsky souffrit d’une maladie rénale et d’une demi-douzaine d’autres maladies durant les 13 dernières années de sa vie. Seul son Maître, le Maître Morya, pu la maintenir dans son corps pour qu’elle puisse terminer son travail : apporter au monde La Doctrine Secrète.
Ces deux initiées appliquèrent leur volonté à assumer leur travail. Elles ignorèrent le corps physique. Elles ignorèrent leurs états émotionnels perturbés par la discorde familiale et, très souvent, par la calomnie et la traîtrise de leurs proches. Elles ont ignoré tout cela et ont continué leur travail de disciple : accomplir leur travail pour le plan. Si elles ont pu le faire, d’autres le peuvent aussi. Évidemment, étant, respectivement des initiées de 3e et de 4e degrés, cela leur fut plus aisé. Elles étaient non seulement polarisées mentalement, mais aussi spirituellement. Lorsqu’une personne est polarisée spirituellement, elle vit et travaille en tant qu’âme, et l’énergie de l’âme la propulse toujours plus avant, taille la route pour elle. Mais la volonté doit encore intervenir, spécialement si le corps physique est handicapé ou si le corps émotionnel est perturbé.
Mais si vous êtes polarisé sur le plan astral, comme le sont la plupart des gens, vous êtes sujet à toutes les limitations et à toutes les illusions de ce plan. Que pouvez-vous y faire ?
Vous devez y appliquer votre mental. C’est la lumière de l’âme focalisée à travers le corps mental, à travers le mental, qui dissipe le mirage. Vous devez voir les mirages, ne pas vous satisfaire de cet état et travailler continuellement pour les surmonter, au lieu de vous dire : « J’ai bien peur d’être ainsi fait, comment puis-je faire autrement que de vivre dans la peur ? »
Personne n’est obligé de vivre dans la peur. La peur est un mirage comme un autre, sans doute le plus terrible, et je pense qu’elle sous-tend la plupart des autres mirages. Quiconque a le moindre espoir de se tenir devant l’Initiateur doit avoir vaincu la peur.
On ne peut recevoir une initiation, devenir un initié, si on vit dans la peur. On ne peut devenir un Maître sans avoir non seulement du courage, mais une totale absence de peur. Il faut du courage pour s’attaquer à la peur et manifester dans sa vie cette impulsion et cet effort pour aller de l’avant, caractéristiques du vrai disciple.
Laissez-moi vous citer quelques déclarations, que le Maître DK. a transmises par l’intermédiaire d’Alice Bailey, pour vous montrer le point de vue des Maîtres en cette matière :
« Quand le Soi est connu et non seulement senti, par une prise de conscience aussi bien mentale que sensorielle, alors l’aspirant peut vraiment être préparé à l’initiation. J’aimerais préciser que je me base sur certaines hypothèses fondamentales que, dans un but de clarté, je vais exposer brièvement.
Premièrement que l’étudiant est sincère dans son aspiration et est déterminé à avancer quelle que soit la réaction de son soi inférieur ou les conséquences pour ce dernier. Seuls ceux qui peuvent clairement faire la distinction entre les deux aspects de leur nature, le soi réel et le soi illusoire, peuvent travailler intelligemment.
Deuxièmement je me base sur l’hypothèse que tous ont vécu assez longtemps et se sont suffisamment battus avec les forces adverses de la vie, afin de développer un sens correct des valeurs. Ils ne doivent pas être retardés par ce qui peut toucher leur personnalité, ni par la pression du temps ou des circonstances, par l’âge ou le handicap physique. Ils ont acquis une certaine sagesse, ayant appris que la précipitation et le progrès au prix de dépenses énergétiques excessives comportent des revers, et qu’un effort constant, régulier et persistant, les amènera plus loin à long terme. Des sursauts d’effort spasmodiques et une pression temporaire s’épuisent et provoquent la déception et un lourd sentiment d’échec.
Néanmoins, nous (les Maîtres) considérons l’intention et l’effort comme d’importance majeure, et ce sont les deux exigences principales pour tous les disciples, initiés et Maîtres.
A cela s’ajoute la persévérance. Tout le secret du succès sur le sentier occulte dépend d’un état d’esprit. Lorsque celui ci se tourne vers le matérialisme concret, la concentration sur la forme et un désir pour les choses du moment présent, peu de progrès peut être accompli dans la compréhension de vérités ésotériques élevées. A partir du moment où un homme devient consciemment puissant sur le plan mental, son pouvoir pour le bien s’en trouve accru cent fois.
La plupart des gens ne font pas encore clairement la distinction en eux-mêmes entre le penseur persistant dans le temps et l’espace, et le véhicule par lequel ils pensent, qui est éphémère et passager.
Une des premières leçons qu’un disciple doit apprendre est que là où il se sent le plus fort et où il trouve la plus grande satisfaction, se trouve très fréquemment être là où le danger est le plus important et sa faiblesse la plus grande. »
Tout le monde voudrait un enseignement sans cesse supérieur. Chacun aspire à recevoir quelque chose qu’il n’a jamais lu ou entendu auparavant — qu’il ait ou non mis en pratique ce qu’il connaît déjà. Les gens font preuve d’une curiosité avide. Ils veulent plus de sensation, la sensation du neuf. Mais la sensation de la nouveauté ne vous amènera jamais à la porte de l’initiation — seule vous y conduira l’application de certaines lois : la loi du service, la loi du sacrifice, la construction de l’antahkarana, la suppression de cette impression que les corps physique, émotionnel ou mental sont d’une quelconque importance pour l’âme si ce n’est qu’en tant que véhicules d’expression.
Une fois comprises, l’application de ces lois vous placera sur le sentier du disciple et vous conduira à la porte de l’initiation plus directement que tout autre moyen. Même si tout le monde exige sans cesse davantage d’enseignements ou de techniques, le problème se situe ailleurs. Les gens possèdent toutes les techniques, tous les outils, tout l’enseignement, en quantité plus que suffisante, plus qu’ils ne pourraient jamais les utiliser ou qu’ils ne les utilisent. Mais la plupart ne mettent pas en pratique l’enseignement déjà transmis.
Il n’existe pas d’enseignement de plus grande valeur que celui que nous pouvons réellement mettre en pratique. S’il ne peut être appliqué, peu importe qu’un enseignement soit d’un niveau si élevé qu’il ne puisse être compris que par des initiés du huitième degré ! L’enseignement ne signifie rien pour vous à moins que vous ne puissiez l’appliquer.
Utilisez l’enseignement qui a déjà été transmis. Mettez-le en pratique et vous avancerez plus vite que vous ne pouvez l’espérer. De cette manière, quand vous appliquez l’enseignement, il devient vôtre, ce n’est plus un sujet abstrait, un sujet académique. Il vous appartient. Vous devenez le sentier. Le sentier se déploie devant vous dès lors que vous respectez les exigences qu’implique l’état de disciple. Le sentier ne se situe pas au loin, là-bas, ou dans ce livre-là ou cette technique-ci — c’est quelque chose qui se déploie à partir de votre conscience. Le sentier est unique pour chacun.
Il existe évidemment quelques obligations de base fondamentales qui sont immuables, qui appartiennent à la nature de la déité même. Rappelez-vous que le sentier du discipulat conduisant à l’initiation, et le sentier de l’initiation conduisant à la Maîtrise, est le sentier qui conduit à Dieu. C’est, pour chacun, le sentier de la révélation de sa propre divinité. C’est ce dont il est question, et on ne devrait jamais l’oublier.
La plupart des individus ont tendance à l’oublier. Cela devient un élément périphérique de leur vie, ce qui revient à dire que ma véritable nature est en marge de ma vie, que ma vie est périphérique à moi-même. Mais je suis ma vie. Si je ne suis pas ma vie, je ne suis rien. Comment votre propre vie, et l’élan vers l’expression de cette divinité, peuvent-ils être relégués en marge de votre vie de tous les jours ?
Vous devez en faire votre vocation. Si vous désirez devenir un disciple, vous devez être envahi par le feu de l’enthousiasme. Vous devez avancer dans un état de joie, d’engagement, de grand espoir dans le fait que vous poursuivez un sentier qui vous mènera à l’initiation. A défaut, votre action sera si tiède, si mitigée, qu’il vous faudra encore 50 incarnations pour atteindre ce que vous pouvez atteindre dans l’incarnation présente.
Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : sagesse éternelle
Rubrique : Esotérisme ()
