Les populations réclament la fin de l’énergie nucléaire

Partage international no 275juillet 2011

Japon – Le 11 juin 2011, trois mois après le désastre majeur qui a touché la centrale nucléaire de Fukushima, des milliers de japonais ont assisté à des rassemblements antinucléaires à Tokyo et dans d’autres villes japonaises.

France – Le 26 mai 2011, au Havre, des manifestants portant des combinaisons antiradiations et des masques à gaz ont occupé une banque française. Ils ont expliqué que les banques finançaient des armes et de l’énergie nucléaire. La France possède 58 réacteurs et est le deuxième producteur d’énergie nucléaire après les Etats-Unis qui en possèdent 104. Les manifestants n’ont pas pu intervenir à Deauville, où se réunissait le G8 pour un sommet de deux jours. Des manifestations se sont tenues à Caen et Paris.
Toujours en France, le 11 juin 2011, des manifestants ont défilé de la Place de la République à l’Hôtel de Ville de Paris afin de commémorer les trois mois du désastre nucléaire de Fukushima. Les manifestants ont demandé la fermeture et le démantèlement des réacteurs français.

Inde – Le gouvernement indien prévoit de construire six réacteurs nucléaires sur l’une des zones les plus sismiques du pays. Les habitants de la région protestent depuis quatre ans pour empêcher la dégradation de l’environnement et préserver leurs logements et leur mode de vie. Ils sont confrontés aux tactiques brutales et implacables du gouvernement.
Selon Greenpeace : « L’industrie nucléaire française, soutenue par un groupe de banques commerciales françaises, projette de construire deux réacteurs européens pressurisés (EPR) en Inde. » Jaitapur, dans l’Etat du Maharastra, seule région de toute la côte indienne officiellement classée zone à haut risque sismique, est le site qui a été choisi. Non seulement Jaitapur doit être construit sur la côte, dans une zone à haut risque sismique, mais il utilise cette même technologie de réacteur à eau légère qui nécessite un refroidissement actif de longue durée même après que le réacteur ait été arrêté. Ce projet est vulnérable au même problème qui a causé l’accident de Fukushima et il comporterait en outre toute une flotte de grands réacteurs pouvant conduire à des incidents multiples et à des émissions de radiations.
Selon Greenpeace : « L’énergie nucléaire constitue non seulement la forme d’énergie la plus hasardeuse et controversée, mais elle est aussi l’une des plus coûteuses. Afin de réunir les milliards d’euros requis pour construire ne serait-ce qu’un seul réacteur nucléaire, les compagnies dépendront lourdement des banques et autres marchés financiers.
Si le projet se poursuit, l’Inde se trouvera piégée par des engagements financiers mal maitrisés et des options énergétiques qui ne lui permettront pas de répondre aux besoins en énergie.
L’industrie nucléaire a passé la dernière décennie à tenter de convaincre le public et les décideurs que, malgré ses inconvénients, elle contribuera à résoudre la crise climatique. Cette industrie apporte trop peu, trop tard. Elle est trop chère et – comme pour le Japon – trop vulnérable et trop dangereuse. »

Depuis le 14 mai 2011, plus de 62 000 personnes dans le monde se sont jointes à une campagne de lettres et d’appels téléphoniques aux deux principales banques intéressées, la banque HSBC et la BNP Paribas, demandant qu’il soit mis fin au projet. Les habitants de Jaitapur souhaitent voir se développer des énergies renouvelables dans leur région.

Turquie – Début juin 2011, des étudiants turcs ont campé Place Taksim à Istanbul pour protester contre la construction de centrales nucléaires, le chômage, la corruption, et autres politiques du gouvernement Recep Tayyip Erdogan. Inspirés par le « Printemps arabe », « les Jeunes sur la Place » comptent résister pacifiquement aux forces de police. « Les rues sont le site de la démocratie directe, affirme Alper Alemdar, 22 ans. Au parlement c’est impossible, les politiciens sont corrompus. »

Etats-Unis – Le 2 juin 2011, environ 500 personnes ont assisté au contrôle de sécurité annuel du comté de New-York sur la centrale nucléaire vieillissante d’Indian Point. Les gens étaient exaspérés par les réponses évasives de la Commission, notamment sur l’absence de plan d’évacuation et sur les conséquences d’un séisme, sachant que la centrale est située sur deux failles sismiques. Les manifestants se souciaient du fait que les autorités se préoccupaient davantage des intérêts d’Entergy (la compagnie exploitante de la centrale) plutôt que de leur sécurité.

Italie – Lors d’un référendum auquel ont participé plus d’Italiens que d’habitude, l’Italie vient de rejeter les projets nucléaires du premier ministre Berlusconi. Parmi ceux qui ont participé au référendum, plus de 94 % des citoyens se sont opposés aux plans du gouvernement de reprendre la construction de centrales nucléaires. Les antinucléaires expliquent que le désastre de Fukushima a ravivé l’opposition du public à l’énergie nucléaire, qui avait d’ailleurs déjà été rejeté par les Italiens en 1986, lors d’un référendum peu après l’accident de Tchernobyl. L’Italie aussi est une zone à risque sismique.


Sources : nuclear-news.net ; Philippine Daily Inquirer, Philippines
Thématiques : Société, Économie
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)