Partage international no 273 – mai 2011
La plupart d’entre nous peuvent citer au moins deux « apartheid », ou murs de séparation dans le monde. Un mur construit par Israël empiétant sur des terres palestiniennes mais destiné à protéger l’Etat hébreux. L’autre construit par les Etats-Unis afin d’empêcher le passage d’immigrés mexicains illégaux ‑ deux puissantes nations se protégeant derrière des barrières de béton et d’acier.
En septembre 2010, nous pouvons compter dix murs de séparation supplémentaires dont certains construits après 1989 ‑ l’année où le mur de Berlin s’est écroulé, apportant la dissolution progressive d’une structure politico-économique colossale : Irlande du Nord, Arabie Saoudite, Chypre, Ceuta et Melilla (Afrique du Nord), Pakistan-Iran, Rio de Janeiro, Inde-Pakistan, Corée du Nord et du Sud, Sahara occidental, Botswana-Zimbabwe.
En Irlande du Nord, les « lignes de paix » comme on les appelle ont vu le jour il y a plus de quarante ans à Belfast ‑ comme une mesure temporaire. La plus récente a été construite sur le terrain d’une école en 2008.
Rien d’autre qu’une frontière bien protégée, c’est ainsi que certains en Arabie Saoudite nomment la barrière de sécurité renforcée de 9 000 km construite pour défendre une économie puissante et la plus grande réserve de pétrole du golfe Persique.
Comme l’immigration dite « illégale » augmentait à la fin du 20e siècle, l’Espagne a décidé de renforcer ses enclaves de la côte nord-africaine et a érigé des clôtures à Ceuta et Melilla, qui ont depuis été modernisées. Les deux enclaves sont situées face à Gibraltar, au milieu de territoires africains, et constituent certains des points d’accès les plus accessibles en Europe depuis les côtes africaines.
Pour protéger les forêts environnantes de l’empiétement des favelas de Rio, infâmes bidonvilles qui entourent la ville, les autorités ont érigé des murs de confinement. Certains observateurs pensent que les murs sont destinés à contenir la pauvreté et de prévenir sa propagation vers les belles plages de Rio.
A la fin des années 1980, l’Inde a commencé à ériger des barrières dans les Etats du Punjab et du Rajasthan, pour combattre le terrorisme. Près de la moitié de la frontière est couverte par des murs, des barbelés et des barricades. Des projets officiels prévoient d’étendre la barrière le long de presque toute la frontière. Le long de la « ligne de contrôle », la frontière du Cachemire administrée par l’Inde et le Pakistan est constituée de fils de fer barbelés, de mines et d’équipements de haute technologie.
Au Sahara occidental, un conflit territorial entre le Maroc et le peuple sahraoui a conduit à l’édification de ce qui a été appelé « le mur de la honte » par les organisations de droits de l’homme. Ce mur, achevé en 1987, forme un ensemble de six barrières de défense d’une longueur totale de plus de 2 700 km. Il est constitué d’un mélange de sable et de pierre, de barbelés, de fossés et de mines terrestres anti-personnel, sur toute sa longueur.
Il existe d’autres d’obstacles et moyens d’exclusion de toutes sortes, tels que des check-points et des tunnels bloqués. Wikipedia liste 24 de ces obstacles, y compris ceux mentionnés ci-dessus.
Pourquoi devrait-il être considéré comme illégal de chercher un moyen de survie, ou de chercher du travail pour nourrir sa famille, alors qu’on respecte ceux qui ont besoin d’un asile politique ? C’est une question que peu de gouvernements sont prêts à aborder et c’est sûrement un sujet à prendre en compte.
Sources : BBC, Royaume-Uni ; worldpress.org
Thématiques : peuples et traditions
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
