Les formes futures de financement

Partage international no 248avril 2009

Dans le discours qu’il a prononcé le 26 février 2009 à la Société géographique royale de Londres, le professeur Muhammad Yunus, Prix Nobel et fondateur de la banque de micro financement Grameen, a plaidé pour une restructuration urgente du système financier mondial visant à créer un système bancaire plus ouvert grâce au micro-crédit, et pour que le monde s’oriente vers un modèle de « capitalisme social » qui permettrait de monter des projets d’aide aux pauvres conjointement avec des multinationales.

La Banque Grameen a consenti de petits prêts sans nantissement à plus de 7 millions de Bangladeshi, principalement des femmes pauvres, pour un montant total de 7 milliards de dollars, dont 99 % ont été remboursés. Ce système de micro financement a été étendu à d’autres pays, transformant la vie de millions de gens. L’année dernière, la Banque Grameen s’est implantée à New York, où elle a déjà prêté plus de 1,2 million de dollars à 440 femmes sans capitaux ou solvabilité. A mesure que la crise économique s’étend, cette banque a prévu d’étendre ses implantations aux Etats-Unis.

Selon M. Yunus, faisant référence à la nécessité d’un changement fondamental : « Les crises financières, environnementales et alimentaires sont toutes interdépendantes et causées par l’égoïsme. Nous devons saisir cette occasion d’inventer un autre système, basé sur la confiance et l’altruisme.

Les pauvres sont victimes d’un apartheid financier. Ils composent les deux-tiers de la population mondiale, mais sont actuellement exclus du système. La vraie question n’est pas de savoir si les pauvres sont dignes qu’on leur fasse crédit, mais si les banques sont dignes des gens. Alors que le monde de la finance s’écroule tout autour de nous, nos projets prospèrent. Alors, qui est réellement digne qu’on lui fasse crédit ? »

M. Yunus s’est également référé à son récent livre, Créer un monde sans pauvreté : les entreprises sociales et l’avenir du capitalisme, dans lequel il soutient qu’à l’avenir, les entreprises ne devraient pas être motivées par le profit, mais par le désir d’aider les gens. Comme le dit Sarah Butler-Sloss, présidente du Prix Ashden pour les Energies durables : « M. Yunus est pour nous une source incomparable d’inspiration. De nombreuses personnes que nous avons aidées sortent de la pauvreté les habitants de leurs communautés en appliquant ses méthodes de micro financement aux énergies renouvelables. Nous sommes immensément fiers de travailler avec lui et ses collègues, et de faire l’éloge de ses réalisations impressionnantes. »


Date des faits : 26 février 2009
Sources : asdenawards.org ; International Herald Tribune, Etats-Unis
Thématiques : Société, Économie
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)