Partage international no 235 – mars 2008
En gros, la moitié de la population mondiale est désavantagée dans presque tous les domaines. Le rapport intitulé Les filles comptent autant : Programme mondial d’investissement et d’action repère les zones où se concentrent les problèmes et propose des actions spécifiques pour remédier à cette inégalité endémique. Ce rapport a été rédigé conjointement par des experts du Centre pour le développement mondial, du Centre international de recherches sur la condition des femmes (ICRW), de l’Université américaine, et du Conseil démographique. Il souligne que, dans les régions en voie de développement, les gouvernements nationaux et locaux, les agences multilatérales et le secteur privé doivent investir en priorité absolue sur les jeunes femmes et les jeunes filles.
Dans les pays en voie de développement, les jeunes gens forment le segment de la population qui s’accroît le plus rapidement. Et pourtant, dans ces pays, les jeunes filles sont très défavorisées. « Elles doivent faire face à des discriminations systématiques dans une multitude de domaines, dont la santé, l’éducation, la nutrition, l’accès au travail… Sans oublier les tâches ménagères. En raison de la misère et de normes culturelles discriminatoires, on oblige beaucoup de jeunes filles pauvres à se marier très jeunes, si bien qu’elles deviennent extrêmement vulnérables au sida, aux violences sexuelles et à l’exploitation physique. Privées de possibilités dans le domaine économique, et victimes de préjugés sexistes, de nombreuses fillettes sont considérées par leur famille comme indignes d’investissement et de protection. »
Mary Robinson, ancienne présidente d’Irlande et ancienne haut commissaire aux Droits de l’homme des Nations unies, soutient ce rapport. « Ce rapport est un appel à l’action. Il incite toutes les institutions à considérer leurs investissements d’un œil nouveau, et à s’assurer que les adolescentes y sont bien intégrées. Le fait est qu’elles ne le sont jamais, et, si nous n’en tenons pas compte, nous le payerons tous très cher. »
Le rapport recommande à toutes les personnes responsables de la société en général – membres des gouvernements, des services publics et du secteur privé – de :
- Analyser et présenter toutes les données – depuis les statistiques sanitaires et relatives à l’éducation, jusqu’à celles des bénéficiaires des programmes d’aide humanitaire – en distinguant l’âge et le sexe des personnes recensées, afin que les décideurs et responsables politiques n’ignorent plus les discriminations dont sont victimes les femmes et les jeunes filles.
- Investir dans les jeunes filles, c’est-à-dire investir significativement dans des programmes destinés aux adolescentes, conformément à leur contribution potentielle dans la réalisation d’objectifs économiques et sociaux.
- Donner aux adolescentes la part qui leur revient, dans tous les domaines de la vie – travail, programmes sociaux, droits de l’homme de façon équitable. Les auteurs du rapport considèrent que des efforts soutenus et explicites seront nécessaires pour surmonter les barrières familiales et sociales, et que les pays qui ne luttent pas contre ces discriminations perpétuent un « cycle de misère » au sein de leur population.
Approximativement un sixième des jeunes gens dans le monde vivent avec moins de deux dollars par jour. La misère extrême restreint la vie et les possibilités d’innombrables jeunes femmes et jeunes filles. Ainsi, 122 millions d’adolescentes en Afrique sub-saharienne vivent avec moins d’un dollar par jour. N’ayant fréquenté ni l’école, ni un centre d’apprentissage, les emplois rémunérés leur sont pratiquement interdits, ce qui les conduit le plus souvent à se marier très jeunes. Selon le rapport, presque la moitié des adolescentes sub-sahariennes se marient avant 18 ans. « Le mariage précoce façonne la vie des adolescentes et constitue leur seule possibilité, déclare Margaret Greene, directrice de la section démographie et transitions sociales de l’ICRW. Si les gens comprenaient ce que le mariage précoce implique pour les adolescentes, ils mettraient fin progressivement à cette coutume. »
Sources : Centre pour le développement mondial ; Centre international de recherches sur la condition des femmes
Thématiques : femmes, politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
