Partage international no 182 – octobre 2003
Dans un rapport sur l’éducation dans les pays arabes, l’Institut des statistiques de l’Unesco vient contredire plusieurs des stéréotypes les plus courants concernant ces pays, mais montre également que subsistent certains problèmes soulevés depuis longtemps, tels que l’inégalité entre les sexes.
Le Rapport régional sur les pays arabes analyse le système éducatif de 19 pays (Algérie, Bahrein, Djibouti, Egypte, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Mauritanie, Maroc, Oman, Territoires autonomes palestiniens, Qatar, Arabie Saoudite, Soudan, Syrie, Tunisie, Emirats arabes unis et Yémen) regroupant 270 millions d’habitants dont 39 % âgés de moins de 14 ans.
Malgré de nombreux points positifs tels qu’un large consensus en faveur de l’éducation, le rapport met l’accent sur d’anciens problèmes récurrents : quelque 8 millions d’enfants en âge scolaire, dont 5 millions de filles, ne fréquentent toujours pas l’école primaire. Le rapport montre également que les filles, lorsqu’elles ont l’opportunité de fréquenter l’école, ont plus de chances que les garçons de terminer leurs études primaires et secondaires et sont moins susceptibles de redoubler une année.
Le rapport, basé sur l’année scolaire 1999/2000, montre de grands écarts entre les différents pays. Cependant, ces données doivent être corrigées suite aux dommages infligés aux systèmes éducatifs lors des conflits dans les Territoires autonomes palestiniens et en Irak, alors même que ces deux pays ont témoigné d’un degré de scolarisation élevé pendant cette période.
Le rapport reconnaît que des investissements considérables ont été effectués dans le domaine éducatif au cours des quarante dernières années et, qu’en conséquence, de nombreux pays sont proches d’atteindre l’objectif d’une scolarisation de tous les enfants ; il montre également que la parité entre les sexes (même taux de scolarisation entre garçons et filles) n’a été atteinte que dans les Territoires autonomes palestiniens, à Bahrein, en Jordanie, au Liban et dans les Emirats arabes unis.
Dans l’ensemble de la région considérée, 35 millions d’enfants (dont 54 % de garçons) ont fréquenté l’école primaire durant l’année scolaire 1999/2000, ce qui laisse presque un enfant sur cinq (dont une fille sur quatre) sans scolarisation. D’un autre côté, dans tous les pays, à l’exception du Soudan, les filles ont moins de chance que les garçons de redoubler une année à l’école primaire. Seuls 6 % des filles ont redoublé contre 9 % de garçons, et plus de 90 % des enfants ont terminé leur cycle primaire, avec, dans tous les pays, un léger avantage pour les filles.
Les taux de scolarisation dans l’enseignement secondaire sont nettement plus faibles. Quelques 22,5 millions d’élèves (soit seulement 60 % de la population concernée) sont inscrits dans des écoles secondaires et parmi ceux-ci, près de 10,6 millions (47 %) sont des filles. Les chiffres montrent que la probabilité de passer de l’enseignement primaire à l’enseignement secondaire varie de 98 % à 66 % et, qu’à ce point de vue, les filles dépassent également les garçons. Le taux de redoublement dans le secondaire est généralement élevé pour les deux sexes.
Chacun des pays concernés dispose d’au moins une institution d’enseignement supérieur, mais le rapport souligne que de nombreux étudiants se rendent à l’étranger pour parfaire leur formation : en Europe, en Amérique du Nord ou dans d’autres Etats arabes. Durant l’année sur laquelle portait l’étude, quelques 5 millions d’étudiants étaient inscrits dans l’enseignement supérieur dont un peu plus de 2 millions – près de 40 % – de sexe féminin. Les sciences sociales, la gestion et le droit sont les options préférées regroupant par exemple un tiers des étudiants dans les Territoires autonomes palestiniens. En Arabie Saoudite, 50 % des étudiants se dirigent vers la formation d’enseignant, tandis que l’agriculture et les services constituent les branches les moins prisées.
Le budget consacré à l’éducation varie fortement selon les pays. On constate également très peu d’inscriptions dans les écoles privées. Avec 9,5 % de son PNB consacré à l’éducation, c’est l’Arabie Saoudite qui investit le plus dans son système éducatif mais dans certains pays, le budget de l’enseignement ne dépasse pas 2 à 3 % du PNB.
Quoi qu’il en soit, ces chiffres représentent un accroissement très important des dépenses d’éducation durant les quarante dernières années. Le rapport considère que cet investissement fut profitable: entre 1960 et 1985, les enfants auront passé environ deux ans et demi de plus à l’école. Néanmoins, il s’avère que le taux d’illettrisme atteint encore un homme sur trois et une femme sur deux dans l’ensemble des pays arabes.
Moyen-Orient
Sources : Service de presse de l'Unesco
Thématiques : politique, Économie, éducation
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
