Partage international no 419 – juillet 2023
par Bette Stockbauer
Dans le Traité sur la magie blanche, p. 402, le Maître Djwal Khul (DK) décrit une phase préliminaire du travail de la Hiérarchie, consistant à préparer l’humanité à l’ère du Verseau : « Vers l’an 1500, les Frères aînés de la race des hommes réunirent un conclave de tous les départements. Leur but était de déterminer comment renforcer l’impulsion à l’intégration, note dominante de notre ordre universel, de la hâter, et de prendre les mesures qui pourraient produire la synthèse et l’unification dans le monde de la pensée, qui seules rendent possible la manifestation du dessein de la Vie divine dont toute chose provient. »
La Hiérarchie détermina que deux conditions étaient nécessaires à l’humanité pour qu’elle puisse bénéficier des énergies de l’ère à venir : (1) l’élévation de la conscience de l’humanité au plan mental, et (2) la destruction des barrières que constituent la séparativité, l’isolement, et les préjugés existant entre nations, races et individus. Pour atteindre ces objectifs, ils stimulèrent la formation de groupes chargés d’agir dans quatre secteurs : la culture, la politique, la religion et la science.

Pythagore (582-500 av. J.-C.)
L’impact sur le monde des années 1500 des esprits avancés de l’époque et leur environnement politique et culturel semblent rappeler une autre période, celle des années 500 av. J.-C. A cette époque plus reculée, les formes de l’ère du Bélier commençaient à se désagréger sous l’influence des énergies des Poissons dont la puissance allait croissant. De même, vers l’an 1500, les formes des Poissons commençaient à s’effriter sous la poussée de plus en plus perceptible des énergies du Verseau.
Ces deux époques furent gratifiées d’intelligences très en avance sur leur temps. Elles virent se produire de grands changements sociaux, aboutissant à la dissémination et au brassage des peuples et des idées. Elles furent témoins de l’épanouissement de la science, de la rationalité et de nouvelles idées spirituelles.
Le progrès de la science et de la pensée
« L’Ashram d’un Maître du 5e rayon a un rôle important à jouer dans le travail de préparation, car c’est par l’utilisation scientifique de l’énergie que le monde sera reconstruit, et la nature réelle de la Hiérarchie prouvée » (Maître DK, Extériorisation de la Hiérarchie).
500 ans av. J.-C.
Dans l’Athènes du Ve siècle av. J.-C. vint un groupe d’hommes qui exprima le génie créatif de l’esprit grec, et leurs œuvres ont inspiré les esprits intelligents jusqu’à nos jours.
L’esprit de Pythagore (~582-500 av. J.-C) – initié de degré 2,2 – devait habiter les cieux, car il proposa des théories en mathématiques, en musique et en astronomie qui défient toujours notre compréhension. Socrate (469-399 av. J.-C.) (2,4) était un philosophe cynique et bourru, ne vouant fidélité qu’à la vertu et à la connaissance. L’un comme l’autre, Pythagore et Socrate, furent persécutés à cause de leurs idées. Pourtant, 25 siècles plus tard, ces mêmes idées ont toujours leur place dans les bibliothèques et les universités du monde entier.
Homme de lettres et visionnaire utopiste, Platon (427-347 av. J.-C.) (2,4) croyait profondément en la capacité de l’homme à bâtir une société juste et équitable. Lors d’une expédition financée par Alexandre le Grand, Aristote (384-322 av. J.-C.) (2,4), philosophe et scientifique, dépêcha 1 000 agents dans les campagnes d’Europe et d’Asie pour récolter des spécimens destinés à son livre sur l’histoire naturelle.
Le travail de ce groupe d’hommes éclairés était aussi bien spirituel que scientifique, car pour eux cette séparation n’existait pas. Ils furent les premiers à s’attaquer aux grands problèmes auxquels l’humanité doit faire face : les questions touchant l’harmonie sociale et l’unité humaine. Dans leur quête, ils inventèrent les outils de la pensée : la rationalité, la discipline et l’analyse, prélude nécessaire à une réelle objectivité et à de véritables solutions.
Ils contestèrent l’idée couramment répandue que les hommes sont impuissants, gouvernés par les caprices de leurs dirigeants et de leurs dieux. Ils croyaient en une responsabilité et en une créativité personnelles, capables de mener le monde et de créer une humanité reflétant le bon, le vrai et le beau.
1500 ans ap. J.-C.
Dans les jours sombres du XIIIe siècle, Roger Bacon lança cet avertissement : « Cessez d’être gouvernés par les dogmes et l’autorité ; regardez le monde. » Trois siècles plus tard, son appel prophétique trouve écho dans l’œuvre du groupe de scientifiques le plus remarquable depuis les jours de gloire de la ville d’Athènes. Ils défièrent les prétentions de l’Église catholique dans le domaine de la vérité, ils donnèrent naissance à des idées et à des inventions propres à soulager la dure vie des classes laborieuses, et ils connurent des succès incomparables.
Léonard de Vinci (1452-1519) (4,4) était naturaliste, anatomiste, ingénieur et artiste. Ses cahiers de notes préfiguraient des inventions qui ont dû attendre notre époque pour voir le jour. Copernic (1473-1543) (2,3), Galilée (1564-1642) (2,2) et Kepler (1571-1630) (1,7) scrutèrent l’espace, et remirent en question la croyance populaire qui faisait de la Terre le centre de l’univers. Leurs travaux furent condamnés par une Église convaincue de sa propre importance dans cet univers.
Suivirent Newton (1640-1727) (2,2) et Leibniz (1646-1716) (1,7), avec les lois fondamentales des mathématiques, du mouvement et de la gravitation. Dans le domaine de la science médicale, Harvey (1578-1657) (1,6) démontra l’existence de la circulation sanguine et Leeuwenhoek (1632-1723) (1,7) inventa le microscope.
Tout aussi important fut le développement de l’imprimerie dans les années 1400. La connaissance fut dès lors accessible à tous, au lieu d’être enfermée dans les monastères et les écoles des nantis. Lorsque des exemplaires de la Bible furent mis à la disposition des pauvres aussi bien que des riches, son interprétation cessa d’être du domaine exclusif de l’Église.
Les grandes migrations et les mouvements politiques
« Les migrations des peuples de toutes les nations […] indiquent un effondrement à l’échelle mondiale de toutes les frontières extérieures et l’institution d’un processus de mélange et de fusion sans précédent dans le monde. Le changement extérieur produit une synthèse intérieure, et les clivages se résolvent intérieurement par des relations plus étroites et un esprit de compréhension plus tolérant. » (Maître DK, Extériorisation de la Hiérarchie)
500 ans av. J.-C.
Avant l’ère chrétienne, les communications demeuraient primitives. Les moyens de transport étaient si limités que seul un petit nombre d’aventuriers et de visionnaires pouvait concevoir le monde au-delà de l’horizon. Pourtant, à l’intérieur même de chaque région, apparaissaient les signes d’une unité croissante.
Les groupes amérindiens d’Amérique du Nord et du Sud étaient reliés par des routes commerciales, aussi bien maritimes que terrestres. En Chine, Confucius (551-479 av. J.-C.) (5,0) faisait passer son pays d’un amalgame d’États belliqueux à une société unifiée. Un courant continu de nomades provenant de l’Est et du Nord vint grossir les rangs des populations établies en Europe.
Le roi Philippe de Macédoine (382-336 av. J.-C.) (1,7) était un ami proche d’Aristote, qui rêvait d’un État mondial, d’une union de tous les peuples connus. Lorsque son fils Alexandre (356-323 av. J.-C.) (1,5) fit la conquête du vaste royaume de Perse, le rêve devint réalité : les portes étaient ouvertes entre l’Orient et l’Occident, permettant les échanges qui transformèrent irrévocablement les deux mondes.
1500 ans ap. J.-C.
Point n’est besoin de beaucoup d’imagination pour appliquer les paroles du Maître D. K. au monde des années 1500. De la Chine à la Hongrie, les Turcs et les Mongols régnaient sur l’Eurasie. Ils apportèrent aux Occidentaux la boussole et de vagues connaissances sur des terres inconnues. Motivés par le pouvoir, l’avidité, ou la simple curiosité, Colomb (1451-1508) (2,0), Magellan (1480-1521) (2,0) et Vasco de Gama (1469-1524) (1,6) ouvrirent une ère de migrations inégalée dans l’histoire telle que nous la connaissons. Cortez (1485-1547) (1,7) conquit la nation aztèque en Amérique centrale ; Pizarre (1476-1541) (1,5) s’empara du Pérou. L’esclavage dispersa les peuples d’Afrique autour du globe.
Bien que la plupart de ces opérations s’accompagnèrent d’excès, et notamment d’effusions de sang et de vols, elles suscitèrent un désir d’exploration, à l’origine d’une nouvelle expansion de l’esprit chez les populations d’Europe et d’Asie. Partout, les gens se mirent à rêver d’une vie meilleure, libérés des forces conjointes les empêchant de réaliser ce rêve : jamais plus les Églises et les monarques du monde ne domineraient leurs sujets comme auparavant. Si la future unité prévue par les Maîtres n’était pas encore une réalité, le terrain la rendant possible se préparait certainement.
L’épanouissement de la religion et de la culture
« Les groupes religieux ont eu leur raison d’être et ont conduit à la révolte et au refus de l’autorité. Par la seule force de leur exemple, ils poussèrent l’homme à réfléchir par lui-même. Ils se sont fait les défenseurs de la liberté et du droit de chacun à la connaissance. » (Le Maître DK, Traité sur la magie blanche, p. 409-410.)
500 ans av. J.-C.
C’est à cette époque que naquirent les grandes religions du monde. En Inde, Gautama Bouddha (563-483 av. J.-C.) enseigna les vérités simples de la voie du milieu, éloignant son peuple de sa tendance à l’ascétisme. Deux cents ans plus tard, l’empereur Ashoka (269-232 av. J.-C.) (3,0) renonça à la guerre et modela l’Inde d’après les préceptes du Bouddha.
En Chine, les enseignements mystiques de Lao-tseu (604-? av. J.-C.) (4,2) s’unirent à l’esprit pratique de Confucius et aux tendances primitives de l’ancien taoïsme. Le prophète et enseignant religieux perse Zoroastre (628-551 av. J.-C.) (4,5) inspira une religion qui se répandit finalement vers l’ouest à travers l’Europe sous le nom de culte de Mithra, et la chrétienté gnostique contient des enseignements et des rituels d’adoration similaires à ceux des mystères mithriaques.
Les constructeurs de tumulus d’Amérique du Nord et les bâtisseurs de pyramides de régions situées plus au sud élaborèrent des enseignements et des rituels intimement liés à la vie de la nature. Dans le Bassin méditerranéen, la fusion des valeurs spirituelles et culturelles se concentra dans la ville d’Alexandrie, où convergèrent l’esprit rationnel des Grecs, la vie ordonnée des Romains, le monothéisme des Juifs et les pratiques occultes des Égyptiens. Durant des siècles, les pratiques mystiques des cultures orientales s’y infiltrèrent et, tant de dieux étaient représentés à Alexandrie, que ses habitants ne pouvaient que reconnaître l’unité sous-jacente de leurs différents enseignements. C’est là que s’est développée une forme de dévotion à Sérapis, un dieu en trois personnes, devançant de 200 ans les idées chrétiennes.

Galilée (1554-1642)
1500 ans ap. J.-C.
Les peuples d’Europe venaient juste d’affronter la peste noire, et partout aspiraient à la liberté et au changement. Les paysans en avaient assez de leur vie misérable, et les premiers appels à la révolution se répercutaient faiblement dans diverses régions. La décadence de l’Église catholique romaine minait son autorité. Les pressions internes et externes visant à la transformer secouèrent ses fondations durant des décennies. Trois siècles plus tôt, Saint-François d’Assise (3,5) avait supplié le pape de l’époque de revenir à la bonté originelle de Jésus. C’était maintenant au tour de Luther (1483-1546) (2,3) et de Calvin (1509-1566) (1,8) de rappeler à la caste des prêtres l’existence de leur divin fondateur. Ils dénièrent à l’Église le droit exclusif d’interpréter la Bible, et incitèrent leurs disciples à assumer eux-mêmes la responsabilité de leur salut.
Durant ces mêmes années naquit la révolution littéraire et artistique appelée Renaissance. En littérature, Shakespeare (1564-1616) (3,5), Milton (1608-1674) (1,8), Montaigne (1533-1592) (1,7) et Cervantes (1547-1616) (1,7) imprégnèrent leurs œuvres d’une profonde recherche spirituelle et philosophique. Michel-Ange (1475-1564) (3,3), le Titien (1490-1576) (3,0), Rubens (1577-1640) (3,0) et Rembrandt (1606-1669) (3,0) sortirent véritablement la peinture de l’âge des ténèbres. De manière strictement scientifique, ils entreprirent une recherche de la précision dans la représentation qui conféra à leur art mouvement et réalisme.
Par les écrits de Johan Valentin Andreas (1586-1654) (2,3), les Rosicruciens ranimèrent les sciences ésotériques et occultes de l’ancienne Égypte. Sir Francis Bacon (1561-1626) (3,7), Paracelse (1493-1541) (2,3), Jakob Boehme (1575-1624) (1,8) et le comte de Saint-Germain furent, semble-t-il, associés à cette fraternité secrète.
Une nouvelle direction des affaires mondiales
Dans les Grandes Lignes de l’Histoire (1920), H. G. Wells (1,7) décrit « trois des grandes idées qui gouvernent et structurent l’esprit de l’humanité contemporaine » : l’idée de la science, l’idée d’un Dieu juste et universel, et l’idée d’une politique mondiale. Vers la fin de l’ère du Bélier, ces idées encore faiblement exprimées commencèrent à prendre racine, et l’ère chrétienne fut témoin de leur croissance. Notre ère, celle de Maitreya, verra leur épanouissement planétaire, par la grâce de ces êtres sacrés qui influencent l’évolution à partir des mondes intérieurs et qui, de temps à autre, viennent vivre parmi nous, nous gratifiant ainsi de leur présence.
Voilà donc comment nous évoluons : par la prolifération de ces grandes idées, « émergeant de l’esprit des quelques rares personnes ou peuples exceptionnels chez lesquels elles ont d’abord vu le jour, se répandant dans la conscience générale du genre humain, et apportant d’abord une nouvelle couleur, puis un nouvel esprit, et enfin une nouvelle direction aux affaires humaines. » (H. G. Wells)
[Pour plus d’information, se référer à la Mission de Maitreya, tomes I & II, de B. Creme]
Auteur : Bette Stockbauer, journaliste freelance associée avec Share International, basée à Red Rock, Texas (Etats-Unis).
Thématiques : sagesse éternelle
Rubrique : Divers ()
