Partage international no 393 – mai 2021
par Aart Jurriaanse
Les futures relations économiques entre les nations du monde devront, en fin de compte, être basées sur le principe du partage. Les ressources naturelles et les énergies de la Terre appartiennent à l’humanité toute entière, et non à des nations particulières qui se trouvent exercer un contrôle politique temporaire sur des régions où de telles ressources peuvent être exploitées.
Une base équitable devra être établie, qui permettra à chaque partie de l’humanité de recevoir proportionnellement et rationnellement, en accord avec les circonstances et les besoins. C’est un sujet qui ne peut être résolu par la guerre, par la politique du pouvoir, ou par l’accaparement et l’emprise égoïstes par les plus forts, ou par ceux qui ont l’avantage d’une certaine situation stratégique. Il n’y aura qu’une façon de résoudre ces problèmes épineux, et ce sera par la tolérance, l’entente, le dialogue et la bonne volonté réciproque. Jusqu’à ce que cette attitude soit adoptée, plus de combats, avec les malheurs et les injustices qui s’ensuivent, resteront inévitables.
Le principe du partage
Le principe du partage s’applique non seulement aux richesses minérales du monde, au pétrole, et aux richesses de la mer, mais vaut tout autant pour le produit des champs. Il y a dans le monde des régions productrices qui, grâce à des conditions environnementales favorables, sont en mesure de produire en abondance, souvent bien en excès des besoins locaux. Simultanément, dans d’autres régions, avec les conditions climatiques actuelles, les mauvaises récoltes se répètent fréquemment, aboutissant à de graves pénuries alimentaires. Une base juste pour répartir les denrées alimentaires saisonnières mondiales doit dès lors être trouvée pour garantir que chaque individu ait en tout temps suffisamment à manger pour se maintenir en bonne santé. Quelles que soient les raisons dans le détail, la situation actuelle reste telle que la distribution des denrées essentielles dont l’homme a besoin pour se sustenter et garder un niveau raisonnable de confort est inéquitable et totalement inadéquate. Alors que de la nourriture pourrit et que les surplus sont jetés et détruits dans certaines régions, ailleurs des milliers de gens meurent de faim. Aucun argument ne peut justifier de telles disparités.
Des conditions comparables existent dans toutes les grandes communautés, où la répartition inéquitable des biens de ce monde reste un fait marquant. D’une part, on a ceux qui vivent dans des palais, se vautrant dans toutes les formes de luxe, tandis que de l’autre vivent dans une misère abjecte et dans la privation ceux qui, souvent littéralement, ont faim.
Non ! Un tel état des choses ne peut persister dans le nouvel âge qui débute, et doit être une des premières choses rectifiées pour atteindre de meilleures relations humaines.
Il faut reconnaître que plusieurs pas significatifs dans cette direction ont été entrepris, mais seulement assez pour permettre à la conscience qui s’éveille de réaliser combien davantage doit être fait. Ce ne sont pas des sujets qui peuvent être remis à plus tard indéfiniment, parce qu’ils représentent les motifs qui alimentent directement le mécontentement, la révolution et la guerre, et doivent donc être réglés aussi vite que possible si les humains veulent vivre en paix.
Il est admis qu’il n’y a pas toujours de solution applicable immédiatement, mais ce n’est pas une raison pour rester inactif. Pourvu que l’homme soit motivé par la volonté-de-bien, et que des pas volontaires soient franchis pour parvenir à quelque chose de constructif, alors le travailleur – que ce soit un individu ou une nation – peut être assuré que l’aide et l’inspiration nécessaire viendra pour le guider sur son sentier de service.
« La politique, l’économie, la science, la culture et l’éducation seront bientôt parmi les préoccupations majeures de l’humanité, incarnant enfin tous les aspects de la vie spirituelle. […] Dans le monde, les véritables transformations, les réels changements de conscience ont lieu dans les domaines politique et économique. C’est grâce aux transformations politiques et économiques que les structures seront reconstruites, permettant à la spiritualité inhérente en chacun d’être reflétée. »
Extrait de La spiritualité, article de B. Creme publié dans notre numéro de janvier-février 2021
Vers une ère de paix et d’abondance
Des différences de niveaux de vie, parmi les dirigeants, les entrepreneurs et l’intelligentsia sont presque inévitables, comparés à ceux des contremaîtres, des ouvriers et des exécutants. Puis il y a ceux qui, pour une raison ou pour une autre, sont incapable de gagner leur vie, ou qui sont simplement trop fainéant pour travailler. Des différences similaires seront constatées entre les communautés, entre les pays et entre les ethnies. De façon générale, ces conditions déséquilibrées peuvent en grande partie être imputées à ceux qui accaparent et accumulent égoïstement, parce qu’ils ont l’avantage d’être mieux équipés que leurs frères face aux exigences de la vie, et qui ont abusé de ce privilège en retenant une part immodérée de gains mutuels pour leur usage personnel. Cependant, l’humanité ne peut plus tolérer ces extrêmes, si emblématiques du passé.
Des processus d’ajustement ont été mis en marche, mais il sera toujours difficile de trouver une partition juste des gains et des profits d’une entreprise, entre des membres fonctionnant à différents niveaux mentaux, physiques et techniques. Les seuls principes qui fourniront les solutions sont l’équité, la compréhension et la bonne volonté. A mesure que le futur se dessine, il apparaîtra qu’avec le développement spirituel, le sens des valeurs de l’homme se transforme radicalement – qu’il ne voudra pas plus longtemps s’encombrer de possessions matérielles qu’il ne puisse mettre au service de la communauté.
En ce qui concerne les retardataires de la race humaine – encore une fois, cela s’applique aux individus comme aux communautés – il faut toujours se rappeler que la raison de leur abandon doit avant tout être recherchée dans une faiblesse ou maladie physique, psychique ou mentale. Un tel état de maladie est souvent la conséquence directe d’un nourrissement inadéquat ou déséquilibré par le passé, ou de conditions environnementales défavorables. Des tentatives doivent donc être menées pour aider et encourager ces personnes et ces peuples, au lieu de les rejeter et de les laisser à leur sort. L’approvisionnement de la nourriture et des abris nécessaires pour les masses les moins privilégiées de l’humanité conduira à une nouvelle approche constructive de la vie. Celle-ci à son tour inaugurera une nouvelle ère de paix et d’abondance. Toutefois, ces étapes demanderont une préparation attentive et du discernement.
Jusqu’à maintenant, les ressources et les richesses du monde ont, pour la plupart, été usurpées par un nombre limité d’individus et d’institutions cupides, qui s’efforcent encore désespérément de conserver leur emprise, et d’acquérir une part encore plus grande de richesses et de pouvoir. Malgré cela, le temps est venu pour des changements drastiques – qui sont actuellement mis en œuvre dans la structure économique mondiale –, et après que les ajustements nécessaires aient été effectués (avec l’assistance hiérarchique !), un nouvel ordre économique mondial se manifestera. Ce nouvel ordre sera basé sur la bonne volonté, sur le partage mondial des biens fondamentaux et sur une sage mise en commun de toutes les ressources – tant matérielles, scientifiques que techniques – pour le bénéfice de tous, appuyé par un bon système de distribution. Il faudra du temps pour que ce nouvel esprit s’établisse partout dans le monde, mais le futur est écrit et rien ne pourra résister à cette lame de fond qui prend rapidement de l’ampleur !
