Le sommet mondial des pauvres

Partage international no 153mai 2001

par Katherine Gage

En novembre 2000 s’est tenu à New York le premier Sommet mondial des pauvres pour l’élimination de la pauvreté. Les participants, venus de 37 pays, avaient pour but de faire classer la pauvreté, depuis trop longtemps source d’immenses souffrances et d’innombrables atteintes à la dignité humaine, parmi les violations des droits de l’homme.

Si ce sommet a offert aux pauvres l’occasion de formuler leurs exigences en termes de droits économiques : droits à la nourriture, à l’habillement, au logement, à un emploi décent, à la santé et à l’éducation, il a eu pour premier objectif de les aider à prendre leur cause en mains, et d’abord à s’unir. Tel était le but des leaders de cette manifestation (la Campagne pour les droits économiques des pauvres, la Campagne internationale pour la justice économique, ainsi que l’association organisatrice et hôte : l’Union de Kensington pour le droit au bien-être), qui ont tous souligné la nécessité d’un engagement actif des pauvres dans la recherche de solutions à la misère et aux effets de la mondialisation.

C’est donc d’abord pour jeter les bases d’une solidarité entre les déshérités de la planète que se sont réunis ceux d’entre eux qui avaient été les premiers à s’engager, dans leurs communautés, sur cette dimension économique des Droits de l’homme, afin de discuter des moyens de renforcer leur coopération et d’instaurer des liens entre groupes locaux et internationaux. Ce désir de s’unir sur une base concrète est né de la prise de conscience de ce que les pauvres doivent parler pour les pauvres, qu’ils ne doivent pas rester muets, ignorés et oubliés plus longtemps, qu’ils ont la volonté de créer les changements nécessaires et qu’ils disposent de suffisamment de moyens et de force d’esprit pour travailler ensemble à l’élimination de la misère. Un mouvement a pris corps aux Etats-Unis, que les participants vont travailler à élargir jusqu’à en faire un mouvement mondial des défavorisés.

Unir les défavorisés du monde

Preuve que cette mobilisation existe déjà, c’est la participation active de volontaires (vivant souvent eux-mêmes au-dessous du seuil officiel de pauvreté), qui a rendu ce sommet possible, ainsi que le soutien financier de deux fondations et des dons privés. Tout le monde a été admis, qu’il pût payer ou non sa participation. Les contributions étaient volontaires, l’inscription gratuite. Le voyage était même offert aux délégués n’ayant pas les moyens de le payer.

Il y eut 36 ateliers, couvrant l’ensemble des questions touchant aux droits de l’homme, et tous centrés sur les moyens d’augmenter le poids et la participation des pauvres dans la vie économique. Le dernier jour du Sommet, les représentants des pays présents se sont rendus aux Nations unies.

Cheri Honkala, une des porte-parole du sommet, a annoncé trois journées d’action mondiale. Dans son intervention de clôture, elle a déclaré : « Nous avons une voix et allons nous en servir. Nous lancerons et organiserons mondialement des mouvements massifs de pauvres, et parlerons d’une seule voix. »

Site web : www.kwru.org

Auteur : Katherine Gage, de New York, est une journaliste indépendante.
Thématiques : Société, politique
Rubrique : Divers ()