Partage international no 141 – mai 2000
Le Ciel et l’enfer, tels qu’ils ont été conçus depuis des siècles par l’Eglise chrétienne, n’existent pas, a déclaré le pape. Ils n’ont pas de place spécifique, ne sont localisés nulle part dans l’univers, ni dans les nuages ni sous la Terre.
Lors d’un discours public, le souverain pontife a insisté sur le fait que « paradis et bénédiction ne sont ni une abstraction ni un endroit physique situé dans les nuages, mais une relation personnelle et vivante avec la Sainte Trinité, c’est-à-dire Dieu ». Selon lui, une certaine prudence doit être adoptée en décrivant ces concepts : « En termes métaphoriques, le Ciel doit être compris comme la demeure de Dieu, puisque le paradis est un état de bonheur et de paix dans lequel l’homme établit une relation particulière avec Dieu. En fait, le Ciel est la réalisation des aspirations les plus profondes de l’homme, un état de bénédiction suprême bien défini. »
Les mots du souverain pontife furent corroborés ultérieurement par le prestigieux mensuel jésuite Civiltà Cattolica, dont l’éditorial a mis l’accent sur le fait que « l’enfer existe et est éternel, mais qu’il ne devrait pas être compris comme une expression de la colère de Dieu, comme une invention de l’Eglise ». L’article défie le lecteur catholique avec l’affirmation que l’enfer n’est pas un lieu brûlant mais « l’état d’être d’une personne qui souffre d’être séparée de Dieu, cette douleur étant l’essence même de l’enfer ». Civiltà Cattolica, révèle en termes imagés que « Dieu ne pointe pas un révolver sur le pêcheur pour l’envoyer en enfer. Puisqu’il a fait l’homme libre, l’homme seul choisit de se condamner à la déchéance éternelle ».
Sources : El Periódico, Espagne
Thématiques : religions, spiritualité
Rubrique : Divers ()
