L’administration Bush dans le déni sur la question de l’Irak

Partage international no 219novembre 2006

Deux mois avant les attaques du 11 septembre, Condoleezza Rice, alors qu’elle était conseillère à la sécurité nationale sous le président Bush, a écarté un rapport des services secrets mettant en évidence la possibilité d’une attaque imminente de la part d’al Qaïda. Ces informations paraissent dans un nouveau livre rédigé par Bob Woodward, journaliste au Washington Post.

L’ouvrage, En état de déni : Bush en guerre, troisième partie (Simon & Schuster 2006) reprend notamment un compte rendu de la visite du directeur de la CIA et de son responsable du contre-terrorisme à C. Rice, afin de l’informer de la situation.

Peut-être parce qu’il adopte un ton différent des deux ouvrages précédents écrit par B. Woodward sur l’administration Bush, ce nouveau livre a beaucoup plus attiré l’attention des médias. Les précédents montraient un président compétent entouré d’une équipe loyale et efficace, répondant admirablement à une attaque surprise et aux tragiques conséquences qui en suivirent. Le nouveau livre, par contre, montre les conseillers les plus proches « en désaccord entre eux et dans certains cas, se parlant à peine », selon un compte rendu publié dans le New York Times.

B. Woodward montre que les plus hauts responsables qui ont planifié l’invasion de l’Irak se sont complètement désintéressés de l’après-guerre. Plus tard, en septembre 2003, la Maison Blanche a ignoré un avertissement lancé par un haut conseiller irakien qui affirmait que des milliers d’hommes supplémentaires étaient nécessaires pour mettre un terme à l’insurrection.

Un rapport secret destiné à C. Rice affirmait catégoriquement que deux ans après l’invasion, la situation était un échec total. De manière similaire, d’après B. Woodward, les généraux sur le terrain ont fait savoir à Washington que le conflit ne pouvait pas être gagné sur le plan militaire. Dans le même temps, l’administration Bush affirmait en public que la situation en Irak s’améliorait.

En état de déni reprend de nombreux détails sur le fonctionnement interne de l’administration Bush, glanés à partir de 200 interviews de responsables du gouvernement, de l’armée et des services secrets.

Le livre explique en détails ce qui s’est passé après l’invasion de l’Irak, comment G. Bush a pris ses décisions, et comment son équipe et les responsables ont travaillé sous la pression de la guerre. La conclusion cependant a été donnée par B. Woodward lors d’une interview télévisée au magazine 60 Minutes : « Quand il s’agit du gouvernement, on en revient chaque fois à la même conclusion : son incapacité à dire la vérité. »


Sources : The New York Times, The Los Angeles Times ; 60 Minutes CBS-TV; Bob Woodward, State of Denial
Thématiques : politique
Rubrique : Les mensonges dévoilés (Le 15 février 2003, à Londres, Maitreya a été filmé sous les traits d’un Antillais, lors de la marche pour la paix (voir PI, avril 2003). « Je suis fier aujourd’hui d’entendre mes frères et mes sœurs dire la vérité et dénoncer les mensonges. C’est tellement magnifique ! » a-t-il déclaré. Depuis, les mensonges sont de plus en plus dénoncés.)