La pollution atmosphérique domestique

Partage international no 173février 2003

« Nous empoisonnons notre planète si vite qu’à moins qu’un rapide changement de direction n’intervienne, il sera trop tard et les générations futures souffriront incroyablement. » [Benjamin Creme, Partage international, juin 1991]

Près d’un milliard de personnes, essentiellement des femmes et des enfants, sont régulièrement exposées à des niveaux de pollution atmosphérique domestique cent fois supérieurs aux recommandations émises par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon les récentes découvertes de l’OMS, les plus fortes expositions à la pollution atmosphérique se produisent en environnement clos, en particulier dans les pays en voie de développement. Plus de la moitié de la population mondiale a encore recours aux combustibles solides tel que le bois, le charbon, le fumier, les résidus céréaliers ainsi que le charbon de bois, pour la cuisine et le chauffage. Combustible solide, fours inefficaces et ventilation insuffisante, forment une combinaison mortelle qui génère à l’intérieur des habitations une composition de pollutions nocives pour la santé.

La malnutrition associée à l’utilisation d’eau non potable et de combustibles solides dans un espace clos, sont responsables de plus d’un quart des décès dans les pays les moins développés. Le cas des enfants est particulièrement préoccupant du fait qu’ils sont très vulnérables à la pollution de l’air. Les études de l’OMS ont révélé que 30 % du nombre des décès dus à la maladie concernent des jeunes de moins de 15 ans. Et ce chiffre atteint le double pour les maladies respiratoires sévères.

En Inde, où 80 % des ménages emploient du combustible solide, on estime qu’un demi million d’enfants meurent chaque année à cause de la pollution atmosphérique domestique, essentiellement du fait d’infections respiratoires aiguës. Les chiffres pour l’Afrique sub-saharienne sont similaires. Dans les pays d’Amérique latine, où un quart des ménages utilisent du combustible solide, 30 000 personnes meurent chaque année d’infections respiratoires graves attribuées à la mauvaise qualité de l’air à l’intérieur du logement.


Sources : Organisation mondiale de la santé
Thématiques : Sciences et santé, environnement
Rubrique : Faits et prévisions