Partage international no 455 / 456 - août 2026

SOMMAIRE


Articles du Maître

Depuis la création de la revue Partage international, le Maître de Benjamin Creme a rédigé un article chaque mois pendant près de 35 ans. Ces articles étaient destinés à être publiés non seulement au moment où ils étaient écrits, mais également chaque fois que les circonstances mondiales le justifieraient.

Le sentier de l’élévation

par le Maître

Transmis par Benjamin Creme

 

En tout homme et toute femme réside un dieu, encore en devenir, mais éternel. Au travers des expériences de ce que nous appelons la vie, chacun de nous fait un long voyage qui, sur sa fin, révèle son véritable but : l’union avec ce dieu par la prise de conscience de la réalité de l’âme, notre Soi supérieur divin.

Jusqu’à présent, notre connaissance de l’âme a reposé sur les textes religieux. Ceux-ci ont laissé l’homme dans l’impression qu’elle est très éloignée de lui et qu’il doit juste accepter qu’elle existe, et l’adorer à distance. Pourtant, à mesure qu’il progresse, l’homme en vient à comprendre que l’âme est sa nature essentielle ; une partie de lui-même qui, si élevée et si pure soit elle, n’en est pas moins lui-même. Ainsi avance-t-il, en développant la connaissance de son être véritable, et du but de sa vie.

Aujourd’hui, des milliers de personnes ont conscience d’être engagées dans un voyage évolutif ; pour elles, le sens de la vie s’approfondit au fil de leur quête de connaissance et d’expérience. Ainsi, avec le temps, elles se tournent vers la méditation, qui les amène à une découverte majeure : pas à pas, il leur devient évident qu’elles sont des âmes, et que l’âme n’est pas une idée lointaine mais constitue leur être même. Progressivement le tempo de leur vie change, tandis qu’une compréhension plus profonde de l’existence et de sa finalité donne une portée accrue à tout ce qu’elles font. Ainsi les hommes avancent-ils dans leur voyage vers la perfection en reflétant de plus en plus la divinité et la sagesse de l’âme.

Chacun fait route à sa manière : certains cheminent vite, impatients d’arriver au but, tandis que d’autres vont d’un pas plus lent, moins assuré. Mais tous franchissent tôt ou tard les différentes portes qui ponctuent leur progression. Aujourd’hui, en réponse à l’appel de leur âme, des millions d’individus empruntent ce chemin, sans même savoir qu’il existe. Ils perçoivent les besoins du monde actuel et, en cherchant à y répondre, ils remplissent leur rôle.

Consciemment ou non, sous l’influence de leur âme, ils répondent à l’appel de Maitreya et entrent dans la mêlée pour régénérer ce monde par leur ferveur et leur courage. Ils se rendront bientôt compte que leurs efforts n’auront pas été vains.

[Partage international, mars 2014]


L’expansion de la conscience

par le Maître

Transmis par Benjamin Creme

 

Partout dans le monde, on commence à mesurer la portée du changement de conscience actuel de l’humanité. Cela se traduit de maintes façons, en particulier par les efforts entrepris pour sonder la nature de la conscience elle-même, pour mettre en lumière les liens existants entre la conscience, l’activité mentale et le cerveau, pour étudier les effets que ces trois facteurs peuvent engendrer, individuellement ou de concert, dans la matière et le monde naturel.

La vieille conception mécaniste de la nature et des forces qui y sont à l’œuvre cède rapidement du terrain, tandis que se fait jour une vision nouvelle de l’unité qui sous-tend toute manifestation. De plus en plus nombreux sont ceux qui acceptent l’idée que tout est énergie, que l’énergie et la matière ne sont que deux aspects différents d’une réalité unique sur laquelle la pensée peut exercer son influence. La vision humaine de l’existence est transformée par cet afflux de lumière qui ne cesse de croître, et la mise au point de nouvelles technologies mettra bientôt en évidence cette réalité. Tout ceci est d’une portée considérable pour l’évolution future du genre humain.

A l’orée du nouvel âge, la nécessité d’explorer le monde subjectif comme le monde extérieur et de comprendre la nature du lien qui unit ces deux aspects de la création prend une nouvelle acuité. Nombreux sont les scientifiques du monde entier qui orientent leurs recherches dans cette direction, ressentant le besoin d’étayer de preuves leur conviction intuitive que tout est intimement lié. On accepte de plus en plus facilement l’idée de l’âme en tant que « soi » transpersonnel, ce qui ouvre la voie à une vision inclusive de la réalité.

Avec le temps, toutes les recherches se fonderont sur la prémisse que la conscience est une qualité de l’âme, que le mental et le cerveau constituent les véhicules de sa manifestation, et que les liens qui les unissent sont sans rupture ni séparation.

A ce jour, le système nerveux est considéré comme la route qu’empruntent des signaux de nature électrique en provenance du cerveau ; le cerveau qui, tel un poste de commandement, met en action les automatismes mentaux, émotionnels et physiques par lesquels notre vie se manifeste.

Jusqu’à un certain point, cette conception est bien sûr fondée. Il est exact que cet ordinateur sophistiqué qu’est le cerveau physique joue un rôle de coordination et d’organisation de ces informations et stimuli extrêmement variés qui, d’instant en instant, lui parviennent de l’appareil sensitif. Cependant, lorsque la nature de la conscience et sa source seront mieux comprises, il en émergera une représentation plus juste du statut et de la fonction du cerveau en tant que point focal d’une infinie diversité d’impulsions en provenance de principes supérieurs.

Nombreux sont ceux pour qui « le mental, c’est l’homme ». S’identifiant à l’une de leurs facultés, ils se conçoivent comme des êtres d’intellect, capables de penser et d’agir de manière totalement autonome et séparée, et dont l’existence même provient de cette faculté de mesurer par la pensée. Il n’y a, là aussi, qu’un simulacre de la véritable relation existant entre l’homme et le mental.

Le mental humain est un instrument, un corps dont la sensibilité varie selon les individus, permettant d’entrer en contact avec les plans mentaux et de les connaître. Le plan mental, ou sphère mentale, qui s’étend à l’infini, sert à canaliser l’ensemble des expériences de cet ordre.

Quand les hommes le comprendront, ils sauront pourquoi la télépathie résulte naturellement de cette relation avec le plan mental, et l’on assistera au commencement d’une ère nouvelle de communication et de compréhension mutuelle.

On comprendra alors que le système nerveux constitue un lien entre l’âme et ses véhicules, et que par son entremise l’âme en incarnation peut s’emparer de son reflet et se manifester à travers lui.

C’est ainsi que la conscience, la nature de l’âme, croît et se développe, et déverse sa lumière à travers tous les plans, éveillant l’homme à sa destinée en tant que fils de Dieu.

[Partage international, septembre 1992]

 

 


La continuité de conscience

par le Maître

Transmis par Benjamin Creme

 

Au sein de l’humanité d’aujourd’hui, un nombre croissant de personnes acquièrent la continuité de conscience et sont ainsi capables de retenir les expériences vécues pendant leur sommeil. Cela permet une évolution plus rapide, car il n’y a pas de temps perdu à attendre que l’information soit filtrée par le cerveau pour devenir accessible. Cela assure également la réception d’informations plus précises aboutissant à des actions et à des résultats plus justes.

C’est la voie de l’avenir pour l’humanité. Jusqu’à présent, la rupture de conscience entre les états de veille et de sommeil a constitué un obstacle à une avancée de grande envergure. Plus que tout autre chose, elle a maintenu l’humanité dans l’ignorance de la véritable nature de la réalité et, par conséquent, dans la superstition et la peur.

Près d’un tiers de la vie est consacré au sommeil et de nombreuses informations sont communiquées au cours de cette période. Nombreuses sont les expériences qui peuvent y être faites et les connaissances qui peuvent y être acquises, venant ainsi enrichir la vie de chacun. Jamais auparavant n’a existé, sur si grande échelle, pareille opportunité d’un changement progressif de la conscience. Déjà de nombreuses personnes sont prêtes à accéder à cette continuité ; il ne leur manque que les techniques pratiques qui leur permettraient d’y parvenir.

Bientôt, des mesures seront prises pour faire mieux connaître et rendre plus accessible l’information déjà disponible sur ce sujet. Beaucoup de choses ont été communiquées, qui attendent d’être étudiées et appliquées. Peu de gens aujourd’hui sont au courant de la quantité et de la richesse des enseignements déjà répertoriés et publiés.

La clé de ce progrès décisif est la polarisation mentale, qui se construit progressivement sur la base d’un alignement correct des corps astral et physique. Une fois ce stade atteint, la continuité de conscience se développe tout naturellement. Il existe bien sûr divers degrés de réalisation et l’ensemble du processus couvre une période de temps considérable.

On a beaucoup écrit sur la nécessité du détachement spirituel. Cette qualité crée rapidement un terrain favorable à une interprétation correcte des phénomènes et des informations rapportés du sommeil. Faute de quoi, malgré la continuité de conscience, beaucoup de distorsions peuvent s’ensuivre.

Le détachement spirituel résulte de la décentralisation de l’individu. Grâce au service et à la méditation correcte, la focalisation du disciple passe progressivement de son moi limité au non-moi. Cela engendre un état de divine indifférence dans lequel le désir diminue et le véritable homme intérieur peut apparaître.

La voie est alors ouverte à un début de continuité de conscience. L’expérience extra-corporelle peut alors être connue et enregistrée en toute sécurité, et un nouveau chapitre s’ouvre dans la vie du disciple. Les Salles de l’Enseignement ou de la Sagesse, selon son niveau sur le sentier, deviennent ses champs conscients de connaissance.

Nous n’avons jusqu’ici parlé de continuité de conscience qu’entre le sommeil et l’état de veille. Une expansion de conscience plus grande attend le disciple capable de jeter un pont sur le fossé qui sépare les deux vastes champs d’expérience que nous appelons la vie et la mort.

La vie seule existe. La mort n’est que le nom donné à un autre niveau d’expérience de la vie, qui continue sans interruption, sauf dans la conscience limitée de l’homme. Le temps est proche où l’homme se souviendra en pleine conscience de l’expérience que nous appelons la mort, la période intermédiaire, et de son retour à la manifestation extérieure. Il perdra alors toute crainte de la mort et récoltera la moisson de connaissances et de félicité des plans intérieurs, en parfaite conscience de sa véritable identité de Fils de Dieu.

[Un Maître parle, novembre 1987]


Editorial

Editorial juillet/août 2026

Chers amis de la Terre

Comme vous le savez peut-être, nous venons dans un esprit de paix et d’amour, dans le but de vous aider, de vous secourir et de vous soutenir, vous ainsi que la Terre notre précieuse planète voisine. Nous sommes ici pour vous venir en aide dans la mesure où la loi cosmique le permet, en tant que partie intégrante du Grand Être dont nous sommes la création.

Tout notre système solaire comme toutes les innombrables expressions de sa création sont ses humbles enfants, et nous vénérons son Plan divin pour toute vie, où qu’elle se trouve et dans quelque dimension qu’elle existe. Nous sommes des co-créateurs, mais aussi des descendants de cette divinité, lui obéissant par amour et par identification à elle. Quoi que vos gouvernements ou les personnes qui influencent l’opinion cherchent à vous faire croire, nous venons dans le respect de la Loi et pour vous rappeler que votre nature est essentiellement faite de joie et de grâce.

C’est ainsi que nos frères et sœurs de l’espace pourraient s’adresser à nous – l’humanité –, tandis que des millions d’entre nous œuvrent et coopèrent pour découvrir de meilleures voies d’avenir et des solutions qui profitent à tous.

Nous contemplons notre planète sœur, la Terre, Gaïa, qui souffre, et nous sommes profondément troublés, mais aussi renforcés dans notre détermination à accomplir notre mission de miséricorde et d’aide partout où nous le pouvons et autant que nous le pouvons, dans le respect de la Grande Loi. Nous nous interrogeons, avec tristesse et étonnement, sur la raison pour laquelle vous semblez ne pas aimer votre demeure alors qu’elle est support de vie, pour vous et pour toutes les autres formes de vie.

Aujourd’hui, vos dirigeants imprudents pensent pouvoir envahir vos planètes voisines, les coloniser et les détruire (comme ils l’ont toujours fait), déterminés à exploiter et à extraire tout ce qu’ils jugent précieux pour entretenir leur « mode de vie » insensé – qui, à nos yeux, s’apparente davantage à la mort qu’à la vie. Vos frères et sœurs les plus sages les ont surnommés « les 1 % ».

Leur cupidité est en train de détruire votre magnifique planète. De larges pans de l’humanité semblent désorientés, épuisés par la pauvreté, la faim, les tensions quotidiennes, l’endoctrinement et la confusion, ce qui permet à la soif de pouvoir, à la cruauté sans pitié et à la barbarie des « nantis » de prospérer.

Vos sages, vos grands instructeurs, les Maîtres et le Maître de tous les Maîtres – le Seigneur Maitreya (qui est connu, aimé et vénéré dans le Cosmos) – vous ont tous averti que de telles injustices et inégalités pourraient conduire à un effondrement de vos systèmes, par exemple vos systèmes économiques et financiers. Ce sera une dure leçon mais elle permettra peut-être à l’humanité de prendre conscience de valeurs plus proches de celles que nous respectons et comprenons dans tout notre système solaire.

Ce sont ceux qui souffrent depuis des décennies qui souffriront encore davantage. Ce sont vos semblables affamés et dépossédés qui en feront les frais, que ce soit dans les rues de vos immenses villes ou dans des pays que vous essayez peut-être d’ignorer ; ce sont leurs morts que vous voyez et que vous verrez sur vos téléphones et dans vos médias (du moins ceux qui disent la vérité).

Comment nourrirez-vous vos enfants si vous dégradez les sols, si vous perturbez les courants océaniques au point que vos agriculteurs et vos pêcheurs ne puissent plus s’adapter aux conditions météorologiques ; si vous polluez les rivières qui sont source de vie – en réalité, vous laissez derrière vous une traînée de dévastation.

Notre système solaire, cette Grande Vie dont nous faisons tous partie, vous observe avec stupéfaction et horreur tandis que vous consacrez votre temps, vos ressources et vos talents à construire des machines toujours plus sophistiquées et impitoyables, destinées à tuer et à détruire. Vous mettez votre intelligence au service non pas de la création, de l’aide, de la préservation, de la guérison et de l’éducation, mais de machines de mort et de destruction.

Les Maîtres de la Terre eux-mêmes vous supplient de cesser de faire la guerre. Le Seigneur Maitreya vous a exhortés à aider, à nourrir, à chérir et à soutenir tous ceux qui ont besoin de votre amour et de votre bienveillance. Vous savez ce qu’il faut faire. Vous savez que c’est possible si vous choisissez vos dirigeants avec sagesse.

L’humanité est magnifique, de même que votre planète – dans sa nature profonde et dans son potentiel. Vous partagez votre nature divine avec nous, car votre étincelle divine est exactement la même que celle qui brûle dans nos cœurs alors que nous cherchons à vous venir en aide. Engagez-vous auprès de votre communauté et rejoignez-nous pour œuvrer à la beauté d’un avenir qui donne pleinement expression à notre divinité commune.

Pensez à ce que vous pourriez être. Imaginez l’avenir tel que le décrit le Grand Instructeur de votre monde, qui est également le Seigneur de l’Amour et le Christ sur la planète Terre :

« Je suis heureux de pouvoir vous parler une fois encore et de vous dire que je viens pour vous emmener avec moi dans cette contrée nouvelle, le pays de l’Amour, le pays de la Confiance, de la Beauté et de la Liberté. Je vous y emmènerai si vous pouvez me suivre, m’accepter, me laisser montrer le chemin et être votre guide. Et, s’il en est ainsi, ensemble nous construirons un monde nouveau : un monde dans lequel les hommes pourront vivre sans crainte, sans méfiance, sans division, partageant ensemble les bienfaits de la Terre, connaissant ensemble la félicité de l’union avec notre Source. Tout ceci peut être vôtre. Vous n’avez qu’à faire les premiers pas et je pourrai vous guider.

Permettez-moi de vous aider. Permettez-moi de vous montrer le chemin qui mène à une vie plus simple, où personne ne connaît la privation, où chaque jour est différent, où la joie de la Fraternité se manifeste à travers tous les hommes.

Il m’appartient de vous montrer la voie et de vous guider, mais c’est à vous de choisir, en toute liberté, de me suivre. Sinon, je ne puis rien faire. Mes mains sont liées par la Loi. La décision appartient à l’humanité. »

[Message de Maitreya n° 3, 22 septembre 1977]


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Point de vue

Albanie : La révolution en douceur

par Mauro Carlo Zanella1

À Tirana, la vie suit son cours normalement : les gens vont travailler, les étudiants se préparent pour leurs examens, les enfants jouent dans les parcs, les retraités prennent un café dans l’un des nombreux bars et discutent pendant des heures… Les premiers touristes, dont un bon nombre d’Italiens, visitent la mosquée et la place Scanderbeg. Pas d’affiches, pas de graffitis ni de tracts… Tout est calme, bref, tout est tout à fait normal.

Le seul signe visible de ce qui est en cours, ce sont les stands où l’on recueille des signatures pour les deux référendums visant à abroger les lois qui permettent de contourner les contraintes environnementales et donc de favoriser la spéculation immobilière, et ce même dans les plus belles zones protégées d’Albanie. Tout cela au profit des oligarques locaux, qui blanchissent l’argent sale des mafias du monde entier et, surtout, ouvrent la porte au gendre sioniste de Trump qui, dit-on – mais je ne peux le vérifier –, investirait de l’argent israélien…

En somme, la vieille classe politique corrompue et discréditée du soi-disant parti « socialiste » d’Edi Rama et du soi-disant parti « démocratique » d’opposition de Sali Berisha est en train de brader le pays au capitalisme le plus rapace.

 

Albanie, « La révolution des flamants roses », 2026
(photo : Pressenza)

À 18h tout change : les habitants de Tirana se rassemblent en nombre croissant sur la place Skanderbeg et lorsque celle-ci est bondée, commencent à marcher vers le palais du premier ministre Rama situé à proximité.

Hommes et femmes, personnes âgées et enfants. Beaucoup d’enfants, des nouveau-nés qui malgré le vacarme parviennent à dormir dans leurs poussettes et dans les porte-bébés de leur mère, aux enfants plus âgés sur les épaules ou dans les bras de leurs parents, qui agitent joyeusement leurs petits drapeaux ou pancartes écrites et dessinées à la maison, et scandent les slogans les plus populaires : « Rama et Berisha, c’est fini pour vous ! », « Révolution ! Révolution ! »

Le 18 juin 2026 était une journée particulière : l’événement n’était pas seulement national, car il a réuni à Tirana tous les Albanais, y compris ceux qui vivent au Kosovo, en Macédoine du Nord, dans le sud du Monténégro et le nord de la Grèce : en somme, tout le territoire de la soi-disant « Grande Albanie » et ceux de la diaspora des quatre coins du monde, qui ont profité des jours de vacances pour revenir au pays et apporter leur contribution à la libération de leur terre.

Une marée, un océan de personnes qui s’est peu à peu étendu à perte de vue. Le rouge, couleur du drapeau, prédominait, à côté de l’aigle bicéphale noir. On pouvait apercevoir les silhouettes des Flamants roses qui se déplaçaient en file indienne parmi la foule, menés par une cigogne blanche.

Les intervenants se succédaient sur scène : intellectuels, artistes et représentants de la société civile. Évidemment, je n’ai pas compris un seul mot, mais la foule applaudissait avec enthousiasme.

Devant la scène, des dizaines de chaussures symbolisaient les émigrés contraints de quitter leur pays pour chercher du travail à l’étranger.

Aucun drapeau des trois partis actuellement mineurs au Parlement, ni même des groupes écologistes, n’était visible.

Les socialistes démocrates de La Nouvelle Albanie portaient une banderole, sans symbole ni signature, mais avec le slogan : « L’Albanie n’est pas à vendre ».

Albanie, « La révolution des flamants roses », 2026
(photo : Pressenza)

Le patriotisme albanais n’a pas de sentiments suprémacistes et est exempt de pulsions xénophobes : il repose sur le lien avec sa patrie (à l’instar du patriotisme des Palestiniens et des Kurdes, pour être clair) et sa culture qui croit en l’hospitalité et la pratique.

Le perron du palais du premier ministre Rama était gardé par une vingtaine de policiers sans casque, sans bouclier ni matraque, et sans arme dans leur étui. Ils invitaient gentiment les gens à ne pas s’assoir sur les marches ni à monter les escaliers. Toutefois, quelques enfants « désobéissants » jouaient à chat devant l’entrée du ministère sans que les policiers n’aient rien à redire.

« Aujourd’hui et dans les jours à venir, nous continuerons sans relâche, jusqu’à la victoire du peuple » me disent-ils avec une détermination pacifique.

1. Mauro Zanella est instituteur, défenseur convaincu du multiculturalisme, militant, il dénonce avec force les crimes contre l’humanité, le racisme et toutes les formes de discrimination. Il vit à Rome.

 

 

 

Source : Pressenza


Le pape se prononce sur l’intelligence artificielle (première partie)

par Cher Gilmore

Le 15 mai 2026, le pape Léon XIV a publié une encyclique intitulée « Magnifica Humanitas : Sur la sauvegarde de la personne humaine au temps de l’intelligence artificielle ». Riche et dense en informations, notamment sur l’histoire des commentaires pontificaux sur les questions contemporaines, elle sera présentée ici en trois parties. La première partie offre un bref aperçu de son analyse de notre choix culturel et de la doctrine sociale de l’Eglise. La deuxième partie se concentrera sur ses recommandations pour préserver l’humanité en cette période de transformation, et la troisième partie abordera la question de la culture du pouvoir face à une civilisation de l’amour.

Dès la première phrase, Léon XIV affirme que l’humanité est aujourd’hui confrontée à un choix crucial : « soit construire une nouvelle tour de Babel, soit bâtir la cité où Dieu et les hommes habitent ensemble ». Pour souligner les deux choix, il compare en détail deux images bibliques : la construction de la tour de Babel, décrite dans la Genèse 11:1-9, et la reconstruction des murs de l’ancienne Jérusalem après l’exil babylonien, relatée dans Néhémie 2-6. Il fait référence à ces images à plusieurs reprises dans l’encyclique, car elles illustrent symboliquement notre position actuelle par rapport à l’intelligence artificielle (IA).

 

La Tour de Babel

La Tour de Babel, Pieter Bruegel l’Ancien
(photo : domaine public, Wikimedia Commons)

Aux origines de l’humanité, les peuples s’établirent dans une plaine du pays de Shinar et, soucieux de stabilité et de puissance, décidèrent de bâtir une ville et une tour « dont le sommet atteindrait les cieux ». Ils adoptèrent une langue unique, une technologie unique et une direction unique. Aussi impressionnant que fût ce projet, il fut conçu sans référence à Dieu, caractérisé par l’uniformité plutôt que par la diversité, et par l’homogénéité plutôt que par la communion.

Le résultat ne fut pas l’unité, mais la dispersion : la communication fut rompue, les langues se confondirent et les peuples ne se comprirent plus. La leçon de la Tour de Babel est que tout effort, aussi grandiose soit-il, fondé sur l’affirmation de soi, sacrifiant la dignité humaine à l’efficacité et cherchant à atteindre le ciel sans la bénédiction divine est voué à l’échec.

 

Reconstruction des murailles de Jérusalem

Lorsque certains Juifs revinrent à Jérusalem après leur exil de Babylone, ils trouvèrent une ville en ruines, les murailles effondrées et les portes incendiées. Néhémie, un Juif au service du roi perse Artaxerxès, apprit l’état de sa ville ancestrale et, après avoir jeûné et prié, demanda au roi la permission d’y retourner.

À son arrivée, il inspecta en silence les parties détruites de la ville, sans chercher à imposer de solutions. Il réunit les familles, écouta leurs doléances, leur confia à chacune une section de muraille à reconstruire, coordonna leurs efforts et prit en compte les éventuelles objections. La ville renaquit non pas grâce à l’initiative d’un seul homme, mais grâce à un effort collectif où la responsabilité était partagée par tous, et où Dieu était au centre. Il en résulta une communion plutôt qu’une uniformité, et une harmonie où chacun assuma son rôle.

 

Construire pour le bien commun

Le pape Léon XIV souligne que la technologie, en soi, n’est ni une solution aux problèmes de l’humanité, ni intrinsèquement mauvaise. Elle n’est cependant jamais neutre, elle emprunte les caractéristiques de ceux qui la développent, la financent, la réglementent et l’utilisent. Le choix est le suivant : voulons-nous construire une tour de Babel moderne ou reconstruire Jérusalem ?

« Nous devons donc éviter le « syndrome de Babel », à savoir l’idolâtrie du profit qui sacrifie les faibles, une uniformité qui neutralise les différences et la prétention qu’un langage unique, même numérique, puisse tout traduire, y compris le mystère de la personne, en données et en performances. Le risque de déshumanisation, de construire un avenir qui exclut Dieu et réduit l’autre à un moyen, est une tentation ancienne et toujours nouvelle qui revêt aujourd’hui un aspect technique. »

Pour bâtir un monde meilleur, affirme-t-il, certains principes sont essentiels. Premièrement, tout doit reposer sur une relation solide avec Dieu. Deuxièmement, nous ne devons pas considérer les limites et les faiblesses de l’humanité comme des erreurs à corriger. Au lieu de rechercher des « améliorations » illimitées susceptibles d’aggraver les inégalités, ou des solutions immédiates incapables de panser les plaies, nous devons viser une croissance harmonieuse fondée sur l’entraide et une véritable solidarité. Le progrès doit se mesurer à la dignité de chaque personne et au bien commun.

Un autre principe important est celui de la responsabilité partagée, du courage et de la subsidiarité, où chacun « possède une partie de la muraille », où chacun a sa part de responsabilité et un rôle à jouer. La subsidiarité valorise la coopération entre les générations, les peuples, les disciplines et les cultures comme le meilleur moyen de créer stabilité, prospérité et paix. Par dessus tout, nous avons le devoir impérieux de rester profondément humains et de préserver la grandeur de l’humanité, dont aucune machine ne pourra jamais remplacer la splendeur.

Le pape Léon XIV
(photo : Edgar Beltrán, Wikimedia Commons)

 

La doctrine sociale de l’Eglise

La doctrine sociale de l’Eglise est une réalité vivante et évolutive qui répond aux défis de son temps. Bien que l’expression « doctrine sociale de l’Eglise » ait été forgée en 1950 par le pape Pie XII, elle s’inscrit dans une longue tradition de réflexion de l’Eglise sur la vie en société, depuis le Moyen Âge. Il ne s’agit pas d’un manuel, mais d’une démarche de discernement des vérités éternelles à la lumière des événements historiques, puisant son inspiration dans les apports de la science, de la culture et de l’expérience humaine.

La doctrine repose sur un ensemble de vérités fondamentales :

1) la personne humaine est créée à l’image et à la ressemblance de Dieu.

2) tous les êtres humains sont dotés d’une égale dignité inaliénable.

3) les droits de l’homme sont inhérents à la personne humaine, universels et inaliénables.

 

De même, la Doctrine intègre des principes immuables :

1) la promotion du bien commun.

2) la destination universelle des biens, c’est-à-dire que les biens de la Terre sont donnés à toute l’humanité pour son usage.

3) la subsidiarité, c’est-à-dire que le rôle des individus, des familles, des communautés et des organisations intermédiaires ne doit pas être supplanté par des autorités supérieures.

4) la solidarité, la reconnaissance que l’avenir de chaque individu est lié à celui de tous.

5) la justice sociale, la capacité d’un ordre social, économique et politique de permettre à chacun, en particulier aux plus vulnérables de vivre une vie véritablement digne.

6) le développement humain intégral, ou la croissance des individus et des peuples qui englobe toutes les dimensions de l’existence.

L’encyclique du pape Léon XIV examine l’intelligence artificielle au regard de la Doctrine sociale de l’Eglise.

 

Lien vers l’encyclique :

https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html

À suivre dans le prochain numéro.


Compte rendu de lecture

Ecocivilisation, construire un monde pour tous : un livre de Jeremy Lent

par Phyllis Creme

« Chaque milliardaire est un échec politique. »

Alexandria Ocasio-Cortez

 

Le nouveau livre de Jeremy Lent Ecocivilization : Making a World that Works for All (2026, non traduit) constitue à la fois un avertissement quant à la destruction progressive de la nature par l’humanité, et un appel à repenser notre relation avide de longue date avec la vie de la planète. Cet ouvrage long et complexe, bien qu’écrit dans un langage clair, couvre l’histoire et l’économie sous l’angle de la théorie de la complexité. J. Lent soutient que le monde se trouve dans une spirale descendante, en raison à la fois du changement climatique et de la cupidité des individus et des entreprises.

Il dénonce le capitalisme dans une critique minutieuse, mais expose également sa vision d’une alternative possible tout en soulignant qu’il s’agit seulement d’une possibilité. Il montre comment la société pourrait et doit être restructurée, afin que chaque être vivant (humains, plantes, animaux et la planète elle-même) puisse s’épanouir. Il expose les grandes lignes d’une écocivilisation qui pourrait advenir en appliquant « des principes valorisant la vie ».

Jeremy Lent

Dans le premier chapitre, Foncer vers un précipice, il explore comment la seule quête de croissance économique via le capitalisme conduit à la destruction de la planète et de la relation de l’humanité avec la nature. Les êtres humains possèdent par nature un esprit coopératif, « avec un sens d’appartenance à la fois au sein de leur communauté et en tant que partie intégrante d’une Terre vivante ». Mais la quête de la richesse individuelle dans une société capitaliste et le besoin irrépressible des États de coloniser masquent cette nature. La marchandisation nourrit l’esprit de compétition et la cupidité des hommes.

J. Lent emploie une image terrifiante issue de la mythologie tribale indigène pour décrire ce trait individualiste, celle du Windigo, le monstre au cœur de glace qui dévore les êtres humains qui à leur tour deviennent des Windigo cherchant à dévorer d’autres êtres humains. Il utilise ce trope pour décrire l’objectification, cette manière que promeut la vision capitaliste de voir l’autre, les gens, comme de potentielles machines à profit. Il affirme que dès notre naissance, nous sommes programmés pour la compétition, ce qui conduit l’humanité et la planète vers un scénario catastrophe : si nous continuons ainsi, tout sera détruit.

La croissance, voilà ce que les politiciens proposent comme panacée à nos déboires économiques, même lorsqu’ils ne peuvent tenir cette promesse. Mais comme nous le fait remarquer J. Lent, « une croissance économique sans limites dans les décennies futures nous conduira à nous confronter à un tas de menaces existentielles supplémentaires. Nous ne pouvons continuer à réclamer une croissance infinie sur une planète finie, pourtant c’est ce qui est présenté aujourd’hui comme réaliste. » Il serait plus réaliste d’étudier les conditions qui nous permettraient de nous épanouir dans le futur, et d’essayer ensuite de remplir ces conditions.

J. Lent montre en détail le contexte historique dans lequel sont nées les injustices qui nous ont menées là où nous sommes : au Moyen Age, le mouvement des enclosures des terres communales, qui a forcé les hommes auparavant libres à travailler pour les grands propriétaires ; la colonisation (le pillage effréné) qui a réduit ce que J. Lent appelle « le monde majoritaire » à travailler, souvent en tant qu’esclaves, pour leurs conquérants ; la révolution industrielle qui a instauré la domination de la machine sur l’homme.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les pays occidentaux avaient amassé une immense richesse aux dépens des pays pauvres et à partir des années 1970, ils étaient tombés sous l’influence du néo-libéralisme et sa croyance dans la cupidité individuelle nommée « liberté individuelle », et la compétition.

La plupart des gens sont mal à l’aise avec le fait que la finance exacerbe et maintient les inégalités entre les pays dits développés et les pays dits sous-développés. J. Lent l’expose clairement en donnant des exemples révélateurs de la corruption et de la cupidité des riches et puissants, qu’ils soient passés ou actuels. Il montre comment depuis les années 1970, la richesse a augmenté dans les pays nantis au détriment des pays plus pauvres, et que désormais les 1 % les plus riches possèdent 43 % des actifs financiers mondiaux.

Il détaille comment les sociétés financières sont devenues toutes puissantes, comment le monde majoritaire a souffert aux mains des grandes compagnies, et comment le dispositif coercitif des élites, utilisé pour maintenir l’autorité, a conduit à la militarisation de la police, à la criminalisation des protestations, et à la diabolisation des manifestations pacifiques qualifiées d’extrémistes et de terroristes (cela est de plus en plus flagrant au Royaume-Uni).

Il ajoute qu’« à mesure que les gens s’enrichissent, ils ont tendance à devenir plus égoïstes ». Le concept de « croissance verte » est voué à l’échec, tout comme la proposition que le réchauffement climatique peut être atténué par la technologie. J. Lent demande : « N’y a-t-il pas une espèce d’attitude suicidaire ou de pulsion meurtrière dans le refus de traiter les problèmes climatiques ? »

L’alternative que préconise J. Lent consiste en une écocivilisation caractérisée par :

  • Essayer de pourvoir aux besoins de tous.
  • Reconnaître le travail non rémunéré.
  • Avoir pour objectif le bien être durable plutôt que la croissance du PIB.
  • Placer les humains au-dessus du profit y compris ceux du monde majoritaire.
  • Respecter la planète en tant qu’être vivant.

Pour J. Lent, la vision actuelle du monde repose sur l’idée que l’univers est comme une machine et qu’il existe pour être exploité par l’homme. Mais lorsque nous percevons que la nature est vivante et que tout est interconnecté, un modèle différent, nous permettant de vivre en harmonie avec la nature, devient nécessaire. Cela implique une « économie écologique », centrée sur le bien-être, la taxation progressive, les emplois verts, une semaine de travail plus courte, la réduction progressive des énergies fossiles et le rejet de la croissance comme objectif économique.

Le monde doit également être plus égalitaire, par exemple en réparant les dommages causés envers les pays du Sud par l’esclavage et les autres formes d’exploitation, en mettant en place un revenu universel de base, et en offrant à chacun, conformément à l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies, « un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux, […] la sécurité en cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »

D’une manière générale, une société plus égalitaire, respectant la nature, serait plus heureuse et générerait moins de violence et de maladies. Elle serait focalisée sur le bien-être plutôt que le profit et garantirait que tout le monde ait accès à l’essentiel. Cela impliquerait de se départir de la cupidité individuelle et de s’orienter vers un plus grand sens du collectif et de la société.

J. Lent explore l’idée d’une organisation sociale différente appelée « Communs », qu’il définit par des systèmes de vie sociétale dans lesquels les gens abordent leurs problèmes communs par des méthodes d’organisations autonomes. La coopérative Mondragon en Espagne en est un exemple à grande échelle particulièrement réussi. Avec 80 000 travailleurs dans 37 pays et fonctionnant principalement par des assemblées ouvrières, cette coopérative qui est la plus importante au monde, est reconnue pour ses innovations et son succès industriel.

Dans d’autres chapitres, J. Lent montre comment les mesures de durabilité peuvent être couronnées de succès contrairement aux pratiques actuelles. En effet, l’agriculture et surtout le domaine de la viande, contribuent à produire un tiers des émissions de gaz à effet de serre, tout en causant la souffrance de 85 milliards d’animaux par an, tandis que 800 millions de personnes dans le monde ont faim et que trois milliards souffrent de malnutrition.

Le monde proposé par Jeremy Lent nécessiterait bien sûr quelque chose qui s’apparente à un gouvernement mondial, idée qu’il traite également en détail et qu’il défend. Notons qu’il reconnait parler souvent de ses propres aspirations, mais son but est d’inspirer le lecteur sur la manière de vivre grâce à des suggestions alternatives. Il donne également des exemples de sociétés qui se rapprochent de sa vision d’une écocivilisation.

Pour finir, J. Lent demande au lecteur de s’engager, d’agir selon les principes fondamentaux d’une écocivilisation : « collaboration, solidarité, respect de la dignité inhérente des autres, et vénération pour la valeur intrinsèque de toute vie. »

 

Echange entre Judy Kretmar et Jeremy Lent

A l’occasion du lancement de son nouveau livre Ecocivilization à Brooklyn, New York, Jeremy Lent a été interviewé par Carl Safina, écologiste et auteur américain renommé. Lors de la session de questions/réponses qui a suivi, je n’ai pas posé de question mais invité J. Lent à réagir à mes commentaires :

Judy Kretmar – Ce qui m’a vraiment frappée dans votre propos, c’est lorsque vous parlez de l’interconnexion de toutes choses et de tous les êtres. Pour moi, c’est un point vraiment fondamental. Nous, en tant qu’êtres humains, nous nous percevons comme séparés les uns des autres et non pas interreliés, et c’est là l’origine de tous nos problèmes ainsi que la cause de la souffrance humaine.

En 1982, j’ai vu une interview de l’auteur et artiste britannique Benjamin Creme dans le Merv Griffin Show. Malgré mon absence totale d’intérêt pour le religieux ou le spirituel dû à mon éducation, je fus cependant interpellée par une de ses déclarations. Celle-ci a changé ma perception de ma place dans le monde et dans l’univers, et tout simplement toute ma vision des choses.

Il a déclaré que la spiritualité ne peut pas être reléguée à la seule religion, qu’elle est présente dans tous les aspects de la vie, politique, économique et social. Et lorsque nous l’aurons reconnu réellement, notre monde pourra devenir meilleur, plus épanouissant, plus juste et plus équitable.

Jeremy Lent – Merci beaucoup pour ce commentaire. Effectivement, je parle de cette vision dominante du monde qui a causé toute cette destruction. C’est fondamentalement une vision d’un monde marquée par la séparation. Tout tourne autour de la séparation. C’est comme si notre esprit était séparé de notre corps.

Moi, en tant qu’individu, je suis séparé des autres, et les humains sont séparés de la nature. Et si vous croyez véritablement dans cette séparation, à laquelle nous sommes conditionnés dans notre culture commune, il est logique de chercher à être aussi riche que possible. Egoïstement. Chacun pour soi. Je suis donc tout à fait d’accord. En fait, cette vision du monde dominante est une spécificité propre à l’Europe des temps modernes.

Toutes les autres traditions spirituelles tiennent compte de cette connexion. J’ai suggéré une définition de la spiritualité qui est centrée sur la connexion entre les choses. Donc, dans la mesure où notre attention porte sur les liens entre les choses, plutôt que sur les choses elles-mêmes, notre manière de penser change et nous devenons plus spirituels. Si nous sommes totalement dans la réalité de la vie, en faisant simplement l’expérience de cette connexion, nous accédons à cette sorte de conscience non duelle.

Judy Kretmar- Vous voulez donc dire qu’il y a de l’espoir ?

Carl Safina – Oui, il veut dire qu’il y a de l’espoir.

 


Compilation

Nous publions dans cette rubrique une sélection de citations de Maitreya (Messages de Maitreya le Christ et Enseignements de Maitreya : Les Lois de la Vie), du Maître de Benjamin Creme (Un Maître parle) et de Benjamin Creme (divers ouvrages).

La conscience : extraits de la revue Partage international

Les citations présentées ci-dessous sont extraites de diverses publications de la revue Partage international

Au cours des siècles, l’homme a toujours aspiré à la lumière dont il devine la présence à travers les nuées de son ignorance et de ses peurs. Lorsqu’il sent planer sur lui la menace d’un désastre, réel ou imaginaire, d’instinct il se tourne vers l’intérieur, invoque la lumière de son âme, et cherche conseil en elle.

Il est des plus naturel qu’il agisse ainsi, car au plus profond de sa conscience, chaque homme, chaque femme et chaque enfant sait qu’il est une âme, et se vit comme tel. Au fur et à mesure qu’il progresse sur la voie de l’évolution, cette intuition se mue en certitude tandis que se renforce le lien entre l’âme et son reflet, et que la lumière de l’âme peut être appréhendée et connue avec une aisance accrue. Ainsi augmente la lumière du discernement.

L’humanité se tient maintenant au seuil d’une ère nouvelle dans laquelle cette lumière de la conscience se manifestera sur une échelle plus vaste, s’exprimant dans tous les domaines de l’entreprise humaine par une compréhension croissante du sens et du but de la vie sur la planète Terre.

[Le Maître de Benjamin Creme – L’Ere de la lumière, Un Maître parle page 26]

 

La Terre se trouve environ à mi-chemin, au milieu de sa quatrième ronde. Arrivée à ce niveau, une planète commence à trouver sa voie, sa destinée. Ses habitants commencent à s’éveiller. C’est ce qui se passe aujourd’hui dans le monde. L’humanité s’éveille d’un long sommeil pendant lequel elle a perdu contact avec la réalité, avec le dessein et le sens de la vie sur Terre. Elle s’est enfoncée dans un profond matérialisme dont elle est encore prisonnière à ce jour. Maitreya est venu pour éveiller l’humanité.

[Le Rassemblement des forces de lumière, page 23 (Benjamin Creme)]

 

La conscience sociale – Les anciens systèmes politiques arrivent à leur terme. Dans les nouveaux systèmes, même les forces du marché seront fondées sur la conscience sociale. Les forces du marché ne seront plus « chargées » de la conscience sociale. C’est la conscience sociale qui guidera les forces du marché.

[Enseignements de Maitreya, les Lois de la vie page 168 (Benjamin Creme)]

 

Dans toute l’histoire de l’humanité, jamais il n’y a eu d’époque semblable à la nôtre. Jamais, à travers tous les cycles qui ont marqué l’évolution de l’homme, pareil potentiel de transformation n’avait été présent. Cette période est donc exceptionnelle. Elle présage un changement de conscience si radical et d’une si grande portée que de nouvelles définitions et un nouveau lexique devront voir le jour pour décrire l’homme tel qu’il est appelé à devenir.

Le facteur le plus déterminant de cette profonde mutation sera l’influence des Frères aînés de l’humanité, les Maîtres de Sagesse et de celui qui les dirige, Maitreya, le Christ et Instructeur mondial. On ne saurait trop souligner l’importance des effets que produira leur contact rapproché avec l’humanité sur la vie, les pensées et le comportement des hommes.

[Le Maître de Benjamin Creme – L’émergence de la divinité de l’homme, PI juin 2009 page 5]

 

Faites place, mes amis, à cette vérité dans votre vie et ouvrez devant vous les portes de l’avenir. Ma tâche consiste à éclairer le chemin vers cet avenir glorieux pour l’humanité, à éveiller en vous le principe d’Amour, à vous amener à manifester cet Amour les uns envers les autres et, ainsi, à attirer tous les hommes à Dieu.

[Message de Maitreya n° 61]

 

Reprenez donc courage, et sachez que des temps nouveaux se préparent. Reprenez courage et sachez que rien ne peut arrêter la vague de changements qui déferle aujourd’hui sur le monde.

Autrefois, les gens attendaient les événements et acceptaient passivement leur destin. Aujourd’hui, une conscience nouvelle anime l’esprit et le cœur des hommes et éveille leur besoin inné de justice et de liberté. Ils ne seront pas déçus.

[Le Maître de Benjamin Creme – Ils ne seront pas déçus, Un Maître parle page 178]

 

L’intérêt croissant pour la philosophie et les religions orientales, pour la réincarnation ou loi de renaissance, pour le pouvoir de l’esprit sur la matière, pour les plans éthériques – mis en évidence par les travaux de Wilhelm Reich et la photographie Kirlian –, pour l’homéopathie et l’acupuncture, la guérison spirituelle et la radionique, démontre que nous sommes de plus en plus conscients de l’existence de niveaux de l’être et du savoir au-dessus du corps physique et du mental concret.

Tout cela fait partie du grand changement de conscience qui se produit partout ; c’est le résultat direct du sentiment que nous avons que les anciennes façons de penser et de ressentir ne nous permettent plus d’exprimer notre perception sans cesse croissante de la réalité. Cela indique que nous sommes prêts pour une nouvelle révélation.

[La Réapparition du Christ et des Maîtres de Sagesse page 34]

 

A mesure que la compréhension de la nature de la constitution humaine et des buts de la vie sur la planète Terre progressera, à mesure que l’unité du monde se renforcera sous l’effet du partage, de la justice et de la paix, les hommes seront de plus en plus nombreux à trouver en eux-mêmes le besoin de savoir qui ils sont, quel est leur but dans la vie et leur niveau d’évolution. On parlera beaucoup de l’évolution qui deviendra une donnée primordiale sur la planète Terre. L’évolution de la conscience humaine et le développement de tous les règnes de la nature domineront la pensée et le dessein des hommes et des femmes partout dans le monde.

[Le Rassemblement des forces de lumière page 134 (Benjamin Creme)]

 

En dépit des apparences, malgré les horreurs et les cruautés qui abondent, la divinité intérieure de l’homme se fait jour peu à peu et réjouit le cœur de ceux d’entre nous qui travaillent du côté intérieur de la vie. Bientôt, les hommes se rendront compte que des temps nouveaux arrivent, qu’une nouvelle époque commence, qu’un changement fondamental est en train de s’accomplir dans la conscience humaine.

[Le Maître de Benjamin Creme – Une vie abondante, Un Maître parle page 185]

 

Le progrès évolutif a, jusqu’à présent, eu pour effet de former l’individualité. Celle-ci doit être réalisée avant d’être dépassée. L’individu puissant, hautement intégré et égocentrique, doit finalement céder la place au serviteur du monde. Le concept de groupe constitue l’essence de la conscience du Verseau. …

La clé de ce changement de conscience est l’amour et, à travers lui, le service. Lorsque l’on sert, on se décentre jusqu’à s’identifier totalement à ce que l’on sert – d’abord l’humanité, puis l’ensemble de la création. C’est alors que l’on parvient à la conscience de groupe, conscience que le Maître connaît.

[La Mission de Maitreya, tome I page 195 (Benjamin Creme)]

 

Je connais fort bien les problèmes qui accablent les hommes. Je vois fort bien les changements nécessaires. Mais je perçois également en l’homme le désir de connaître, d’élever sa conscience, et de voir à travers les nuages. C’est cette aspiration à la connaissance qui est le don le plus précieux de l’homme. Lorsque les hommes connaîtront le chemin qui mène à Dieu, ce don s’épanouira en une splendeur créatrice.

(Message de Maitreya n° 9)

 

Nous entrons dans une ère nouvelle où la raison sera progressivement remplacée par la faculté plus élevée qu’est l’intuition. Ce qui constitue chez l’homme la faculté de raisonner et dont il tire aujourd’hui une légitime fierté tombera un jour au-dessous du seuil de la conscience et deviendra aussi instinctif que le sont aujourd’hui le fait de respirer ou de se mouvoir. L’avenir réserve à l’homme une immense expansion de conscience par le développement de l’intuition, un éveil à des états d’être qui lui sont aujourd’hui totalement inconnus mais qui attendent d’être perçus par son mental éveillé.

[Le Maître de Benjamin Creme – Raison et intuition, Un Maître parle page 23]

 

La conscience est primordiale, non seulement dans le service, mais dans tous les gestes de la vie. En fait, à tout moment, l’éveil de la conscience est la raison d’être et le but de notre présence ici-bas. Nous sommes en incarnation pour progresser dans l’éveil de notre conscience. C’est le but de l’évolution. On ne peut pas dissocier la conscience dans le service de la conscience en général.

[La Mission de Maitreya, tome II page 696 (Benjamin Creme)]

 

La tendance actuelle est de rejeter ce qui est simple, de s’attacher à ce qui est complexe, érudit et vague ; mais tout ce qui procède de la vérité, mes amis, se révélera être vraiment simple. Ainsi, je suis un homme simple. Lorsque vous me verrez, vous le saurez et, avec le sourire, vous m’accueillerez en frère. Nombreux sont ceux qui craignent mon avènement. Une culpabilité ancestrale pèse sur leurs épaules et ils n’ont pas confiance. Mes amis, à travers moi s’établira l’ère de la confiance, de la suppression de la culpabilité, de la Citadelle de l’Amour. Les hommes attendent ma venue avec effroi. Mes amis, je ne suis pas Dieu. C’est en Frère, en Ami, en Instructeur, que je viens. N’oubliez pas cela.

[Message de Maitreya n° 67]

 

Dans les temps modernes, ces êtres humains exceptionnels se sont essentiellement consacrés à la science et au développement de la connaissance, ouvrant ainsi la voie à un extraordinaire éveil de l’esprit humain à une échelle jusqu’à présent totalement inconcevable. L’homme se trouve aujourd’hui au seuil de nouvelles lumières et de découvertes qui feront tomber dans l’oubli toutes les réalisations précédentes.

[Le Maître de Benjamin Creme – L’Âge de la Lumière, Un Maître parle page 165]

 

Lorsque nous parlons d’évolution, nous parlons vraiment de l’évolution de la conscience, de l’éveil de la conscience. C’est cela, la vie : un éveil progressif à une vision plus élevée et plus vaste de l’Etre et de la Réalité. … Il s’agit vraiment de perfectionner et d’accroître la sensibilité de l’instrument de la prise de conscience. Cet instrument, nous l’avons déjà – ce sont nos trois corps : physique, astral et mental. La conscience ne peut s’exprimer qu’à travers un véhicule. Elle est le résultat de la vie et de l’énergie, et elle a besoin d’un véhicule pour s’exprimer et se manifester. …

Par conséquent, pour produire ou accélérer l’éveil de la conscience, il faut affiner la sensibilité de ces trois corps.

[La Mission de Maitreya, tome II (Benjamin Creme) pages 404 et 405)]

 

La réalité de l’interdépendance mondiale deviendra un fait établi dans notre conscience, et, dans le processus, le fait que « tous les hommes sont frères » se traduira de plus en plus dans des structures et dans des programmes d’action pratiques reflétant cette réalité. Les nations connaîtront la fraternité, les buts communs et les aspirations communes. …

Nous vivons une époque historique, et, chaque jour qui passe, une conscience nouvelle apparaît davantage. Les gens parleront de plus en plus de paix et de vivre ensemble dans l’harmonie. Nous sommes à un tournant de l’histoire de l’humanité.

[La Mission de Maitreya, tome II page 108 (Benjamin Creme)]

 

Le monde se prépare aujourd’hui à l’avènement d’une ère nouvelle totalement différente de celles qui l’ont précédée, au cours de laquelle l’humanité sortira de son long sommeil, enlèvera de ses yeux le bandeau de l’ignorance et de la peur, entrera enfin dans la lumière de la connaissance et de la vérité et recevra l’héritage qui lui revient de droit.

[Le Maître de Benjamin Creme – L’Âge de lumière nous attend, Un Maître parle page 125]

 


De nos correspondants

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Dossier

La conscience

Ce numéro de juillet/août de Partage international s’articule autour du thème central de la « conscience ». À cette fin, trois articles du Maître de Benjamin Creme ont été sélectionnés, chacun présentant une facette différente de ce thème et abordant une combinaison de sujets qui en font une lecture passionnante. L’évolution, la science, la relation entre l’esprit et le cerveau, la nature de la pensée et le système nerveux sont autant d’éléments abordés dans le cadre d’une exploration approfondie de ce dossier spécial.

L’article de Benjamin Creme évoque le rôle joué par l’âme en une phrase d’une simplicité saisissante – « ce que veut l’âme » : « Le chemin de l’évolution consiste en une prise de conscience croissante de ce qu’est l’âme, de ce qu’elle veut et de ce qu’elle cherche à exprimer à travers l’homme ou la femme incarné(e). »

Les auteurs de ce mois-ci nous offrent de nouveaux éclairages fascinants avec des approches plus larges de notre sujet, issues des domaines de la science, des mathématiques, de la physique et de la neurologie, allant même jusqu’à s’aventurer dans l’univers de « ce que l’on appelle les phénomènes « psi » (psychiques ou paranormaux), en explorant la relation entre la conscience et le monde physique ».

Nos fidèles lecteurs remarqueront que, comme toujours, chaque numéro de la revue aborde deux ou trois thèmes principaux qui sont développés dans différentes rubriques, telles que la sélection d’articles du Maître de Benjamin Creme, la rubrique Compilation consacrée à un sujet complémentaire, ainsi que la rubrique Questions-réponses généralement enrichie d’une sélection d’articles connexes.

Un avenir extraordinaire s’offre à l’humanité sous la guidance des Maîtres. Comme l’a écrit le Maître de Benjamin Creme dans un autre article : « L’avenir réserve à l’homme une immense expansion de conscience par le développement de l’intuition, un éveil à des états d’être qui lui sont aujourd’hui totalement inconnu mais qui attendent d’être perçus par son mental éveillé. Toute expansion de conscience est précédée d’une période de tensions, et l’époque de conflits et de difficultés que traverse actuellement l’humanité sera suivie d’une époque de tranquillité et d’équilibre qui préparera le terrain pour l’épanouissement progressif de l’intuition. L’homme connaîtra alors de façon directe, et sans aucun doute possible, sa véritable nature en tant qu’âme créée à l’image de Dieu. »
[Le Maître de Benjamin Creme, extrait de Raison et intuition]

Ce numéro regorge d’articles captivants et instructifs, aussi variés que la « révolution des flamants roses » en Albanie, Jeffrey Sachs parcourant l’ancienne Route de la Soie sur les traces de Marco Polo, des étudiants qui font naître l’espoir à partir de déchets, ou encore Jeremy Lent décrivant une Ecocivilisation : Construire un monde qui fonctionne pour tous. Nous ne détournons pas le regard face à la souffrance d’autrui, tout en rendant hommage à la résilience et au courage du peuple palestinien.

L’ésotériste Aart Jurriaanse nous emmène au Centre où la Volonté de Dieu est connue, à travers son exposé sur Shamballa et l’énergie qui jaillit de ce Centre, tandis que le pape Léon XIV examine l’intelligence artificielle dans une nouvelle encyclique : « Léon XIV affirme dès la toute première phrase que l’humanité est aujourd’hui confrontée à un choix décisif : « soit construire une nouvelle tour de Babel, soit bâtir la cité où Dieu et l’humanité cohabitent. » Dans le même esprit, inspiration et conseils sont proposés dans la rubrique Citations où, comme le veut la tradition, nous citons quelques paroles de sagesse – découvrez les conseils et les paroles rassurantes de Maitreya.


Signes des temps

Certains des « signes d’espoir » et des « signes des temps » que nous présentons ici n’ont pas été confirmés par le Maître de Benjamin Creme. Nous les soumettons à votre seule considération car nous ne sommes pas en mesure de vérifier leur nature « miraculeuse »
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S.O.P. — Sauvons notre planète

« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade… Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, le 8 septembre 2012.

La crise climatique : une urgence de santé publique à l’échelle mondiale

Des experts internationaux de premier plan ont déclaré à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que la crise climatique devrait être déclarée urgence de santé publique d’importance internationale (Pheic), afin d’éviter que des millions de personnes supplémentaires ne meurent inutilement. Les Pheic constituent le niveau d’alerte sanitaire le plus élevé et, comme cela a été le cas lors de la pandémie de Covid et de l’épidémie de Mpox de 2022 (Variole B), déclenche une réponse internationale coordonnée.

La Commission paneuropéenne indépendante sur le climat et la santé, convoquée par l’OMS, déclare dans son rapport : « […] le changement climatique représente une menace immédiate et à long terme pour la santé, l’économie, l’alimentation, l’eau, l’environnement, la sécurité des personnes, des communautés et des nations ». Le rapport mentionne également les impacts des phénomènes météorologiques extrêmes, de la hausse des températures, de la pollution et de l’insécurité alimentaire sur la santé.

Dans une interview accordée au Guardian, la présidente de la Commission, Katrín Jakobsdóttir, a déclaré : « La crise climatique n’est peut-être pas une pandémie, mais il s’agit tout de même d’une urgence de santé publique qui menace la santé et la survie mêmes de l’humanité. »

Le directeur régional de l’OMS pour l’Europe, le Dr Hans Kluge, a réagi aux recommandations du rapport en déclarant : « Les raisons d’agir dès maintenant contre le changement climatique ne sont pas uniquement d’ordre environnemental. Il s’agit à la fois d’un enjeu de sécurité, d’un enjeu de santé et d’un enjeu économique. Et c’est un impératif moral. »

 

Vote de l’ONU : mesures énergiques contre le changement climatique

En mai, l’Assemblée générale des Nations unies a voté par 141 voix contre 8 en faveur de mesures énergiques visant à limiter le changement climatique, cela malgré les efforts diplomatiques déployés par les États-Unis pour faire retirer la proposition et l’abstention de 38 pays, dont les États-Unis, la Russie, l’Iran et l’Arabie saoudite – qui comptent parmi les plus grands producteurs de pétrole et émetteurs de gaz à effet de serre au monde.

Cette résolution non contraignante entérine l’avis consultatif historique rendu en juillet dernier par la plus haute juridiction de l’ONU, selon lequel le fait pour les États de ne pas protéger la planète contre le changement climatique constitue une violation du droit international.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré dans un communiqué : « La plus haute juridiction du monde s’est prononcée. Aujourd’hui, l’Assemblée générale a répondu. […] Il s’agit d’une affirmation forte du droit international, de la justice climatique, de la science et de la responsabilité des États de protéger les populations face à l’aggravation de la crise climatique. »

Le texte prévoit la suppression progressive des subventions à l’exploration, à la production et à l’exploitation des énergies fossiles, et exhorte les pays en infraction à fournir une « réparation intégrale » pour les dommages causés.

 

Le Prix mondial de la Terre remporté par trois adolescents indiens

Lauréats du Prix mondial de la Terre 2026 : Avyana Mehta, Ariana Agarwal, Vivaan Chhawchharia, en compagnie de leur tutrice Minal Jain (photo : The Earth Prize)

 

Après avoir remporté le « Earth Prize » (Prix de la Terre) pour le continent asiatique à la mi-mai 2026, trois adolescents indiens ont ensuite décroché le « Global Earth Prize » (Prix mondial de la Terre). Il s’agit d’un concours ouvert aux lycéens du monde entier, qui récompense ceux qui développent les meilleures solutions pour apporter un changement positif en matière de préservation de l’environnement.

Les lauréats, âgés de 16 ans – Vivaan Chhawchharia, Ariana Agarwal et Avyana Mehta – ont inventé un filtre à microplastiques appelé « Plas-Stick ». Cet agent agglomérant entièrement naturel est composé de poudre de graines de tamarin, un ingrédient courant de la cuisine indienne. Conçue pour être utilisée dans des récipients d’eau, cette poudre agglomère les particules de plastique en amas visibles qui peuvent ensuite être facilement retirés à l’aide d’un aimant, offrant ainsi une alternative simple et peu coûteuse aux systèmes de filtration complexes.

Plus de 2,2 milliards de personnes ne disposent pas d’infrastructures d’eau potable gérées de manière sûre et dépendent donc d’eau stockée susceptible de contenir des microplastiques. Les microplastiques constituent un contaminant majeur pour l’environnement et la santé humaine, et ont été détectés en quantités importantes dans tous les organes et tissus humains.

Dans un communiqué, le trio a déclaré : « Être désignés lauréats mondiaux du Prix de la Terre est quelque chose d’incroyablement exceptionnel pour nous tous, d’autant plus que nous sommes la première équipe indienne à recevoir cette distinction. »

L’équipe prévoit d’utiliser des centres de production décentralisés pour déployer cette invention à grande échelle et rendre l’eau potable plus accessible aux communautés rurales à travers l’Inde et au-delà.

 

Polynésie française : trente pour cent des eaux territoriales entièrement protégées 

Ferme perlière en Polynésie française
(photo : clesenne, Wikimedia Commons)

Le 7 juin 2026, le gouvernement de la Polynésie française a annoncé qu’il allait étendre ses zones marines entièrement protégées de 520 000 kilomètres carrés supplémentaires. Cela signifie que 30 % des eaux de la Polynésie française bénéficient désormais d’une protection totale contre les industries extractives telles que l’exploitation minière des fonds marins et la pêche industrielle.

Il y a un an, la Polynésie française, territoire d’outre-mer français, a créé la zone marine protégée de Tainui Atea. Celle-ci s’étend sur près de 5 millions de kilomètres carrés de la zone océanique sur laquelle la Polynésie française dispose de droits exclusifs de conservation et de gestion.

Donatien Tanret, responsable principal de Pew Bertarelli1 Ocean Legacy, qui a contribué à l’élaboration du plan de conservation, a déclaré que la zone protégée comprenait des zones de pêche artisanale afin que les populations locales puissent continuer à pêcher et subvenir aux besoins de leurs communautés. Il a également confirmé que la zone protégée avait été créée après un consensus au sein des communautés de Polynésie française et grâce à des années de mobilisation de la part des maires de la région.

Cette nouvelle zone protégée contribuera à la conservation de 20 espèces de requins, de sites de reproduction pour 22 espèces d’oiseaux, dont le pétrel tempête, le pétrel à poitrine blanche et le pétrel de Murphy, toutes menacées d’extinction, ainsi qu’à la préservation de l’espadon, du thon obèse et de l’opah, et de 455 espèces de mollusques.

Le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, a déclaré à l’AFP : « Nous espérons également que cela pourra inspirer d’autres pays, en particulier les plus grands, dans la manière dont ils gèrent leur relation avec l’océan. »

 

Les mangroves : des signes de régénération dans le monde entier

Reboisement d’une mangrove
(photo : Irwandi Wancaleu, Wikimedia Commons)

Après des décennies de recul dû à la déforestation et au développement côtier, les mangroves gagnent de nouveau du terrain dans de nombreuses régions du monde, selon une étude menée par des chercheurs de l’université de Tulane, une université de recherche privée de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Cette étude, qui s’appuie sur quarante ans de données satellitaires, a été publiée dans la revue Science.

Les forêts de mangroves étaient autrefois considérées comme l’un des écosystèmes côtiers les plus menacés au monde ; elles jouent un rôle essentiel dans la protection des côtes, ainsi que dans le soutien à la pêche et le stockage du carbone.

Des signes de reprise ont été observés le long de la côte américaine du golfe du Mexique, ainsi que dans les zones côtières de la Chine, de la Nouvelle-Calédonie et de l’Australie, cette augmentation étant en grande partie due à la régénération naturelle et à l’expansion des mangroves vers des zones côtières nouvellement formées.

L’auteur principal de l’étude, Zhen Zhang, chercheur à l’université de Tulane, a déclaré : « […] nous assistons enfin à un tournant mondial pour les mangroves […] cela met en évidence leur forte capacité de régénération et leur potentiel en tant que solution naturelle très efficace pour lutter contre le changement climatique et la protection du littoral. »

« Même si certaines mangroves continuent de disparaître, cela pourrait constituer un rare exemple de réussite en matière de conservation et une source importante d’optimisme pour l’action climatique », a déclaré Daniel Friess, directeur à la fois du Mangrove Lab et du Centre de recherche sur les politiques publiques de l’Institut Murphy.

Selon l’étude, une protection continue est essentielle pour pérenniser ce rebond. Z. Zhang a ajouté : « […] lorsque leur destruction cesse, alors les mangroves peuvent poursuivre naturellement leur stockage de carbone au fil du temps, offrant ainsi un avantage climatique majeur, celui d’éviter les émissions actuelles et de permettre le stockage futur du carbone. »

 

L’administration Trump renonce à lutter contre les projets éoliens

L’administration Trump a renoncé à ses tentatives visant à bloquer les projets éoliens à travers les États-Unis. Elle a également retiré son recours contre une décision de justice rendue en décembre 2025, selon laquelle un juge fédéral du Massachusetts avait invalidé le décret du président Trump suspendant indéfiniment les autorisations pour les projets de parcs éoliens.

Le juge avait estimé que ce décret était arbitraire, capricieux et contraire à la loi. Les États qui avaient contesté ce décret saluent cette décision comme l’une des victoires juridiques les plus importantes remportées contre la campagne menée par l’administration contre la transition énergétique.

C’est l’un des nombreux revers pour l’administration Trump, et malgré les obstacles imposés par la Maison Blanche, la production d’énergie propre a continué d’augmenter.

Un rapport récent de l’organisation à but non lucratif Fond pour la défense de l’environnement et Atlas de la politique publique, indique qu’une puissance record de 79,7 GW d’énergie propre devrait être mise en service aux États-Unis en 2026, éclipsant largement les quelque 8 GW de projets d’énergie propre annulés au cours du premier trimestre de l’année.

Nancy Pyne, conseillère principale au Sierra Club, a déclaré : « Alors que les Américains lambda sont confrontés à des factures en forte hausse et à des prix instables, les énergies renouvelables offrent une solution abordable et de bon sens pour réduire les coûts et protéger notre santé et notre environnement. »

 

Le pouvoir du peuple en Albanie

Au cours des dernières semaines, ce pays des Balkans, l’Albanie, a été agitée par des manifestations qui se sont étendues de sa capitale Tirana aux zones rurales côtières, jusqu’à des villes du monde entier.

Ces manifestations ont été déclenchées après que le gouvernement a autorisé des entreprises liées à Jared Kushner, le gendre du président Trump, à construire un complexe hôtelier de luxe de 10 000 lits près de la ville de Vlorë, au bord de la lagune de Narta et au cœur des zones naturelles protégées de Zvërnec. Jared Kushner et Ivanka Trump prévoyaient également de transformer l’île de Sazan, qui fait partie d’un parc national, en une enclave côtière réservée aux plus fortunés.

La couverture internationale des manifestations en Albanie s’est concentrée sur les préoccupations environnementales soulevées par les manifestants, ainsi que sur les liens entre ces projets avec la famille Trump. Des espaces sauvages intacts et des écosystèmes essentiels abritant une colonie rare des plus grands oiseaux d’eau douce au monde, les grenouilles albanaises en voie d’extinction et les tortues caouannes, sont menacés, ainsi que le dernier habitat albanais restant pour les flamants roses.

La « Révolution des flamants roses », comme on l’appelle désormais, va au-delà de la simple question environnementale. Gresa Hasa, doctorante à la Faculté de droit et au Centre d’études sur l’Europe du Sud-Est de l’université de Graz (Autriche), a déclaré : « C’est un combat pour la liberté et la démocratie, et pour un avenir où les ressources et l’État servent le bien de tous et pas seulement de certains d’entre nous. »

Ces manifestations sont les plus importantes depuis la chute du régime communiste albanais en 1991. Les manifestants réclament notamment l’abrogation du cadre juridique permettant au gouvernement d’accorder le statut d’ « investisseur stratégique » à des promoteurs, ainsi que la suppression du dispositif réglementaire spécial favorisant les projets immobiliers privés sur les terrains appartenant à l’État dans les zones rurales.

G. Hasa a déclaré que les Albanais étaient révoltés par « un modèle économique où les partis politiques et les hommes d’affaires sont tellement imbriqués qu’il est impossible de distinguer où commence l’un et où finit l’autre. »

Il se pourrait bien que les manifestations aient déjà porté leurs fruits : Politico2 a fait état d’informations non confirmées selon lesquelles Affinity Partners, la société de Jared Kushner, se serait retirée d’au moins un projet de complexe touristique de plusieurs milliards de dollars.

1. Pew Bertarelli est un investisseur philanthrope suisse.

2. Média hebdomadaire de langue anglaise, basé à Bruxelles.

Source : theguardian.com ; apnews.com ;  goodnewsnetwork.org ; euronews.com ; news.mongabay.com ; news.tulane.edu ; newrepublic.com; insideclimatenews.org


Tendances

Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.

Le thème du logement au Forum urbain mondial

Plus de 40 000 personnes venues de 182 pays se sont réunies à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, à l’occasion de la 13e session du Forum urbain mondial (WUF13), la principale conférence mondiale des Nations Unies sur l’urbanisation durable, qui s’est tenue en ma  2026. Le thème de cette année était « Loger la population mondiale : des villes et des communautés sûres et résilientes ».

Selon ONU-Habitat, au moins 3 milliards de personnes, principalement en Asie et en Afrique, ne disposent pas d’un logement décent, et plus d’un milliard vivent dans des bidonvilles ou des habitats précaires. L’ampleur de cette crise est de plus en plus perçue non seulement sous l’angle humanitaire, mais aussi en termes d’impacts économiques, politiques et environnementaux.

Depuis 2009, les citadins constituent la majorité de la population mondiale et, par conséquent, les villes sont confrontées à une pression croissante pour mieux faire face à la poussée démographique et à la hausse du coût de la vie.

Le défi auquel sont confrontés les gouvernements ne consiste plus simplement à construire davantage de logements, mais à créer des villes stables, ouvertes à tous et résilientes en cette période de pression mondiale croissante.

 

Zambie : Éducation gratuite pour les enfants 

Des enfants dans la cour d’une école en Zambie
(Photo : Ana Kenk, pexels)

Le président zambien Hakainde Hichilema a signé la première loi du pays garantissant l’éducation gratuite à tous les enfants. Cette nouvelle loi garantit qu’aucun enfant ne se verra refuser une place dans une école publique en raison de son incapacité à payer les frais de scolarité.

A l’occasion de cette journée historique pour la Zambie, le président a déclaré : « Ces réformes amélioreront la vie de millions de Zambiens, de la salle de classe au lieu de travail et jusqu’à la retraite, tout en apportant davantage de dignité, de sécurité et d’espoir à notre peuple. »

La politique d’éducation gratuite était l’un des engagements phares de H. Hichilema lors de sa campagne électorale de 2021. Elle a été mise en œuvre peu après son entrée en fonction, mais n’était pas un droit légal jusqu’à présent en raison de problèmes liés à son application et à sa pérennité. Son adoption a entraîné une forte augmentation des inscriptions, le recrutement de plus de 41 000 enseignants et l’extension des programmes d’alimentation scolaire.

 

 

Source : euronews.com ; apanews.net ;


Vers un meilleur avenir pour tous

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Entretien

L’action héroïque d’OXFAM America

par McNair Ezzard

Entretien avec Abby Maxman

Abby Maxman est présidente-directrice générale d’Oxfam America. Son travail l’a conduite dans plus de 70 pays et l’a amenée à s’attaquer à des défis majeurs, allant de l’époque de l’apartheid en Afrique du Sud aux épidémies de VIH/sida et d’Ebola en Afrique subsaharienne, en passant par l’insécurité alimentaire chronique en Éthiopie. Elle a participé aux efforts de secours et de reconstruction après le génocide au Rwanda, et a dirigé des interventions humanitaires de grande envergure en Haïti et en Éthiopie. Elle a joué un rôle déterminant dans la promotion de l’égalité des sexes et de la justice climatique, la lutte contre les inégalités et la mise en œuvre de l’ambitieuse stratégie 2030 d’Oxfam America. Elle a été interviewée pour la revue Partage international par Mc Nair Ezzard..

Abby Maxman
(photo : Oxfam America)

Partage international. Pouvez-vous nous parler un peu de l’histoire d’Oxfam ?

Abby Maxman. Notre organisation a été fondée en 1942 par un groupe de quakers, de militants sociaux et d’universitaires à Oxford, en Angleterre, sous le nom de « Oxford Committee for Famine Relief », (Comité d’Oxford pour la lutte contre la famine). Cette initiative a été lancée en réponse au sort des réfugiés en Grèce. Puis, quelques décennies plus tard, ici aux États-Unis, un groupe similaire composé de militants, d’intellectuels, d’universitaires, de quakers et d’unitariens a fondé « Oxfam America » dans le contexte de la guerre au Bangladesh. Ces deux organisations ont été créées pour répondre à une crise humanitaire liée à la guerre, mais aussi pour examiner le rôle joué par les gouvernements respectifs dans ces situations.

Aux États-Unis, certaines décisions clés prises lors de notre création ont profondément façonné notre identité et notre évolution. Nos fondateurs ont décidé de ne pas accepter de financement du gouvernement américain.

Au contraire, l’accent a été mis sur la constitution d’une large base de soutien populaire afin de rester à la fois indépendant de l’influence du gouvernement et de faire entendre une voix autonome capable d’influer sur les politiques et les actions publiques. D’autres principes fondamentaux ont également guidé notre création : privilégier les interventions à petite échelle, véhiculer une image respectueuse de la dignité des personnes et veiller à sensibiliser le public américain en s’appuyant sur des faits et des données probantes. Bon nombre de ces principes restent d’actualité.

PI. Je pense que la décision initiale de ne pas accepter de financements gouvernementaux s’est avérée judicieuse, compte tenu de la situation actuelle au sein du gouvernement.

AM. Tout à fait. C’est une ligne de conduite à laquelle nous sommes restés fidèles. Nous croyons en l’aide au développement. Nous sommes de fervents défenseurs d’une aide internationale responsable. En tant qu’organisation n’acceptant pas de financement du gouvernement américain, nous avons toujours cherché à faire entendre notre voix pour être un partenaire constructif de ce gouvernement, tout en encourageant les bonnes pratiques et des réformes positives du fonctionnement de l’aide internationale.

Ainsi la situation actuelle nous permet d’utiliser notre voix et notre expérience différemment de certains de nos formidables partenaires internationaux et nationaux qui ont été les plus durement et les plus immédiatement touchés par les coupes budgétaires.

PI. Quel a été l’impact des réductions de l’aide américaine sur le rôle des autres gouvernements en matière de financement ?

AM. Les décisions du gouvernement américain ont influencé la manière dont les autres gouvernements se positionnent. Nous avons constaté un effet domino résultant des actions de l’administration américaine. Cela a entraîné des retraits, voire des réorientations de fonds, le gouvernement américain ne jouant plus le rôle d’un acteur fiable dans les domaines du développement mondial, de la diplomatie ainsi que de l’action humanitaire et du développement.

PI. On aurait pu penser que d’autres pays voudraient prendre le relais. Mais vous dites que ce n’est pas ce qui s’est passé.

AM. Je pense que d’autres pays l’auraient voulu, mais plusieurs facteurs se sont conjugués. D’une part, les investissements des États-Unis, en tant que pays le plus riche du monde, étaient considérables. Le gouvernement américain soutenait 42 % de l’ensemble du système international et multilatéral d’aide au développement, et jusqu’à 50 % du financement humanitaire dans de nombreux pays.

Ainsi, dans un monde déjà aux prises avec des conflits, le changement climatique, les conséquences de la Covid et les problèmes de santé publique, un monde où l’on observait un recul par rapport à certains objectifs de développement durable pour lesquels des progrès avaient pourtant été réalisés auparavant, le système était déjà mis à rude épreuve. Le retrait si brusque du gouvernement américain a laissé un vide immense qu’aucun autre gouvernement ne pouvait combler. Pour ceux qui s’efforçaient de préserver l’aide internationale, il a été difficile de trouver les ressources suffisantes pour combler le vide engendré par le gouvernement américain.

En cette période d’insécurité mondiale, marquée par le bouleversement des normes qui ont sous-tendu l’architecture de l’ordre international depuis la Seconde Guerre mondiale, on assiste à une phase de réflexion et de réévaluation en cours. Même les gouvernements qui s’efforcent de maintenir leur aide envisagent de réorienter vers d’autres destinations les fonds qu’ils y consacraient jusqu’alors.

L’aide humanitaire a toujours représenté un pourcentage infime de l’aide étrangère. Dans le cas des États-Unis, elle représentait moins de 1 % du budget américain. Réduire l’aide destinée aux populations du monde entier pour essentiellement accorder des allègements fiscaux aux plus riches, il s’agit là d’un cruel renversement de l’idéal de Robin des Bois.

Point d’eau pour le lavage des mains, à Al Mawasi, dans la ville de Khan Younis, mis en place par Oxfam et son partenaire local Palestinian Environmental Friends (Les amis palestiniens de l’environnement).
(photo : Alef Multimedia/Oxfam)

PI. Pensez-vous que la faim et la pauvreté vont s’aggraver en raison de la réduction drastique de l’aide américaine?

AM. Ce risque est bien réel. Avant l’arrivée au pouvoir de cette administration, le dernier rapport sur la faim dans le monde, qui portait sur l’année précédente, avait été publié. Il faisait état de légers progrès dans la lutte contre la faim, mais avertissait également que plus d’un demi-milliard de personnes pourraient souffrir de faim chronique d’ici 2030, dont près de 60 % en Afrique.

Je me suis rendue en République démocratique du Congo il y a un an et j’ai pu constater les conséquences néfastes du retrait du gouvernement américain sur la faim, la sécurité alimentaire et l’accès à tout ce qui permet aux populations de vivre dans la dignité et la sécurité. En matière d’aide humanitaire, de soutien à la paix, mais aussi de développement, nous redoutons un recul considérable.

PI. Une statistique publiée sur le site web de l’Association des médecins soudano-américains indiquait que neuf millions de personnes dans le monde meurent chaque année de faim ou de maladies liées à la faim, ce qui équivaut à près de 25 000 décès par jour dus à la faim. Au cours de la dernière décennie environ, ce chiffre semble être resté relativement stable.

AM. C’est un problème épineux de notre époque. Ceux d’entre nous qui, au sein du secteur humanitaire et du développement, œuvrons pour sauver des vies, avons été témoins de cette convergence de crises liées au climat. La fréquence et la violence des catastrophes climatiques ont poussé au bord du gouffre des populations déjà en situation d’insécurité alimentaire chronique. Et ce, à un moment où, par exemple, en Afrique subsaharienne, les investissements destinés à aider les agriculteurs locaux à cultiver leurs terres et à résister à certains de ces chocs sont en train d’être réduits.

Parmi les principaux facteurs qui plongent les populations dans la faim, voire la famine, figurent le manque de soutien aux petits agriculteurs, les crises climatiques et les conflits. Les guerres affectent la sécurité alimentaire. À cela s’ajoute le système alimentaire mondial. Le pouvoir et l’influence des grandes entreprises agroalimentaires et du commerce mondial favorisent une approche de l’agriculture axée sur l’exportation, ce qui nuit aux pays pauvres. Ces derniers sont alors contraints d’importer des denrées alimentaires. On assiste donc également à un bouleversement du système alimentaire mondial, qui a davantage encore plongé les communautés dans la pauvreté.

PI. Un rapport de la Banque mondiale indique que près de 700 millions de personnes dans le monde vivent dans la pauvreté. Cela signifie qu’elles survivent avec moins de 2,25 dollars par jour. Il semble que nous soyons loin d’atteindre l’objectif de développement des Nations Unies visant à éradiquer l’extrême pauvreté d’ici 2030.

AM. C’est vrai. En même temps, si l’on jette un regard rétrospectif sur ces cinq dernières années environ, de nombreux indicateurs montraient de réels progrès concernant bon nombre des objectifs de développement durable : pauvreté, faim, inégalités, injustices de genre, climat, eau. Mais la pandémie de Covid a marqué un coup d’arrêt. Aujourd’hui, nous assistons à ce recul, qui a été particulièrement amplifié par cette administration.

Des collègues du monde entier me rapportent la fermeture d’établissements de santé. Pire encore, selon certains rapports, non seulement l’aide déjà approuvée a été interrompue, mais une partie de celle-ci a été bloquée si longtemps dans des lieux de transit qu’elle a dépassé sa date de péremption. De l’aide a été incinérée, de la nourriture qui aurait pu fournir des repas, des biscuits hautement énergétiques et un soutien médical aux personnes qui en avaient besoin.

Certains jours, les mots me manquent pour décrire ce qui s’est passé. Si vous avez vécu la terrible expérience d’être aux côtés d’un enfant qui meurt de faim, en sachant que ces pâtes d’arachide riches en protéines — peu coûteuses et abordables — peuvent sauver des vies et transformer un enfant au bord de la famine en un enfant sain et plein de vie, alors savoir que ce type d’aide est refusé aux mères et aux enfants est tout simplement insupportable pour la conscience.

Oxfam collabore avec le Service des eaux des municipalités côtières et l’Association palestinienne des amis de l’environnement pour installer des unités de dessalement d’eau destinées à venir en aide aux personnes déplacées par le conflit à Gaza.
(photo : Alef Multimedia Company/Oxfam)

PI. L’une des questions qui fait l’actualité depuis un certain temps déjà est la situation à Gaza. Pouvez-vous nous parler de la situation actuelle des habitants de Gaza ?

AM. Je tiens tout d’abord à souligner que la crise humanitaire n’est pas terminée. Plus de six mois après le cessez-le-feu, les conditions humanitaires des Palestiniens à Gaza restent catastrophiques et les promesses du plan de paix en 20 points du président Trump ne sont pas tenues. Malgré la diminution des bombardements israéliens et l’autorisation d’acheminer une partie de l’aide, l’étau qui étrangle les Palestiniens de Gaza ne s’est pas desserré.

Les attaques israéliennes se poursuivent tandis que la nourriture, l’eau potable, les produits d’hygiène et les fournitures médicales font défaut. Des organisations comme Oxfam et d’autres organisations humanitaires se voient encore largement empêchées d’acheminer du matériel et du personnel humanitaires à Gaza.

Nous continuons néanmoins, autant que possible, à mener un travail vital. Nos collègues continuent de nous faire part de témoignages, ceux de proches et de membres de leur communauté qui se couchent le ventre vide, ceux de personnes contraintes de faire la queue pendant des heures dans l’espoir de remplir un jerrican d’eau potable, la peur constante que des frappes israéliennes ne tuent des êtres chers, ceux de familles avec de jeunes enfants vivant toujours dans des abris de fortune, au milieu des rongeurs et de divers dangers.

Oxfam intervient dans les territoires palestiniens occupés par Israël depuis les années 1950. Nous disposons d’une grande expérience, et notre personnel, nos collègues palestiniens, accomplissent un travail formidable. Nous travaillons avec divers partenaires locaux, des organisations palestiniennes et israéliennes de défense des droits de l’homme, ainsi que des partenaires opérationnels présents dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et dans l’ensemble du territoire occupé.

Aujourd’hui, notre propre personnel subit les mêmes traumatismes et la même crise que les personnes que nous essayons d’aider. Alors que l’attention s’est détournée vers le conflit régional, la situation des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie reste tout simplement effroyable.

Distribution d’eau aux personnes en détresse à Gaza.
(photo : Ismael Snonou/Oxfam)

PI. Comment Oxfam parvient-elle à agir dans de telles conditions ?

AM. Nos équipes sur place font preuve d’un véritable héroïsme. Malgré les dangers et les obstacles opérationnels, le personnel d’Oxfam et ses partenaires continuent d’intervenir à Gaza et en Cisjordanie. Depuis octobre 2023, nous avons apporté une aide vitale à plus de 1,1 million de personnes à Gaza : nourriture, eau potable, systèmes d’assainissement et soutien en matière d’hygiène.

Oxfam est un acteur de premier plan dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, en assurant la distribution d’eau à l’aide de camions et en réhabilitant les infrastructures hydrauliques. Nous sensibilisons les populations à l’importance de l’hygiène, même s’il est extrêmement difficile de la maintenir dans des tentes et des campements de fortune surpeuplés et souvent inondés. Nous travaillons avec plus de vingt partenaires à Gaza, distribuant de la nourriture et soutenant les agriculteurs qui cherchent à relancer la production agricole. Nous aidons également les femmes et les filles à survivre aux violences sexuelles et psychologiques.

Les autorités israéliennes rejettent nos demandes d’acheminement d’aide vers Gaza ; nous nous approvisionnons donc localement et travaillons avec des partenaires pour obtenir les articles de première nécessité. Cela reste une goutte d’eau dans l’océan des besoins. Mais nous sommes déterminés à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour sauver des vies, pour offrir sécurité et dignité aux personnes prises au piège de circonstances impossibles, tout en veillant à la sécurité de notre personnel.

 


Environnement

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Esotérisme

L’expansion de la conscience

Cet article est extrait de conférences données par Benjamin Creme en 1992, au cours de réunions de méditation de transmission à San Francisco (États-Unis) et à Kerkrade (Pays-Bas)

 

Le sentier de l’évolution consiste en une prise de conscience de plus en plus grande de la nature de l’âme, de ses besoins et de ce qu’elle cherche à exprimer à travers l’individu en incarnation. L’expérimentation d’une modification de conscience n’est pas un fait nouveau. Cela se produit au début de chaque nouvel âge, lorsque de nouvelles énergies (celles du Verseau en l’occurrence) se font sentir dans la vie des hommes, affectant obligatoirement leur conscience.

Le Maître D. K., par l’entremise d’Alice Bailey, à énoncé cette loi immuable : « La conscience, pour s’exprimer, dépend de son véhicule et tous deux, pour leur existence, dépendent de la vie et de l’énergie. » La conscience ne peut se révéler qu’à travers un véhicule. C’est pourquoi il est si difficile pour l’âme, source de la conscience, de s’exprimer dans le temps et l’espace, à travers la constitution physique, émotionnelle et mentale de la personnalité humaine. L’inertie de la matière qui constitue les corps de ces trois véhicules inhibe l’expression de la conscience de l’âme sur ces plans. C’est pour cette raison que nous devons revenir en incarnation à d’innombrables reprises.

Progressivement, nous édifions un véhicule de plus en plus réceptif qui, finalement, exprimera la perfection de l’âme, elle-même reflet de la monade, l’étincelle de Dieu, le divin. Le processus de l’évolution, le voyage de retour, de l’expansion de la conscience, est une succession d’unifications, chacune supérieure à la précédente. Tout d’abord avec l’âme, puis avec la monade, le divin. La monade se reflète dans l’âme qui, à son tour, se réfléchit dans l’individu en incarnation.

Le voyage de retour voit se dérouler le même processus, mais en sens inverse. L’unification ne peut se produire que lorsque l’âme a pu édifier, au cours d’une vie donnée, un véhicule suffisamment sensible et réceptif à ses impulsions et à son impression. C’est dans ce but qu’elle dirige ce véhicule, l’individu, vers une forme quelconque de méditation, à l’approche de la première initiation, la première des cinq grandes expansions de conscience qui feront de nous un Maître.

En effet, la méditation est une méthode, plus ou moins scientifique selon sa forme, permettant d’entrer en contact avec l’âme. L’âme conduit son véhicule vers la méditation afin d’en faire un instrument réceptif qui réalisera ses buts sur Terre. L’âme a pour dessein de se sacrifier au service de l’évolution. Et le rôle de l’évolution humaine est de spiritualiser la matière. C’est notre tâche. Nous l’accomplissons en spiritualisant successivement nos corps ou véhicules d’expression.

Qu’ils soient ceux d’un homme ou d’une femme, nous développons nos véhicules et les affinons jusqu’à les rendre aptes à réaliser les desseins de l’âme. La capacité d’expression de l’âme est directement fonction de la qualité de son instrument. Le sentier de l’évolution consiste donc en une prise de conscience de plus en plus grande de la nature de l’âme, de ses besoins et de ce qu’elle cherche à exprimer à travers l’individu en incarnation.


L’énergie de Shamballa

par Aart Jurriaanse

Le 1er rayon de Volonté ou de Pouvoir, émanant de Shamballa, constitue aujourd’hui la force la plus puissante à l’œuvre dans le monde. Il se manifeste de plusieurs façons :

1. Comme la Volonté de Dieu et, par conséquent, comme la volonté de bien, guidant les affaires humaines.

2. Comme l’élément destructeur dans les affaires planétaires. Cet effet destructeur résulte généralement de l’abus de cette force utilisée à des fins égoïstes par l’être humain, conduisant ainsi à la domination, l’intolérance, la haine, la séparation, la guerre, la mort et la destruction. Cependant, il peut également signifier la destruction de ce qui est devenu superflu, obsolète, ou de ce qui entrave le progrès de la volonté de bien, que ce soit dans les domaines religieux, politiques, ou des relations humaines, et à l’échelle personnelle, nationale ou internationale.

3. Il se manifeste aussi comme une force de synthèse, rassemblant ce qui doit être intégré.

Pour l’humanité peu évoluée, il est difficile de reconnaître la bienveillance de cette Volonté de Dieu, étant donné la puissance avec laquelle cette énergie se manifeste. C’est qu’on oublie trop facilement que la culture et la civilisation du nouvel âge ne pourront émerger que lorsque les structures organisées et les formes matérielles entravant la libre expression de la Vie divine seront supprimées ou détruites.

Ainsi, l’énergie du 1er rayon pourra provoquer des destructions dans les premières phases de son activité, mais elle se manifestera également comme un facteur de fusion, harmonisant et coordonnant tout ce qui est bon, fort et sain. Finalement, elle s’avérera être manifestement la force nécessaire à la réalisation des objectifs du nouvel âge.

La Volonté divine exige que s’opèrent des changements radicaux au sein de la conscience humaine, par le développement d’une approche entièrement nouvelle de la vie et des réalités spirituelles. Associées, les deux énergies divines de Volonté et d’Amour sont en passe de provoquer une crise majeure dans le monde des hommes. Cette crise se traduira par un éveil général et une expansion de la conscience de l’humanité, conduisant à la découverte, l’étude et une compréhension élargie des principes de la Sagesse éternelle – ainsi qu’à la révélation de nombreuses vérités qui, durant tant de siècles, sont demeurées à la vue obscurcie de l’humanité.

Les effets de l’énergie de Shamballa ne se limitent certainement pas aux êtres humains. Ces forces agissent sur l’ensemble de la création et influencent tous les règnes de la nature. Leur action destructrice se traduit par l’élimination des formes qui retardent les plans de l’évolution, tout en stimulant celles qui évoluent conformément au modèle prévu.

L’impact de l’énergie du 1er rayon sur l’humanité elle-même se manifeste de multiples façons, selon la qualité des personnalités et leur degré d’évolution. Au cours des dernières décennies, il a été frappant de constater l’émergence sur la scène mondiale de nombreuses personnalités puissantes et dominatrices.

Aujourd’hui, elles apparaissent pratiquement dans tous les domaines, et leur influence, bénéfique ou néfaste, dépend des qualités propres à l’individu à travers lequel s’expriment ces énergies. Ces dernières sont d’origine divine, mais la réponse qu’elles suscitent dépend de l’instrument sur lequel elles agissent. Elles produisent des dirigeants et des guides dans tous les secteurs — éducatif, social, financier, administratif, politique et religieux — conduisant ceux qui les suivent vers de nouveaux sommets ou, parfois, vers une chute temporaire.

Lorsque des aspirants spirituellement immatures sont influencés par l’énergie de Shamballa, les effets peuvent se traduire par l’entêtement, voire la cruauté, et l’imposition arbitraire de leur volonté ou de leurs désirs souvent déraisonnables. Toutefois, même ces manifestations de pouvoir arbitraire peuvent malgré tout refléter la Volonté divine, dans la mesure où elles provoquent des changements qui finiront par se révéler bénéfiques pour l’humanité, et ainsi contribuer à l’accomplissement du Plan divin.

Bien entendu, la douleur et la souffrance engendrées par la mise en œuvre de la volonté de bien – lorsqu’il s’agit pour elle d’écarter ce qui est mauvais ou devenu inutile – empêchent souvent temporairement les observateurs de percevoir les bénéfices et la beauté des conditions nouvelles qui émergent. Ces réactions individuelles négatives peuvent paraître insignifiantes, mais, si elles se cumulent et prennent une dimension collective, elles peuvent produire des effets profondément néfastes. Il est donc essentiel que l’opinion publique soit correctement éduquée et orientée.

Pendant des éons, l’unique réceptrice de la pure énergie de Shamballa fut la Hiérarchie, qui la transformait et la modérait avant de la transmettre à l’humanité. Depuis quelque temps cependant, Shamballa expérimente une transmission partiellement directe de ses énergies à l’humanité, sans l’intermédiaire de la Hiérarchie, et, selon les Sages, la réponse humaine à cet impact s’avère satisfaisante. A mesure que l’humanité s’adapte à cette force de 1er rayon, elle développe la capacité à en supporter des intensités plus élevées, ouvrant ainsi la possibilité de progrès encore plus rapides.

La force de Shamballa peut être invoquée aussi bien par un individu que par un groupe. Une fois éveillée, elle procure une puissante impulsion intérieure, certes dotée d’un potentiel destructeur lorsqu’elle est mal utilisée. Mais, dans le cas contraire, elle oriente vers la stabilité, la clarté et la créativité. En effet, lorsque la Volonté invoquée est focalisée par la lumière de l’âme et dirigée avec amour vers l’établissement de justes relations humaines, des réponses efficaces en résultent inévitablement.

La réaction correcte à l’énergie de Volonté se caractérise toujours par un esprit de sacrifice et de pardon. Lorsque l’impulsion qui sous-tend la Volonté aimante de Dieu est perçue et correctement interprétée, se développe le désir de la manifester, suscitant un esprit de partage et de sacrifice. Par ailleurs, l’impact radical de l’énergie de Shamballa  est adouci dès que cette énergie se répartit entre les membres d’un groupe qui se soutiennent mutuellement.

Une part de la responsabilité de la Hiérarchie consiste à équilibrer et à modérer cette énergie puissante de Volonté qui, parfois, tend à entraîner une destruction excessive. Pour ce faire, elle y allie un afflux d’énergie de 2e rayon, l’énergie de l’Amour-Sagesse – l’Amour de Dieu qui s’exprime sous forme d’énergie christique.

Ces forces du 2e rayon – le rayon d’Amour – apportent les pouvoirs nécessaires à la reconstruction et à la réhabilitation. A cet égard, l’humanité peut être assurée que son destin repose entre des mains sûres et bienveillantes, et qu’elle n’a jamais à douter ni à hésiter un seul instant, pourvu qu’elle apporte sa propre contribution, au mieux de ses capacités.

En règle générale, l’être humain est si aveuglé qu’il se trouve dans l’incapacité de reconnaître le caractère constructif de ces énergies en action. Pourtant, l’édification du nouvel âge progresse à grands pas ; mais la forme que prendront les nouvelles structures échappe encore à la majorité, tant celle-ci reste absorbée par des préoccupations égoïstes.

Quoi qu’il en soit, guidées par l’action de la Hiérarchie, les énergies de Shamballa accomplissent avec constance les objectifs du Plan. Jusqu’à présent, cette vision de la réalité n’a été accordée qu’à un nombre relativement restreint de personnes, leur permettant de discerner véritablement la beauté du dessein qui émerge progressivement.


Le Dessein divin

par Aart Jurriaanse

L’une des fonctions du Seigneur du Monde consiste à communiquer à son Grand Conseil de Shamballa ces inspirations divines qui lui ont été transmises par des sources solaires et cosmiques. La Volonté divine est ensuite formulée par le Conseil sous la forme des phases successives du Dessein divin. Les Entités supérieures de la Hiérarchie reçoivent ensuite ce Dessein, qui est également transmis à leur niveau et traduit en Plan. Le Plan est le schéma directeur que les sept groupes de Rayons utiliseront pour traduire concrètement les principes et les idées sous-jacents du Dessein dans les trois mondes des hommes, ainsi que dans les règnes inférieurs de la nature.

Le Dessein divin émanant de Shamballa est donc cet aspect de la Volonté de Dieu qui cherche à s’exprimer sur Terre. La Hiérarchie est le canal par lequel cette énergie provenant de Shamballa est transmise, et comme la Hiérarchie se caractérise par l’énergie de l’Amour, ce Dessein divin s’exprime à travers elle comme la volonté de bien, qui, dans la vie humaine, se traduit par la bonne volonté, la compréhension aimante et la recherche de relations humaines justes.

Mais cet esprit de volonté de bien, auquel l’humanité commence assurément à réagir, n’est qu’un aspect parmi d’autres du Dessein, dont la véritable signification ésotérique échappe encore à la compréhension de l’humanité. Ce n’est qu’avec l’élargissement de la conscience associé à la troisième initiation que la première lueur sera jetée sur la signification plus profonde de la Volonté de Dieu. Apparemment, cela concerne principalement le rôle de l’humanité dans le rapprochement des plans spirituel et subhumain, mais cette phase est encore loin devant nous.

Entre-temps, l’humanité est soumise à l’influence de diverses énergies et est lentement guidée et formée dans la direction souhaitée, étant inconsciemment exposée à toutes les formes d’expérience possibles – bonnes et mauvaises, agréables et désagréables – qui contribuent toutes au réservoir de l’expérience, lequel finira par faire céder les digues du mental limitatif, permettant ainsi l’accès à des domaines de conscience bien plus vastes.

Selon la Sagesse éternelle, lorsque l’intention et le Dessein du Seigneur du Monde seront sur le point de se réaliser, une Lumière d’une beauté céleste se révélera à ceux dont l’œil est ouvert. À travers la Lumière de la Sagesse rayonnée par Shamballa, la Lumière de la Vie elle-même sera perçue – un concept qui reste encore inexplicable pour l’être humain, mais qui se révélera progressivement avec la rupture du voile éthérique.

 

Le Plan hiérarchique

Le Plan peut être décrit comme un réservoir de sagesse et de conscience, un réservoir de pensée organisé en niveaux hiérarchiques et animé par la Volonté de Dieu. Ce réservoir devient accessible à ceux qui possèdent la conscience et la sensibilité nécessaires, et ceux-ci peuvent y puiser. Le disciple qui souhaite servir ses semblables apprend à projeter son esprit vers ce réservoir de formes-pensées inspirées, ou source de Lumière, où son esprit sensible sera imprégné de pensées et d’idées qui pourront ensuite être mises au service de l’humanité sous forme d’aide concrète ou d’enseignements.

Le disciple n’a pas besoin de s’efforcer consciemment d’acquérir ces caractéristiques – elles surgiront naturellement comme l’expression d’une qualité de l’âme, qui se manifestera une fois l’alignement approprié atteint. Une telle personne deviendra en effet un aimant pour ces idées et concepts spirituels, prenant d’abord conscience des grandes lignes, puis des détails du Plan, dans la mesure où cela sera nécessaire à ses objectifs particuliers de service.

Ces impressions s’imposeront à sa conscience parce que son aura magnétique aura acquis la sensibilité nécessaire. Cette sensibilité est une propriété qui commence inconsciemment à se développer dès les premiers stades de la maîtrise de l’âme, et qui s’approfondira et s’accroîtra avec des contacts prolongés et plus fréquents, jusqu’à ce qu’elle devienne un état de conscience constant et naturel – l’attribut d’un serviteur imprégné de l’âme.

Un tel disciple devient ainsi un canal évocateur, qui peut être utilisé par la Hiérarchie, et à travers lequel des aspects pertinents du Plan peuvent être évoqués en vue de leur diffusion et de leur application dans sa sphère particulière de service. Ainsi, une autre petite facette du Dessein ou de la Volonté de Dieu peut être mise en œuvre et matérialisée par le biais d’un canal humain, ce qui représente un nouveau pas en avant, aussi minime soit-il, dans l’évolution progressive des affaires mondiales telle que l’envisage le Seigneur du Monde.

Le Plan ne concerne pas les individus ni les entités distinctes au sein des différents règnes de la nature, mais uniquement la vision d’ensemble, les cycles temporels, les nations et les races, les structures politiques, les religions du monde, les manifestations cycliques et d’autres aspects généraux de ce type qui touchent l’humanité dans son ensemble.

Bien que le Plan soit formulé à des niveaux hiérarchiques, les Maîtres doivent, pour sa mise en œuvre aux niveaux physiques, compter sur les capacités et l’ingéniosité de l’homme. Les pensées et les idées (ondes cérébrales) relatives au Plan sont insufflées dans l’esprit des idéalistes et des disciples, où elles sont assimilées, mûries, puis finalement transformées en formes-pensées modifiées, teintées par les caractéristiques mentales particulières de celui qui les conçoit.

À mesure que celles-ci prennent forme, elles s’incarnent ou se matérialisent soit par la parole, soit par l’écrit, soit encore sous une forme physique, comme une nouvelle invention. Le stade de développement de celui qui reçoit l’impression déterminera la pureté avec laquelle il pourra servir de canal pour la transmission de cette impression – bien souvent, le produit exprimé représente une version tellement déformée de l’idée originale qu’il est à peine reconnaissable.

Dans ces cas-là, les Maîtres devront trouver d’autres voies, plus efficaces, pour transmettre les idées ou les principes qui devraient être communiqués pour le bien de l’humanité. Les Maîtres sont souvent gravement handicapés par le manque de fiabilité, voire l’échec, des instruments dont ils disposent.

 


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Faits et prévisions

Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.
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Fenêtre sur le monde

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La voix de la raison

« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012
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La voix des peuples

Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.
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Le point de vue de Maitreya

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Le respect de la loi

« Chaque fois qu’il y a affaiblissement de la loi… et accroissement général du désordre, alors je me manifeste. » (Bhagavad Gita). La promesse de Krishna, l’Avatar, semble particulièrement d’actualité. C’est pour tenir cette promesse que Maitreya, l’Avatar de notre ère, est présent dans le monde à une époque où l’anarchie est si répandue. Lorsqu’une nation parvient à l’âge adulte, à la maturité, les relations qu’elle établit avec les autres changent du tout au tout. Elle commence à respecter l’autorité de la loi qui unit toutes les nations, les liant dans leurs responsabilités et leurs besoins mutuels. Le développement vers la maturité se signale précisément par un tel respect des lois que les hommes ont estimées nécessaires pour vivre ensemble en paix… Lorsque, parmi les nations, l’on ignore l’autorité de la loi, c’est le monde entier qui en souffre. » (Le Maître — PI, avril 2004) Actuellement, les traités et les résolutions de l’Onu sont méprisés, et les lois nationales et internationales sont bafouées. Dans ce contexte, nous présentons des brèves mettant en exergue la nécessité d’un respect renouvelé de la loi.
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Les enseignements de Maitreya

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Les mensonges dévoilés

Le 15 février 2003, à Londres, Maitreya a été filmé sous les traits d’un Antillais, lors de la marche pour la paix (voir PI, avril 2003). « Je suis fier aujourd’hui d’entendre mes frères et mes sœurs dire la vérité et dénoncer les mensonges. C’est tellement magnifique ! » a-t-il déclaré. Depuis, les mensonges sont de plus en plus dénoncés.
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Les priorités de Maitreya

« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.
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L’humanité une

Lorsque l’homme acceptera vraiment le fait que l’humanité est une et que les hommes, entre eux, sont frères, quand il traduira ces vérités en actes, toutes choses pourront en toute sécurité lui appartenir. Son héritage l’attend. Ainsi les hommes devront-ils apporter la preuve qu’ils sont prêts pour la paix, prêts à pénétrer ensemble dans l’avenir, sans effusion de sang ni compétition. Ils devront se réjouir de partager et de travailler en harmonie pour le bien de tous. Quand les hommes, d’eux-mêmes, seront dans ces dispositions, ils en appelleront à Maitreya (quel que soit le nom sous lequel ils le connaîtront) pour leur montrer le chemin, les faire sortir du chaos, et les conduire vers une ère de paix. (L’héritage de l’homme, par le Maître de Benjamin Creme).
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L’Unité dans la diversité

« Le but de notre vie, que nous en ayons pris conscience ou non, est l’instauration de l’unité, la manifestation de l’unité qui existe déjà. Chaque atome de l’univers est relié à tous les autres atomes. » Benjamin Creme, L’Unité dans la diversité.
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Regard sur le monde

Dans cette rubrique, Partage international met en lumière certains problèmes urgents qui nécessitent une nouvelle approche et des solutions durables.
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Divers

La campagne Marco Polo pour la paix, la culture et le développement durable

par Jeffrey D. Sachs

Des 3 chevaux d’alors aux 1 582 d’aujourd’hui

Il y a sept cent cinquante ans, un Vénitien âgé de dix-sept ans est parti vers l’Orient et son périple a duré un quart de siècle. Marco Polo a quitté la lagune de Venise en 1271 avec son père Niccolò et son oncle Maffeo – ces trois marchands se rendaient à dos de cheval à la cour de Kubilai Khan. Leur expédition ne disposait que d’un cheval par voyageur.

Notre groupe de quatre personnes – ma femme Sonia, notre ami Patrick Zhong, son fils Jimmy et moi-même – vient de s’engager sur cette même route en direction de l’est, là où l’Occident rencontre l’Orient le long de l’ancienne route de la Soie. Je ne prétends pas que nous le faisons dans des conditions aussi rudimentaires que le jeune Marco. Notre moyen de transport est une voiture BYD Denza entièrement électrique, et les modèles haut de gamme de cette marque atteignent la puissance impressionnante de 1 582 CV, tout en offrant une conduite silencieuse et fluide.

Mais si l’on fait abstraction de la force des chevaux et des sept siècles et demi qui se sont écoulés entre-temps, le voyage reste le même : curiosité résolument tournée vers l’Orient, conviction que la voie la plus sûre vers la paix passe par des rencontres humaines, et une longue série d’inconnus qui deviennent de nouveaux amis dès la deuxième tasse de thé.

Nous avons baptisé cette expédition la « campagne Marco Polo pour la paix, la culture et le développement durable » : 12 pays, 15 000 kilomètres, 43 jours, de Rome à Hong Kong. Nous avons commencé, comme il se doit, par la Ville éternelle, siège de la papauté, car, à l’instar de la famille Polo qui nous a précédés, nous portons vers l’Orient un message du pape : dans notre cas, la nouvelle encyclique du pape Léon XIV, Magnifica Humanitas, un appel à la paix et à une utilisation sage et humaine de la puissance de nos nouvelles technologies.

Autrefois, les Polo transmettaient des messages entre le pape Grégoire X et Kubilai Khan à travers un monde divisé. Il s’avère que l’objectif n’a pas changé tant que ça en sept cent cinquante ans.

Partis de Rome, nous avons mis le cap vers le nord, et à Bologne, nous nous sommes arrêtés pour recharger la voiture – et c’est là que le XXIe siècle s’est imposé avec panache. Grâce à la « recharge rapide » de la BYD et à ses remarquables batteries Blade, nous avons atteint 97,5 % de charge en moins de neuf minutes, avant même que notre expresso nous soit servi. Marco Polo mesurait sa progression en saisons et en cols de montagne ; nous mesurons la nôtre en minutes passées à la borne de recharge, et à la facilité remarquable avec laquelle nous traverserons l’Eurasie sans consommer une goutte de carburant.

C’est là, en somme, l’un des messages principaux de ce voyage : les technologies vertes qui voient le jour aujourd’hui peuvent tout à la fois servir l’humanité, nous rapprocher les uns des autres, et alléger notre empreinte environnementale.

Boukhara, Ouzbékistan (photo : Vladimir Jirnov, flickr.com)

Au moment où j’écris ces lignes, nous roulons vers Venise, ville natale de la famille Polo. C’est dans cette ville que leur périple a commencé et c’est aussi celle où, un quart de siècle plus tard, ils sont revenus. De là, notre itinéraire nous mènera en Croatie et en Serbie, en Bulgarie et en Turquie, puis à travers le Caucase vers la Géorgie et l’Azerbaïdjan, en passant par la mer Caspienne pour rejoindre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan — Khiva, Boukhara, Samarcande, des noms qui évoquent encore aujourd’hui des voyages à travers les steppes —, avant de nous diriger enfin vers la Chine, à Xi’an, Shanghai et Shenzhen, pour terminer à Hong Kong fin juillet.

Plusieurs gouvernements nous ont réservé un accueil chaleureux, et nous avons hâte de rencontrer, tout au long du parcours, des responsables politiques, chefs d’entreprise et personnalités du monde culturel — mais aussi, avec tout autant d’enthousiasme, des étudiants, des chauffeurs, des commerçants et les jeunes qui héritent de ce monde interconnecté. Notre objectif n’est pas seulement de parler, mais aussi d’écouter.

Pour ceux qui souhaiteraient se joindre à nous, j’animerai un cours en ligne pendant notre périple — une salle de classe itinérante consacrée à l’histoire de la Route de la Soie, au développement durable et à cette idée ancienne, tenace et nécessaire selon laquelle les nations ont bien plus à gagner à coopérer qu’à s’affronter. Vous pouvez vous inscrire via la SDG Academy ; l’accès est ouvert à toute personne dotée d’un esprit curieux. La page d’inscription se trouve ici :

The Marco Polo Drive of Peace, Culture and Sustainable Development

Lianhuashan, Shenzhen, Chine
(photo : Renek78, Wikimedia Commons)

Au fil des kilomètres, je reviens sans cesse à une conviction profonde. De nombreux soi-disant stratèges géopolitiques et hommes politiques affirment que les civilisations de l’Orient et de l’Occident sont vouées à s’affronter plutôt qu’à coopérer. Marco Polo savait mieux que quiconque qu’il n’en est pas ainsi. Au bout de la plus longue route menant vers l’Orient, il n’a pas trouvé d’ennemis mais une civilisation brillante et sophistiquée, aussi avide d’échanger des idées que des marchandises. La Route de la Soie n’a jamais été un simple fil, et encore moins un mur. Depuis l’Antiquité, la Route de la Soie a toujours été un vaste réseau d’interconnexions. La mondialisation est une caractéristique de la civilisation, de l’Antiquité à notre époque.

Œuvrons donc en faveur d’une mondialisation de la paix, de l’harmonie entre la diversité des cultures et du développement durable pour tous les jeunes d’aujourd’hui, les Marco et Maria Polo du XXIsiècle.

Notre Denza ronronne là où les chevaux des Polo avançaient autrefois péniblement. L’encyclique que nous apportons a un nouveau titre, mais le message reste le même : lorsque nous nous rencontrons directement, la paix cesse d’être une abstraction ou une formule pour devenir une réalité quotidienne et une source de joie.

À très bientôt, à partir d’un autre endroit plus proche de l’Orient.

Pour suivre la campagne Marco Polo sur les réseaux sociaux : 

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Les phénomènes psi

par Douglas Griffin

En matière d’acronymes, « DOPS » n’est peut-être pas le plus accrocheur mais, curieusement, c’est peut-être justement ce qui le rend mémorable. Il désigne la Division Of Perceptual Studies, une unité de recherche rattachée au Département de psychiatrie et sciences neurocomportementales de l’Université de Virginie (UVA). Au fil du temps, elle s’est forgé une réputation internationale grâce à ses travaux novateurs sur ce que l’on appelle les phénomènes « psi » (psychiques ou paranormaux), qui explorent la relation entre la conscience et le monde physique.

Cette équipe de recherche évolue, à l’instar des travaux sur le monde quantique, aux frontières de la science orthodoxe. De ce fait, elle est souvent accueillie avec un certain mépris et beaucoup de scepticisme par la science et la philosophie dominantes, qui tendent de plus en plus à considérer la conscience comme un simple sous-produit de l’activité cérébrale.

Ainsi, une équipe internationale de neuroscientifiques a récemment proposé une nouvelle théorie, publiée dans Nature Reviews Neurology, baptisée « NEPTUNE ». Ce modèle explique les expériences de mort imminente (EMI) et les expériences hors du corps (EHC) sous un angle exclusivement neurophysiologique, rejetant ainsi les conclusions du DOPS issues de plusieurs années d’étude de ces phénomènes.

Les auteurs du modèle NEPTUNE soutiennent que les « hallucinations » rapportées lors des expériences de mort imminente pourraient être provoquées par des modifications des gaz sanguins irriguant le cerveau, par la libération d’endorphines ou par d’autres processus chimiques ou électriques cérébraux. Ils s’appuient également sur deux études suggérant que les EHC pourraient simplement résulter de l’activation d’une région précise du cerveau : la jonction temporo-pariétale.

En réponse, le Dr Bruce Greyson, ancien directeur du DOPS, a déclaré que l’hypothèse selon laquelle les expériences de mort imminente ne seraient que des hallucinations d’origine neurologique ne concorde pas avec les données recueillies par son équipe.

Les hallucinations neurologiques n’impliquent généralement qu’un seul sens, comme la vue ou l’ouïe. Or, les personnes ayant vécu une EMI rapportent fréquemment des souvenirs faisant intervenir simultanément plusieurs sens : elles décrivent ce qu’elles ont vu, entendu, senti et touché alors qu’elles étaient cliniquement mortes.

De plus, elles gardent souvent un souvenir très vif de ces expériences pendant des décennies, contrairement aux hallucinations neurologiques, dont le souvenir s’estompe généralement assez rapidement.

Bien que le DOPS dépende de l’Université de Virginie, il occupe en réalité une position assez singulière dans le paysage scientifique. Cette unité attire des chercheurs qui abordent le monde, et plus particulièrement la nature de la conscience, avec une ouverture d’esprit plus grande que celle généralement admise dans les milieux académiques.

Cela étant, il s’emploie à appliquer les méthodes scientifiques les plus rigoureuses, et à diffuser les résultats de ses travaux et leurs implications, tant auprès de la communauté scientifique que du grand public. Le DOPS entend ainsi jouer un rôle de passerelle entre le matérialisme scientifique dominant et le domaine plus subtil de la parapsychologie.

Une telle position est loin d’être confortable. C’est précisément ce qui rend d’autant plus remarquable le travail accompli par cette équipe depuis sa création.

Fondé en 1967 par le psychiatre Ian Stevenson, le DOPS a été créé dans l’intention d’étudier les phénomènes psi, c’est-à-dire les expériences et les capacités humaines extraordinaires.

Dès le départ, ses recherches ont porté principalement sur la collecte et l’analyse de témoignages provenant du monde entier concernant les EMI, les souvenirs de vies antérieures chez les jeunes enfants, les EHC, la « vision à distance » souvent associée aux programmes de renseignement tels que ceux de la CIA, la perception extrasensorielle (PES), la télépathie et la psychokinèse, illustrée notamment par les capacités attribuées à Uri Geller.

À travers ces travaux, les chercheurs du DOPS cherchent à montrer que, si les données sont interprétées correctement, la conscience pourrait fonctionner indépendamment du cerveau, remettant ainsi en question les paradigmes scientifiques établis.

Comme on peut s’en douter, les travaux de cette nouvelle unité de recherche n’ont pas été accueillis avec enthousiasme lors de ses premières années d’existence. Les réactions furent souvent critiques, voire franchement hostiles. Toutefois, certains scientifiques ont préféré suspendre leur jugement en attendant que les faits parlent d’eux-mêmes.

Ainsi, le psychiatre Harold Lief écrivait en 1977 dans le Journal of Nervous and Mental Disease : « Ou bien le Dr Stevenson commet une erreur monumentale, ou bien il sera considéré comme le Galilée du XXᵉ siècle. »

Comme nous l’avons vu, le DOPS concentre principalement ses recherches sur les relations entre l’esprit et le corps, et plus particulièrement sur la possibilité que la conscience survive à la mort physique, ce qui impliquerait qu’elle ne soit pas attachée au corps.

Ian Stevenson s’était très tôt intéressé aux expériences humaines dites anormales et avait commencé à mener des recherches sur des phénomènes tels que les apparitions, les EMI et la réincarnation. Il s’était notamment rendu en Asie afin de recueillir les témoignages d’enfants affirmant se souvenir de vies antérieures.

Le physicien et inventeur américain Chester F. Carlson, à l’origine de la technologie des photocopieurs Xerox, finança plusieurs de ces voyages. À sa mort, il légua également des fonds qui permirent à I. Stevenson de se consacrer pleinement à ses recherches, ce qui conduisit à la création du DOPS.

Auparavant, I. Stevenson avait dirigé le département de psychiatrie de l’Université de Virginie. En 1967, il quitta cette fonction pour prendre la direction de la nouvelle division de recherche, qu’il dirigera pendant les trente cinq années suivantes.

Lorsqu’il créa le DOPS, Ian Stevenson était déjà profondément déçu par la médecine conventionnelle. C’est d’ailleurs à la suite de l’un de ses premiers voyages en Inde, en 1966, que ses travaux retinrent l’attention de Chester F. Carlson, dont le soutien financier lui permit par la suite de quitter ses fonctions à l’Université de Virginie pour se consacrer entièrement à ses recherches.

Dans une interview accordée au New York Times en 1999, I. Stevenson expliquait les raisons qui l’avaient conduit à se tourner vers l’étude de la parapsychologie, exprimant son insatisfaction à l’égard des conceptions dominantes de la personnalité et de la conscience humaines : « Ni la psychanalyse, ni le behaviorisme, ni même les neurosciences ne me satisfaisaient. J’avais le sentiment qu’il manquait quelque chose à tout cela. »

Depuis la première contribution généreuse de Chester F. Carlson, le DOPS est entièrement financé par des dons privés dont, fait intéressant, ceux de l’acteur et humoriste britannique John Cleese, qui est un admirateur de ce type de recherche.

Dans une interview accordée au New York Times en 2025, où il prenait publiquement la défense du DOPS, Cleese a déclaré :

« Ces chercheurs se comportent comme de véritables scientifiques. Ils cherchent la vérité ; ils ne veulent pas simplement avoir raison. Je trouve absolument stupéfiante, et même scandaleuse, la manière dont la théorie matérialiste réductionniste dominante traite tous les phénomènes, pourtant si nombreux, qu’elle est parfaitement incapable d’expliquer. »

On trouve sur You Tube plusieurs vidéos courtes dans lesquelles Cleese s’entretient avec deux figures majeures du DOPS au sujet de leurs domaines de recherche respectifs.

Le Dr Jim Tucker, professeur de psychiatrie et directeur du DOPS pendant plus de dix ans jusqu’en janvier 2025, y présente ses travaux sur les souvenirs de vies antérieures rapportés par des enfants.

Le Dr Edward F. Kelly expose quant à lui ses travaux sur la survie de la conscience après la mort. Il est notamment l’auteur de deux livres non publiés en français : Consciousness Unbound: Liberating Mind from the Tyranny of Materialism (La conscience libérée : affranchir l’esprit de la tyrannie du matérialisme) et de Beyond Physicalism: Toward Reconciliation of Science and Spirituality (Au-delà du physicalisme: vers une réconciliation de la science et de la spiritualité).

Le Dr Tucker a également publié plusieurs ouvrages sur ce thème, dont le plus récent, BEFORE: Children’s Memories of Previous Lives (AVANT: des enfants se souviennent de leurs vies antérieures), qui réunit et actualise ses deux livres précédents, Return to Life (Retour à la vie) et Life Before Life (La vie avant la vie).

Le Dr Tucker étudie rarement les récits de souvenirs de vies antérieures rapportés par des adultes. Dans le même article du New York Times de 2025, il en expliquait la raison : « Un adulte a été exposé à une multitude d’informations au cours de sa vie. Il peut croire qu’il ignore tout d’un épisode historique alors qu’il y a déjà été exposé, sans en avoir gardé le souvenir. En revanche, lorsqu’un très jeune enfant rapporte des souvenirs d’une vie antérieure, il est beaucoup plus difficile de soutenir qu’il a pu acquérir ces informations de cette manière. C’est comme s’il arrivait au monde avec ces souvenirs, qu’il commence généralement à évoquer dès son plus jeune âge. »

Il ajoute que ces souvenirs peuvent être parfois une véritable source de souffrance pour l’enfant : « Certaines personnes peuvent lui manquer profondément, ou bien il peut avoir le sentiment qu’une partie de son existence précédente est restée inachevée. Franchement, il vaudrait probablement mieux pour ces enfants qu’ils ne conservent pas ces souvenirs, car beaucoup d’entre eux sont douloureux. La majorité des enfants qui se souviennent des circonstances de leur mort racontent avoir péri de manière violente et non de mort naturelle. »

Un des nombreux cas étudiés par le DOPS, dont les détails sont troublants, concerne une jeune Birmane porteuse de plusieurs malformations congénitales, qui affirmait se souvenir des circonstances de sa mort dans une vie antérieure.

Les enquêteurs recueillirent des témoignages concordants auprès des habitants du village où les faits étaient censés s’être déroulés. Ceux-ci se souvenaient en effet de l’événement. Comme l’explique le Dr Tucker dans cet article :

« D’après les villageois, l’homme que cette toute jeune fille disait avoir été avait été assassiné : plusieurs de ses doigts avaient été sectionnés et sa gorge tranchée d’un coup d’épée. »

Or, la fillette était née avec plusieurs doigts manquants ainsi qu’avec des marques sur le dos et le cou, correspondant aux blessures décrites.

Dans l’une de ses interviews sur You Tube avec John Cleese, le Dr Tucker raconte un autre cas particulièrement étonnant, celui d’un petit garçon américain nommé Ryan Hammons, originaire de l’Oklahoma.

À l’âge de quatre ans, Ryan se mit à supplier sans cesse sa mère de l’emmener à Hollywood. Cette idée devint une véritable obsession. Pour tenter de comprendre ce qui lui arrivait, sa mère emprunta un livre consacré à Hollywood à la bibliothèque municipale.

Un jour, alors qu’ils feuilletaient ensemble cet ouvrage, ils tombèrent sur une photographie tirée d’un ancien film intitulé Night After Night. Ryan s’écria aussitôt :

« Regarde, mama ! Ça, c’est George. Nous avons tourné un film ensemble ! »

Puis il désigna un autre homme apparaissant sur la photographie et ajouta :

« Et ça, c’est moi. »

Le premier homme que Ryan avait désigné était en réalité le célèbre acteur George Raft. Le second, qu’il affirmait être lui-même, n’était qu’un figurant inconnu, sans la moindre réplique dans le film.

La mère de Ryan décida alors de prendre contact avec le Dr Tucker afin de déterminer si les affirmations de son fils pouvaient correspondre à une personne ayant réellement existé. Dès ce premier échange, elle lui envoya presque quotidiennement des courriels rapportant les nombreux souvenirs que Ryan exprimait au sujet de cette vie antérieure. Le Dr Tucker les consigna avec soin.

Grâce à l’aide d’un archiviste spécialisé dans l’histoire d’Hollywood, il finit par identifier l’homme auquel Ryan semblait s’identifier. L’archiviste consulta les archives de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences et rassembla toute la documentation disponible sur le film Night After Night. L’un des plans du film montrait le figurant en question, dont le nom figurait dans les archives : Marty Martin.

Au fil des courriels envoyés par sa mère, Ryan décrivit avec de nombreux détails la vie qu’il disait avoir menée auparavant. Le Dr Tucker trouva d’abord ce récit peu vraisemblable pour quelqu’un qui n’avait été, en apparence, qu’un simple figurant sans aucune réplique dans un film. Pourtant, à mesure que l’archiviste avançait dans ses recherches sur Marty Martin, les déclarations de Ryan se révélèrent étonnamment cohérentes.

Ryan racontait avoir dansé à New York. Les archives montrèrent que Marty Martin avait effectivement été danseur à Broadway. Il affirmait avoir travaillé dans une agence ; Martin avait fondé et dirigé une agence artistique prospère. Il évoquait des traversées de l’Atlantique à bord de paquebots pour se rendre en Europe, ce que les documents d’archives confirmèrent également.

Ryan indiqua aussi que l’adresse de sa maison contenait le mot « Rock ». Or, Marty Martin avait habité à North Roxbury, ce qui est compatible avec le souvenir de Ryan.

Un jour, Ryan dit à sa mère qu’il ne comprenait pas pourquoi Dieu vous ferait vivre jusqu’à l’âge de soixante et un ans avant de vous faire renaître sous la forme d’un bébé. L’acte de décès de Marty Martin mentionnait pourtant un âge de cinquante-neuf ans. Intrigué, le Dr Tucker poursuivit ses recherches en consultant les recensements, les registres de mariage et les listes de passagers. Il découvrit alors que Marty Martin avait bien soixante et un ans à son décès et que l’acte de décès comportait une erreur.

Au total, le Dr Tucker put vérifier que plus d’une cinquantaine d’affirmations faites par Ryan correspondaient bien à la vie de Marty Martin.

Dans cette même interview, le Dr Tucker rappelle que Marty Martin était un personnage obscur, décédé en 1964, sur lequel il n’existait pratiquement aucune information accessible au public à l’époque où Ryan commença à raconter ses souvenirs. Aujourd’hui, en revanche, cette affaire étant devenue relativement connue, il est beaucoup plus facile de trouver des renseignements sur sa vie grâce à Internet.

À la fin de leur entretien, le Dr Tucker et John Cleese concluent que, si l’on considère ce cas dans son ensemble, il paraît impossible que Ryan ait pu acquérir toutes ces informations par des moyens ordinaires.

Selon eux, ce dossier montre qu’il est possible qu’une personne conserve des souvenirs précis d’une existence antérieure et les exprime au cours de sa vie actuelle, généralement dès son plus jeune âge. Lorsque ces souvenirs peuvent être confrontés à des documents d’archives indépendants, comme ce fut le cas ici, ils constituent un indice de la continuité de la conscience d’une vie à l’autre, y compris durant l’intervalle séparant la mort d’une nouvelle naissance.

Dans l’importante base de données du DOPS, les cas les plus convaincants de souvenirs de vies antérieures concernent des enfants de moins de dix ans. La majorité d’entre eux ont entre deux et six ans, âge après lequel ces souvenirs semblent progressivement s’estomper. Les données indiquent également que l’intervalle moyen entre un décès et une nouvelle naissance est d’environ seize mois.

Interrogé récemment sur la portée de ses recherches, le Dr Tucker a déclaré :

« Cela pourrait profondément changer la façon dont les gens envisagent leur existence. Cela nous donne une vision plus porteuse d’espoir que celle d’un univers aléatoire et dénué de sens. Bien sûr, beaucoup de personnes trouvent déjà cette espérance dans leur religion. Mais si l’on pouvait reconnaître qu’il existe en chacun de nous une dimension qui survit à la mort, cela pourrait aider à mieux traverser le deuil et à apaiser l’angoisse de la mort. Et, je l’espère, cela inciterait aussi les êtres humains à mieux se traiter les uns les autres. Nous aurions davantage le sentiment que nous faisons tous partie d’une même aventure et que notre existence n’est pas dépourvue de sens. »

Dans son livre Dying to See the Ligh : A Scientist’s Guide to Reawakening (Mourir et voir la lumière : un guide scientifique vers la renaissance, non traduit), la scientifique de la NASA et océanographe Ingrid Honkala explore ces mêmes thèmes. Ingrid Honkala n’a pas vécu une, mais trois expériences de mort imminente. Bien qu’elles aient eu lieu à de nombreuses années d’intervalle, elles présentaient toutes les mêmes caractéristiques.

La première survint alors qu’elle n’avait que deux ans. Elle tomba dans un réservoir d’eau glacée situé près de sa maison, à Bogotá, en Colombie. Alertée de manière inexpliquée, sa mère accourut et retrouva sa fille inconsciente, flottant dans l’eau. Ingrid Honkala raconte que sa conscience s’était séparée de son corps, lui permettant de se voir, d’en haut, flotter inerte à la surface de l’eau. Au cours de cette expérience de sortie de corps, elle voyait également sa mère, pourtant située à plusieurs rues de là, et affirme avoir pu communiquer avec elle sans prononcer un seul mot, ce qui l’aurait poussée à revenir précipitamment à la maison.

Elle décrit ainsi son expérience : « Au début, j’ai paniqué et j’ai essayé désespérément de respirer. Puis tout a changé. À la place de la peur, un calme profond m’a envahie. La panique a disparu, remplacée par un sentiment immense de paix et de sérénité. À cet instant, je ne me sentais plus comme une enfant enfermée dans un corps, mais comme une pure conscience, un champ de conscience et de lumière. J’avais le sentiment de faire partie d’une intelligence universelle, infiniment vaste, imprégnée d’amour, de clarté et de paix. »

Malgré son très jeune âge, cette expérience marqua profondément le reste de son existence. « À partir de ce jour-là, je n’ai plus jamais eu peur de la mort. »

Illustration artistique représentant la conscience
quittant le corps pendant le sommeil
(photo : Rad el Baluvar, Wikimedia Commons)

Ingrid Honkala a vécu deux autres EMI : à l’âge de vingt-cinq ans, à la suite d’un accident de moto, et à cinquante-deux ans, lorsque sa tension artérielle chuta brutalement au cours d’une intervention chirurgicale.

Bien que les circonstances aient été chaque fois très différentes, chacune de ces expériences l’aurait ramenée au même « lieu », un état de paix profonde et de conscience plus élevée, indépendant du corps physique.

À l’encontre de l’interprétation neurophysiologique actuellement dominante des EMI et des EHC, telle qu’elle est notamment défendue par le modèle NEPTUNE, Ingrid Honkala affirme que ce qu’elle a vécu ne relevait pas d’hallucinations passagères. Selon elle, le fait d’avoir retrouvé, à chacune de ses trois expériences aux frontières de la mort, exactement le même état de conscience plaide en faveur de l’authenticité de son expérience.

Elle possède un doctorat de sciences marines et a travaillé dans la recherche environnementale, notamment en collaboration avec la NASA et la marine américaine. Dans son livre, elle défend l’idée que la science et ce que l’on appelle communément la spiritualité ne sont pas incompatibles. À ses yeux, elles cherchent toutes deux à répondre aux mêmes grandes questions encore sans réponse, mais à partir de perspectives différentes.

La vision d’Ingrid Honkala, selon laquelle la science et la spiritualité sont complémentaires plutôt qu’opposées, rejoint l’esprit qui anime l’ensemble des recherches menées au DOPS. Sur son site Internet, l’institut déclare :

« Nous espérons que d’autres scientifiques se joindront à l’étude rigoureuse de la nature de la conscience et de ses interactions avec le monde physique […] Un nombre croissant de chercheurs est convaincu qu’une interprétation matérialiste de ces phénomènes présente des limites fondamentales et que la recherche doit s’ouvrir à des approches qui intègrent les expériences extraordinaires authentiques, sans pour autant renoncer à la rigueur scientifique. »

Comme tout domaine de recherche explorant de nouvelles frontières, ces travaux se heurtent inévitablement à une forte opposition de la part des courants de pensée dominants.

Le Dr Bruce Greyson, déjà évoqué précédemment, en a lui-même fait l’expérience avant de rejoindre le DOPS. Alors qu’il travaillait à l’Université du Michigan, sa hiérarchie lui fit clairement comprendre que ses recherches sur les EMI compromettraient sa carrière.

« On m’a dit sans détour que je n’avais aucun avenir dans cette université si je poursuivais mes recherches sur les EMI, parce qu’on ne peut pas les faire tenir dans une éprouvette. Tant que je ne pourrais pas les quantifier à l’aide d’indicateurs biologiques, ils ne voulaient même pas en entendre parler. »

La remise en question de cette conception matérialiste dominante n’en est encore qu’à ses débuts. Elle semble toutefois progresser rapidement grâce aux travaux d’institutions telles que le DOPS, mais aussi de plusieurs autres centres de recherche dans le monde, parmi lesquels figurent notamment la Koestler Parapsychology Unit de l’Université d’Édimbourg, en Écosse, ainsi que l’Institute of Noetic Sciences, en Californie, fondé par le Dr Edgar Mitchell, astronaute de la mission Apollo 14.


Transformer le gaspillage en espoir : un projet de changement durable porté par les jeunes

par Karuta Yamamoto1

Dès le début, ce projet a été le fruit d’une collaboration entre des équipes d’élèves japonais et coréens. Bien que nous vivions dans des pays différents, nous étions animés par une même préoccupation : comment les jeunes peuvent-ils réduire le gaspillage tout en soutenant les familles confrontées à l’insécurité alimentaire ?

Notre parcours a commencé par un phénomène que nous pouvions clairement observer au sein de nos communautés.

Au Japon, l’insécurité alimentaire se cache souvent derrière une dignité discrète. Selon une récente enquête menée par Save the Children Japan (Sauver les enfants – Japon), plus de 90 % des ménages à faibles revenus avec enfants ont déclaré avoir du mal à se procurer suffisamment de nourriture, de nombreuses familles étant contraintes de réduire leurs dépenses, même pour les denrées de base comme le riz, en raison de la hausse des prix.

Les foyers monoparentaux, la plupart avec une mère à leur tête, sont confrontés à des difficultés alimentaires particulièrement importantes et sont souvent contraintes de prendre des décisions douloureuses concernant l’utilisation de leur budget limité. Pour certaines familles, cela signifie devoir choisir entre des moments de célébration et l’alimentation quotidienne. Un gâteau de Noël à 3 000 yens peut apporter de la joie dans un foyer, mais pour un autre, cette même somme doit suffire à acheter 5 kg de riz, de quoi nourrir une famille pendant plusieurs jours.

Parallèlement, au Japon, d’énormes quantités de nourriture encore comestibles sont gaspillées. Les statistiques officielles montrent que des millions de tonnes de denrées alimentaires sont jetées chaque année, dont une grande partie reste pourtant consommable. Les produits saisonniers, tels que les gâteaux de Noël, qui ne peuvent plus être vendus après le 25 décembre, sont souvent jetés. Ce contraste, le gaspillage d’un côté et la faim de l’autre, reflète le défi mondial auquel s’attaque l’ODD (objectif de développement durable) n° 12 : Consommation et production responsables.

En tant que lycéens du Japon et de Corée, nous nous sommes demandé : « Quel rôle pouvons-nous jouer pour combler ce fossé ? »

Nous savions que la sensibilisation à elle seule ne suffirait pas à changer suffisamment les habitudes. Alors, au lieu d’instiller un sentiment de culpabilité face au gaspillage alimentaire, nous avons décidé de passer ensemble à l’action.

Nous avons commencé à l’échelle locale, mais avec un objectif commun.

Au Japon, les élèves du lycée Dalton de Tokyo ont remarqué que les mandarines – l’un des fruits les plus courants du pays – sont souvent jetées intactes, y compris avec leurs écorces et leurs pépins. En Corée, les élèves ont identifié un autre problème : plus de 150 000 tonnes de marc de café usagé sont jetées chaque année, contribuant ainsi aux émanations nauséabondes des décharges et aux émissions de gaz à effet de serre.

 

Des matériaux différents mais un objectif identique.

Plutôt que de considérer les déchets comme la fin de vie d’un produit, nous les avons perçus comme un point de départ.

L’équipe coréenne a tenu un stand lors d’un salon à Arumjigi, à Séoul, en Corée.
(photo : Karuta Yamamoto)

Des recherches montrent que les écorces d’agrumes contiennent des huiles essentielles pouvant être utilisées dans la fabrication de savons et de produits d’entretien. Des études menées en Corée démontrent également que le marc de café usagé peut être transformé en biomatériaux durables adaptés à la création de produits écologiques et à l’impression 3D. Le papier ensemencé, fabriqué à partir de papier recyclé dans lequel sont incorporées des graines, est un autre exemple de la manière dont les déchets peuvent être transformés en quelque chose de régénérateur.

Inspirées par ces idées, nos équipes d’élèves ont mis la théorie en pratique :

  • Des élèves japonais ont fabriqué des savons faits main à partir d’écorces d’agrumes jetées.
  • Des élèves coréens ont mis au point des vases à clipser imprimés en 3D intégrant du marc de café recyclé, encourageant ainsi les gens à réutiliser les bouteilles et les gobelets vides au lieu de les jeter.
  • Ils ont également conçu du papier ensemencé à partir de matériaux recyclés, permettant ainsi aux déchets de se transformer littéralement en fleurs et en herbes aromatiques.
Ces étudiants coréens ont mis au point des vases à clipser imprimés en 3D à partir de marc de café recyclé.
(photo : Karuta Yamamoto)

Ces produits n’ont pas été vendus comme des biens caritatifs mais comme des exemples de consommation responsable, démontrant ainsi que les déchets peuvent trouver une seconde vie grâce à notre créativité. Grâce à cette initiative, nous avons directement contribué à l’ODD n° 12 : Consommation et production responsables, qui recommande de réduire les déchets par le recyclage et la réutilisation, ainsi qu’à l’ODD n° 13 : Action pour le climat, en diminuant les émissions grâce à la revalorisation.

Parallèlement, les fonds collectés avaient un objectif bien précis.

Les bénéfices ont servi à venir en aide aux familles en situation d’insécurité alimentaire. Au Japon, nous avons fait un don aux familles monoparentales dont les enfants sont hospitalisés, par l’intermédiaire de l’association Keep Mama Smiling (voir la photo principale de l’article d’opinion).

Au Japon, ce groupe de jeunes a reversé les recettes issues de leur activité de recyclage à des familles monoparentales dont les enfants sont hospitalisés, par l’intermédiaire de l’association Keep Mama Smiling (redonner le sourire à maman)
(photo : Karuta Yamamoto)

Nous avons également fourni des ingrédients de base à la banque alimentaire de Karuizawa. En associant l’action environnementale à l’aide aux familles dans le besoin, notre projet a également contribué à l’ODD n° 2 : Éradiquer la faim.

Grâce à cette expérience, nous avons appris que prendre soin de la planète et prendre soin de nos semblables ne sont pas des objectifs séparés. La réduction des déchets et la lutte contre la faim se sont retrouvées réunis au sein d’une initiative menée par des jeunes, transformant ainsi la responsabilité environnementale en solidarité communautaire.

Mais notre collaboration ne s’est pas limitée au Japon et à la Corée.

Grâce à un partenariat avec la Fondation One Smile (une organisation qui transforme les sourires numériques en dons), nous avons relié nos initiatives locales à un défi mondial. Au cours d’ateliers, nous avons appris que les dons destinés à financer des repas scolaires au Lesotho avaient cessé l’année précédente. Or sans repas réguliers, de nombreux élèves avaient du mal à se concentrer en classe.

Ensemble, nos équipes japonaises et coréennes ont récolté plus de 300 000 yens.

Des élèves du lycée Rasetimela au Lesotho recevant des dons alimentaires.
(photo : avec l’aimable autorisation du lycée Rasetimela)

En collaboration avec des partenaires locaux au Lesotho, nous avons organisé une initiative communautaire d’aide alimentaire au lycée Rasetimela, qui accueille 863 élèves. Les programmes de restauration scolaire jouent un rôle essentiel au Lesotho, et les récentes perturbations ont rendu de nombreux élèves plus vulnérables à la faim.

Quatre-vingt-onze des élèves les plus vulnérables ont été sélectionnés selon des critères objectifs, notamment ceux bénéficiant de programmes d’aide sociale et ceux qui dépendaient auparavant de l’aide internationale. Chaque famille sélectionnée a reçu des denrées de base telles que du riz et de la farine de maïs pour préparer un aliment local appelé « pap ». La distribution a été organisée à proximité de l’école afin de garantir la sécurité et de permettre aux parents de récupérer facilement les provisions.

Cette initiative transfrontalière mettant en relation lycéens, ONG, responsables locaux et communautés, reflète l’esprit de l’ODD n° 17 : Partenariats pour la réalisation des objectifs.

Bien que nous vivions dans des pays, des climats et des cultures différents, cette expérience a profondément modifié notre conception de la coopération mondiale. Les élèves du Lesotho n’étaient pas de simples bénéficiaires lointains. Nous sommes devenus des amis dans un monde partagé.

Nous sommes devenus des amis dans un monde où nous partageons le même environnement
(photo : avec l’aimable autorisation du lycée Rasetimela)

En tant que jeunes, nous pensons souvent que notre impact est limité parce que nous ne disposons pas de ressources importantes. Ce projet a remis en question cette croyance. Nous avons appris que nous pouvons faire bouger les lignes en proposant des solutions, en sensibilisant les gens et en travaillant ensemble.

Nous avons même tenté de mesurer ce que nous avons appelé un « indice de bonheur » en comptant les sourires des élèves qui ont reçu de l’aide. Ces sourires nous ont rappelé que le développement durable n’est pas seulement une question environnementale ou économique : c’est avant tout une question humaine.

Notre expérience montre que les jeunes ne sont pas seulement les leaders de demain. Nous apportons une contribution active dès aujourd’hui. Lorsque créativité et collaboration s’unissent, le gaspillage peut devenir une opportunité, et l’action locale peut se transformer en solidarité mondiale.

Transformer le gaspillage en espoir n’est pas une idée abstraite. C’est un choix, et les jeunes le font déjà.

1. Karuta Yamamoto est la responsable de l’équipe japonaise du projet « Transformer le gaspillage en espoir »


Quand la conscience rencontre la physique

par Mitch Williams

En novembre 2025, la physicienne Maria Strømme née en Norvège mais travaillant en Suède, a publié un article scientifique qui tente de concilier la conscience et la sagesse atemporelle avec la théorie scientifique occidentale moderne. Publié dans la revue scientifique AIP Advances, son article, intitulé La conscience universelle en tant que champ fondamental : un pont théorique entre physique quantique et philosophie non dualiste, tente d’établir un cadre permettant d’explorer la théorie selon laquelle la conscience, loin d’être un sous-produit des processus neuronaux biologiques, serait en fait le fondement même de la réalité.

Maria Strømme
(photo : NordForsk/Terje Heiestad, flickr)

Mme Strømme, éminente chercheuse, est réputée pour ses travaux pionniers en nanotechnologie. Elle est titulaire d’une chaire prestigieuse de nanotechnologie à l’université d’Uppsala en Suède, membre de l’Académie royale suédoise des sciences de l’ingénierie, lauréate de la Médaille d’or de la recherche, auteure de plus de 350 publications scientifiques évaluées par des pairs, et détentrice de nombreux brevets, dont beaucoup ont fait l’objet de licences accordées avec succès à des entreprises nationales et internationales spécialisées dans les biotechnologies et l’énergie. Depuis plusieurs années, elle s’intéresse également au lien entre la physique quantique et la philosophie non dualiste.

S’appuyant sur les travaux de physiciens éminents tels qu’Albert Einstein, David Bohm, Erwin Schrödinger et Werner Heisenberg, Mme Strømme  a élaboré un modèle mathématique fondé sur les trois principes que sont l’Esprit universel, la Conscience universelle et la Pensée universelle, introduits par Sydney Banks1 , qui « soulignait que ces principes sont sans forme et éternels, existant avant l’espace, le temps et la matière ». Dans ce modèle, l’Esprit est l’intelligence universelle sans forme, le fondement duquel tout le reste émerge. La Conscience est « la capacité universelle de prise de conscience. » Et la Pensée est le mécanisme qui transforme le potentiel sans forme en formes objectives.

Werner Heisenberg
(photo : American Institute of Physics, Wikimedia Commons)

Les étudiants de l’Enseignement de la Sagesse éternelle trouveront peut-être que les descriptions que fait Mme Strømme de ces trois principes leur sont étonnamment familières. L’un des principes fondamentaux de la théosophie est qu’il existe « un Principe omniprésent, éternel, illimité et immuable sur lequel toute spéculation est impossible » et qui se trouve derrière toutes les formes manifestées dans l’univers. Cela ressemble beaucoup à ce que Mme Strømme désigne par Esprit universel, qu’elle décrit comme « la source de tout potentiel, le moteur de la création, […] (et) le fondement métaphysique d’où proviennent toute différenciation et toute structure ».

Dans les écrits du Maître DK transmis par Alice Bailey, et dans d’autres œuvres, on retrouve également l’idée que toutes les formes se manifestent par le biais de l’Intelligence active (la Pensée), la Conscience faisant office de lien entre l’Esprit inconnaissable d’une part, et les formes manifestées d’autre part. Nous avons donc l’Esprit, la Conscience et la Pensée, qui se rapprochent étroitement des trois Aspects divins de la Sagesse éternelle. Ceux-ci sont souvent décrits comme « Vie, Conscience et Forme ou Volonté, Amour/Sagesse et Matière/Intelligence active. »

Mme Strømme postule en outre que la Conscience est un « champ fondamental » d’où émerge l’espace-temps (et toute la réalité connue) ; un champ qui existait avant le Big Bang. En physique quantique, on appelle cela le vide quantique : l’état fondamental sans forme contenant le potentiel de toute manifestation. Dans son modèle, la Conscience est cet état fondamental, plutôt que de résulter comme un sous-produit de l’évolution ultérieure de la matière et de la forme.

Elle propose ensuite un modèle mathématique permettant de décrire certains des processus possibles par lesquels l’Esprit universel et la Conscience universelle, sans forme, se transforment, par le biais de la Pensée universelle, en états différenciés, aboutissant à la manifestation du champ de l’espace-temps, ou de formes telles qu’une galaxie, un système solaire ou un être humain.

Elle qualifie l’un de ces processus « d’autoréflexion et d’émergence créatrice », affirmant que « l’autoréflexion représente un mécanisme unique par lequel la conscience universelle peut se différencier en prenant conscience d’elle-même. Dans cette perspective, la différenciation résulte de l’acte introspectif de l’Esprit universel observant son propre potentiel infini — une boucle de rétroaction créatrice dans laquelle la conscience elle-même donne naissance à la forme. » Cela reflète étroitement la description donnée par le Maître DK de la manière dont la Monade ou le Soi prend progressivement conscience de lui-même dans ses diverses expressions, à travers les plans successifs de manifestation et de multiples incarnations humaines.

Elle désigne un autre de ces processus par rupture de symétrie, dans lequel le potentiel symétrique, informe et non manifesté se brise en potentiels différenciés et asymétriques sous l’effet de perturbations introduites par la Pensée. Ceux-ci pourraient se manifester sous pratiquement n’importe quelle forme : un système stellaire, une espèce ou un esprit humain individuel.

Une façon d’appréhender le modèle de Mme Strømme consiste à considérer qu’en physique quantique, une particule subatomique, dans son état d’onde, existe sous la forme d’un champ de probabilité – une fonction d’onde sans localisation fixe. Ce n’est qu’au moment de l’observation qu’elle « s’effondre » en une particule, à un emplacement spécifique dans l’espace et à un moment précis dans le temps. En principe, elle pourrait apparaître pratiquement n’importe où, mais l’onde décrit la probabilité qu’elle apparaisse à un emplacement donné.

De la même manière, Mme Strømme suggère que le champ de Conscience est pur potentiel, capable de se manifester sous forme de matière, de personne ou de système solaire – offrant ainsi à cette Conscience un vecteur pour s’exprimer sous une forme particulière. La découverte majeure de son approche est que la Conscience elle-même constitue ce champ universel de potentiel d’où tout le reste émerge.

De nombreux scientifiques ont déjà établi des liens entre la conscience et la forme. En physique quantique, c’est un principe bien connu qu’il est impossible d’observer un événement quantique sans induire un effet sur lui. Par exemple, un objet subatomique tel qu’un électron ou un photon de lumière peut se manifester soit sous la forme d’une particule, occupant un emplacement spécifique dans l’espace à un moment donné, soit sous la forme d’une « onde » qui se propage dans différentes directions.

Mais il ne peut littéralement pas exister sous ces deux formes à la fois. La manière dont nous choisissons de l’observer – soit comme une particule, soit comme une onde – détermine littéralement son existence au moment de l’observation. Notre choix détermine donc sa réalité. Ce lien entre les événements subatomiques et la conscience est largement exploré en physique, tant sur le plan théorique qu’expérimental.

Une grande partie de son modèle théorique s’appuie sur des recherches antérieures en physique.   Pour établir le lien entre la conscience et la théorie quantique, Mme Strømme développe ses idées en se basant notamment sur la théorie de « l’ordre implicite » de David Bohm, qui postule que l’univers forme un tout interconnecté, notre réalité perçue agissant comme une projection holographique d’une dimension « implicite » plus profonde, qui renferme en son sein toutes choses, l’espace, le temps et la conscience.

David Bohm
(photo : Wikimedia Commons)

Elle fait appel à la notion de potentia de Werner Heisenberg, selon laquelle les particules quantiques, dans leur état ondulatoire, sont considérées comme des « possibilités objectives » plutôt que comme des réalités physiques ; ainsi, lorsque nous percevons ou observons un objet, ces ondes aux multiples valeurs potentielles « s’effondrent » en un état unique « réel » et concret.

Erwin Schrödinger en 1933
(photo : auteur inconnu, Wikimedia Commons)

Elle s’appuie également sur la conception d’Albert Einstein selon laquelle les champs, tels que les champs électromagnétiques ou gravitationnels, constituent les éléments fondamentaux de la réalité, et que la matière ou la masse est en quelque sorte secondaire par rapport à l’énergie et interchangeable avec celle-ci. Elle cite en outre la perspective d’Erwin Schrödinger selon laquelle la conscience est un tout singulier et indivisible, et que la distinction entre l’observateur et l’observé est artificielle ou illusoire.

Il est intéressant de noter que plusieurs de ces pères fondateurs de la physique moderne ont également été fortement influencés par certains aspects de la philosophie et de la Sagesse éternelle. Pendant plus de 25 ans, David Bohm et J. Krishnamurti ont entretenu de nombreux dialogues approfondis et bien documentés sur la conscience, la nature de la pensée et la réalité fondamentale de l’univers. Selon certaines sources, Albert Einstein aurait gardé un exemplaire de La Doctrine secrète de Blavatsky sur son bureau, et l’aurait même recommandé à W. Heisenberg. E. Schrödinger a été fortement influencé par les traditions philosophiques non dualistes orientales telles que l’Advaita Vedanta.

Par une fascinante coïncidence, en 2025, Dan Brown, auteur de romans à succès (Da Vinci Code par exemple), a publié son dernier ouvrage, Le Secret des secrets. Le thème principal de son récit est identique à celui de Mme Strømme, à savoir la Conscience universelle en tant que champ fondamental de la réalité. Pour son roman, D. Brown s’est documenté en grande partie à des sources telles que l’Institut des sciences noétiques, où sont explorées ces mêmes idées fondamentales selon lesquelles la conscience serait à la base de la réalité.

Mme Strømme, cependant, a peut-être été la première à proposer et à formuler un véritable modèle mathématique pour décrire comment tout cela pourrait fonctionner. Ses idées se sont néanmoins heurtées au scepticisme de sa profession.

Depuis sa publication en novembre 2025, l’article de Mme Strømme a suscité un vif intérêt sur Internet, ainsi qu’une controverse non négligeable dans les milieux scientifiques. En mai de cette année, la revue AIP Advances a publié une rétractation de son article, indiquant que certains des opérateurs centraux de son cadre mathématique, tels que , qu’elle utilise comme opérateur mathématique pour désigner la « pensée », ne reposaient pas sur des grandeurs mesurables et que, par conséquent, ce modèle ne pouvait être ni prouvé ni réfuté empiriquement.

Toute version future de ce modèle devra donc répondre aux exigences rigoureuses de « démontrabilité » mathématique et d’expérimentation afin d’inciter la communauté scientifique à l’explorer en tant que perspective valable.

Même si son modèle mathématique s’est heurté à un barrage scientifique formel, il n’en représente pas moins un nouveau paradigme pour faire progresser l’exploration scientifique moderne et combler le fossé apparent entre la science et les perspectives philosophiques non dualistes intemporelles. Il semble également correspondre à un intérêt en pleine expansion, tant dans les milieux populaires que scientifiques, pour la relation entre la conscience, la vie et la réalité physique. Bien qu’elle ait jusqu’à présent refusé de commenter spécifiquement la rétractation quant au modèle qu’elle a proposé, j’ai dans l’idée que nous n’avons pas encore entendu le dernier mot de la professeure Maria Strømme sur ce sujet.

1.  Sydney Banks était un soudeur écossais qui a vécu une expérience spirituelle transformatrice en 1973, laquelle lui a inspiré ce qu’il a appelé les Trois Principes, à savoir l’Esprit, la Conscience et la Pensée, qui sont devenus le fondement d’un mouvement mondial influent dans les domaines de la psychologie et du développement personnel.

 


Se réapproprier le droit à la vie et à la cohabitation

par Pauline Welch

Comment résister face à la cruauté et l’injustice inégalées et déshumanisantes que subissent les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie ? Comment résister lorsque le reste du monde a oublié l’ampleur de votre détresse ?

Selon Benjamin Creme, efforcez-vous d’être le meilleur possible.

Soumis à une extrême adversité et à la haine pure, vous gardez le cap. Entouré par la destruction, vous faites preuve d’ingéniosité résolue et de créativité. Vous vous opposez à l’égoïsme stupide et impitoyable en satisfaisant les besoins de ceux moins aptes que vous. Malgré la souffrance et l’obscurité vous illuminez votre monde d’un plaisir inoffensif, d’espoir et de joie. Vous manifestez l’indestructibilité de l’esprit humain face au mal.

Voici quelques exemples de la résilience et de la résistance des Palestiniens. Ceux-ci n’impliquent pas que la culture palestinienne soit parfaite. Loin de là. Comme n’importe quelle autre nation elle a ses vertus et ses défauts. Mais les Palestiniens montrent ce qui est possible, y compris face à un avilissement et une destruction presque totaux. En opposition aux efforts d’Israël pour faire régresser le monde, l’esprit de la Palestine se projette vers le meilleur de toutes les manières possibles.

 

Conserver l’espoir vivant par l’inclusion, le plaisir, la joie, la persévérance

En mai 2026, en dépit de toutes les horreurs vécues, ou probablement à cause d’elles, les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie ont organisé le 10e marathon international de Palestine, après six ans d’annulations et de reports dus au Covid-19 et à la guerre. L’évènement fut particulièrement célébré cette année à Gaza pour son caractère inclusif, avec entre 1 900 et 2 500 participants, hommes, femmes, de nombreux amputés de guerre, familles et enfants.

L’agence Associated Press a mentionné que la participation des femmes a été autorisée pour la première fois à Gaza. L’une d’elles a déclaré qu’elle voulait envoyer le message au monde entier que Gaza aime le sport et la persévérance. Une autre a déclaré : « En tant que peuple déterminé mais groupe social marginalisé, nous prouvons que nous pouvons faire du sport. Nous diffusons le message que nous sommes toujours là et que nous persistons à continuer à vivre nos vies. »

Le départ a été lancé au même moment qu’à Bethléem où environ 9 500 Palestiniens et coureurs internationaux, des ONG, des représentants de l’Union européenne et des militants ont couru, manifestant leur unité derrière leurs slogans : « Droit à la libre circulation » et « Droit à la vie et à l’espoir ». Environ 1 000 participants se sont joints à l’évènement en solidarité dans d’autres parties du monde.

 

Le marathon international de Palestine
(photo : Palestine Uncensored, avec autorisation)

A Bethléem, les 42 kilomètres de la course longeaient les murs de séparation, traversaient les camps de réfugiés et les communautés rurales, reflétant la réalité quotidienne de la vie des Palestiniens, faite de barrages routiers, de routes bloquées, d’accès restreints, et de longs délais d’attente entre des lieux très proches. La course de cinq kilomètres dans Gaza a montré ce que des personnes sous-alimentées pouvaient accomplir, tandis que les amputés ont couru deux kilomètres. Ces amputés offraient un spectacle révélateur extraordinaire, avec une immense détermination, en dépit de leurs blessures de guerre, avec uniquement des béquilles ou des fauteuils roulants, puisqu’ils n’ont pas accès aux prothèses.

Mariam, participante de la course familiale de dix kilomètres à Bethléem, raconte qu’avec l’expérience de précédentes courses, elle était cette fois partie de chez elle avec trois heures d’avance, en prévision du nombre de barrages et autres obstacles qu’elle allait devoir franchir. Mais l’atmosphère de la course fut pour elle source de joie : « Les enfants, les adultes et les familles aspiraient à de telles activités. Tout le monde était sous pression depuis si longtemps que nous avions besoin de cet espace pour respirer et ressentir à nouveau quelque chose de différent. »

 

Surmonter la peur par le service et l’adaptabilité 

En juin 2025, l’organisation caritative internationale pour le handicap Humanity and Inclusion (HI), a publié des chiffres révélant le besoin impérieux de soutien pratique et de rééducation pour les amputés de Gaza. Compte-tenu du confinement auquel Israël soumet toute la population ainsi que les restrictions sur l’approvisionnement de matériel médical, il n’y a aucune raison de penser que ces chiffres se soient améliorés depuis.

A cette date, il était reconnu que depuis octobre 2023 plus de 123 000 personnes avaient été blessées, dont 4 000 avaient perdues un ou plusieurs membres. Il manquait 6 000 prothèses, notamment pour des enfants. HI rapporte que Gaza compte le nombre le plus élevé au monde d’enfants amputés. Les membres des enfants se développant, il est essentiel que leurs prothèses soient contrôlées et entretenues par des spécialistes, alors que très peu sont disponibles.

En avril 2026, HI a déclaré qu’elle était une des seules organisations restantes à Gaza fournissant ce genre de soin. Chaque membre de l’équipe est directement affecté par le conflit, fréquemment déplacé, vivant dans des abris, et pourtant présent au travail chaque jour pour fournir un soutien vital, tout en s’inquiétant pour leurs familles.

Certains enfants ont pris les choses en main en fabriquant pour d’autres enfants des prothèses de jambes avec des tuyaux d’évacuation.

Outre les services de santé et de protection sociale, Israël a ciblé dès le début tout ce qui pouvait favoriser l’économie et l’éducation à Gaza : les établissements scolaires, les médias, l’industrie de la pêche, les centres pour la recherche et l’innovation technologique et l’entreprenariat, et bien sûr, les immeubles et les infrastructures en même temps que les moyens pour reconstruire. Pourtant, sans attendre l’aide à venir, la population elle-même en a entrepris la réhabilitation et la reconstruction d’une grande partie.

En septembre 2025, les Nations unies ont estimé que la guerre avait produit 61 millions de tonnes de gravats. A partir de ces décombres, les Palestiniens fabriquent leur propre ciment, avec un grand risque pour leur santé puisqu’ils n’ont pas d’équipements de protection. Bien que la qualité de ce ciment ne soit pas parfaite, ils l’utilisent pour des constructions de base.

Cette année, deux sœurs adolescentes de Gaza, Tala et Farah Mousa, ont gagné le Earth Prize régional (le Prix de la Terre) pour le Moyen-Orient pour leur transformation innovante des gravats en briques recyclables. Elles projettent d’utiliser les 10 700 euros de leur prix pour transmettre leur savoir sur la fabrication des briques. Tala a déclaré à la BBC : « La vue même depuis la fenêtre de notre tente est devenue notre principale motivation. Nous avons transformé le négatif en positif en refusant de voir les décombres uniquement comme des symboles de destruction et de perte. Au lieu de les voir comme une fin, nous nous sommes efforcées de les voir comme le commencement de quelque chose de nouveau. »

Avant la guerre, Gaza bénéficiait d’un secteur technologique florissant et innovant. Une source d’espoir et d’opportunité au sein d’un chômage de masse. Le groupe de défense des droits humains Euro-Med Monitor affirme que sa destruction semble avoir fait partie d’une politique intentionnelle d’Israël dès le début de la guerre. Toutes les ressources et les installations ont été anéanties ou rendues inutilisables, des centaines d’experts et de personnels essentiels ont été tués, et de nombreux étudiants talentueux ont quitté Gaza pendant qu’ils le pouvaient encore. A présent, ce secteur est également en train de renaître de ses cendres.

L’espoir, la vision et la détermination persistent.

 

 

Source : Associated Press ; sportanddev.org ; Al Jazeera ; Euro-Med Monitor ; BBC


Rapport sur la justice mondiale

Le Rapport sur la justice mondiale, qui vient d’être publié par le Laboratoire sur les inégalités mondiales (World Inequality Lab ou WIL), démontre en détail qu’un monde équitable et viable est concrètement possible – à condition que nous choisissions d’agir et de changer le cap actuel.

Le WIL est un centre de recherche mondial basé principalement à L’École d’économie de Paris (Paris School of Economics ou PSE) et à l’université de Californie à Berkeley. Il collabore avec des chercheurs en sciences sociales du monde entier afin de nous aider à mieux comprendre les causes des inégalités mondiales grâce à des recherches fondées sur des données concrètes. Ce nouveau rapport, sous-titré Un plan pour l’égalité et la prospérité dans les limites de la planète, est le fruit du travail de 45 auteurs et s’appuie sur des données compilées par plus de 200 chercheurs.

Le WIL a esquissé une alternative à l’avenir sombre envisagé par les milliardaires, les nationalistes et les techno-extractivistes d’extrême droite, ceux qui affirment que le dérèglement climatique, les inégalités et les combustibles fossiles sont inévitables. Le rapport conclut qu’il est tout à fait possible de limiter le réchauffement climatique à moins de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels – tout en doublant les revenus de 89 % de l’humanité d’ici 2100.

Sans écarter les indicateurs traditionnels que sont le PIB (produit intérieur brut), les mesures des inégalités et les données climatiques, le rapport élargit la définition de la prospérité et prône la « suffisance », en montrant que la qualité de vie prime sur l’accumulation matérielle. Parmi les mesures visant à atteindre cette suffisance figurent la réduction du temps de travail à 2,5 jours par semaine, l’encouragement à l’adoption d’un régime végétarien plus respectueux de l’environnement, et la réorientation des investissements des secteurs à forte consommation de ressources, tels que l’industrie et l’exploitation minière, vers l’éducation et la santé.

L’économiste français Thomas Piketty, directeur du WIL, explique : « Un euro supplémentaire de PIB consacré à l’éducation et à la santé a une empreinte carbone et une consommation d’énergie trois à quatre fois inférieures à celles d’un euro supplémentaire de PIB dans le secteur manufacturier. C’est pourquoi ces réorientations sectorielles sont extrêmement importantes. »

Un résumé du rapport publié dans le journal britannique The Guardian souligne que ce plan a pour objectif central de lutter contre les inégalités : « Selon ce plan, le revenu national brut moyen par habitant dans le monde atteindrait 5 000 euros par mois d’ici la fin du siècle – ce qui représenterait une augmentation pour presque tout le monde, les gains les plus importants étant enregistrés dans les pays du Sud. » T. Piketty ajoute que les inégalités et la crise climatique doivent être abordées conjointement. Outre une proposition d’impôt sur la fortune des milliardaires, un fonds mondial pour la justice est envisagé afin de financer les transitions énergétiques nécessaires pour ramener les émissions de carbone à un niveau proche de zéro.

Cornelia Mohren, coordinatrice environnementale au WIL, déclare : « Nous essayons de rendre compte du fait que le bonheur ne se mesure pas uniquement à l’aune d’indicateurs économiques. Préserver une Terre habitable n’a pas seulement un intérêt financier. On peut améliorer sa vie si l’on dispose de plus de temps à passer en famille ou dans la nature. » Constatant la situation politique actuelle, plutôt morose, elle ajoute : « Il est bon de savoir que l’on peut concilier un monde plus égalitaire avec le respect des objectifs de réduction des émissions de carbone. C’est un résultat très encourageant. Cela me donne de l’espoir. »

T. Piketty nous rappelle : « Une immense bataille culturelle, intellectuelle et politique est en cours. Et nous avons tous un rôle à jouer. […] En fin de compte, nous devrons parvenir à ce type de redistribution coopérative des ressources et du pouvoir, car toute autre solution mènera tout simplement à des conséquences désastreuses tant sur le plan environnemental et climatique que sur le plan social. Nous ne pouvons pas continuer indéfiniment comme si de rien n’était. »


Citations

Préparez votre lampe pour qu’elle montre la voie

 

L’homme est fait pour servir à la fois Dieu et l’homme, et c’est seulement de cette manière que le chemin menant à Dieu peut être parcouru.

Donnez-vous pour mission d’assumer les tâches de réorientation, de reconstruction et de changement. 

Chaque homme est un phare et diffuse sa lumière pour éclairer son frère. 

Préparez votre lampe pour qu’elle brille et montre la voie. 

Tous sont utiles, chacun d’entre eux. 

Personne n’est trop petit ni trop jeune pour prendre part à ce grand Plan de réhabilitation et de sauvetage de notre monde.

Engagez-vous résolument dans cette voie, et je puis vous assurer que je ne manquerai pas de vous dispenser mon aide.

Comment débuter ?

Commencez par vous consacrer vous-mêmes, tout ce que vous êtes et avez été, au service du monde, au service de vos frères et sœurs, où qu’ils se trouvent. Assurez-vous que pas un jour ne s’achève sans que vous n’ayez accompli un acte de service véritable, et soyez assurés que mon aide sera vôtre.

Ce sentier, celui du service, est l’unique chemin pour des hommes dignes de ce nom, car c’est le chemin qui les conduit à Dieu. 

Les miens se rassemblent autour de moi, répondant à mon appel, et ils sont en train d’accomplir plus qu’ils ne pourraient le percevoir. 

 

[Message de Maitreya n°13]

 

 

Aider cette fondation à fournir des repas fraîchement cuisinés aux personnes âgées sans domicile fixe et en situation de précarité, afin d’améliorer leurs conditions de vie et de leur garantir une alimentation équilibrée.
(photo : Hfindia5, Wikimedia Commons)

 

 

 

 

 

 

 

 


Message de Maitreya

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Brève

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Courrier des lecteurs

Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.
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Rayons

Selon le Maître DK, un rayon est « le nom donné à une certaine force ou à un certain type d’énergie, considéré sous l’angle de la qualité qui en émane ». Les rayons transmettent ainsi leurs qualités à toute la création, y compris la constitution humaine. L’âme, la personnalité, le corps mental, le corps émotionnel et le corps physique, sont tous colorés par l’un ou l’autre des sept rayons. De manière à faciliter l’étude et la compréhension des rayons, le Maître de Benjamin Creme, au fil des ans, a accepté de répondre à des questions portant sur la structure de rayons (et le niveau d’évolution) de certaines personnalités mais, par discrétion, jamais pour des personnes en vie. Pour approfondir cette étude, nous renvoyons le lecteur aux enseignements d’Alice Bailey (Lucis Trust), aux ouvrages de Benjamin Creme et aux précédents numéros de Partage international.
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Dernière de couverture

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Cahier anniversaire

Le 19 juillet 1977, Maitreya, l’Instructeur mondial, est arrivé dans la communauté asiatique de Londres − son point d’attache dans le monde moderne − et le 22 juillet il a commencé sa mission. Trente ans plus tard, nous célébrons cet événement extraordinaire à travers les pages suivantes.
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Questions-réponses de Benjamin Creme

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Questions-réponses

Réponses de Benjamin Creme

Quel est le lien entre l’antahkarana et la continuité de conscience ?

 L’existence de la continuité de conscience dépend de la création de l’antahkarana. Sans antahkarana, il ne peut y avoir continuité de conscience. La continuité de conscience existe lorsqu’il n’y a pas d’interruption de conscience entre l’éveil et le sommeil, et entre le sommeil et le retour à l’état d’éveil. Lorsqu’une personne, une entité pensante et consciente, s’endort en conservant cet état de conscience et en ramenant au plan physique ce qu’elle a vécu dans son sommeil, on parle alors de continuité de conscience.

Il en existe un aspect plus élevé, plus développé : la continuité de conscience entre une vie et la suivante ; vous mourez alors en toute conscience. Hors de votre corps, vous demeurez totalement conscient de ce que et de qui vous êtes, de ce que vous avez fait, et de votre but. Vous vous réincarnez avec la pleine conscience d’avoir déjà vécu auparavant et de ce que vous avez fait. Une telle continuité de conscience est beaucoup plus rare que celle pouvant exister entre l’éveil et le sommeil, mais sera finalement développée par la construction de l’antahkarana : ainsi n’y aura-t-il plus aucune perte de temps.

Le manque de connaissance résultant de l’absence de continuité de conscience nous fait perdre du temps. Nous sommes conscients pendant un moment, puis nous oublions. Nous nous endormons ou nous mourons, et nous perdons du temps à nous souvenir de ce dont nous étions conscients avant de nous endormir ou de mourir. Sans la continuité de conscience, nous gaspillons beaucoup de temps et d’énergie. Mais lorsqu’une telle conscience existe, le chemin est évidemment plus rapide, très rapide même et direct. Si une personne est un tant soit peu disciplinée, elle peut évoluer très rapidement en très peu de temps.

Vous avez dit que la Bouddhi est en réalité la conscience de groupe. Pouvez-vous expliquer comment la Bouddhi est la conscience de groupe, comment l’énergie de l’amour-sagesse est la conscience de groupe ?

La Bouddhi s’éveille lorsque s’ouvrent les pétales de l’amour dans le chakra coronal. L’influence de l’âme devient alors extrêmement puissante ; elle transforme la nature de la conscience et l’individu perd alors le sentiment d’être un soi séparé.

La plupart des gens pensent être une personnalité séparée, M. ou Mme Untel. Ils se croient l’image que leur renvoie leur miroir, et la prennent pour le Soi, ce qui est une erreur. Ils considèrent cette image comme une personne séparée, et ont conscience d’être cette personne.

Tous les gens sont très conscients de leur propre personne. Il suffit de regarder autour de soi pour s’en rendre compte. Chacun se perçoit comme le centre de l’univers. L’univers tourne autour de nous qui nous trouvons au centre, au point central de la vie.

Nous avons avant tout l’impression que ce qui importe le plus, c’est nous-mêmes : recevons-nous suffisamment à manger, de satisfaction sexuelle, d’admiration, de gentillesse, de respect ? Chacun veut être respecté. Nous voulons que tout le monde nous traite avec respect, amour, affection, gentillesse, admettant que nous sommes le centre de l’univers et que, de ce fait, nous avons droit à tout ce respect, cette gentillesse, cet amour.

Les autres sont ici pour satisfaire ce que nous considérons comme nos besoins. En réalité, il ne s’agit généralement pas de nos besoins, mais de nos désirs, et c’est là que réside le problème. Cela nous donne le sentiment d’être seuls, séparés et, pour ainsi dire, en compétition, en guerre contre le monde afin d’en obtenir ce que nous voulons. Le problème, avec les autres, c’est qu’ils ne reconnaissent pas cela automatiquement, qu’ils ne voient pas leur rôle d’agent dans la réalisation de nos désirs. Nous savons tous cela ; cela fait partie de l’expérience de chacun.

Vient un moment de notre évolution où l’âme nous dit, alors qu’elle frappe à la porte pour la millionième fois : « Ce n’est pas comme ça. Tu n’es pas le centre de l’univers. Tu n’existes pas en tant qu’être séparé. Moi seule, l’âme, j’existe. Je sais que je ne suis pas séparée ». Un jour, cependant, nous percevons le message de l’âme disant que tout cela n’est pas réel. Le sentiment d’être le centre de l’univers s’émousse progressivement, s’évanouit.

La vérité sous-jacente est que l’âme existe, et que l’individu n’en est qu’un simple reflet, un intermédiaire. Cette personnalité avec tous ses espoirs, ses rêves, ses désirs et ses besoins n’est qu’un rêve, une fiction, une création temporaire sur le plan physique. D’un instant à l’autre, rien n’est pareil, tout change sans cesse. Tout vieillit, ce qui est considéré comme tragique, surtout lorsque cela nous arrive personnellement. La pensée même de vieillir est débilitante pour la plupart des gens.

Ce qui se produit, c’est qu’à mesure que l’âme imprègne son véhicule et que l’individu perd un peu de son sentiment de séparativité, l’importance accordée aux choses de la vie change. Ce qui était important devient sans importance, et l’intensité du besoin qui y était associé commence à s’affaiblir. D’autres choses gagnent en importance, comme par exemple le service. Le service est impersonnel et se manifeste lorsque s’estompe l’aspect personnel.

Lorsque l’harmonie entre l’individu et l’âme s’accroît, et que celle-ci commence à se manifester à travers l’individu, un transfert se produit, du personnel à l’impersonnel, de l’astral-émotionnel au cœur. Le cœur est toujours impersonnel. Il donne l’impression d’être personnel et il est touché par les expériences subjectives, mais il est essentiellement impersonnel. Par contre, les émotions sont toujours totalement personnelles, liées aux désirs.

Ces désirs peuvent être d’un niveau mental élevé, mais ils n’en demeurent pas moins des désirs. Le changement se produit au moyen d’une prise de conscience croissante de la nature de l’âme et, par conséquent, de la nature de la vie. L’âme est le moyen par lequel la Vie se manifeste dans le monde. Elle est un agent, tout comme le corps physique avec sa structure astrale et mentale est un agent. La réalité est la Vie se déversant au moyen des différentes formes. L’âme est une de ces formes, l’homme ou la femme en incarnation.

Comme le dit Maitreya : « Seul le Soi compte. » Le Soi est la Vie. Seul le Soi compte, vous êtes ce Soi, un être immortel. Notre problème est que nous l’ignorons. Nous nous identifions avec ce qui n’est pas l’être immortel, c’est pourquoi nous souffrons. Toutes les souffrances, toute la douleur, toute la tyrannie résultent de cette erreur d’identification. Le sentier du retour est la création du pont de liaison, l’antahkarana. Maitreya dirait très simplement de pratiquer trois choses : l’honnêteté de pensée, la sincérité d’esprit et le détachement.

Lorsque vous construisez l’antahkarana, ces trois choses se manifestent automatiquement. Lorsque vous les pratiquez, vous créez automatiquement l’antahkarana. La construction de l’antahkarana racial (la race est ici l’humanité dans son ensemble) est le résultat de la prise de conscience graduelle faite par l’humanité qu’elle est l’âme, qu’elle est le Soi, et que ce Soi donne forme à l’expérience que nous appelons la vie. Mais c’est la Vie elle-même, jouant à travers toutes les formes, qui donne à la vie sa réalité, son dynamisme, son besoin de s’exprimer.

[Partage international n° 75 – novembre 1994]

 Pourquoi ne nous souvenons-nous pas de nos vies antérieures ?

Nous n’avons pas la continuité de conscience. Lorsque nous aurons la continuité de conscience, nous nous en souviendrons, mais nous n’avons même pas la continuité de conscience de l’état de sommeil à l’état de veille. Nous nous souvenons bien de quelques rêves, mais il s’agit en fait de l’activité du corps astral-émotionnel dans la phase de sommeil superficiel. Au cours du sommeil profond, nous ne rêvons pas du tout ; c’est seulement lorsque notre sommeil devient plus léger, lorsque nous en émergeons, que nous commençons à rêver, et c’est de ces rêves dont nous nous souvenons parfois.

La plupart d’entre nous n’ont pas le moindre souvenir de ce qui arrive pendant le sommeil profond. De la même manière, nous ne gardons aucun souvenir en passant de la vie à la mort et de la mort à la vie suivante. Il viendra un jour où nous mourrons en pleine conscience, sachant qui nous sommes, ce que nous sommes, pourquoi nous sommes là et ce que nous faisons, et nous reviendrons ensuite tout aussi consciemment. C’est ainsi que les choses se passent quand on avance dans le processus évolutif.

A la fin du voyage de l’évolution, les initiés du monde, qui se soumettent consciemment au processus évolutif, acquièrent finalement la continuité de conscience. Ils viennent sur Terre parce qu’ils connaissent le Plan de l’évolution. Ils viennent pour réaliser ce Plan, pas seulement par nécessité karmique – bien qu’il y ait aussi une part de nécessité karmique.

[Share International, juillet/août 1995, La Mission de Maitreya tome III page 369]

 

La technique de projection astrale ou mentale permet-elle de parvenir à la continuité de conscience ? Quelle est la différence entre la projection astrale et la projection mentale ? Présentent-elles des dangers ? Peuvent-elles contribuer à aider les autres ?

La projection astrale, en elle-même, ne mène pas à la continuité de conscience, mais elle en est parfois la conséquence, auquel cas elle est utilisée délibérément (dans un but de service sur les plans astraux). La projection mentale, en tant que telle, n’existe pas vraiment. La projection consciente, à ce niveau, relève en fait de l’activité de l’âme et présuppose l’existence de la continuité de conscience. C’est une manière très efficace de porter assistance sur les plans astraux. La projection astrale, sans l’aide et la direction d’un Maître ou d’un grand initié expérimenté, peut être très dangereuse.

(Partage international, mai 1988)

Qu’est-ce que le karma ? De quelle façon pouvons-nous modifier notre karma, afin de nous libérer en vue d’un plus grand service ? Cela peut-il se produire grâce à la méditation ou la prière, par le service seul ou bien grâce à la conjugaison des trois ?

Le karma est la loi de cause à effet, cette grande loi qui régit entièrement notre vie sur cette planète. Chaque pensée qui nous traverse l’esprit, chaque action que nous accomplissons, met en mouvement une cause. Les effets découlant de ces causes façonnent notre vie, pour le meilleur ou pour le pire. Nous sommes maîtres de notre propre processus d’évolution. Par le biais de la loi du karma, la loi de cause à effet, nous créons tout ce qui nous arrive. Tout ce que nous disons est de la chance, et tout ce que nous disons est de la malchance.

L’une des choses qui semble préoccuper l’humanité, c’est le karma lui-même. Les gens se demandent : « Oh, quel est mon karma ? Cette maladie est-elle karmique ? » Tout est karmique. Tout est l’effet d’une cause. Ces causes sont sans cesse mises en mouvement. Quand les gens disent : « J’ai cette maladie, mais pourriez-vous me dire si elle est karmique ou si je peux y faire quelque chose ? » Par « karmique », ils entendent en quelque sorte prédestiné, quelque chose qui provient d’un passé lointain, peut-être de vies antérieures ou du début de cette vie-ci. Mais cela pourrait être le résultat du karma d’hier, ou d’il y a dix minutes.

Le karma est un processus continu, car nous pensons sans cesse. Nous créons sans cesse des formes-pensées. Nous mettons sans cesse en mouvement des causes et créons ainsi des effets découlant de ces causes, pour le meilleur ou pour le pire. Si nos pensées, si nos actions sont inoffensives, alors notre karma est inoffensif. On dit : « Oh, j’ai un bon karma. J’ai beaucoup de chance. » Ce n’est pas de la chance. C’est simplement le résultat d’une action juste, d’une pensée juste.

Le problème, c’est que nous ne pouvons ni contrôler nos pensées, ni créer dans le monde des conditions où personne ne souffrirait. En tant qu’humanité, nous créons tous nos propres conditions par le karma, en laissant des millions de personnes mourir de faim alors que nous pourrions résoudre ce problème dès demain.

Personne sur cette planète ne devrait mourir de faim. Personne ne devrait avoir faim. Personne ne devrait vivre et mourir dans la misère, comme le font aujourd’hui des millions de personnes. Cela crée en permanence pour nous tous, car nous partageons la responsabilité, le karma de cette inaction. Il y a le karma de l’action. Il y a aussi le karma de l’inaction. Dans la terminologie chrétienne, ce sont les péchés d’action et les péchés d’omission.

Les péchés d’omission sont tout aussi difficiles. Il n’y a en réalité qu’un seul péché, et c’est le sentiment de séparation. Nous imaginons que nous sommes séparés, mais ce n’est pas le cas. En tant qu’âmes, la séparation n’existe pas. Il n’y a pas d’âme séparée. Cela n’existe pas. Chaque âme est un aspect individualisé d’une grande Âme Suprême qui constitue l’humanité. Lors de l’incarnation, cette âme s’incarne à travers une personnalité. Lorsque nous nous regardons les uns les autres, nous pouvons constater que nous semblons être séparés. Mais, en réalité, cette séparation n’est qu’une illusion.

En tant qu’âmes, vous savez qu’il n’y a pas de séparation. L’âme n’a pas le sentiment d’être une entité individuelle distincte. C’est une âme individualisée dans la conscience, mais sans aucun sentiment de séparation. Elle n’a qu’un sentiment d’appartenance totale au groupe. Elle ne perçoit toutes choses que comme un tout, une expérience totalement unifiée.

Sur le plan physique, lorsque nous retrouvons cette conscience de l’âme, nous disons alors : « Nous sommes animés par une âme. » Nous commençons à construire le type de personnalité capable de refléter véritablement l’âme. Or, c’est là la première étape que nous devons franchir pour créer le nouvel âge. La première étape que l’humanité doit franchir si elle veut survivre est de commencer à se percevoir comme une seule et même entité, à comprendre que nous formons littéralement une seule humanité, un seul groupe, une seule race.

Des couleurs différentes, des religions différentes, des niveaux d’évolution peut-être différents, etc., mais une seule et même race. Nous sommes tous les enfants de Dieu. Nous sommes tous frères et sœurs au sein de cette humanité unique. C’est la première étape vers la conscience de l’âme. Dès que nous aurons franchi cette étape, nous construirons les structures politiques et économiques qui en seront le reflet.

Le principe du partage va commencer à être mis en œuvre. Sans lui, nous ne pouvons pas avancer vers le nouvel âge. Nous ne pouvons pas établir de justes relations humaines. Les relations humaines justes constituent la prochaine étape de notre cheminement évolutif vers la perfection. Cela signifie qu’à tous les niveaux – politique, économique, religieux, social –, nous devons nous considérer comme un tout et mettre cela en pratique en instaurant le partage, la justice et, par conséquent, la paix dans le monde. Lorsque nous aurons créé ces conditions, les obstacles à une expression juste commenceront à disparaître.

La violence, la haine, la criminalité et la toxicomanie existent dans le monde, non pas parce que les gens sont foncièrement mauvais et antisociaux, mais parce qu’ils souffrent d’une famine spirituelle. Lorsque vous souffrez d’une famine spirituelle, vous regardez autour de vous et vous voyez les gens de la rue d’à côté vivre dans le luxe alors que vous vivez dans la pauvreté. Vous n’avez pas de travail et vous arrivez à peine à joindre les deux bouts. Vous n’avez pas assez à manger pour votre famille.

Automatiquement, vous devez recourir à la criminalité. Vous ne pouvez pas faire autrement, car vous voyez votre famille mourir de faim. Votre gouvernement s’en fiche complètement. Les gens autour de vous s’en fichent complètement, car ils sont trop riches. Quand on devient riche, on tombe dans la complaisance.

La complaisance, dit Maitreya, est « la racine de tous les maux ». C’est le grand péché. C’est un sentiment de séparation, un sentiment d’altérité qui rend complaisant. Il faut s’en débarrasser. Si nous voulons changer le monde, c’est la première chose que nous devons changer : cette complaisance et ce sentiment de séparation.

[Questions-réponses, juillet 1993]

 

Comment pouvons-nous changer notre karma ?

Nous pouvons changer notre karma en menant une vie vertueuse, en créant du bon karma. Heureusement, il y a toujours plus de bon karma que de mauvais karma. Sinon, le monde n’existerait pas. Nous aurions détruit le monde il y a bien longtemps. La vie est supportable pour la plupart des gens. Certains mènent une vie terrible, mais la grande majorité de l’humanité mène une vie supportable. Elle peut être douloureuse, et vue de l’extérieur, elle peut sembler très tronquée, très, très étroite, et ne pas avoir grand intérêt. Je pense notamment à quelqu’un de très mutilé ou dont le corps est très handicapé, etc.

Mais cette conscience, si elle fonctionne, si elle est mise en action, peut se créer un environnement dans lequel même ces handicaps ne semblent plus en être. Et des merveilles de créativité sont démontrées chaque jour par des personnes qui sont handicapées physiquement, et parfois émotionnellement et mentalement. L’esprit humain est vraiment invincible. Nous pouvons changer notre karma, et cela nous libère pour un service plus grand.

[Questions-réponses, juillet 1993]

 

Changer notre karma peut-il se faire par la prière ? 

Non. Cela peut se faire par la méditation et surtout par le service. Le service est le moyen le plus puissant de transformer son karma. En rendant service, on brûle le mauvais karma. On crée un nouvel équilibre. La balance du karma est maniée par les Seigneurs du Karma.

Il existe quatre grands Seigneurs qui en sont chargés. Ils possèdent un immense livre dans lequel tout est consigné : ce qui est bon, pas très bon, assez mauvais, horrible, et ainsi de suite. Chaque pensée, chaque action, tout ce que chacun accomplit dans le cours de sa vie n’est pas perdu. Tout cela est énergie. Tout dans le monde est énergie. Nous vivons dans un océan d’énergies. Nous faisons nous-mêmes partie de cet océan – mais nous sommes fusionnés, incarnés dans ce corps physique apparent.

Mais comme nous le savons grâce à la théorie de la relativité d’Einstein, il ne s’agit que d’une solidité relative. Elle peut être transformée à volonté si vous êtes un Maître. Lorsque vous devenez un Maître, vous pouvez vous déplacer à travers le monde par la seule force de la pensée. Vous pouvez apparaître et disparaître à volonté. Vous avez le contrôle total de l’énergie et, par conséquent, de la matérialisation de cette énergie. C’est ce que nous considérons comme le plan physique.

La méditation et surtout le service neutralisent le karma, le résolvent, et constituent donc les compléments les plus puissants au processus d’évolution. Ce sont eux qui vous propulsent vers l’avant dans l’évolution. C’est pourquoi, dès qu’un homme ou une femme montre le moindre signe de réponse à l’âme, à l’élan, au désir altruiste de servir en tant qu’âme, un champ de service s’offre alors à lui. Dans le travail de service, il se rapproche de plus en plus de son âme et manifeste de plus en plus l’élan de service de celle-ci. Dès que, par n’importe quelle forme de méditation, vous entrez en contact avec votre âme – ce qui est d’ailleurs le but de la méditation –, vous éprouvez le désir de servir. Vous ne pouvez pas faire autrement.

[Questions-réponses, juillet 1993]

Qui est Sanat Kumara ?

Sanat Kumara est le Seigneur du Monde. Comme notre Logos planétaire ne peut revêtir une forme physique dense dans le monde, il se reflète dans la matière physique éthérique, les deux plans les plus élevés parmi les quatre plans éthériques, sous la forme de Sanat Kumara, le Seigneur du Monde. C’est un être sublime, un jeune homme originaire de la planète Vénus, qui se trouve sur cette planète depuis 18 millions et demi d’années, soit depuis aussi longtemps que l’humanité, et qui a apporté, il y a 18 millions et demi d’années, l’énergie que nous appelons le mental, accompagné d’un groupe de disciples, les Kumaras, qui lui ressemblent. On les appelle les Seigneurs de la Flamme, la Flamme du Mental.

Nous sommes les Fils de l’Esprit. Cette énergie vient de Vénus, car Vénus est l’alter ego de la planète Terre. Et notre Logos utilise donc un être vénusien, Sanat Kumara, pour se refléter à travers lui sur le plan physique éthérique.

Bien plus tard, dans un avenir très, très lointain, cette manifestation aura lieu sur le plan physique dense, mais l’humanité n’est pas prête pour cela, et ne le sera pas avant très, très longtemps.

Ainsi, afin d’aider la Terre, le Seigneur du Monde, puisqu’il ne peut s’incarner physiquement, fait venir ce qu’on appelle des avatars pour le remplacer, des régents spirituels. L’un d’entre eux est Saï Baba.

[Conférence publique Le Christ est ici, questions-réponses avec Benjamin Creme, juillet 1993]

Ci-dessous le lien vers l’article d’Aart Jurriaanse  de juin 2026 sur Sanat Kumara

Le Seigneur du Monde

L’énergie est-elle le résultat de la conscience ?

Non. La conscience est un aspect de l’énergie. Tout est énergie, et ce que nous appelons la conscience est une qualité particulière de l’énergie, celle qui est incarnée par l’âme. Tout ce que vous pouvez voir, ou pourriez voir, ou imaginer voir, est de l’énergie. L’ensemble de la création est en réalité de l’énergie vibrant à différentes fréquences. Ces fréquences déterminent la forme qu’elle prend.

On ne peut pas voir la conscience, mais on peut voir les résultats de sa présence. La conscience nous vient de notre âme, et plus nous sommes imprégnés par l’âme, plus nous sommes conscients. Un Maître possède un niveau de conscience extraordinaire comparé au nôtre, car son âme s’exprime totalement à travers lui.

[Partage international, juillet/août 1996]

Il est certainement possible d’établir une distinction entre la lumière intérieure et la lumière extérieure. En tant que groupe, nous sommes inondés de lumière extérieure, particulièrement lors de week-ends comme celui-ci. Quel est réellement l’effet de la lumière de la transmission, des adombrements et des bénédictions sur notre forme extérieure et sur notre conscience ? En quoi la lumière intérieure et la lumière extérieure diffèrent-elles et quelle est leur interaction ?

Lorsque vous faites partie d’un groupe de méditation de transmission, que vous participez à des salons sur la spiritualité, que vous donnez des conférences, etc., vous dispensez la lumière de la connaissance. Vous absorbez de la lumière et vous en envoyez. La méditation de transmission, ajoutée à votre activité en relation avec ce travail, ou toute autre forme de travail spirituel, a un effet immédiat sur les chakras. Elle intensifie l’activité de l’âme et par conséquent sa lumière. Elle intensifie la lumière entrant et sortant du corps éthérique si bien que les chakras eux-mêmes sont stimulés. Tout cela réuni, particulièrement en situation de groupe, crée un état de tension spirituelle.

Chaque individu a un degré de tension spirituelle plus ou moins élevé. La valeur de son action à un moment donné, l’efficacité de son travail, sont à la mesure de cet état de tension. Plus cette tension spirituelle est élevée, plus grande est la créativité de l’individu, plus précieuse est sa valeur spirituelle pour l’ensemble du monde.

Nous devons créer une tension spirituelle. Rien ne se produit sans tension. C’est comme si vous aviez en vous un ressort spirituel et que tout ce que vous faites qui soit de nature spirituelle (y compris, bien sûr, la méditation de transmission) tendait ce ressort, comme lorsqu’on remonte une horloge. Il se tend jusqu’à un point où il ne peut plus être tendu sans se rompre. Alors il se détend et vous avez un changement, une transformation dans la conscience.

Chaque être humain subit le même processus. Avant toute expansion de conscience, il y a une période de tension spirituelle. L’activité spirituelle : les adombrements, les bénédictions, les méditations de transmission, le travail de nature spirituelle dans le monde, tout cela rehausse l’effort spirituel, tendant le ressort. Puis vient un moment où celui-ci ne peut être tendu davantage, il se détend et il se produit en vous une expansion de conscience. C’est ainsi que vous avancez. C’est la clé de tout le processus d’expansion de conscience, et donc du processus d’évolution.

Plus vous transmettez (si vous êtes alignés), plus vous agissez dans un sens spirituel, plus vous partagez les enseignements avec autrui, plus vous répandez la lumière de la connaissance, de l’âme, de la sagesse, de l’intuition – ces lumières font toutes partie de la Lumière et appartiennent à différents aspects de votre Être – tout cela tend le ressort, accroît la tension spirituelle.

Il en est de même pour les groupes. Chaque groupe utilise dans son activité une certaine proportion d’énergie de l’âme et une certaine proportion d’énergie de la personnalité. Ces proportions varient dans les différentes parties du monde. La plupart des groupes que je connais et avec lesquels je travaille utilisent une large proportion d’énergie de l’âme et une faible proportion d’énergie venant de la personnalité.

Notre groupe (je veux dire les groupes du monde entier, à l’exception d’un ou deux) fonctionne en utilisant un très haut niveau d’énergie de l’âme car ses membres sont inspirés par l’idée de la présence du Christ dans le monde. Leur âme répond à cette grande idée du retour du Christ et de la Hiérarchie des Maîtres. Cette idée exerce une action magnétique et c’est elle qui a allumé en eux la flamme que nous appelons l’âme.

C’est ainsi que se sont créés, dans le monde entier, des groupes de plus en plus nombreux qui sont en train d’atteindre, peu à peu, un stade où la lumière devient si intense, l’énergie et la tension accumulées si fortes, que la tension lâche, qu’une détente se produit. Il ne s’agit pas d’une perte d’énergie, mais d’un changement de conscience. Cela se produit avant chaque initiation. Toute initiation est le résultat de la manifestation de cette tension spirituelle. C’est elle qui rend capable de soutenir la lumière du sceptre de l’initiation.

[Partage international, juillet 1999]

Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
[Article 25A de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adopté par les Nations unies en décembre 1948]

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