Partage international no 63 – novembre 1993
Interview de Un des proches collaborateurs de Maitreya par Patricia Pitchon
Lors d’un long entretien qui s’est déroulé les 28 et 29 septembre derniers, le collaborateur de Maitreya a expliqué le point de vue de Maitreya sur la politique dans le nouvel âge, ainsi que sur les changements imminents devant se produire dans les affaires internationales.
La politique dans le nouvel âge
Les politiques de pouvoir feront place aux politiques de l’alimentation, du logement et de la protection sociale. Ce phénomène s’étendra au monde entier. Le socialisme et le capitalisme se rapprocheront. Ils sont tous deux essentiels. La politique a besoin de deux jambes.
La Grande-Bretagne
M. Major ne tiendra pas dans le climat hostile actuel ; les marécages de la politique sont trop profonds et étouffants. Il sera remplacé. Cette « prise de pouvoir » provoquera des élections. Cette fois, les conservateurs perdront. Les travaillistes ne peuvent cependant pas gagner complètement, et les libéraux ne peuvent l’emporter seuls. Les libéraux ont la cote car ils n’emprisonnent pas la nation avec des valeurs rigides. Les conservateurs ont jugulé les nantis, et les travaillistes ont muselé les déshérités.
Selon Maitreya, les plus démunis se situent au seuil de la pauvreté, et même en dessous. Il règne actuellement un climat d’affrontement. L’art de la politique consiste à unir les cultures, les croyances et modes de vie différents, et non à les détruire.
La Russie
Boris Eltsine et les forces qui lui sont hostiles devront collaborer. La politique d’affrontement devra faire place à une politique se préoccupant de l’alimentation, du logement et de la protection sociale des populations russes. Boris Eltsine ne peut gouverner par la force et par décrets. Le soutien dont il jouit chez bon nombre de militaires, est limité. Boris Eltsine a placé toute sa confiance dans l’armée, mais une loi inhérente à la création lui fera renoncer à utiliser la force. Lorsque l’armée se rendra compte de l’attitude dictatoriale de Boris Eltsine, elle commencera à lui retirer son soutien.
Finalement, la politique des représentants du peuple et du gouvernement aura pour priorités l’alimentation, le logement et la protection sociale des populations. Ce même scénario se déroulera dans d’autres pays, y compris en Occident.
Le Traité de Maastricht
Ce traité ne peut fonctionner. Les Français resteront des Français ; les Britanniques resteront des Britanniques, etc. Les nations conserveront leur individualité sacrée. Mais l’alimentation, le logement et la protection sociale devront devenir des priorités afin d’éviter le développement des germes destructeurs du nationalisme et du racisme.
Le libre-échange ne repose pas sur l’abolition des contrôles frontaliers. Abolir ceux-ci revient à favoriser le développement du commerce de la drogue. Si nous acceptons cette situation, les identités nationales en souffriront. Cette souffrance provoquera une montée du nationalisme et du racisme — les germes de la destruction.
L’obscurité procède de la destruction de l’identité. L’identité est l’espace existant entre le Soi et le Seigneur. Sans identité, la vie n’existe pas.
Les États-Unis
Tout comme les 80 régions de la Fédération de Russie cherchent à obtenir davantage d’autonomie, une préoccupation similaire est en train de se développer aux États-Unis. Les différents États désirent accentuer leur rôle dans leur propre gestion, dans les domaines de l’éducation, de la santé, du logement, des forces de police, etc. Chaque État accepte de verser son dû au gouvernement central, mais il se développe actuellement le sentiment que ce dernier prélève une quote-part trop importante, ne laissant pas assez de moyens pour la gestion locale. On assistera à un changement de politique ; le gouvernement central s’occupera de la défense et des problèmes à l’échelon national.
Le Moyen-Orient
Des pays mis au ban des nations en raison de leur caractère belliqueux, se verront progressivement mieux considérés, d’abord par les pays arabes en général, puis par l’ensemble de la communauté internationale. L’Irak n’est pas une superpuissance ; la prise de conscience des Irakiens s’accroît de jour en jour. Petit à petit, le gouvernement de ce pays permettra à la population de s’exprimer plus largement. Un phénomène semblable se produira en Iran. Même en Syrie, le gouvernement ne persistera pas sous sa forme actuelle. Malgré les nombreuses difficultés qu’ils ont connues, Israéliens et Palestiniens vivront ensemble en plus grande harmonie. On assistera également à un meilleur partage des richesses, dans cette partie du monde.
Le Japon
Au Japon, la mise au grand jour du côté sombre de la vie japonaise, c’est-à-dire l’emprise de la corruption, mettra un terme à l’ère de la course à l’argent. Même dans ce pays, la famille subit une désintégration importante, en raison des pressions résultant d’un terrible esprit de compétition et de l’âpreté de la vie quotidienne, fruits d’un monde des plus mercantiles.
Les forces du marché constituent les antithèses de la liberté et du salut.
[Note de Patricia Pitchon : Maitreya a développé ce thème au cours des dernières années. Selon lui, les forces du marché sont trop puissantes aujourd’hui ; nous sommes devenus leurs esclaves, alors que nous devrions les maîtriser. La seule manière d’y parvenir est de rétablir l’ordre des priorités, dont la première est la mise à disposition de nourriture et de logements aux millions de personnes qui vivent des situations d’extrême pauvreté. Le sentiment de sécurité ainsi créé contribuera grandement à calmer la peur des individus, ainsi que l’avidité, qui trouve ses racines dans cette peur. Lorsque les gens auront « assez », le besoin de vouloir acquérir toujours plus disparaîtra pour beaucoup. Les inégalités choquantes, qui constituent actuellement une force déstabilisante, disparaîtront.]
Serviteurs du peuple
Ceux qui sont au pouvoir doivent se considérer comme les serviteurs du peuple. Il n’y aura plus de place pour les luttes de pouvoir qui font rage à l’heure actuelle, dans une politique mondiale qui mettra l’accent sur l’alimentation, le logement et la protection sociale.
La Yougoslavie
Selon Maitreya, le pouvoir ne procure pas le bonheur. Les responsables politiques et les chefs d’État, incapables de comprendre ce qu’est la conscience, ne peuvent conduire les peuples. La « seconde nature » de l’homme, c’est-à-dire sa nature conditionnée, peut grandir en conscience grâce à l’honnêteté du mental, la sincérité de l’esprit et le détachement. Mais si l’environnement — les circonstances dans lesquelles on se trouve — est défaillant, la seconde nature ressemble à un aveugle déambulant dans les rues.
La Bosnie constitue un héritage tragique pour les responsables politiques de l’Est, de l’Ouest, ainsi que pour le Conseil de sécurité de l’ONU. Ils n’ont pas réussi à protéger les innocents ; ils ont laissé à un petit nombre de personnes scrupuleuses le soin de s’aventurer dans les endroits déchirés par la guerre, afin d’alimenter les populations et leur procurer abri et nourriture. Aux yeux de tous ces chefs d’État, ces populations sans défense ont moins de valeur que les puits de pétrole du Koweït. La politique actuelle fait montre d’une véritable hypocrisie.
Date des faits : 28 septembre 1993
Auteur : Patricia Pitchon, autrefois journaliste au quotidien colombien El Tiempo. Aujourd’hui basée à Londres, elle est journaliste indépendante. Egalement psychothérapeute, elle travaille avec les réfugiés.
Thématiques : politique
Rubrique : Le point de vue de Maitreya ()
