Partage international no 116 – avril 1998
par Aart Jurriaanse
Toutes les nations, avec leurs diverses religions, ont une chose en commun : leur croyance en un Etre suprême. Cette divinité est désignée de différentes manières, et sa vénération s’accompagne de toutes sortes de cérémonies et de rituels, sans que la majorité des gens ait la moindre conscience d’invoquer, dans tous les cas, le pouvoir de la même Entité. Lorsque tous les peuples de la Terre s’apercevront qu’ils ont un Père commun et qu’ils font tous partie d’une seule grande famille, d’une même humanité, un premier pas vers la réalisation de la fraternité humaine aura été marqué. De cette reconnaissance naîtront l’Eglise unique et la nouvelle religion mondiale, qui émergeront graduellement comme un lien permettant un rapprochement entre les hommes.
Ce grand objectif, la fusion finale de tous les peuples du monde en une seule grande Eglise universelle, est la tâche des Maîtres Koot Hoomi et Morya, assistés par le Maître Jésus.
Actuellement, le monde passe progressivement sous l’influence des énergies du septième rayon du cérémonial et de l’ordre, et c’est ainsi que le nouvel âge émergera du présent chaos. Un nouveau rythme sera graduellement imposé à la situation actuelle de désorganisation de l’humanité, et cette évolution mènera, pas à pas, à un nouvel ordre social et à de nouvelles relations humaines. Ces changements se manifestent déjà activement et s’expriment dans tous les domaines de l’activité humaine, sociale, économique, scientifique, politique et religieuse. La nouvelle Eglise mondiale s’élaborera à partir de la turbulence religieuse actuelle. Ces grands changements prendront inévitablement du temps, mais ils viendront plus tôt qu’on ne le pense généralement.
L’approche dévotionnelle de la nouvelle Eglise sera orientée mentalement, et reposera largement sur la reconnaissance scientifique de l’existence des mondes subjectifs et de certains aspects de la science du cérémonial. De nombreux membres du monde scientifique s’avéreront être des disciples et même des initiés sur le sentier de la lumière, et le scepticisme présent commencera à disparaître. Le danger viendra alors de l’approche intellectuelle qui pourrait devenir si arrogante, que les aspects dévotionnels et mystiques seraient relégués trop loin à l’arrière plan, permettant ainsi une implantation temporaire des forces noires. Il est toutefois possible de se protéger d’une telle situation, en la prévoyant.
Les concepts de la vérité évoluant sans cesse, ils ne peuvent jamais faire l’objet d’une conclusion. Comme résultat de l’éveil intellectuel et mental des deux siècles derniers, survient maintenant, de façon naturelle, une adaptation spirituelle correspondante, l’homme recherchant sans cesse de nouvelles interprétations des anciens principes spirituels. Il ne se satisfait plus de ce qu’on lui demande de croire ou de refuser. Il part à la recherche d’une nouvelle lumière et il la trouvera ; il devient conscient de son contact personnel avec son Père, et du fait que le contact est possible sans l’intermédiaire ni l’autorité d’une église, de credo dogmatiques, d’un prêtre ou de quelque rituel agréé. Lorsqu’il sera devenu conscient de sa propre âme, aucune religion imposée ne pourra, dans le futur, limiter son développement spirituel. Avec la découverte des vérités anciennes, restées jusqu’à présent relativement cachées, l’homme ordinaire peut maintenant se forger ses propres interprétations de la connaissance dont il dispose. Ainsi, il peut formuler ses propres idées quant à la nature des mondes subjectifs et de la divinité, et en arriver à ses propres conclusions quant à son attitude future et à la procédure à suivre sur le chemin de son développement spirituel.
Dans le futur, l’homme spirituellement développé sera largement guidé par ces considérations envers la religion. De tels hommes commencent maintenant à établir les premières fondations de la nouvelle religion mondiale et de l’Eglise universelle. Cette religion du nouvel âge ne sera pas basée sur des doctrines dogmatiques, mais sur quelques principes simples qui pourraient se résumer ainsi :
a) La liberté spirituelle, et par conséquent la liberté de penser, chaque homme devant travailler à son salut personnel, d’une façon qui lui est propre, guidé par la direction de sa propre âme.
b) L’amour spirituel envers son prochain, menant à une bonne volonté universelle, à la fraternité entre tous les hommes et à de justes relations humaines, et s’exprimant dans un partage désintéressé et une entraide mutuelle.
Toute religion sera alors considérée comme émanant de l’unique Source spirituelle, et cette conception réunira graduellement les hommes dans une religion mondiale unique. Une telle humanité n’impliquera pas un seul groupe homogène dans lequel toutes les races auront été physiquement, socialement et politiquement amalgamées. Au contraire, la beauté d’une telle humanité résidera dans sa diversité et ses différences de race, de couleur, de langue, de culture, et dans la multitude de ses coutumes, reliées entre elles par des principes religieux communs et une entente mutuelle.
Cette nouvelle religion mondiale n’est pas qu’une fiction ou un vague rêve, c’est une réalité qui est maintenant sur le point de prendre forme ! Il est prédit qu’aussitôt que l’homme aura enfin préparé le chemin et y sera prêt, une autre grande révélation l’attendra. La nature de cette révélation à venir reste inconnue, et l’homme peut seulement chercher à développer sa perception intuitive et vivre dans l’attente que cette nouvelle lumière lui soit révélée. Laissons le tenter de manifester l’accroissement de son identification spirituelle, et devenir conscient du « nuage des choses connaissables » qui plane perpétuellement au-dessus de l’humanité.
Un aspect évident du nouvel âge sera le fait réel et reconnu du développement de la fraternité entre les hommes. Dans le passé, tant de choses ont déjà été écrites et dites à ce sujet, et si peu à été mis en pratique. En fait, tout se passe comme si les relations mutuelles entre les pays, entre les races, s’étaient perpétuellement dégradées. D’un point de vue superficiel, il en est ainsi. Mais l’homme ne devrait pas se permettre de se laisser aussi totalement submerger et aveugler par tout le bruit, le remue-ménage et la poussière qui s’élèvent de ce combat et de cette lutte de surface. Il faut reconnaître que la situation extérieure est certainement très perturbée, et tout devrait donc être tenté pour calmer les tempéraments irritables et aider les orages à s’apaiser. Cela permettrait à un nombre croissant de personnes de voir ce qui se passe sous cette surface agitée, d’entendre ces voix calmes mais insistantes et pénétrantes qui nous invitent à être attentifs, et à ressentir intuitivement les vibrations des nouvelles énergies issues des éthers et qui s’écoulent dans toutes les sphères de la vie humaine. Le pouvoir immanent et transcendant de Dieu, l’esprit du Christ, qui a sans cesse été invoqué avec tant d’insistance par des hommes et des groupes spirituels, à travers le monde, a maintenant un effet évident. Ces énergies d’amour, de tolérance et de bonne volonté se déversent sur l’humanité, développant de jour en jour des réactions croissantes et plus permanentes.
Le courant a tourné, le changement pour un monde meilleur et plus heureux prend place actuellement, et aucune force du mal ne pourra empêcher l’avènement de ce nouveau monde. Ouvrez les yeux et vous le verrez ! Soyez attentif aux merveilleuses tonalités de bonne volonté qui pénètrent systématiquement les relations entre les hommes et les nations, privant les cruelles voix de haine de leur efficacité et de leur dominance d’antan ! Ne ressentez-vous pas intuitivement la beauté de ce qui commence à se manifester et à s’établir, ce qui, pas à pas, tend à améliorer les relations humaines et finalement réalisera le royaume de Dieu sur Terre ? Toutes ces évolutions se manifestent déjà, et il reste simplement à l’être humain à en prendre conscience, à les accepter, à les intégrer et à les exprimer dans sa propre vie afin de calmer et de réduire au silence le tumulte extérieur des querelles et des bagarres, en supprimant les tendances et les désirs égoïstes et séparatistes, et en contribuant à apporter sa part de bonne volonté sincère.
Ces visions et promesses d’une nouvelle et belle existence pour l’humanité seront inévitablement reconnues. Mais rien dans la vie, même ce qui nous est prédestiné, ne peut être acquis sans être mérité, et bien que les perspectives ci-dessus soient, en fin de compte, données à l’homme, néanmoins doit-il encore les mériter. Par conséquent, la vitesse à laquelle ce nouveau monde se réalisera et sera expérimenté dans la vie pratique, repose entièrement entre les mains de l’homme lui-même. C’est à lui de déployer le meilleur de lui-même pour réaliser les idéaux conçus par son soi intérieur, l’âme. S’il reste assis à ne rien faire, rien de constructif ne se produira et la situation peut même temporairement se dégrader, jusqu’à ce qu’il s’éveille à nouveau et qu’il refasse l’effort de se battre, d’aller de l’avant et toujours plus haut, grâce à l’inspiration d’une nouvelle force, vers le but qu’il s’est fixé. Ceci est valable pour l’individu, le groupe et l’humanité. En ce moment, chaque individu est entouré par ces énergies qui sont prêtes à le propulser en avant dans la bonne direction, à la seule condition qu’il soit lui-même ouvert et plus réceptif à elles.
Comment peut-on acquérir cette sensibilité et cette réceptivité ? En exprimant un amour et une bonne volonté pour tous, et en promouvant le bien commun pour une meilleure compétence de chacun dans les circonstances actuelles.
La façon d’exprimer ce service à notre prochain, qu’il semble insignifiant ou qu’il attire l’attention, n’est pas d’une importance capitale. La nature du service dépendra en fait de nombreux facteurs et sera déterminée par les capacités et les caractéristiques de l’individu, aussi bien que par son environnement et les circonstances. Ce qui importe cependant, c’est la motivation qui a inspiré l’action, et le fait qu’elle soit exécutée avec un cœur empli d’amour. En outre, le service est quelque chose de plus qu’une simple action de nature momentanée. Exécuter un acte de service pour ensuite se croiser les bras, en contemplant avec suffisance l’acte de sacrifice, s’avérera probablement largement inefficace. Non, la beauté d’un service constructif réside dans le fait qu’il se révélera simplement être un stimulant et donc un tremplin pour un service toujours plus efficace et soutenu et qui, en fin de compte, requerra d’utiliser tous les pouvoirs et toutes les capacités dont dispose le disciple. Ce que d’autres regarderont peut-être comme un sacrifice, deviendra pour lui comme un présent offert avec une grande joie, parce qu’il donne, partage et sert avec l’amour s’épanchant de son cœur !
Un grand nombre de personnes de diverses religions, partout à travers le monde, commencent à reconnaître que toutes les religions émanent réellement d’une grande Source spirituelle. Ils deviennent conscients que toute la haine et le combat, à travers les âges, entre les hommes, entre les groupes, entre les nations et surtout entre les religions, ont été fondés non seulement sur une vision et une compréhension limitées, mais principalement sur des acquis égoïstes tels que l’égocentrisme, la soif de pouvoir, l’envie et le désir sous toutes ses formes. Ils commencent à réaliser que nous appartenons tous à la même humanité et adorons le même Père.
Parler d’une « nouvelle religion mondiale » n’est qu’une expression relative, car fondamentalement, ce sont toujours les mêmes anciennes vérités et la même sagesse immémoriale qui sont exposées, la seule différence résidant dans la nouvelle façon de les enseigner. Certaines de ces vérités essentielles seront particulièrement à l’honneur :
a) Le fait de Dieu immanent – Durant les siècles passés, l’accent a été mis sur Dieu transcendant, le Père dans les cieux qui, de son trône quelque part dans les sphères extérieures, décide de la destinée des hommes. Aujourd’hui, il est de plus en plus admis que chaque être humain et toute forme créée sont aussi pénétrés par l’esprit immanent de Dieu.
b) Le fait de l’immortalité et de la persistance éternelle – Dans la religion à venir, l’accent sera mis sur la vie éternelle de l’âme, qui progresse de vie en vie, d’expérience en expérience, de révélation en révélation, sur le sentier de l’évolution, développant régulièrement et révélant progressivement les attributs divins qui ont été atteints.
Etroitement liés à ce principe du développement de l’âme, se trouvent bien évidemment les lois de renaissance et de cause et d’effet. Dans ces futurs enseignements, il sera particulièrement question de ces principes fondamentaux, en insistant sur l’ancien adage si facilement oublié : que l’homme récolte ce qu’il a semé.
C’est la divinité intérieure dans le cœur de chaque homme qui le pousse constamment à s’améliorer et à avoir la vague vision de ce dont il n’est probablement pas conscient en premier lieu. Au début, son effort est purement instinctif, mais au fil du temps et des existences, sa vision se clarifie et cet effort s’oriente de plus en plus consciemment vers un but toujours plus précis.
c) Le Christ et la Hiérarchie – Jusqu’à l’époque où le Christ réapparaîtra sur Terre et vivra physiquement parmi les hommes, l’accent sera mis sur le fait que bien qu’invisible et agissant à partir des sphères éthériques, le Christ vivant est néanmoins constamment et véritablement présent dans l’humanité, et que ceux qui en ont besoin peuvent, à tout moment, compter sur le soutien de son amour. On insistera également sur le fait qu’il se tient à la tête d’un groupe d’Adeptes, la Hiérarchie des Maîtres, qui ont tous accompli les épreuves de l’existence humaine sur Terre, et grâce à l’expérience ainsi gagnée à travers les âges, ont atteint leur statut actuel. De plus, on soulignera qu’une des principales fonctions de ce groupe illuminé, dirigé par le Christ, est de guider, vers une plus haute destinée, ceux qui sont physiquement en incarnation et qui sont aveuglés par le monde astral de l’illusion.
d) La fraternité de l’homme – Et alors on insistera sur le fait que tous les êtres humains sont les manifestations d’infimes fragments de l’unique Source spirituelle, qui ont pris une forme physique afin de gagner des expériences sur Terre, ces expériences étant apparemment essentielles à la réalisation finale de la perfection spirituelle. On devra donc réaliser que tous les êtres humains sont des frères intimement unis, mais dans des formes extérieures variées, chacun se trouvant à un degré différent de développement sur le difficile sentier qui s’étend devant tous. Il sera mis en évidence que la vie sur Terre pourrait s’améliorer de façon à être plus belle, plus plaisante et plus supportable pour tous, si chaque individu contribuait seulement pour une petite part à partager les agréments de la vie en faisant preuve d’une plus grande tolérance, d’une plus grande considération et du plus grand respect possible, en déployant un plus grand amour et une bonne volonté plus spontanée dans ses associations et interrelations de tous les jours.
Le monde est à présent inondé par ces nouvelles et puissantes énergies, et bien que les résultats soient toujours quelque peu obscurcis par les effets des anciennes influences bien établies, telles que le désir égoïste, la cupidité et la haine, les réactions qui résultent de ces énergies plus profondes et pénétrantes, répandant sans cesse l’amour universel et la bonne volonté, commencent nettement à se faire sentir et gagneront finalement haut la main, en dominant les relations humaines.
e) Les approches divines – Une des plus grandes vérités dont l’homme n’a pas été suffisamment conscient dans le passé, est la relation divine entre l’homme, l’humanité une et son Créateur. Dans les écritures, il est question d’un vague Dieu transcendant, mais, jusqu’à maintenant, les religions ont largement laissé l’impression d’une approche plutôt unilatérale d’êtres humains craintifs implorant les faveurs d’un Dieu sévère. Pourrait-il être seulement admis que la réalité est en fait totalement différente. Il y a seulement un Dieu d’amour, qui entretient un intérêt aimant pour ses enfants qui expérimentent la phase physique de la vie sur Terre. Lorsque sera développée une conscience plus profonde et plus générale de Dieu immanent, dont chaque individu est une partie intégrante, alors il sera également réalisé qu’il existe une attraction et une approche réciproque, du Père vers ses enfants et des enfants vers le Père. C’est pour cette raison que la future religion soulignera l’approche invocatoire de l’homme vers la divinité, et la réponse qui sera ainsi évoquée. Une plus grande attention sera donc accordée, dans le futur, à l’art ou science de l’invocation et aux pouvoirs qui seront évoqués de cette manière.
Les vastes possibilités du travail de groupe seront développées, avec l’accroissement du pouvoir généré par ces activités invocatoires concertées. Lorsque l’humanité, comme un tout, adressera sa prière unifiée à Dieu, cela mènera à la célébration de festivals sacrés mondiaux et évoquera donc inévitablement des résultats beaucoup plus puissants.
La réalisation de ces changements prendra du temps, surtout si l’on tient compte du retard causé par les erreurs commises. Mais en attendant, l’humanité a déjà fait un pas sur le sentier vers sa sainte destination. La réalisation de ce but ultime ne peut plus être empêchée par quelques puissances adverses, mais la rapidité de l’accomplissement de ces idéaux dépend de la consécration et de la persistance avec lesquelles l’homme s’appliquera lui-même à cette tâche très astreignante.
Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : religions, spiritualité
Rubrique : Esotérisme ()
