La nouvelle économie du pape François

Partage international no 411novembre 2022

Le pape François s’est exprimé lors du séminaire L’économie de François, à Assise (Italie), en septembre. Il a appelé à une économie mondiale qui exprime « une nouvelle vision de l’environnement et de la Terre ». Cet appel a été formulé devant un millier de jeunes économistes, d’entrepreneurs et d’acteurs du changement venus de plus de 100 pays pour participer à la conférence.

Cet événement de trois jours, qui s’est tenu dans la ville natale de saint François d’Assise, a été inspiré par la lettre du pape aux jeunes économistes et entrepreneurs du monde entier. Dans cette lettre, le souverain pontife expliquait le raisonnement qui sous-tend l’initiative L’économie de François et la nécessité de « conclure une alliance pour changer l’économie d’aujourd’hui et donner une âme à l’économie de demain », saint François d’Assise servant de modèle et d’inspiration.

Le rassemblement de septembre était initialement prévu pour mars 2020, mais il a été reporté en raison de la pandémie. Pendant ce temps, des réunions et des discussions mondiales pour faire avancer l’initiative ont eu lieu en ligne, avec des jeunes travaillant et étudiant avec des experts plus âgés sur des questions telles que l’agriculture et l’emploi, la finance et le développement, la paix et l’écologie.

L’économie de François est maintenant devenue un mouvement mondial de jeunes de tous horizons et dans tout domaine visant à changer les modèles économiques actuels et à construire un avenir plus inclusif, plus juste et plus durable.

 

Les jeunes au premier plan

À Assise, le pape François a rencontré un certain nombre de participants à la conférence et a entendu leurs témoignages. Parmi eux, Mateusz Ciasnocha, agriculteur polonais, qui a parlé de la Ferme de François, un réseau mondial de fermes pédagogiques pratiquant l’agriculture régénératrice, dotées de programmes d’enseignement professionnel pour lutter contre certaines des principales injustices auxquelles le pape a appelé l’humanité à s’attaquer. « Nous avons pour mission de relier deux mondes et deux mots : agriculture et justice, a déclaré M. Ciasnocha. Il y a ici une communauté qui travaille pour lutter contre ces injustices auxquelles nous sommes confrontés chaque jour. »

Nous voulons continuer à mettre nos rêves en action, a souligné M. Ciasnocha : « Soyez assurés que la Ferme de François et les agriculteurs du monde, les jeunes agriculteurs en particulier, sont disposés et prêts à continuer à soutenir activement l’engagement de L’économie de François dans les processus internationaux, ainsi qu’à renforcer les actions fraternelles lancées par la base partout dans le monde, notamment par le biais de la plateforme d’action Laudato si’ [l’encyclique environnementale du pape François de 2015]. »

 

Une économie de la vie

Le troisième jour de la conférence, le pape François s’est adressé aux jeunes présents : « Notre génération vous a laissé un riche héritage, mais nous n’avons pas su protéger la planète et nous n’assurons pas la paix. Vous êtes appelés à devenir les artisans et les bâtisseurs de notre maison commune qui tombe en ruine.

Aujourd’hui, une nouvelle économie inspirée par François d’Assise peut et doit devenir une économie d’amitié avec la Terre, et une économie de paix. Il s’agit de transformer une économie qui tue, en une économie de la vie, dans tous ses aspects.

Nous avons souvent pillé afin d’augmenter notre propre bien-être, et même pas le bien-être de tous, mais d’un petit groupe. Le moment est venu de faire preuve d’un nouveau courage en abandonnant les combustibles fossiles pour accélérer le développement de sources d’énergie à impact nul ou positif.

Beaucoup de personnes, d’entreprises et d’institutions opèrent une conversion écologique. Nous devons avancer sur cette voie et faire plus. Il ne suffit pas d’apporter des changements cosmétiques, nous devons discuter de modèles de développement. La situation est telle que nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre le prochain sommet international : la Terre brûle aujourd’hui, et c’est aujourd’hui que nous devons changer, à tous les niveaux. »

Rappelant l’amour de saint François pour les pauvres, le pape François a déclaré que L’économie de François doit « respecter, aimer et prendre soin des pauvres, de chaque personne démunie, de chaque homme fragile et vulnérable. »

Cela, a-t-il dit, signifie non seulement travailler pour les pauvres, mais aussi changer l’économie. Nous ne devons pas embrasser la pauvreté, comme l’a fait saint François, mais nous devons changer l’économie afin de combattre la misère à laquelle les gens sont confrontés.

À la fin de la conférence, les participants, dont le pape François, ont signé un pacte, promettant de travailler pour « une économie de paix et non de guerre ; une économie qui s’oppose à la prolifération des armes, en particulier les plus destructrices ; une économie qui prend soin de la création et ne la pille pas ; une économie au service de la personne, de la famille et de la vie, respectueuse de chaque femme, homme, enfant, personne âgée et surtout des plus fragiles et vulnérables. »

Le Pacte conclut : « Nous croyons en cette économie. Il ne s’agit pas d’une utopie, car nous sommes déjà en train de la construire. Et certains d’entre nous, par des matins particulièrement lumineux, ont déjà entrevu le début de la terre promise. 


Sources : francescoeconomy.org, vaticannews.va ; americamagazine.org
Thématiques : Économie
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)