Partage international no 211 – mars 2006
De nouvelles fuites portant sur les minutes d’une rencontre entre le Président Bush et le premier ministre T. Blair, en janvier 2003, révèlent que les deux leaders ont discuté de plans visant à démarrer les actions militaires contre l’Irak en Mars 2003 indépendamment du fait qu’une nouvelle résolution des Nations unies autorise l’usage de la force. Les détails ont été publiés par le Britannique Philippe Sand, défenseur des droits de l’homme, dans une nouvelle édition de son livre intitulé Un monde sans loi (Penguin Books). Bien qu’ils aient discuté de l’intérêt de bénéficier du support des Nations unies, le président Bush a fait clairement savoir à T. Blair qu’il avait déjà décidé de faire usage de la force. Il a déclaré que les Etats-Unis pèseront de tout leur poids afin d’obtenir une nouvelle résolution et il a ajouté que si cette tentative échouait, l’action militaire suivrait de toute façon. Le premier ministre affirma qu’il était solidaire avec le président et prêt à faire le nécessaire pour désarmer Saddam. Les deux responsables politiques, tenaient à prouver que l’Irak n’avait pas respecté ses obligations découlant de la Résolution 1441 des Nations unies. Ils étaient préoccupés par le fait que l’équipe des inspecteurs de l’Onu conduite par Hans Blix n’avait pas réussi à fournir la moindre preuve. D’après le livre de P. Sand, d’autres stratégies ont été dressées et le président Bush avait proposé un plan destiné à provoquer Saddam Hussein. « Les Etats-Unis envisageaient d’envoyer des avions de reconnaissance U2 aux couleurs des Nations unies au-dessus de l’Irak avec une couverture aérienne. Si Saddam avait attaqué ces avions, il aurait été pris en défaut ». Une autre alternative prévoyait qu’un transfuge pourrait faire une déclaration publique au sujet des armes de destruction massive de Saddam Hussein ; il avait également été envisagé de le faire assassiner.
Lors d’une interview à la télévision britannique, P. Sand fit part des doutes qu’il avait au sujet de la légalité des actions destinées à provoquer Saddam : « Ces tromperies qui apparaissent au grand jour soulèvent des questions fondamentales quant à leur légalité au regard des lois nationales et internationales ». Le mémo témoigne du fait que T. Blair était en accord avec tous les points soulevés lors de la réunion de janvier à Washington. A partir de cette époque et jusqu’au mois de mars, il a continué a affirmer devant le Parlement et au public britannique que l’impossible avait été fait afin d’éviter la guerre : le 25 février 2003, il à déclaré à la Chambre des Communes : « Encore à l’heure actuelle, nous offrons à Saddam Hussein la possibilité de procéder à un désarmement volontaire par l’intermédiaire des Nations unies. Je déteste ce régime et j’espère que la plupart des gens le détestent également, mais, à l’heure actuelle, il peut encore sauver son régime en se soumettant aux demandes des Nations unies. Aujourd’hui encore, nous sommes disposés à faire le nécessaire pour aboutir à un désarmement par des voies pacifiques. »
Etats-Unis
Sources : Sunday Herald, G.-B.
Thématiques : politique
Rubrique : Les mensonges dévoilés (Le 15 février 2003, à Londres, Maitreya a été filmé sous les traits d’un Antillais, lors de la marche pour la paix (voir PI, avril 2003). « Je suis fier aujourd’hui d’entendre mes frères et mes sœurs dire la vérité et dénoncer les mensonges. C’est tellement magnifique ! » a-t-il déclaré. Depuis, les mensonges sont de plus en plus dénoncés.)
