Partage international no 413 – février 2023
par Anne Marie Kvernevik et Anja Askeland
Lorsque tous les gens auront un accès adéquat à la nourriture et pourront vivre librement, en tant que membres pleinement acceptés de l’humanité, il y aura de la justice dans le monde. Lorsqu’il y aura la justice, il y aura la vraie paix, s’il y a la vraie paix dans le monde, il y aura un avenir pour le monde et pour nous tous – pour paraphraser les conseils de Maitreya sur la façon de réaliser la justice sociale.
En temps de crise, ce sont les pauvres et les groupes les plus faibles qui sont le plus durement touchés. On l’a observé lors du krach boursier qui a précédé la Seconde Guerre mondiale, lors de la crise immobilière et bancaire de 2008, lorsque la pandémie de la covid-19 était à son comble, et c’est encore le cas aujourd’hui alors que la guerre fait rage en Europe. Nos gouvernants, les politiciens, les chefs d’entreprise, les sociétés multinationales et autres, privilégient leurs besoins et leurs profits. En même temps, les plus pauvres sont négligés et se retrouvent dans des situations désespérées. Le fossé entre les riches et les pauvres, tant ici en Norvège que dans le reste du monde, se creuse et devient visible pour tous.
Nous sommes allés trop loin dans notre individualisme, nous sommes tellement concentrés sur notre propre identité que nous ne voyons pas l’unité de la vie. Cette « auto-identification » nous a conduits à créer un paradigme et des systèmes fondés sur des principes erronés : la compétition, la division, le séparatisme, l’inégalité et la guerre. Ceci est en opposition directe avec la réalité intérieure, que l’humanité est sur le point d’expérimenter, et qui est l’unité des êtres humains. La plus grande division sur Terre aujourd’hui est l’inégalité économique entre le Nord et le Sud – entre les nations industrielles et les pays émergents. Mais il existe aussi des divisions de classe et des différences dans l’accès aux ressources dans chaque pays.
Il est donc nécessaire de mettre en place un système tel que le revenu de base universel (RBU) qui puisse répartir les ressources de manière plus équitable et contribuer à un changement de paradigme. Nous avons besoin d’un changement vers la spiritualité ; vers un paradigme qui fait de la place et stimule l’unité humaine, la compassion, qui voit l’humanité de manière holistique – comme une partie de la nature. Les Enseignements de la Sagesse éternelle décrivent en profondeur comment changer notre réalité physique basée sur la séparation, l’avidité et la compétition, pour des systèmes fondés sur le partage et la justice qui contribueront au développement de tous les aspects de la conscience. Avec un tel changement, nous ferons l’expérience d’un véritable sens de la communauté et de l’égalité, et d’une perspective de la spiritualité où l’objectif central est de prendre soin à la fois des personnes et de la nature pour la croissance et le développement. Un tel changement évitera que les pauvres n’aient à supporter le plus gros fardeau en temps de crise.
Plusieurs leaders bien connus ont plaidé en faveur du RBU. Dans les années 1960, Martin Luther King, militant des droits civiques, a plaidé en sa faveur. Il a parlé de la pauvreté et de ce qui est nécessaire pour vivre une vie décente. Non seulement les besoins fondamentaux des gens devraient être satisfaits, mais chacun devrait avoir la possibilité de vivre et de participer pleinement à la société.
En 2020, le pape François a appelé à la mise en œuvre d’un RBU dans son nouveau livre intitulé Un temps pour changer (Flammarion) : « Reconnaître pour la société la valeur du travail des personnes qui ne gagnent pas d’argent est un élément essentiel de notre réflexion dans le monde post-covid. C’est pourquoi je pense qu’il est temps d’explorer des concepts tels que le RBU […] : un paiement forfaitaire inconditionnel à tous les citoyens, qui pourrait être distribué par le biais du système fiscal. Le RBU pourrait remodeler les relations sur le marché du travail, en garantissant aux gens la dignité de refuser des conditions d’emploi qui les enferment dans la pauvreté. Il donnerait aux gens la sécurité de base dont ils ont besoin, supprimerait les stigmates de l’assistanat et faciliterait la mobilité entre les emplois, comme l’exigent de plus en plus les modèles de travail basés sur la technologie. Des politiques comme le RBU peuvent également aider à libérer les gens pour qu’ils puissent combiner le fait de gagner un salaire avec celui de donner du temps à la communauté. » (https://basicincome.org/news/2020/12/pope-francis-advocates-basic-income-in-new-book/)

Une marche en faveur du revenu de base universel.
L’application de cette mesure pourrait amener plus de justice dans la société, et à ce titre, serait spirituelle.
Qu’est-ce que le RBU ? Cinq critères
Le Réseau mondial pour le revenu de base définit le revenu de base par cinq critères :
Périodique – Il est versé à intervalles réguliers (par exemple tous les mois), et non sous la forme d’une allocation unique. Il offre une certaine prévisibilité et le ménage peut planifier son budget et sa vie.
Paiement en numéraire – Il est versé dans un moyen d’échange approprié, permettant à ceux qui le reçoivent de décider de son utilisation. Il n’est donc pas versé en nature (comme de la nourriture ou des services) ni sous forme de bons dédiés à un usage spécifique.
Individuel – Il est versé sur une base individuelle – et non, par exemple, aux ménages. Ce point est important car il répartit le pouvoir au sein des ménages, ce qui est particulièrement important pour les femmes qui gagnent en indépendance et en pouvoir d’achat. Les personnes handicapées et les personnes âgées gagnent également en indépendance.
Universel – Il est versé à tous, sans condition de ressources. L’universalité garantit que tout le monde en bénéficie, et que nous reconnaissons l’égalité et le droit à la vie de chacun.
Inconditionnel – Il est versé sans obligation de travailler ou de démontrer sa volonté de travailler. Les gens ont des besoins différents, des talents différents et des opportunités différentes. Les gens savent eux-mêmes ce dont ils ont besoin. Il ne faut pas non plus collecter des données sur les habitudes de consommation ou conduire à une quelconque forme de contrôle social. Vous avez droit à un revenu de base parce que vous êtes un être humain vivant.
Il est difficile de dire quel doit être le montant du RBU et le Réseau n’en fait pas un critère, mais il devrait au moins être suffisant pour que chacun puisse mener une vie digne et participer activement à la vie de la communauté.
Le RBU est un droit de l’homme. Sa généralisation sera un acte de compassion et un cadeau de bienvenue à tous les enfants nés dans notre monde.
La Sagesse éternelle
Ces enseignements présentent une spiritualité qui s’intéresse au développement et au bien-être de l’homme, et non au lien qu’il entretient avec la religion ou le divin au sens traditionnel du terme. Fondamentalement, la Sagesse éternelle enseigne que toute vie est une, a une conscience, est divine et évolue. Les êtres humains sont des âmes en incarnation et se développent à travers des vies successives, jusqu’à ce qu’ils atteignent finalement la perfection, comme l’ont atteinte les Maîtres de Sagesse.
Benjamin Creme, qui a fondé la revue Share International (Partage international) est, à ce jour, le dernier d’une longue lignée d’auteurs, dont H.P. Blavatsky, A. Bailey, H. Roerich et A. Besant, qui ont transmis et actualisé cet enseignement. B. Creme a présenté des informations sur Maitreya et les Maîtres de Sagesse. Maitreya est notre frère aîné sur notre planète. Il a suivi le chemin du développement d’un être humain, est devenu un Maître de Sagesse, et est à la tête des Maîtres de Sagesse. Il représente l’énergie d’amour qui est envoyée sur notre planète en provenance des sources cosmiques.
L’enseignement de Maitreya porte sur l’unité, la fraternité et la compassion. La tâche de Maitreya et des Maîtres de Sagesse est, entre autres, de nous inciter à distribuer équitablement les ressources du monde et à prendre soin de la nature. De cette façon, nous pouvons créer une société planétaire « où personne ne manque de rien » pour vivre une vie épanouie, et nous pouvons apprendre à vivre dans de justes relations les uns avec les autres. Nous pouvons tous prendre part à ce processus de changement et contribuer à un changement de paradigme indispensable pour la justice et la paix sur Terre.
L’énorme énergie d’amour de Maitreya contribue grandement au processus de changement et donne de l’espoir. Il se préoccupe des grands problèmes de notre époque et propose les priorités suivantes pour le monde : un accès approprié à la nourriture pour tous, un logement pour tous, un accès aux soins de santé pour tous, une éducation pour tous et le rétablissement d’un équilibre écologique dans le monde. La répartition équitable des ressources mondiales est à la base de toute possibilité de paix sur notre planète. Les priorités de Maitreya sont en parfaite adéquation avec les objectifs des Droits de l’homme et les Objectifs de développement durable des Nations unies.
Qu’entend-on par spiritualité ?
Les groupes religieux se sont appropriés le terme « spirituel », mais l’homme est un être spirituel à part entière, indépendamment de son appartenance à une religion. Le thème de la spiritualité est abordé ici dans la perspective des enseignements de la Sagesse éternelle. Dans ce contexte, le mot spirituel est défini comme suit : « Toute activité qui fait avancer l’homme vers une forme de développement – physique, émotionnel, intuitif, social –, s’il y a progrès par rapport à l’état actuel, est fondamentalement de nature spirituelle. » (Le Maître Djwal Khul, par Alice Bailey, Education dans le nouvel âge, Lucis Trust, 1987)
Nous avons tous la possibilité d’opérer un changement dans notre conscience et d’inclure tous les aspects de notre vie dans cette définition du « spirituel ». L’énergie d’amour de Maitreya nous inspire à faire des choix importants en faveur de l’unité et de la justice, nous aidant à opérer ce changement, à la fois en interne et en externe. Maitreya est là pour tout le monde, religieux ou non religieux.
Toutes nos structures devraient être basées sur l’unité intérieure de l’humanité et refléter cette réalité. Toutes les âmes sont une seule entité. Nous devons créer des systèmes politiques, économiques et sociaux qui permettent à cette spiritualité de s’exprimer sur le plan physique. Maitreya nous assure que le chemin vers une vie spirituelle est suffisamment large et varié pour inclure toutes les personnes, religieuses ou non. Un revenu de base universel inconditionnel peut y contribuer.
Pour plus d’information : https://basicincome.org/ ; La Mission de Maitreya, tome III
Auteur : Anne Marie Kvernevik et Anja Askeland, collaboratrices de Share International basées en Norvège.
Thématiques : Société
Rubrique : De nos correspondants ()
