La dégradation environnementale et les droits des femmes

Partage international no 445septembre 2025

Lors d’une récente audition du gouvernement à la chambre des députés, les alliés de l’ancien président Jair Bolsonaro se sont adressés à la ministre du climat et de l’environnement du Brésil, Marina Silva, l’accusant d’entraver le développement du pays, déclarant qu’elle ne méritait pas le respect, et qu’elle devrait « rester à sa place ».

M. Silva, environnementaliste amazonienne depuis toujours, qui a aidé à diminuer drastiquement la déforestation, a quitté la réunion après des attaques verbales supplémentaires du puissant groupe rural (soutien des intérêts de l’agro-industrie), connu pour encourager les politiques favorisant la déforestation et les conflits de territoire avec les populations vivant dans la forêt tropicale.

Pour le grandissant mouvement des femmes pour le climat, cet échange est un exemple du lien entre l’extraction agressive des ressources et les attaques contre les femmes. L’écoféminisme, théorie apparue dans les années 1970, affirme que la conquête de la nature et le contrôle des femmes découlent des mêmes valeurs.

Partout dans le monde, et plus particulièrement dans les populations à faibles revenus, les femmes et les filles sont plus durement frappées par les entreprises extractives, le changement climatique et la pollution. Ces impacts vont des répercussions négatives sur la grossesse, à la possibilité d’être déplacé et au risque accru de violence de genre.

En juin 2025, dans un contexte mondial d’une dégradation du droit des femmes et de la protection environnementale, l’organisation américaine militante Women’s Earth and Climate Action Network (WECAN, réseau d’action des femmes pour la Terre et le climat), a tenu sa septième « assemblée des femmes pour la justice climatique ». Plus de 125 femmes leaders de 50 pays, comprenant des scientifiques, des législatrices, des dirigeantes autochtones, et des représentantes d’associations locales ont participé à ce sommet en ligne.

Le réseau WECAN a pour objectif de recueillir les idées de l’assemblée et de les transformer en un appel à l’action destiné aux gouvernements, aux institutions financières, et aux agences internationales dans la période précédant la réunion de la COP30 pour le changement climatique mondial, qui aura lieu au Brésil en novembre prochain.

Osprey Orielle Lake, fondatrice et directrice de WECAN a déclaré : « Il ne s’agit pas seulement d’une crise environnementale. C’est une crise de la justice et une crise sociétale. La manière dont nous y répondons et qui est placé au centre de cette réponse importent profondément. »

Brésil
Sources : insideclimatenews.org
Thématiques : femmes
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)