La Birmanie et les droits de l’homme

Partage international no 141mai 2000

A l’occasion du 50e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, les autorités militaires birmanes ont affirmé que cette Déclaration était basée sur des principes occidentaux ne s’adaptant pas à la réalité orientale.

Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix et leader de la Ligue nationale pour la démocratie en Birmanie, s’est fermement opposée à cette affirmation en déclarant : « Ceux qui ne sont pas favorables aux droits de l’homme déclarent que les dispositions contenues dans la Déclaration des droits de l’homme de l’ONU ne sont pas adaptées au mode de vie asiatique, et qu’elles ne peuvent s’appliquer qu’à la mentalité occidentale. Mais il ne s’agit là que du point de vue de ceux qui ne croient pas aux droits de l’homme. »

Compte tenu de la situation actuelle, où deux millions de Birmans sont contraints de travailler pour l’Etat, Aung San Suu Kyi rappelle que « si l’article affirmant que personne ne doit être réduit en esclavage ne s’appliquait pas à l’Asie, mais uniquement à l’Occident, ce serait certainement une grande insulte pour nous, Asiatiques. Quand les êtres humains sont traités comme du bétail, sont revendus et achetés, quelle que soit leur origine, ce n’est jamais bon ».

Le leader pro-démocratique birman a également souligné le fait que ceux-là mêmes qui se plaignent des droits de l’homme s’habillent à l’occidentale. « Il n’est pas inconvenant de s’habiller à l’occidentale, mais rappelez-vous de notre premier ministre U Un, du temps de l’AFPFL (ligue de libération anti-fasciste, au pouvoir depuis l’indépendance en 1947 jusqu’au coup d’Etat de 1962). Bien que vêtu à la birmane, il n’avait jamais mis en question la validité universelle des droits de l’homme. C’est lorsque ces droits ne sont pas respectés que les peuples se soulèvent. Nous l’avons fait en 1988 ; les Indonésiens l’ont fait en 1998. »

Dans ses propos, Aung San Suu Kyi a souligné que la Déclaration des droits de l’homme a été écrite pour que la paix règne sur la Terre. « Et il n’y a rien dans ces droits qui ne soit pas acceptable en Asie, rien qui ne soit en contradiction avec nos croyances religieuses, rien qui ne s’oppose à notre foi bouddhiste. »

Birmanie
Sources : Bya Ma-Pangea, Espagne
Thématiques : politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)