Partage international no 190 – juin 2004
Des Israéliens se sont associés à leurs voisins palestiniens pour contester l’emplacement du Mur de séparation prévu par le gouvernement israélien.
Ce mur menace de séparer le village de Beit Surik, au nord-ouest de Jérusalem, des terres que ses habitants cultivent depuis des générations, et dont dépend leur survie. Une telle situation se retrouve dans de nombreux villages palestiniens tout au long du mur, mais ce qui fait l’originalité du cas de Beit Surik c’est le soutien que les villageois reçoivent de leurs voisins israéliens.
Quatre cents Israéliens ont signé une pétition appelant, « au nom des bonnes relations de voisinage qui ont prévalu entre nous et le village voisin de Beit Surik depuis une génération », à une relocalisation du mur de façon à ce qu’il ne sépare plus les villageois de leurs terres.
Trente Israéliens de la communauté voisine de Mevassaret Zion ont ajouté leurs noms à ceux des Palestiniens qui ont engagé une action auprès de la Haute Cour de justice, le 17 mars 2004.
L’un des signataires de Mevassaret, Shay Shohami, a déclaré : « C’est une question d’humanité ; ce sont des êtres humains, comme nous […]. Si leurs vies risquent d’être réduites à néant nous devons faire quelque chose. On ne peut pas rester assis et accepter une telle atrocité de la part de notre gouvernement. »
S. Shohami, qui fut responsable de l’administration de l’aviation civile israélienne, est un des fondateurs de Peace Now (La paix maintenant). Il affirme que les résidents israéliens qui contestent l’emplacement du mur ont des opinions politiques très variées, beaucoup déclarent que le mur n’apportera pas la sécurité escomptée. Bien que la plupart soient en faveur d’un mur, ils veulent que celui-ci soit déplacé beaucoup plus près de la Ligne verte de 1967, ce qui permettrait aux Palestiniens d’avoir accès librement à leurs oliveraies, leurs vergers et leurs sources.
Ortel Halag, 26 ans, qui a signé la pétition, est un supporter d’Ariel Sharon mais il ne croit pas qu’enfermer les Palestiniens conduira à la paix. Pour elle et ses amis, ces conditions de vie « ne sont pas normales. C’est de la folie ».
Suggérant que, sans accès à l’agriculture et à l’eau, les villageois pourraient recourir au terrorisme, S. Shohami déclare : « Là où règne la justice, règne la sécurité. Si la situation est injuste, nous ne vivrons pas en sécurité. »
Les villageois de Beit Surik ont accueilli chaleureusement l’appui de leurs voisins israéliens, avec lesquels ils ont toujours entretenu de bonnes relations. « Ceci montre le fossé qui existe entre les Israéliens et leur gouvernement, a déclaré Mohammed Bedwan, porte-parole du comité des résidents. Ici, ce sont des gens qui connaissent leurs voisins. »
Palestine
Sources : The Independent, Grande-Bretagne
Thématiques : peuples et traditions, politique
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
