Partage international no 219 – novembre 2006
Dans son dernier communiqué de presse, Oxfam fait le lien entre l’escalade des dépenses militaires dans le monde, l’augmentation du nombre des conflits, et les niveaux record de famine et de misère. Cette organisation humanitaire britannique prévient également qu’avant la fin de 2006 les dépenses militaires mondiales auront rattrapé celles de la Guerre froide, pour atteindre un montant estimé de 1 059 milliards de dollars. Oxfam presse donc les gouvernements « d’interdire les ventes d’armes qui entretiennent la misère, les conflits et les atteintes aux droits de l’homme, en exigeant un traité sur les ventes d’armes ».
Les Nations unies ont commencé à travailler sur ce traité lors de son Assemblée générale d’octobre 2006.
Selon Oxfam, les conflits sont devenus la principale cause de famine dans le monde, tandis que les dépenses militaires ne cessent de croître. Son communiqué de presse cite l’Afrique, l’Afghanistan et Gaza. En Afrique, 61 % des pays affectés par des famines sont en proie à des guerres civiles. Depuis très longtemps, en Afghanistan, 2,5 millions de personnes souffrent de la faim, alors que le conflit armé empêche les secours de se déployer. Depuis des mois, à Gaza, le conflit bloque, près des points de contrôle frontaliers, des centaines de conteneurs de nourriture envoyés par les Nations unies. Cela signifie que les Palestiniens manquent de façon chronique de denrées essentielles – et parfois même de pain.
« D’année en année, on assiste à une escalade des dépenses militaires ; d’année en année, les conflits causent davantage de faim et de souffrances. Les ventes d’armes ne créent pas les conflits, mais, de toute évidence, elles les amplifient et les prolongent. Il est grand temps que le monde enraye le flot continu d’armes qui se déversent de façon incontrôlée dans les zones de conflit. Le monde doit s’accorder pour élaborer un Traité sur les ventes d’Armes », déclare Bernice Romero, directeur de campagne d’Oxfam International.
L’augmentation des budgets militaires a entraîné l’augmentation de presque 60 % du chiffre d’affaires des 100 principaux fabricants d’armes : leurs ventes sont passées de 157 milliards de dollars en 2000 à 268 milliards en 2004. Et, selon le FAO (Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), les conflits armés sont devenus en 2005 la principale cause des pénuries de nourriture. Auparavant, entre 1992 et 2003, les conflits et les problèmes économiques avaient causé environ 35 % des pénuries – et 15 % de 1986 à 1991.
« En Afghanistan, poursuit B. Romero, 2,5 millions de personnes ne disposent jamais d’assez de nourriture en hiver. Et comme ils ont souffert six fois de la sécheresse sur les sept dernières années, ils n’ont aucune réserve pour tenir. De plus, à cause de la guerre, les secours ne peuvent parvenir à destination.
Ainsi, ajoute-t-il, non contents de causer des souffrances et des destructions immédiates, les conflits provoquent les dommages à long terme. Le ministère du Développement international du Royaume Uni estime qu’après un conflit armé, il faut en moyenne vingt ans pour que l’économie d’un pays retrouve son niveau antérieur. En Afrique, 15 milliards de dollars sont perdus chaque année du fait des guerres, sur un continent qui, même sans cela, aurait désespérément besoin d’une aide au développement accrue. Et une partie de l’aide que l’Afrique reçoit est utilisée pour faire face aux conséquences humanitaires des guerres. Il faut donc à tout prix arrêter ce flot d’armes qui se déversent sur les zones de conflit des pays pauvres. »
Sources : Oxfam, Royaume Uni
Thématiques : politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
