Partage international no 253 – septembre 2009
Selon l’organisation britannique Action-Aid, qui a réagi au dernier rapport de la FAO sur la faim dans le monde, l’inaction du G8 contribue à la spirale de la famine dans le monde. Les nouveaux chiffres montrent que l’accroissement du nombre de personnes qui souffrent de faim chronique est supérieur à la population combinée de l’Italie et du Canada.
Si les dirigeants du G8 ne mettent pas davantage d’argent sur la table, la situation pourrait s’aggraver au cours des six prochains mois, en ajoutant l’équivalent de la population de la Grande-Bretagne, de la Grèce, de la Belgique, du Portugal et de l’Irlande au nombre d’affamés.
« C’est une honte pour le G8, cela représente des millions de décès d’enfants, ainsi qu’une importante réduction de la productivité à mesure que les gens deviennent trop faibles pour gagner leur vie, a déclaré Otive Igbuzor, responsable des campagnes à ActionAid. Avec 100 millions de personnes de plus poussées vers la faim depuis 2008, le G8 doit veiller à établir le financement d’un plan alimentaire mondial. Les dirigeants du G8 doivent faire face aux effets de la crise financière et agir maintenant afin d’empêcher que davantage de personnes ne soient atteintes par la famine. Cela signifie l’instauration d’urgence de mesures de protection sociale pour les personnes souffrant de la faim et des investissements massifs dans l’agriculture de proximité pour améliorer la sécurité alimentaire. »
Jusqu’à présent, le G8 n’a versé qu’une petite partie des dix milliards de dollars promis en 2008 pour lutter contre la crise alimentaire ; de plus, la plupart des fonds ont été fournis dans le cadre de programmes à court terme plutôt que dans celui des investissements à long terme nécessaires pour relancer l’agriculture.
Les petits agriculteurs sont parmi ceux qui souffrent le plus, en raison notamment des agrocarburants, du changement climatique et des saisies de terres. Beaucoup sont également touchés par la hausse continue des prix des denrées alimentaires de base dans les pays en développement, même si les prix alimentaires mondiaux ont chuté depuis leurs sommets de 2008.
Ban Van Tuan, 28 ans, de la province de Hoa Binh au Vietnam, cultive du maïs et du riz sur un petit lopin de terre, mais sa production est trop faible pour nourrir son épouse, ses deux filles et lui-même ; de plus, il ne peut pas se permettre d’acheter des aliments de base au marché local. B. Tuan et sa famille récoltent des herbes pour gagner un peu d’argent. Il craint que ses filles ne soient forcées d’abandonner l’école car il ne peut pas se permettre de couvrir leurs frais de nourriture : « Nous avons appris à vivre sans viande, huile et autres articles nécessaires. Ma famille croit qu’elle ne peut jamais sortir de la pauvreté », a-t-il confié.
Sources : Communiqué de presse d’ActionAid, G.-B.
Thématiques : politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
