Partage international no 425 – février 2024
par Pauline Welch
Maitreya nous dit : « Si vous faites un pas vers moi, j’en ferai deux vers vous. Je vous prêterai ma force. Je suis toujours avec vous. » Benjamin Creme a souvent répété que nous pouvons concevoir Maitreya comme l’âme de l’humanité, le meilleur de ce que nous pouvons être. Ainsi, lorsque nous tendons vers ce que nous pouvons être de mieux – notre propre humanité – sans même le savoir, nous tendons vers lui et il peut répondre sans contrevenir à la loi sacrée du libre arbitre humain.
Cela suggère également que nos forces personnelles et collectives augmentent de façon exponentielle lorsque nous demandons en masse que les valeurs de Maitreya soient défendues et mises en pratique ; des valeurs de justice, de paix et de justes relations les uns avec les autres et avec notre précieuse planète en danger.
De nombreux exemples de la présence de Maitreya et de ses apparitions lors de manifestations ont été rapportés dans Partage international au fil des ans, confirmés par le Maître de Benjamin Creme, soutenant l’idée que Maitreya joue un rôle actif, nous aidant à acquérir un sens solide de la direction et du pouvoir du peuple. Chaque action appelant à la justice et à la paix compte, mais certaines sont comme des panneaux indicateurs le long du chemin.
Le nombre de manifestants est primordial
La marche et le rassemblement de 2003 à Londres contre la guerre en Irak, auxquels ont participé près de deux millions de personnes, en sont peut-être l’exemple le plus remarquable. Un grand sentiment d’unité, de paix et d’espoir y a régné pendant de nombreuses heures, marqué par des acclamations enthousiastes qui ont parcouru la foule. Les photos d’un homme acclamant bruyamment les discours et appelant à « dénoncer les mensonges » ont été confirmées par le Maître de Benjamin Creme comme étant celles de Maitreya. Le sentiment d’unité était tel que les manifestants en parlaient encore des années plus tard. Un article du Guardian de 2016 cite l’un d’entre eux comme ayant affirmé en substance : « Ce fut, sans aucun doute, l’un des jours les plus extraordinaires de ma vie. Un sentiment d’unité avec l’humanité qui n’a jamais été égalé depuis. »
Cependant, les manifestants ont commis une grave erreur. Pensant que le travail était terminé, nous sommes tous rentrés chez nous et y sommes restés, laissant le premier ministre Tony Blair continuer à soutenir les États-Unis dans leur guerre contre l’Irak, malgré les mensonges évidents.
Mais ce n’était qu’une manifestation parmi d’autres dans le cadre d’une mobilisation mondiale contre la guerre à l’époque – un mouvement de masse salué comme le début du pouvoir populaire moderne ; un mouvement qui a d’ailleurs fait réfléchir les gouvernements lorsqu’ils ont été à deux doigts de déclencher la troisième guerre mondiale en Syrie, en 2013.
La persévérance et la constance sont récompensées
En revanche, des milliers de personnes réclamant la justice et la démocratie ont tenu bon sur la place Tahrir, au Caire, en 2011, alors qu’elles étaient violemment réprimées, voire tuées. Dans le monde entier, les spectateurs n’ont pas compris pourquoi elles n’ont pas riposté, mais elles étaient pleines d’amour et de joie et animées d’un sentiment commun de fraternité, quelle que soit leur religion. Dans son article intitulé « La voix du peuple se fait entendre », le Maître de B. Creme décrit Maitreya travaillant parmi les manifestants sous différentes apparences, les réconfortant et « les bénissant pour leur ardeur et leur retenue ». Il ajouta : « Baignés des énergies et de l’amour de Maitreya, ils vivaient une nouvelle naissance. » Leur campagne s’est étendue à toute l’Égypte par le biais de nombreuses formes de désobéissance civile et de grèves, et le président Moubarak a démissionné, marquant ainsi une étape importante vers la démocratie.

Maitreya nous enseigne également
Une autre grande manifestation a eu lieu dans le centre de Londres, le 26 mars 2011. On dit qu’il s’agit du plus grand rassemblement organisé par des syndicats à Londres depuis la Seconde Guerre mondiale. Baptisée March for the Alternative (Marche pour le changement), elle s’opposait en fait aux réductions draconiennes des dépenses dans les services publics prévues par le gouvernement et bénéficiait d’un soutien dans tout le pays. Alors pourquoi n’a-t-elle pas été couronnée de succès ?
Lorsque mon mari et moi sommes arrivés sur place, nous nous sommes sentis mal à l’aise. Il y avait tant de groupes différents, chacun proclamant ses propres priorités. Une rencontre avec Maitreya l’a parfaitement illustré.
Peu après notre arrivée, un homme attira soudain notre attention à plusieurs centaines de mètres devant nous. Ses vêtements n’étaient pas débraillés, mais une jambe de son pantalon était trop courte. Mais ce qui nous a vraiment interpellés, c’est qu’il semblait être assis sur un grand chariot à provisions à roulettes qui ne semblait pas adapté à un tel usage. Il en allait de même pour le deuxième chariot qu’il avait pris quelque part. Celui-ci était surmonté d’un mannequin grandeur nature, entièrement vêtu, dont la coiffure ressemblait étrangement à celle du premier ministre britannique Tony Blair !
En même temps, il brandissait une grande pancarte sur laquelle étaient griffonnés de nombreux messages ! Nous n’avions aucune idée de ce qui y figurait.
L’homme se mit en marche avec la foule, tirant les deux chariots, brandissant toujours sa pancarte, tout en luttant avec le mannequin qui menaçait de tomber. Nous avons trouvé hilarant qu’il le remette furieusement en place en le tirant par le cou ! Il se mit dans une colère noire. Il n’arrivait pas à faire en sorte que tout aille dans le même sens au même moment. Il n’arrivait à rien.
Au moment où nous avons décidé de voir ce que disait l’affiche et s’il s’agissait vraiment d’un sosie de T. Blair, la foule s’est refermée devant nous et nous l’avons perdu de vue. Malgré notre empressement et la foule qui s’était de nouveau éclaircie, il avait disparu, alors qu’il n’y avait nulle part où aller.
Personne d’autre ne semblait prêter attention à cette pantomime, ce qui est souvent le cas lorsqu’il s’agit des apparitions de Maitreya.
La division dissipe l’énergie
Au cours des semaines suivantes, il est devenu évident que le gouvernement adoptait une attitude consistant à « diviser pour mieux régner », en concluant des accords avec chaque groupe séparément, en commençant par les grands services publics : les pompiers, les syndicats d’enseignants, les syndicats du service national de santé (NHS). Cela a fonctionné. Les syndicats ont remporté quelques « victoires », mais uniquement s’ils n’entravaient pas les changements structurels. Les choses se sont calmées et les personnes dont les voix étaient moins fortes ont commencé à souffrir davantage et à mourir.
Le Maître de B. Creme n’a pas expliqué le but de l’étonnante démonstration de Maitreya lors de ce rassemblement particulier. Pour nous, il s’agissait de l’importance de l’unité, de ne pas se laisser distraire, diviser ou monter les uns contre les autres par nos bagages, de s’assurer que nous allions tous dans la même direction !
Un message simplifié
Le 15 avril 2005, mon mari, un autre membre de notre groupe de méditation et moi-même avons rejoint la manifestation Wake up to Trade Justice (demandez la justice économique) à Londres pour une nuit de veille. Cela faisait partie de la campagne mondiale Make Poverty History (Abolir la pauvreté), largement soutenue par le pays, et coïncidait avec la présidence britannique du sommet du G8. Nous avions donc décidé que c’était le moment de faire une grande déclaration sur le message central de Maitreya – la nécessité de partager les ressources mondiales en fonction des besoins et non de l’avidité, si nous voulons sauver notre planète. Nous voulions que cette déclaration soit très visible et nous avons donc décidé de « faire les choses en grand » ! Littéralement. A cette fin, nous avons passé tout un après-midi à préparer notre toute première bannière. Après de longues discussions, nous nous sommes mis d’accord sur le slogan « Le partage sauvera le monde ». Nous l’avons donc peint en grosses lettres sur un drap de lit, sans nous rendre compte que ce n’était pas très pratique.
Dès que nous avons déployé notre immense bannière au point de rassemblement, nous avons rapidement succombé à l’embarras. Non seulement elle se distinguait par sa taille et sa bizarrerie, mais son message défiait involontairement tous les autres qui, pour la plupart, formulaient des demandes telles que « Make Poverty History » (abolir la pauvreté) ou « Make Trade Fair » (pour le commerce équitable).
Le nôtre disait : « Toute vie est en danger. Voici la réponse. » Nous nous sommes sentis mal à l’aise et avons poliment essayé de nous « permettre » mutuellement d’avoir l’honneur de porter cette énorme chose : « Cela m’est égal de ne pas la porter. » « Tu peux le faire. » « Non, non, je t’en prie, je peux attendre. » « Il y a un peu de vent, je ne pourrai peut-être pas la tenir longtemps. »
Les gens lisaient notre bannière, se tournaient vers leurs amis et discutaient pour savoir si le partage allait vraiment sauver le monde – comme nous l’espérions – mais leur ton était plus perplexe et dédaigneux que favorable. Les commentaires commençaient par un pédant « Pas nécessairement ». D’une certaine manière, cela nous a rendus plus déterminés, et nous avons rejoint la foule qui se dirigeait vers Parliament Square (Place du Parlement). Mais les manifestants étaient trop nombreux et nous avons dû nous tenir sur le bord de la route, bloqués par des barrières. Quelque chose nous a poussés à aller de l’avant pour que notre bannière soit visible par la circulation du vendredi soir, mécontente de notre présence.
Soudain, la circulation a ralenti et est devenue beaucoup plus silencieuse. Tout était plus calme, étrangement. Nous entendîmes une voix venant d’un peu plus loin. Une voix qui ne se moquait pas de nous. Bientôt, nous avons vu qu’elle provenait d’un homme penché à la fenêtre du passager avant d’une voiture qui s’approchait. Il lisait les slogans à haute voix, mais lorsqu’il est arrivé au nôtre, il l’a lu lentement et plus calmement pour lui-même, comme s’il y réfléchissait : « Le partage sauvera le monde. »
Soudain, il a crié un « OUI !!! OUI ! » et s’est animé. Il s’est penché beaucoup plus loin, a écarté les bras et les a agités en criant avec enthousiasme : « Le partage sauvera le monde ! » Il l’a répété plusieurs fois à haute voix alors que sa voiture continuait à rouler, en insistant fortement sur le mot « sauvera ».
Notre humeur a changé. Nous nous sommes sentis plus forts, confiants dans la puissance de notre message et du slogan que nous avions choisi. Nous voulions maintenant porter la bannière ! Et nous avons pris plaisir à le faire.
Pour nous, c’était très significatif. Nous étions sûrs que l’homme dans la voiture était Maitreya ; qu’il avait soutenu notre effort (notre pas vers lui), nous donnant la force et le courage qui nous manquaient (ses pas vers nous). Nous n’avons pas été traités différemment par les autres manifestants après le passage de cet homme, mais nous nous sommes sentis différents. Et cela a vraiment compté.
Le résultat de la campagne Abolir la pauvreté a été salué comme une avancée pour de nombreuses personnes en situation de pauvreté, même si, une fois encore, les événements montrent qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Mais pour nous, le rassemblement de ce soir-là a eu un autre résultat significatif.
En faisant ce que notre petit groupe a fait, nous avons préparé le terrain pour que la voix de Maitreya et son message clé sur le partage soient vus et entendus. Il a pleinement profité de l’occasion, amplifiant le message au-delà de tout ce que nous aurions pu faire nous-mêmes.
Mais c’est maintenant le combat des combats qui nous attend
Pour parler franchement : les inégalités, les guerres et le changement climatique font payer un lourd tribut et notre système planétaire est sur le point de s’effondrer, nous entraînant avec lui et provoquant de nombreuses souffrances. Nous ne pouvons pas permettre que cela arrive.
La situation n’a jamais été aussi urgente. Nous pouvons nous faire entendre de bien des façons, mais les manifestations massives, pacifiques, tenaces et courageuses sont sans doute les plus puissantes. Elles sont certainement les plus visibles et les plus difficiles à ignorer ou à rejeter pour les autorités et ceux qui sont encore enclins à la passivité.
C’est un combat que nous devons gagner parce qu’il s’agit d’un combat pour ce que nous sommes et ce que nous pouvons être lorsque nous donnons le meilleur de nous-mêmes. Et nous le gagnerons parce que chaque action que nous entreprenons va dans la bonne direction, là où se trouve la vérité, là où se trouve notre humanité, là aussi où se trouve Maitreya.
Auteur : Pauline Welch, collaboratrice de Share International basée au Royaume-Uni. En tant qu’auteure, elle s’intéresse principalement aux tendances environnementales et politiques.
Sources : Les Lois de la vie ; fightclimatechange.earth ; Share International : The Guardian
Thématiques : Société
Rubrique : De nos correspondants, Divers (, )
