Eau potable : des solutions innovantes

Partage international no 225mai 2007

Chaque minute, quinze personnes décèdent suite au manque d’eau potable. A l’heure actuelle, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et, d’après les Nations unies, ce nombre sera porté à trois milliards en 2025. Les Objectifs de développement du millénaire ont pour but de réduire ce nombre de moitié mais peu de choses ont été entreprises sur le plan politique pour atteindre ce but.

Des initiatives au niveau local, en Afrique, Asie et Amérique du Sud sont en cours pour traiter cette question. Dans le petit village de Panjkosi en Inde, un filtre à eau solaire est testé avec succès depuis un an. Il comporte un réservoir connecté à un panneau solaire avec deux filtres qui éliminent les particules en suspension. Une lampe à ultraviolet élimine les bactéries, virus et autres germes. Développée par la société néerlandaise Nedap, la technique a été évaluée par l’université turque de Marmara qui l’a jugée efficace à 99 %. Chaque jour, 3 000 litres d’eau potable sont donc produits pour subvenir aux besoins d’un village de 500 habitants. Cette solution a déjà été appliquée avec succès dans d’autres pays tels que l’Afghanistan, l’Indonésie, le Mozambique, le Ghana et le Sénégal.

D’après l’OMS, au Bangladesh, près de 30 millions de personnes sont directement menacées par l’arsenic présent en concentration importante dans l’eau souterraine. Des chercheurs de l’OMS ont conçu un filtre spécial qui élimine l’arsenic et l’ont testé dans plusieurs villages. Le filtre fonctionne sans électricité ni aucun carburant, il utilise un matériau brut composé de sable et de dioxyde de fer. De cette manière, 100 litres d’eau sont purifiés chaque jour. Des équipements à plus haute capacité sont en cours d’essai en Grèce et Hongrie. Le professeur Branislav Petrusevski, qui a mis au point le processus, explique qu’il existe plusieurs techniques permettant de réduire le taux d’arsenic dans l’eau mais qu’elles sont en général sophistiquées et coûteuses, tandis que son invention est adaptée aux pays en voie de développement et ne fait pas appel à des techniciens qualifiés pour la maintenance.

En Ethiopie, le Life-straw (paille de vie), un tube de 30 cm de long, permet aux adultes et aux enfants de purifier l’eau en l’aspirant à travers le tube. Des filtres textiles retiennent les impuretés tandis qu’une résine imprégnée d’iode antiseptique combinée avec des charbons actifs purifie l’eau des bactéries responsables de la dysenterie, de la typhoïde et du choléra. De nombreuses autres expériences sont en cours mais la difficulté majeure réside dans le manque de volonté politique et de coordination ainsi que dans la faiblesse des financements. « De nombreuses solutions ont été développées pour rencontrer les Objectifs du millénaire, explique Vestergaard Frandsen, président de la société qui a inventé le Life-straw, mais, celles-ci nécessitent de longues et coûteuses études scientifiques ». Souvent, les prototypes mis au point ne bénéficient pas du financement adéquat pour passer à l’échelle d’une production industrielle. Au Mali, le maire de Bamako, la capitale, veut installer 200 purificateurs à eau solaires conçus par Nedap, mais il a besoin du soutien financier des ONG. Le besoin d’une collaboration entre secteurs public et privé est constamment débattu dans les institutions internationales, les ONG et les gouvernements explique Jean Fabre, directeur régional européen du Programme des Nations unies pour le développement. « Les nations les plus riches ne consacrent pas plus de 0,5 pour cent de leur PNB pour résoudre les problèmes de l’eau. Il faut trouver une solution basée sur la coopération entre secteurs public et privé. »


Sources : Le Monde, France
Thématiques : politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)