Partage international no 85 – septembre 1995
D’après le docteur Dimitri Koutsenov, biochimiste russe, la datation au caarbone 14, selon laquelle le suaire de Turin n’aurait pas plus de 700 ans, serait fausse. Il affirme que le suaire aurait au moins 1 800 ans, et sans doute davantage. Un de ses collègues américains ajoute que d’autres éléments indiquent que le suaire pourrait remonter à l’époque du Christ, y compris les similitudes existant avec des icônes religieuses datant de la même période.
Il y a trois ans, le physicien américain John Jackson, de l’Air Force Weapons Laboratory, a créé une association dans le Colorado, le Turin Shroud Centre (Centre pour le suaire de Turin), qui s’est donné pour mission de percer les mystères du suaire. Il soutient les études menées à Moscou par le docteur Dimitri Koutsenov et croit à sa théorie selon laquelle la datation au carbone 14 pratiquée en 1988 est erronée, car les tests n’ont pas tenu compte des effets sur le suaire d’un incendie qui s’est produit il y a plus de 500 ans. « D. Koutsenov a démontré que le feu extrait du carbone de l’air ambiant et le colle chimiquement aux fibres, a-t-il expliqué. Ce carbone étant plus récent que le tissu, si vous ne tenez pas compte de ce facteur, vous obtenez une date trop récente. »
Le Dr Jackson ajoute qu’il existe d’autres éléments contredisant la théorie d’un suaire récent, notamment certaines données historiques et l’analyse des échantillons prélevés en 1978, lorsque J. Jackson et 29 autres experts ont examiné le suaire pour la première fois à Turin.
« L’ impression sur le suaire montre que l’homme enveloppé semble être un crucifié de l’époque romaine, avec des blessures et des marques de fouet dans le dos », affirme-t-il, concluant que l’impression avait 2 000 ans.
Rebecca Jackson, l’épouse du Dr Jackson, spécialiste de l’ethnologie juive depuis 30 ans, explique pour sa part que le suaire est composé de lin contenant des traces de coton, mais qu’il ne comporte pas de laine, conformément à la loi juive en vigueur à l’époque du Christ. En outre, selon le système juif, le suaire mesure exactement 2 coudées sur 8 coudées (1,09 m par 4,34 m).
Aux théories qui avancent que l’image aurait été peinte au Moyen-Age, le Dr Jackson répond : « Le faussaire aurait dû être un expert des subtilités culturelles juives », ce qui semble improbable de la part d’un européen de l’époque. De plus, le suaire contenait une prédominance de pollens provenant du Moyen-Orient : « Comment ces pollens venant du Moyen-Orient ont-il pu s’incruster dans le suaire, s’il s’agit d’un faux exécuté en Europe ? »
Le Dr Jackson met également en parallèle l’image du suaire et les icônes provenant de l’Eglise orthodoxe orientale : « De nombreux éléments sont communs ; depuis la couronne d’épines jusqu’à la blessure sur le côté, en passant par toutes les marques de sang mentionnées dans les Ecritures, ni plus, ni moins. Rassemblez toutes ces informations et, à mon sens, si cette étoffe date réellement du premier siècle et provient du Moyen Orient, elle devrait bien être le suaire ayant servi à envelopper le corps de Jésus. »
Sources : AP
Thématiques : Sciences et santé, signes et miracles
Rubrique : Divers ()
