Partage international no 214 – juin 2006
Avril 2006 a vu se poursuivre les protestations contre la réforme de l’immigration à l’étude aux Etats-Unis, et le 1er mai – jour de la Fête du Travail – plus d’un million d’immigrés ont participé au « Jour sans immigrés ». Protestant contre un projet de loi visant à criminaliser les immigrés clandestins, des centaines de milliers de travailleurs se sont mis en grève et ont refusé de faire des courses ou d’aller à l’école, afin de montrer l’impact des immigrés sur l’économie du pays et sur la vie quotidienne. De nombreuses entreprises comme Tyson, plus grand producteur de viande au monde, ont dû fermer en raison de la grève des immigrés travaillant dans l’agriculture, la construction et les loisirs.
Les plus grandes manifestations ont eu lieu à Chicago et à Los Angeles, avec des rassemblements de 400 000 personnes, tandis que des milliers d’autres ont défilé dans plus de 50 villes américaines. La plupart des manifestants portaient du blanc, couleur choisie par les organisateurs comme symbole de solidarité, et nombreux étaient ceux qui portaient des drapeaux américains pour illustrer, selon le Sénat approbateur de l’Etat de Californie, « la formidable contribution quotidienne des immigrants dans notre société et notre économie ».
Nombre de petites entreprises ont fermé en signe d’approbation et l’absentéisme scolaire à Los Angeles a atteint plus de 30 %, quelques écoles décidant même de fermer pour la journée. Les manifestants scandaient en espagnol : « Si se puede ! » (Oui, on peut le faire !) Les immigrés affirment que sans eux l’économie des Etats-Unis s’effondrerait et nombreux sont ceux qui voient ces communautés comme ayant une réelle voix politique dans le pays, avec comme cri de ralliement : « Aujourd’hui nous protestons et demain nous votons. »
A 12 h 16, à New York, des manifestants ont formé une chaîne humaine en référence au 16 décembre 2005 – date à laquelle le projet de loi controversé est passé au Congrès. A Mexico, lieu de naissance de nombreux immigrés, des milliers de personnes sont descendues dans les rues afin de soutenir leurs compatriotes de l’autre côté de la frontière.
Des manifestations ont également eu lieu dans le monde entier et des millions de personnes ont marqué la Fête du Travail par des défilés organisés par les syndicats et les mouvements altermondialistes et environnementalistes. En dépit de quelques affrontements et arrestations, la majorité des manifestants ont défilé pacifiquement.
A Dhaka, capitale du Bangladesh, des milliers de travailleurs sont descendus dans les rues pour exiger des droits tels que la sécurité, un salaire minimum et l’égalité de salaire à travail égal.
A Djakarta, des Indonésiens ont marché vers le palais présidentiel pour protester contre des projets de révision de la loi du travail de 2003.
Au Zimbabwe, la police anti-émeute a interrompu une manifestation de syndicalistes, tandis qu’au Pakistan des manifestants pro-démocratie étaient arrêtés alors qu’ils bravaient une interdiction de réunion publique imposée par le régime militaire.
A Séoul, capitale de la Corée du Sud, des milliers de personnes ont défilé pour protester contre les réformes économiques à l’origine de licenciements. En un mouvement sans précédent, environ 500 syndicalistes sud-coréens ont rejoint un défilé de travailleurs de la Corée du Nord.
En Iran, des travailleurs se sont rassemblé pour réclamer des emplois, tandis qu’à Ramallah, des travailleurs palestiniens ont exigé leur salaire au gouvernement dirigé par le Hamas, anéanti financièrement suite au retrait de l’aide européenne. Des manifestations ont également eu lieu dans des villes d’Australie comme Brisbane, où les manifestants scandaient : « Le monde appartient au peuple. Les rues appartiennent au peuple. »
Plus d’un million de personnes ont manifesté à travers l’Europe. A Londres, des milliers de syndicalistes ont défilé à Trafalgar Square demandant « justice sur le lieu de travail » – une loi qui permettrait des syndicats plus forts et la fin de l’exploitation des travailleurs étrangers.
En Allemagne, les syndicats ont protesté contre l’impact de la mondialisation sur le pays et ont exhorté le gouvernement à introduire un salaire minimum.
La Bosnie a également vu de grands défilés de chômeurs (qui représentent environ 40 % de la population) descendre la rue principale de la capitale Sarajevo, réclamant de nouvelles élections et la démission du gouvernement.
Au Bélarus, scène de plusieurs manifestations pro démocratie ces derniers mois, environ 2 000 personnes se sont réunies dans la capitale Minsk pour protester contre l’incarcération du chef de l’opposition, Alexander Milinkevich.
Cinquante manifestations se sont tenues en Espagne, d’autres en Italie, en Autriche, en France et en Turquie.
Mais les plus grandes manifestations eurent lieu en Russie, où l’on a estimé à 1,5 million le nombre de personnes dans les rues. Moscou a vu les plus grandes manifestations avec environ 25 000 personnes descendant la rue Tverskaya et écoutant des discours de dirigeants syndicalistes.
Sources : The Guardian, Grande-Bretagne
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
