Des guérisseurs relatent leurs expériences de Maitreya

Le Kazakhstan accueille un congrès spirituel international

Partage international no 53février 1993

par Bettina Fricke

Du 18 au 21 octobre, j’ai assisté, en tant que membre de la délégation allemande, au premier congrès international pour l’entente spirituelle qui s’est déroulé à Alma-Ata, capitale de la république du Kazakhstan en Asie centrale. J’y ai rencontré trois personnes qui m’ont confirmé avoir rencontré un homme ressemblant tout à fait à celui photographié à Nairobi. Il est apparu devant eux, puis a disparu, de manière similaire à celle décrite par les autres personnes ayant eu les mêmes expériences.

Le premier congrès pour l’entente spirituelle était organisé par l’association internationale PTC (Peace through culture), fondée par Valentin Siderov, président de la société Nicolas Rœrich de Moscou, avec la collaboration des membres du Pen-Club russe, de la société théosophique de Madras, de la fondation Krishnamurti et d’autres groupes. Le mouvement PTC avait trouvé ses premiers appuis auprès de hautes personnalités dont Mikhaïl Gorbatchev alors qu’il était encore au pouvoir, sa femme Raïssa, le Dalaï Lama, l’ex-président indien Zail, le président Nazarbayev, Arkadij Wolsky, et d’autres figures politiques et culturelles marquantes de la Russie.

En mai 1992, Valentin Siderov avait lancé un appel urgent en vue d’organiser un congrès avant la fin de l’année, afin de débattre à l’échelle internationale de la nécessité d’intégrer des principes spirituels dans les actions politiques. En raison de la situation politique instable à Moscou, le congrès eut finalement lieu à Alma-Ata. Cette ville, située au nord de l’Himalaya, à 300 km seulement de la frontière chinoise, est réputée pour être un centre culturel interreligieux important. En fait, plus de 120 groupes ethniques de cultures et de religions différentes vivent ensemble, pacifiquement, au Kazakhstan, parmi lesquels se trouvent des chrétiens orthodoxes, des juifs, des musulmans et des bouddhistes.

Le congrès réunit environ 2 500 participants, dont 600 représentants de 300 pays différents. Toutes les religions du monde étaient représentées, de même que les membres de la mission Rama Krishna, l’université mondiale Brahma Kumaris, les disciples de Zoroastre, les groupes Agni Yoga, les Kalmuks et bien d’autres.

Une conférence sur Maitreya

Une des premières conférences fut donnée par Valentin Siderov, président de PTC, qui présenta une brève vue d’ensemble de la crise éthique et économique mondiale. Il lança un appel pour une seconde révolution, la révolution de l’esprit, et rappela à la Russie sa mission spirituelle pour le monde, dans les temps à venir. Dans les vieux livres de la sagesse orthodoxe, cette période est appelée le « siècle de l’Esprit Saint » ou le « grand consolateur ». Dans la tradition russe, l’Esprit Saint a la même signification que dans les enseignements bouddhistes : c’est le « Seigneur Maitreya ».

Cependant, selon Valentin Siderov, le Seigneur Maitreya ne reviendrait pas sur le plan physique ni dans un corps physique, mais il se manifesterait dans le cœur de tous les hommes. Cette nouvelle ouverture entre l’humanité et le cosmos serait suivie d’une grande assistance cosmique pour notre planète.

Au cours de l’ouverture de la conférence, un jeune homme en robe blanche attira mon attention car, de loin, il ressemblait comme un frère à l’apparence de Maitreya à Nairobi. Il était entouré en permanence par un groupe de kazakhs qui semblaient le vénérer. J’essayai également de me rapprocher de lui, peut-être parce que j’espérais qu’il s’agissait de Maitreya. Plus tard, j’appris que cet homme était un jeune et éminent guérisseur : le saint lama Sary Aulie.

Je me sentis vraiment misérable en réalisant soudain combien il était ridicule de continuer à arpenter les lieux en espérant trouver un homme en robe blanche qui aurait pu être Maitreya. Aussi, après cette conférence sur Maitreya, je décidai de rester calme, centrée, attendant ce qui allait se passer.

Lorsque je quittai le hall, je vis, devant l’immeuble, des congressistes superbement costumés, se préparant pour une photo de groupe. Ils me prièrent de me joindre à eux. Bien que nous ne puissions communiquer en raison de la différence des langues, nous nous amusâmes beaucoup. L’un d’eux me donna sa carte et j’appris ainsi que ce groupe faisait partie de l’association des guérisseurs kazakhs. Pendant tout cet épisode, je me suis sentie tout à fait détendue et sereine.

Plus tard, lorsque je regagnai ma chambre d’hôtel, j’y trouvai une des jeunes femmes de la photo de groupe. Nicolaï, son interprète russe, l’avait fait venir pour soigner une de mes amies, qui partageait ma chambre. Cette jeune femme se nommait Aigul. Nicolaï me dit qu’elle était guérisseuse et était devenue récemment très célèbre car elle avait prédit le grand tremblement de terre d’Arménie trois semaines à l’avance. Elle donna à mon amie des informations précises au sujet de sa maladie et à propos d’événements de son passé.

L’expérience d’Aigul

Je la rencontrai à nouveau le lendemain, et eus subitement l’idée de lui montrer la photo de Maitreya prise à Nairobi, que j’avais toujours sur moi. « Qui est cet homme ? » lui demandai-je. Alors qu’elle regardait la photo, quelque chose changea dans son expression. Puis elle me déclara que cet homme lui était apparu le 16 août 1991 vers cinq heures du matin. Elle était dans sa chambre avec son mari. Ce n’était pas un rêve, elle était tout à fait éveillée, quand l’homme apparut soudain devant elle. L’énergie qui émanait de lui était si intense qu’elle ne pouvait plus bouger. Aigul me déclara que l’homme était la réplique exacte de celui de Nairobi, en dehors de sa barbe qui était blanche et un peu plus longue. Il lui avait annoncé qu’elle aurait dorénavant le don de guérir. D’abord, elle n’avait pas compris, mais plus tard, étant sortie, elle avait ressentie une « prodigieuse énergie ». Elle pouvait même arrêter les voitures dans la rue. « Tout d’abord, je ne sus pas comment manipuler cette énorme quantité d’énergie », m’avoua-t-elle. A partir de ce moment, sa vie changea totalement. Jusque là, elle n’était qu’une simple femme au foyer élevant ses six enfants. Et soudain, elle pouvait établir des diagnostics médicaux dont elle ignorait tout auparavant. Elle pu prédire le passé et l’avenir d’une personne. Sa vision de la vie changea. Un jour qu’elle regardait la télévision, le visage de l’homme apparut subitement sur l’écran, puis une date s’inscrivit en dessous et elle vit des maisons en ruines. C’était le tremblement de terre d’Arménie, exactement trois semaines avant la date prévue. « C’est Mahomet que j’ai vu et qui est venu à moi », me déclara-t-elle.

Il me semble important de mentionner que c’était la première fois qu’elle parlait de cela à quelqu’un, outre son mari. « Vous savez, je suis d’un petit village où tout le monde se connaît. Je n’ai pas osé leur dire ce que j’ai vu. »

Elle était passablement bouleversée. J’essayai de lui donner plus d’informations sur Share International,mais elle ne connaissait que l’alphabet cyrillique. Aussi lui dis-je tout ce que je savais sur Maitreya, que chacun le reconnaîtrait à sa propre façon : les chrétiens comme le Christ, les musulmans comme l’Imam Mahdi, les bouddhistes en tant que Maitreya. Cela prit quelques minutes, puis elle comprit. « Votre ami Ben a raison, déclara-t-elle, dites-le lui. » Nous décidâmes de voir M. Kozhalymov, le président de son association, que nous trouvâmes devant le hall du congrès. A mon grand étonnement, je l’avais déjà rencontré la veille pendant la photo de groupe. Nous échangeâmes nos cartes. Lorsqu’Aigul lui montra la photo de Nairobi, il la toucha avec les doigts et ferma les yeux. Il sembla se souvenir de quelque chose. Puis il déclara qu’il avait souvent vu cet homme avant de s’endormir. « Un très saint homme », dit-il, mais il ne voulut pas en dire davantage.

Dans la soirée, nous rencontrâmes d’autres amis d’Aigul. Nous leur montrâmes les photos de Nairobi et les croix de lumière. Malheureusement, ils ne pouvaient pas lire le texte. Toutefois, Aigul promit de m’envoyer une lettre avec la description exacte de son expérience.

Le même soir, quelques-uns des membres de notre groupe prirent part à une cérémonie de guérison de Sary Aulie, l’homme habillé de blanc, et ils furent très impressionnés. Manifestement, c’était un grand guérisseur. Cependant, il semblait difficile à approcher. Alors que j’entrais dans le hall du congrès, il se trouva soudain face à moi. Je m’arrangeai pour sortir rapidement la photo de Nairobi de mon sac. Il n’y avait pas d’interprète en vue et je ne pus formuler ma question. Sary Aulie s’arrêta en voyant la photo. Il lui fallu un certain temps pour trouver une personne susceptible de traduire le kazakh en anglais. De toute évidence, il voulait instamment m’expliquer quelque chose. « Je connais cet homme » déclara-t-il finalement. « C’est mon ancêtre. Il peut apparaître et disparaître. Il est mon instructeur. Il vient souvent à moi et je sais où le trouver. » Il voulut garder la photo et me donna rendez-vous à trois heures de l’après-midi, pour une « cérémonie de guérison très spéciale ». Il semblait accorder une grande importance à notre rencontre.

Malheureusement, la salle où nous devions nous retrouver était déjà préparée pour le concert de la soirée. Quelqu’un m’annonça que Sary Aulie et son groupe devaient quitter la ville le soir même pour le Turkestan, « la Mecque » de la région. J’essayai de découvrir ce que cela signifiait pour moi car je n’avais ni numéro de téléphone, ni adresse.

Cependant, un peu plus tard, une dame de notre groupe qui vivait dans la même région que Sary Aulie, me donna son adresse. C’était une scientifique s’intéressant aux méthodes de guérisons des différentes cultures. Elle me dit qu’elle avait été invitée par Sary Aulie l’année suivante. Je lui montrai les croix de lumière et elle me déclara qu’il y avait un endroit entre Moscou et Saint-Pétersbourg où apparaissent, dans le ciel, toutes sortes de formes géométriques ainsi que des croix. Elle ajouta que pendant plusieurs mois, un groupe de scientifiques russes avait essayé de donner une explication à ces phénomènes se produisant dans le ciel.

Meher Master Moss

Le dernier jour, la partie officielle du congrès venant juste de se terminer, les gens erraient de-ci de-là, discutant de la résolution finale qui, selon l’opinion de beaucoup, n’était pas suffisamment énergique.

Mon attention fut attirée par un de ces groupes, au centre duquel se tenait une indienne, visiblement en train d’accorder une interview à des journalistes de télévision. Je la reconnue, c’était Meher Master Moss du groupe des disciples de Zoroastre de Bombay. C’était la seule femme du comité officiel de la conférence, et je savais qu’elle avait autrefois travaillé pour les Nations unies. J’écoutai sa déclaration : « Tous les récents événements politiques et les décisions qui ont contribué à promouvoir la paix sont le résultat de l’influence du Prince de la paix. Il n’a jamais quitté ce monde et il nous a promis de revenir dans un corps physique, à la fin de ce siècle ».

« Ce retour serait-il déjà en train de se produire ? » demandai-je. « Absolument! » s’exclama-t-elle.

A nouveau, je montrai la photo de Nairobi : elle la regarda un instant puis elle m’embrassa et me bénit. Elle me demanda de venir la voir à son hôtel, dans la soirée. Je m’y rendis à sept heures. Elle n’avait pas beaucoup de temps à m’accorder car elle avait encore plusieurs réunions officielles, mais elle fut très heureuse de me voir et elle me fit entrer dans sa chambre. Là, elle me déclara qu’elle avait vu cet homme à une conférence (je ne saurais dire à quel endroit, car elle parlait très vite et j’éprouvais de grandes difficultés à saisir tous ses mots). « La seule différence, dit-elle, est que l’homme que j’ai vu était très grand avec des pommettes saillantes et un regard très lumineux. Il avait beaucoup d’humour. » Cela me rappela l’expérience de Patricia Pitchon, lorsqu’elle vit Maitreya.

Puis nous discutâmes brièvement du point de vue de Siderov, selon lequel Maitreya ne réapparaîtrait pas dans un corps physique et ne pourrait être expérimenté que par nos sens intérieurs, lesquels se développeront à l’avenir en chacun de nous, selon de processus de l’évolution. Elle me confirma à nouveau que l’homme qu’elle avait vu était apparu, durant la conférence à laquelle elle assistait, dans un corps physique qu’il pouvait faire apparaître et disparaître.

Plus tard, j’eus une conversation avec Siderov. Je lui décrivis l’expérience de ces personnes avec Maitreya et je lui demandai de formuler sa propre opinion. Il écouta poliment, mais resta sur sa position. Il conserva cette même attitude surannée qui avait dominé la partie officielle du congrès du début jusqu’à la fin, et qui n’avait pas permis de formuler de nouvelles questions, ni de suggérer d’autres réponses, face aux événements actuels.

Malgré tout, le fait qu’une réunion spirituelle comme celle-ci ait eu lieu dans cette partie du monde, opprimée pendant de nombreuses années par les anciennes structures du communisme, fut un signe d’espoir pour tous les participants, venus de toutes les régions de l’ex-URSS. Ce fut leur enthousiasme et leur créativité qui firent de ces journées à Alma-Ata ce qu’elles furent pour chacun de nous : l’occasion d’expérimenter de nouveaux modes de communication et la tolérance entre nous tous.

La veille du départ, dans un hôtel de Moscou, j’eus une conversation avec un membre de la délégation suisse, Freddy Bolak, du mouvement soufi. Le premier jour, j’avais tenté de lui parler de Maitreya, mais il avait paru très sceptique. Aussi, je pris le temps de lui relater mes conversations avec Aigul, Sary Aulie et Mme Meher Moss. Il écouta avec intérêt. Puis il me donna l’adresse d’un cheikh turc : « Cet homme, hautement évolué, vit à Chypre, à la frontière de la zone turque. Il a déclaré, l’an dernier, que l’Imam Madhi était dans le monde et se déclarerait bientôt. Seuls quelques événements doivent encore survenir avant que les hommes ne le reconnaissent. »

Kazakstan Auteur : Bettina Fricke,
Thématiques : religions, spiritualité
Rubrique : Divers ()