Consommation de pétrole et économie mondiale

Partage international no 211mars 2006

« Un effondrement boursier est inévitable » [Maitreya, PI, décembre 1988]

Dans son livre Half Gone, Jeremy Leggett, ancien consultant dans le domaine du pétrole et conseiller de Greenpeace, prévient que la demande mondiale de pétrole et de gaz va bientôt dépasser les capacités de production et qu’un faux sentiment de sécurité a été donné au public par des propos rassurants de gouvernements selon lesquels, malgré les preuves du contraire, les réserves pétrolières seraient plus importantes qu’elles ne le sont en réalité. « Un spectre hante l’Europe – celui d’une crise énergétique aiguë pouvant engendrer un changement de civilisation », écrit-il, remarquant que la récente interruption russe dans la fourniture de gaz montre à quel point les économies mondiales sont dépendantes d’approvisionnements croissants de pétrole et de gaz.

«  Nous avons laissé le pétrole devenir vital pour presque tout ce que nous faisons », explique J. Leggett. Pratiquement tous nos moyens de transport, nos produits manufacturés, notre production alimentaire ont besoin de pétrole, le monde consommant plus de 80 millions de barils par jour, soit 29 milliards par an. « Ce chiffre augmente rapidement depuis des dizaines d’années. La croyance quasi universelle est que cela continuera ainsi pendant encore des années. Le gouvernement américain estime que la demande mondiale augmentera d’ici à 2025 pour atteindre environ 120 millions de barils par jour, soit 43 milliards de barils par an. » Cela n’est pas réalisable, affirme J. Leggett. « En d’autres termes, nos prévisions les plus élémentaires concernant notre avenir économique sont nulles. Notre société se trouve dans un état de déni collectif sans précédent dans l’Histoire. »

Les besoins en pétrole des Etats-Unis pourraient être réduits si l’on imposait une réduction de la consommation des automobiles ; au lieu de cela, ce pays autorise la mise en service de véhicules plus gourmands. Et ses besoins en pétrole ont conduit à une « inquiétante dérive vers une morale ambiguë, l’orientant vers une politique étrangère complexe avec fourniture d’armes à des régimes despotiques, bombardements d’autres pays et combines pour préserver tout cet équilibre ».

« Au niveau actuel de la consommation, tôt ou tard au cours de ce siècle, la réserve mondiale ne va plus suffire à répondre à la demande croissante », continue l’auteur, qui divise le monde en deux factions : les optimistes (ceux qui croient que les réserves de pétrole sont abondantes, deux milliards de barils restant à exploiter et que le « pic » – lorsque les réserves de pétrole commenceront à décliner –ne sera pas atteint avant 2030) ; et les pessimistes (les experts en pétrole qui pensent qu’il ne reste qu’un milliard de barils et que le pic pourrait être imminent).

Les pessimistes ont créé une organisation, l’Association pour l’étude du pic pétrolier (ASPO). Colin Campbell, vétéran de l’industrie du pétrole, a prévenu que la perception du déclin des réserves de pétrole pourrait être pire que le déclin lui-même et qu’elle pourrait déclencher une panique à la bourse lorsque les prix s’envoleront, ce qui sera suivi d’une récession. « Un effondrement boursier est inévitable », a-t-il affirmé. Cette phrase a été reprise par Roger Booth, qui a consacré sa vie à Shell et qui croit que lorsque le pic sera atteint, « un krach égal à celui de 1929 n’est pas improbable ».

J. Leggett fait remarquer que l’industrie pétrolière a considérablement surestimé les réserves et il prévoit que la concurrence entre les pays pour obtenir leurs approvisionnements « deviendra effroyable. La dépendance envers le pétrole pourrait conduire à une guerre mondiale. Les énergies renouvelables sont la réponse, et non pas le nucléaire. » Il cite la ville de Woking (G.-B.), où le conseil communal a réduit de 77 % les émissions de dioxyde de carbone depuis 1990, grâce à un système hybride composé de petites unités électriques combinant chaleur et puissance, cellules solaires photovoltaïques et efficacité énergétique.

Référence : Jeremy Leggett, Half Gone : Oil, gas, hot air and the global energy crisis. Portobello Books, Londres.


Sources : The Independent, Grande-Bretagne
Thématiques : politique, Économie
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)