Partage international no 130 – juin 1999
Le Rapport 98 du Pnud (Programme des Nations unies pour le développement), suggère de grands changements politiques, institutionnels, de valeurs, ainsi qu’un accroissement du sens de la responsabilité collective (voir « La consommation effrénée élargit le fossé entre les riches et les pauvres », Partage international, janvier/février 1999.) Ce même rapport s’attache à démystifier cinq idées reçues sur la manière d’aborder les problèmes de pauvreté et d’environnement dans les pays en développement.
Mythe n° 1 : Les subventions accordées pour la production de l’énergie, de l’eau potable et des autres ressources naturelles profitent aux populations pauvres.
En réalité, elles desservent souvent ceux à qui on les destine, et l’argent encourage plutôt le gaspillage des ressources par les riches. Le rapport prône la cessation des subventions perverses pour l’agriculture, l’énergie, l’eau et les transports routiers, qui sont de l’ordre de 700 à 900 milliards de dollars par an. « Chaque année, on dépense une fortune à financer notre propre destruction, affirme Richard Jolly, principal coordinateur du rapport. Supprimer ce genre de subventions pourrait permettre de réduire les impôts, renforcer les incitations à la préservation des ressources, et d’investir dans des technologies écologiquement compatibles. Les bénéficiaires en seraient aussi bien les riches que les pauvres. »
Mythe n° 2 : Les pauvres ne sont pas en position de contribuer aux coûts de production de ces ressources.
La majorité des familles pauvres payent déjà pour les ressources essentielles, et sont souvent prêtes à donner de leur temps pour améliorer les systèmes communautaires d’hygiène et de distribution d’eau potable.
Mythe n° 3 : Les pays en développement devraient copier les modèles occidentaux.
Il y a surtout une leçon à tirer des expériences désastreuses en matière d’environnement dans les pays industrialisés, de même qu’il est possible d’adopter de nouvelles technologies, d’éviter des erreurs et de réduire ainsi le coût de la réparation de ces erreurs. Les pays en développement pourraient éviter les innombrables pièges du mode de vie occidental, en optant pour des sources d’énergie propres et illimitées, des modes de production agricole à l’opposé de la culture intensive, et des procédés de fabrication industrielle qui permettraient d’éviter les coûts énormes de nettoyage de l’environnement que doivent engager aujourd’hui de nombreux pays occidentaux.
Mythe n° 4 : Les pays en développement devraient restreindre leur consommation et freiner leur industrialisation pour limiter les problèmes d’environnement.
La consommation est encore si réduite dans la majorité des pays en développement qu’il est nécessaire de l’accroître, mais sur la base de technologies alternatives, de nouveaux choix énergétiques et de politiques innovantes, afin d’éviter les conséquences négatives sur l’environnement. « Les pays pauvres doivent accélérer la croissance de leur consommation, déclare Gustave Speth, administrateur du Pnud. Mais il n’est pas utile qu’ils suivent la voie des économies dominantes. On peut élaborer des techniques de production plus respectueuses de l’environnement. Il n’est pas tant besoin de plus ou moins de consommation, mais d’un modèle différent de consommation – orienté sur le développement de l’homme. »
Mythe n° 5 : Dans les pays en développement, les possibilités de politiques alternatives anti-pollution sont limitées.
Il existe de nombreuses options pour ces pays, afin de préserver, par exemple, la qualité de l’air : différents moyens incitatifs, fiscaux et législatifs peuvent y contribuer. Le rapport cite certaines initiatives adoptées par plusieurs de ces pays, montrant bien que les solutions existent. Ainsi, Singapour a réussi à combiner la taxation de la circulation automobile avec un système performant de transport en commun. Le Chili a amélioré la qualité de l’air dans sa capitale, Santiago, en régulant le trafic, grâce à un système de surveillance. L’Egypte a réduit les dangers présentés par les déchets solides, à Alexandrie, en transformant des substances à haut risque en engrais organiques.
Sources : Pnud
Thématiques : Société, environnement
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
