par Scott Champion,
Puisque la majorité du monde occidental doit encore faire l’expérience de l’effondrement des marchés financiers ou de la déflation, il n’est pas inutile de s’interroger sur l’avenir qui nous attend, au cours des prochains mois, tant à titre individuel que pour l’ensemble des citoyens de nos pays. Comment serons-nous affectés par le processus de déflation, l’effondrement des marchés et des économies, et par le risque systémique engendré par le commerce des produits dérivés ?
Le monde n’a pas connu les effets dévastateurs de la déflation depuis les années trente. La déflation résulte de l’accroissement de la valeur relative de l’argent par rapport aux biens, aux services et autres catégories d’actifs. En situation de déflation, c’est l’argent liquide qui compte. Face à une chute généralisée des prix, les consommateurs diffèrent leurs achats, en sachant que ce qu’ils souhaitent acquérir coûtera encore moins cher demain. Ce report des achats entraîne un recul des ventes et des revenus des entreprises. Ce qui provoque des licenciements, entraînant, à leur tour, une baisse encore plus brutale des prix et, finalement, de nouveaux licenciements. C’est un cercle vicieux dont il est difficile de sortir.
Citons l’exemple du Japon qui se bat contre la déflation depuis près de dix ans. Dans ce pays, le taux d’épargne avoisine les 20 pour cent. A l’opposé, les Etats-Unis ont connu 17 années de forte croissance économique, mais leur taux d’épargne réel est négatif. Pour maintenir un train de vie par trop élevé, les Américains se sont engagés dans la voie d’une prospérité apparente. Et de fait, la valeur des actifs réels et comptables a connu une forte progression, mais au prix d’un renchérissement de la dette publique, de celle des ménages et des entreprises.
Le mécanisme de la déflation
Cette illusion de richesse constitue un piège. Elle conduit inévitablement à une situation de crise lorsque la tendance s’inverse et que la « bulle » des actifs fictifs éclate. Les dettes accumulées en phase d’expansion sont toujours à échoir, tandis que fond la valeur des actifs utilisés pour le nantissement de ces dettes, par exemple un portefeuille d’actions ou une maison. Mais, les créanciers exigent leur dû, et les dettes doivent être honorées, remises ou passées en perte. Le remboursement des dettes accentue la tendance déflationniste. Les actifs sont liquidés à n’importe quel prix afin d’éviter la forclusion ou, simplement, pour pouvoir continuer à se nourrir. Ajoutons à ce tableau les licenciements massifs, et nous comprenons mieux la situation que connait actuellement une bonne partie du monde, qui est aussi celle qui nous attend, et qui est si difficile à enrayer.
Dans les années trente, on a accusé la spéculation d’être la principale cause du krach, une spéculation excessive, dopée par la possibilité d’emprunter jusqu’à 90 pour cent du prix d’acquisition d’une action. Une telle offre de crédit stimule sans mesure les achats de titres. Il en a résulté une forte pression à la hausse des cours, conduisant au célèbre krach.
Mais comment nous situons-nous maintenant par rapport à 1929 ? Aujourd’hui le gouvernement américain limite les achats à crédit à hauteur de 50 pour cent de la valeur des titres. Et cette limite est en vigueur depuis de nombreuses années. A priori, nous semblerions donc courir un risque moindre que nos prédécesseurs. Mais, contrairement à la situation des années 1920, nous disposons d’un accès bien plus facile au crédit. Avec la prolifération des cartes de crédit et avec l’extension de la pratique consistant à apporter un bien en hypothèque pour obtenir un prêt, il devient aisé d’acquérir à crédit un portefeuille boursier. C’est ce que font, à une échelle non négligeable, une nouvelle génération de spéculateurs qui démissionnent de leur emploi pour boursicoter sur des valeurs à très court terme, spéculant sur le prix des titres accessibles par Internet, et qui varie d’une minute à l’autre.
Et même si cette situation ne concerne pas nécessairement l’Américain moyen, ce dernier doit toutefois, par définition, recourir à l’emprunt pour financer une partie de ses investissements en Bourse, étant donné son taux d’épargne négatif. Il ne débite certes pas obligatoirement sa carte de crédit pour envoyer de l’argent frais à son agent de change, mais en réalité, cela revient au même, comme le montre l’exemple suivant : Une famille dispose de 80 000 dollars de revenus annuels qu’elle consacre entièrement à satisfaire son train de vie. Elle a toutefois réussi à allouer 3 000 dollars à un fonds d’investissement en Bourse, mais, au cours de la même période, le solde débiteur de son compte courant a atteint 4 000 dollars. En réalité, cette famille a emprunté pour financer son investissement boursier. Ce schéma s’est répandu à une échelle surprenante aux Etats-Unis, où la Bourse a gagné le statut de religion. Son mantram est « 20 pour cent de profits, à perpétuité ». Quotidiennement, le culte des valeurs en Bourse s’imprime dans la conscience d’un public sans méfiance, par le truchement du matraquage publicitaire, dans les journaux, les magazines et à la télévision. La surveillance des pratiques comptables des entreprises, dont la responsabilité incombe officiellement aux experts-comptables et aux inspecteurs des finances, est éludée tant la hausse des valeurs devient un impératif social. Les « experts » de Wall Street imaginent de nouvelles techniques afin de permettre aux entreprises d’afficher des bénéfices par action en croissance rapide, alors même que dans la majorité des cas, cette croissance provient essentiellement de nouvelles pratiques comptables fictives. C’est à ce stade que l’avidité du grand public intervient, et Wall Street, toujours bien disposé, apporte la promesse de rémunérations substantielles. Comme en 1929, l’effondrement du marché fera ressortir tous les vices du système de libre échange ; toutes les supercheries, tous les crimes, la moindre trace de corruption seront exposés à la lumière du jour.
Les produits dérivés
Ceci nous amène à une source de risque encore plus importante : le marché mondial des produits dérivés. Un produit dérivé est un contrat qui tire sa valeur d’un instrument sous-jacent, qui peut être une action, une obligation, une matière première ou une devise. Supposons qu’un fabricant américain de boissons prévoit de vendre, l’an prochain, pour 3 milliards de dollars de boissons, au Japon. Au taux de change actuel entre le dollar et le yen, il réaliserait un profit. Cependant, le fabricant américain s’inquiète de la probabilité que le dollar augmente d’environ 20 pour cent en moyenne, par rapport au yen, au cours de l’année prochaine. Il en résulterait un manque à gagner pour son entreprise, car un yen moins fort se traduirait par une moindre rentrée de dollars dans ses caisses. Comme il ne veut pas perdre son bénéfice, il va contacter une grande banque et l’informer qu’il souhaite réaliser un transfert de risque dollar/yen équivalent à 3 milliards de dollars. La banque donne son accord pour assumer le risque. Mais elle ne veut pas non plus subir une perte importante. A son tour, elle reporte le risque auquel elle s’expose sur une tierce partie. Par exemple, un grand constructeur automobile japonais pourrait souhaiter compenser le risque qu’il prend pour vendre, en dollars, des voitures aux Etats-Unis. A l’inverse du fabricant américain de boissons, le producteur japonais s’inquiète d’une possible revalorisation de 20 pour cent du yen par rapport au dollar au cours de la prochaine année, qui laminerait les bénéfices qu’il prévoit de dégager sur le montant total de ses ventes, qu’il estime à 3 milliards de dollars. Dans ce cas de figure, la banque semble disposer d’une situation des plus favorables. En entrant en affaires avec le fabricant japonais, pour un montant identique mais un risque inverse, la banque a transféré son risque à la société japonaise. En réalité, la banque a acheté et vendu la même chose simultanément, et empoché deux commissions au passage.
Pour que l’exemple soit complet, et afin de montrer pourquoi le risque est si grand, considérons l’hypothèse selon laquelle le fabricant de boissons a vu juste : l’année suivante, le dollar augmente d’environ 20 pour cent par rapport au yen. La banque doit alors 600 millions de dollars au fabricant américain de boissons. En retour, la banque détient une créance identique sur le constructeur japonais. En conséquence, théoriquement, la banque réalise une opération sans risque. Mais est-elle vraiment sans risque ?
Le problème avec le marché des produits dérivés est double. Premièrement, la valeur nominale des produits dérivés, actuellement soumis à transaction, est estimée à quelque 90 000 milliards de dollars. Le gigantisme même de ce marché est pratiquement la garantie de problèmes futurs. Il surpasse de très loin la valeur combinée de tous les autres marchés financiers du monde. Deuxièmement, se trouve-t-il vraiment quelqu’un pour croire que les banques et les agents de change ont trouvé suffisamment de partenaires, présentant un profil de risque acceptable, pour compenser des positions à hauteur de 90 000 milliards de dollars, alors même que la valeur du marché financier américain, pris dans son ensemble, n’excède pas 10 000 milliards de dollars ? Certaines sociétés jouissent d’une notation de fiabilité de premier ordre, mais la majorité se situe dans le spectre inférieur de la courbe, en terme de qualité du risque, à l’instar des entreprises du fonds de couverture Long Term Capital dont la faillite a été provoquée par un surendettement et qui, à lui seul, a failli provoquer la chute du système financier international. Pire encore, nombreux sont les agents de change et les banques qui disposent désormais de leur propre département d’affaires, et qui ne cherchent même plus à couvrir le risque encouru à chaque transaction, choisissant au contraire de spéculer sur la tendance future des instruments (tels que l’évolution du dollar face au yen), avec, pourrait-on ajouter, l’argent de leurs dépositaires.
Que se passera-t-il en cas de krach boursier mondial, lorsque la valeur du crédit de nombreux particuliers, entreprises et gouvernements sera mise en doute ? Un tel krach engendrerait des fluctuations incontrôlables dans la valeur des actions, des obligations, des matières premières et des devises, qui sous-tendent chaque transaction sur les produits dérivés. A quelle hauteur se situe le risque (30 000 milliards de dollars, 60 000 milliards) ? Des pertes équivalentes à 5 ou 10 pour cent de ces montants seraient suffisantes pour anéantir les positions détenues par toutes les banques, agents de change, et les institutions financières du monde.
La sophistication des ordinateurs et des moyens de communication modernes nous placent dans une position de risque bien supérieure à celle de 1929. La question n’est pas de savoir si le système va s’effondrer, mais quand. La loi de cause et d’effet est incontournable. Au bout du compte, les banques centrales du monde n’auront pas la capacité d’amortir la déroute du système financier international.
La dernière déflation s’est conclue lorsque les Alliés ont dû développer leur production économique pour combattre les puissances de l’Axe, au début de la Seconde Guerre mondiale. Un tel rassemblement des peuples du monde entier pourrait bien être nécessaire pour mettre fin à la prochaine déflation. Puissions-nous, en Occident, espérer que s’il faut une guerre pour cela, ce sera celle que nous mènerons pour mettre fin à la souffrance des pauvres et des laissés-pour-compte du monde, à leur faim, à leur désespoir, et à notre honte.
Le détachement apporte la paix et l’harmonie – [sommaire]
REFLEXION SUR LA BAGAVAD GITA
par Swami Nirliptananda,
Londres
L’action, la connaissance et le renoncement ont une grande importance. Sans la connaissance, l’action mène à l’esclavage, mais guidée par elle, elle mène au renoncement et celui-ci conduit à la libération. Puisque nous vivons dans ce monde, nous devons prendre soin de notre corps et donc nécessairement agir. Mais les activités créatrices ne peuvent venir que de la connaissance, non de l’ignorance. Ce sont des actions qui ne mènent ni à l’attachement ni à l’esclavage, mais au renoncement et à la libération.
Tout le monde travaille et certains d’entre nous le font même jour et nuit. Mais lorsque nous regardons le monde qui nous entoure, nous constatons qu’il y règne toujours une grande confusion. Si les activités par elles-mêmes apportaient la libération, une telle confusion n’existerait pas. Les actions en elles-mêmes ne sont pas coupables, les problèmes viennent du fait que les gens agissent sans connaissance. La plupart des individus travaillent dans l’ignorance, créant sans cesse des conflits et n’aboutissant nulle part.
La philosophie de l’action signifie la philosophie de la vie, car dans la vie, nous sommes impliqués dans l’action – la vie ne peut exister sans l’action. Le Seigneur Krishna dit qu’il est nécessaire de faire une distinction entre l’action, l’action défendue et l’inaction, car la voie de l’action est impénétrable. D’après lui, il existe trois types d’actions : celle que nous accomplissons en pensant qu’il s’agit d’une action, celle que nous accomplissons à tort et celle que nous n’accomplissons pas (ce qui est également une forme d’action). Il nous faut comprendre en profondeur ce qu’est réellement l’action. La voie de l’action, celle du karma yoga, n’est pas très facile à saisir pour nous.
L’action et l’inaction
Celui qui voit l’inaction dans l’action et l’action dans l’inaction est un homme sage, un yogi, un homme qui accomplit tout. Nous constatons que certaines personnes débordent d’activité alors que d’autres ne font rien et nous avons tendance à penser que les premières font tout. Mais le Seigneur Krishna nous dit qu’il n’en est rien : lorsqu’une personne semble tout faire, cela ne signifie pas que c’est réellement le cas ; il est possible que ce soit la personne qui semble ne rien faire qui en réalité fasse tout. Si nous considérons les choses en termes pratiques, nous constatons que certaines personnes disent : « Je fais ceci, je fais cela » ; elles semblent toujours très occupées et n’avoir jamais de temps disponible pour quoi que ce soit, alors que d’autres ne disent peut-être rien mais ont toujours du temps pour tout et par conséquent font toujours quelque chose. Lorsque nous ne pensons pas que nous agissons, faisant simplement les choses pour elles-mêmes, sans attachement, l’ego est absent. L’ego entre en jeu lorsque nous pensons que nous faisons tout, comme si le monde ne pouvait exister sans nous.
Le Seigneur Krishna affirme que le yogi est celui qui ne se vante pas, et travaille en silence sans avoir le sentiment de faire quoi que ce soit ou sans en avoir conscience, celui qui a du temps pour tout. C’est lui qui est créatif. Le yogi, dit le Seigneur Krishna, est le vrai constructeur, celui qui fait réellement tout, même si l’on ne peut voir ce qu’il fait. Par contre, celui qui est attaché aux fruits de l’action, pensant qu’il fait tout, ne fait que s’agiter. Celui qui agit de manière désintéressée et dont les actes sont brûlés dans le feu de la sagesse est appelé « un homme avisé » par les sages.
Le feu de la connaissance
Le Seigneur Krishna affirme que l’action liée à la connaissance mène au renoncement mais que l’action sans la connaissance mène à l’esclavage. Lorsque, grâce au discernement, les actions ne reposent pas sur des mobiles égoïstes et le désir d’obtenir des résultats, le feu de la connaissance brûle les souillures du karma, rompt l’esclavage du karma. Le feu de la connaissance, tout comme n’importe quel feu, réduit tout en cendres. Il brûle tout notre karma, non seulement celui d’aujourd’hui, de l’année dernière ou de cette vie, mais celui de très nombreuses vies. Par conséquent, la connaissance nous libérera de l’esclavage de ce monde.
Parmi tous les buts que nous poursuivons, la recherche de la connaissance est tout particulièrement importante. En recherchant la connaissance, nous atteignons tout. A partir d’une notion acquise nous nous efforçons d’en atteindre une autre : il existe différents stades dans la vie et si une notion est applicable à un moment donné, une autre peut être souhaitable à un autre. Nous avons sans cesse besoin d’être guidés et la connaissance nous sert de guide. Le Seigneur Krishna affirme que c’est en fait cette connaissance qui brûle toutes les chaînes que l’action crée en ce monde. D’après lui, lorsqu’on est libéré de l’attachement aux fruits de l’action, que l’on est toujours satisfait et que l’on ne dépend de rien, bien qu’engagé dans le karma, en vérité on ne fait rien.
Le contentement
Lorsque nous nous détachons des fruits de l’action, vient le contentement : santosh. Le contentement est la source qui nous libère. L’homme avide n’est jamais libre, il ne cesse de courir après une chose ou une autre. Le Seigneur Bouddha a dit que nous souhaitons tous posséder quelque chose, mais que la plus riche des possessions est le contentement, que pourtant personne ne semble rechercher.
Le contentement est la plus riche des possessions car lorsque nous sommes satisfaits, nous devenons indépendants et n’avons besoin de rien. Le Seigneur Krishna affirme que lorsque nous sommes toujours contents, indépendants grâce à la connaissance, engagés dans l’action et ne désirant rien pour nous-mêmes, nous ne faisons rien car nous ne créons aucun esclavage, aucune chaîne pour nous-mêmes. Alors nous agissons réellement, nous accomplissons tout et chacune de nos actions a de la valeur, est créatrice. Lorsque la connaissance est là, tout ce qui est bon vient avec. Mais lorsque seule existe l’ignorance, tout ce que nous faisons se transforme en un serpent qui tôt ou tard nous dévore. Le Seigneur Krishna nous conseille donc de suivre le sentier du détachement.
Le désir égoïste
Le Seigneur Krishna dit que lorsque nous ne désirons rien pour nous-mêmes, et que nous avons renoncé à toute forme de possessivité, en accomplissant le karma, nous ne risquons pas d’agir de manière coupable. Nous aurons l’esprit pur et nous agirons pour le bien du monde. La base du péché est le désir égoïste. Toute action enchaîne, excepté celles qui sont accomplies dans l’esprit de yajna (la retenue) et sans mobile égoïste. L’absence de mobiles égoïstes vient de la connaissance et du discernement. Lorsque nous travaillons dans un but égoïste et que nous recherchons des récompenses et des possessions parce que nous y sommes attachés, nous devenons esclaves de nos actions. Le Seigneur Krishna ne dit pas que nous ne devrions pas travailler mais que nous devrions travailler en ayant l’esprit satisfait. Nous ne sommes pas liés par nos actions lorsque nous sommes satisfaits de ce que nous obtenons sans effort, gardant notre équilibre dans le succès comme dans l’échec, libres de l’envie et des paires d’opposés. Etre libéré des paires d’opposés signifie être dépourvu de haine, d’avidité ou d’autres attitudes négatives de ce genre, et même ne pas penser que certaines actions sont bonnes pour nous et d’autres pas ; faire simplement ce qu’il y a à faire, accomplir tous nos devoirs sans penser que certains sont plus faciles que d’autres. Simplement agir au mieux pour le bien de notre famille, de notre société et de notre monde.
L’équilibre
L’envie est l’un des plus graves problèmes auquel l’homme se trouve confronté. Dès que le sentiment de possessivité existe, on voit apparaître le désir des fruits de l’action qui est la cause de l’envie. Sans cela il n’y aurait pas d’envie. Avec l’envie, la connaissance disparaît. Et lorsque la connaissance fait défaut, on travaille en aveugle. L’envie perturbe notre jugement. Nous nous conduisons de manière insensée.
Lorsque nous ne cédons pas à l’envie nous gardons notre équilibre dans le succès comme dans l’échec, nous considérons les choses de manière objective lorsque notre travail n’apporte pas les résultats escomptés. Nous pouvons le déplorer, mais nous conservons une attitude équilibrée ; ce qui permettra de surmonter la difficulté. Une attitude équilibrée est donc très importante dans la vie. Le Seigneur Krishna dit que le travail accompli avec un esprit équilibré apporte l’harmonie dans le monde parce qu’ainsi, nous ne sommes pas liés à nos actes. La compétition apparaît seulement lorsque nous recherchons le fruit de nos actions. Ce n’est que lorsque nous ne considérons pas les choses d’un point de vue compétitif que nous gardons notre objectivité et notre équilibre dans toutes nos actions ; alors nous ne pensons ni au succès ni à l’échec mais seulement à accomplir l’action juste, celle qui libère de l’esclavage. Si nous agissons ainsi, l’esprit détaché et absorbé dans la connaissance, tout notre karma sera réduit en cendres.
La stabilité de l’esprit
L’attachement nous fait rechercher sans cesse les choses auxquelles nous sommes attachés et l’instabilité s’installe dans notre esprit. Lorsque nous sommes attachés, notre esprit ne cesse de vagabonder. L’esprit ne peut être réceptif à la connaissance que lorsqu’il est détaché. Cela s’appelle pratyahar : l’esprit est alors retiré du monde, dans un état de concentration qui mène à la connaissance. Tant que nous n’avons pas accédé à la connaissance, nous demeurons agités, mais la connaissance apporte la stabilité de l’esprit qui mène au détachement.
En pratiquant le détachement, tout ce que nous accomplirons dans ce monde aura de la valeur et n’apportera que de très bons fruits ; au moment voulu, nous bénéficierons tous des résultats et le monde en sera meilleur. Mais le Seigneur Krishna affirme que lorsque nous nous préoccupons sans cesse des résultats, en fait « nous ne faisons rien » car, quoi que nous fassions, cela créera davantage de problèmes et pour finir tout disparaîtra, tout sera détruit ; ce n’est qu’une question de temps. Lorsque, cependant, nous travaillerons de manière désintéressée pour le bien du monde, nous apporterons la paix dès l’instant où nous commencerons, car, ayant acquis la sagesse, nous serons en paix avec nous-mêmes. Ainsi, peu à peu, la paix se développera et grâce à elle, nous connaîtrons le bonheur et nous possèderons tout.
La dévotion et le renoncement
Faire preuve de dévotion et de renoncement signifie déposer tout ce que nous faisons en offrande aux pieds du Trône de Lotus de Dieu. Lorsque nous n’oublions jamais le Seigneur, lorsque nous gardons l’esprit attaché à Dieu et ne cessons de penser à lui, cette qualité divine se développe dans nos cœurs et dans nos esprits. La dévotion et la connaissance sont les outils qui nous permettent de surmonter les problèmes de notre vie. Notre esprit sera sublimé, nous nous rapprocherons de plus en plus de la Divine Source, de la Divine Vibration, du Trône de Lotus de Dieu. Et alors, nous connaîtrons la paix, le bonheur et la libération. Om Tat Sat Hari Om.
*La Bhagavad Gita, ou « Chant de Dieu », un des textes sacrés hindous, rapporte les dialogues échangés entre Krishna, une incarnation de Vishnu, et Arjuna, son disciple.
Les rivalités entre élèves nuisent à l’apprentissage – [sommaire]
Champaign, Illinois, Etats-Unis
L’intense compétition qui règne entre les élèves du premier cycle du secondaire les empêche de demander de l’aide en cas de besoin, affirme Allison Ryan, professeur de psychologie de l’éducation à l’Université de l’Illinois, auteur d’un récent article dans le Journal of Educational Psycho-logy. « Lorsqu’en classe, la principale question se résume à savoir qui est le plus intelligent ou le meilleur, alors les élèves sont moins enclins à poser des questions ou à se faire remarquer en demandant de l’aide. »
Bien que ce comportement se manifeste auprès de l’ensemble des élèves, il s’avère être particulièrement marqué chez les moins brillants, qui sont plus susceptibles de ressentir une demande d’aide comme un signe de faiblesse. Un élève qui a plus de difficultés se sent davantage menacé lorsqu’il demande de l’aide. Il se dit : « Si je pose une question, je vais passer pour un idiot. » Ceux qui ont de meilleurs résultats et qui ont plus confiance en leurs capacités se soucient moins de ce que pensent les autres. Allison Ryan s’est rendue compte que les professeurs attentifs aux besoins sociaux et émotionnels des élèves réussissaient mieux à réduire le fossé entre les plus brillants et ceux qui avaient plus de difficultés. « Entretenir des relations sociales, par exemple en discutant avec les élèves sur des thèmes non académiques, contribue à encourager les élèves les plus faibles », affirme-t-elle.
La prochaine phase de l’étude de Allison Ryan abordera les moyens utilisés par les professeurs afin de créer un environnement plus chaleureux dans les classes et son impact sur les élèves.
Source : American News Service
La face visible de la véritable pauvreté – [sommaire]
LES SANS-ABRIS EN ALLEMAGNE
par Andrea Bistrich,
Munich, Allemagne
On les appelle « vagabonds », « clochards », « mendiants » ou tout simplement « sans-abri ». Ils sont les pauvres de notre société riche, sans emploi, sans ressources et vivant en marge de la société. Officiellement, ils sont qualifiés de « personnes en situation de détresse sociale » ou plus communément de « sans-abri ». Selon la réglementation du système de protection sociale, ils sont décrits comme « personnes errantes, sans source sûre de revenus, vivant seuls, sans domicile et sans emploi donnant accès au système de protection sociale, sans sécurité et souvent sans relations avec leur famille ou avec les autres membres de leur communauté. Ce sont des personnes accablées de problèmes sociaux qui les empêchent de prendre part à la vie communautaire. »
Officiellement, ils n’existent pas. En Allemagne, le nombre de sans-abri n’est repris dans aucune statistique provenant du gouvernement ; les seules estimations proviennent d’institutions indépendantes offrant des services sociaux. Parmi elles le Bundesarbeitgemeinschaft Wohnung-slosenshilfe (BAG), une organisation syndicale qui vient en aide aux sans-abri. Le BAG réclame depuis longtemps des statistiques officielles sur la pénurie de logements, mais sans succès. Des estimations font cependant état d’environ 591 000 sans-abri en Allemagne. En y ajoutant les sans-abri immigrés, on atteint environ 860 000 personnes, ce qui correspond à la population de Cologne, la quatrième ville d’Allemagne.
Qui sont ces sans-abri ? Presque un tiers sont des femmes, un peu moins d’un tiers des jeunes et des enfants, les hommes représentant 39 % des sans-abri. Comme si ces statistiques n’étaient pas suffisantes, le BAG estime qu’un million de personnes vivent sous la menace de se retrouver à la rue ou habitent dans un logement n’offrant pas le minimum de confort.
Il apparaît clairement que la situation de sans-abri est plus pénible pour certains que pour d’autres. En effet, les familles obtiennent plus facilement un logement provisoire que les personnes seules. Ce qui fait qu’environ 35 000 personnes vivent seules dans la rue. D’après le BAG, en Allemagne, l’un des pays les plus prospères du monde, 27 personnes sont mortes dans la rue, suite à la vague de froid de l’hiver 1996/1997.
Les femmes sans-abri
Les femmes en situation de détresse financière ressentent souvent de la honte et évitent le plus longtemps possible de recourir aux services d’aide. Afin de garder un toit sur leur tête, beaucoup vivent dans des situations compromettantes ou même rejoignent des partenaires qu’elles avaient quittés suite à des actes de violence. D’après une enquête sur les femmes qui ont perdu leur logement, 37,5 % se sont retrouvées à la rue suite à une séparation ou à un divorce ; de façon surprenante, 21,5 % se retrouvent sans abri en quittant la maison de leurs parents et environ 10 % ont fui la violence (sexuelle) de leur conjoint. Une autre raison est l’expulsion pour loyers impayés et conflits avec le propriétaire. Il n’existe pas suffisamment d’aide pour ces femmes. Dans tout le pays, il n’existe que 15 services d’aide d’urgence aux femmes et les possibilités de logement sont très réduites. Les femmes vivent alors dans des centres d’accueil mixtes ou sont tout simplement rejetées suite au manque de logements réservés aux femmes.
Un million d’enfants vivent dans la pauvreté
Récemment, cette information a fait grand bruit parmi les médias allemands. Selon la Commission pour l’enfance du Bundestag (les autorités fédérales d’Allemagne), un million d’enfants sont de plus en plus gravement affectés par la pauvreté et reçoivent de l’aide du gouvernement en plus des allocations ordinaires.
Pour beaucoup, le choc provient du fait que la pauvreté ne peut plus être considérée comme un problème touchant des groupes marginaux, mais bien comme une menace vis-à-vis de l’ensemble de la société. La montée du chômage est pointée par la Commission comme en étant la cause principale. Souvent une famille moyenne de deux enfants commence à rencontrer des difficultés financières lorsque l’un des parents perd son emploi. Et la situation ne risque guère d’évoluer favorablement en Allemagne avec un chômage qui concerne maintenant 4,8 millions de personnes.
Le futur
En dépit des efforts et de l’importance de l’aide distribuée dans les villes, la situation reste très préoccupante dans les régions rurales et le problème des sans-abri en Allemagne ne peut être dissimulé. La complexité du problème ne permet pas d’adopter de réponses simples et rapides. « Les sans-abri constituent la face visible de la véritable pauvreté », avait déjà déclaré Barbara Stamm, ministre des Affaires sociales et de l’emploi de Bavière, en avril 1997.
par Laura Fernandez,
Laura Fernandez, une amie espagnole de Partage international, décrit sa rencontre avec Gabriel Moyano, un jeune Argentin, âgé de cinq ans, célèbre pour ses dons extraordinaires de guérison (voir l’article à ce sujet paru dans la rubrique « Signes des temps », p 46 de notre numéro de janvier-février 1999).
Lors d’un récent voyage en Argentine, effectué dans le but de rendre visite à des parents, ma famille et moi-même décidâmes de nous rendre chez Gabriel Moyano, l’enfant de cinq ans qui a acquis des pouvoirs de guérison après que la Vierge lui soit apparue. Nous eûmes la possibilité de nous entretenir avec Gabriel et ses parents, Dora et Carlos, qui vivent dans la province de San Juan, dans un petit village aux maisons modestes et aux rues de terre battue.
Nous avions convenu d’un rendez-vous, car les gens viennent de tout le pays pour rencontrer « l’enfant qui accomplit des miracles ». Dora et Carlos nous accueillirent avec une certaine réserve, étant donné que les médias et l’Eglise ont pris des positions mitigées et contradictoires concernant les pouvoirs de leur fils. « Qui sont ces gens venus d’Espagne, apportant une revue appelée Share internacional – una llamada a compartir (un appel au partage), la version espagnole de Partage international, comment ont-ils entendu parler de Gabriel et que veulent-ils ? » Telles étaient les questions inscrites sur leurs visages.
« Avant que Gabriel ne voit la Vierge sur le mur du garage, nous n’aurions jamais pu imaginer une chose pareille, expliqua Dora. Au début, je ne voulais pas que mon fils fasse tout cela. Je voulais le protéger : il est encore si jeune. Mais j’ai réalisé par la suite qu’il était plus intelligent que moi. Il peut faire la différence entre sa vie d’écolier, sa vie d’enfant normal qui joue avec les autres, et sa « mission » comme il l’appelle. Il n’invente pas ce qu’il dit ni ce qu’il fait, et il n’est pas fou. Nous n’avons pas peur, bien que l’Eglise n’approuve pas ses faits et gestes et affirme même, sans avoir parlé directement avec nous ou avec Gabriel, que nous tirons un profit matériel de tout cela, alors que c’est faux. » Comme il nous le sera confirmé par la suite, les Moyano ne font pas payer les services rendus par leur fils, et n’acceptent ni argent ni cadeaux.
Gabriel reçoit la visite de la Vierge Marie toutes les nuits. Elle lui donne la vision des personnes qu’il peut guérir à distance, et de celles au chevet desquelles il doit se rendre pour effectuer la guérison. Deux brèves séances suffisent. Il place sa petite main et un chapelet de la Vierge sur la tête du patient, murmure quelques mots et dit : « C’est fait ! Dieu apporte sa guérison chaque fois que c’est possible ! » De nombreuses personnes ont été guéries de cette manière, comme le racontent témoins et patients : cela va du diabète et des fractures osseuses au cancer et aux problèmes cardiaques. Les médecins ne peuvent expliquer comment les tumeurs ou les fractures de leurs patients ont disparu, même si, à ce jour, aucun rapport clinique n’a encore authentifié ces guérisons miraculeuses.
Dora, plus ouverte et plus détendue après avoir feuilleté Share internacional, nous posa une question étonnant : « Savez–vous pourquoi Gabriel parle toujours de deux individus différents, le Christ et Jésus, comme s’il s’agissait de deux personnes distinctes ? Je n’y comprends rien. Mon fils sait-il de quoi il parle ? »
Nous lui montrâmes la photographie de Maitreya à Nairobi, en lui expliquant ce que nous savions au sujet de la réapparition du Christ. Nous lui dîmes qui était le Maître Jésus et parlâmes également de la Hiérarchie spirituelle. Elle nous écouta avec beaucoup d’attention, puis se mit à parler d’autre chose. Soudain, elle s’interrompit et dit, en montrant la photographie de Maitreya : « Voyons si Gabriel reconnaît l’homme qui se trouve sur cette photo. Il parle toujours d’un Homme en blanc.» Elle appela son fils qui jouait dans la cour avec d’autres enfants, et elle lui montra la photographie, en lui demandant gentiment : « Regarde cet homme, regarde la robe qu’il porte, sa barbe et son espèce de chapeau, c’est très étrange. » L’enfant, qui est de très petite taille, lança un regard taquin à sa mère et sourit en disant, nullement surpris par la question : « Oui, je le connais. » – « Sais-tu qui c’est ? » demanda-t-elle. « Mais, maman, c’est le Christ », répondit l’enfant avec une assurance extraordinaire. Sa mère parut quelque peu troublée, mais ne put s’empêcher de demander : « Mais où l’as-tu rencontré ? » – « Au ciel, maman, quand la Vierge m’emmène avec elle et qu’ils me parlent tous les deux. » Aussitôt dit, il repartit en courant jouer dans la cour avec les autres enfants.
Nous restâmes sans voix. Seul le père de Gabriel parvint à rompre le silence : « Si vous souhaitez bénéficier d’une guérison, venez le lundi, le mercredi ou le vendredi à 15 heures. Il vous faudra faire la queue, car une centaine de personnes se présentent régulièrement. Je sais qu’il fait très chaud à ce moment de la journée, aussi nous avons demandé à notre fils de reporter ces séances de guérison à une heure plus tardive, mais tout ce qu’il a répondu, c’est : « Papa, le Seigneur n’est pas un supermarché où l’heure d’ouverture dépend de la saison. Il guérit à trois heures. » Nous avons trouvé qu’il y avait là une coïncidence frappante avec le fait que les bénédictions de Maitreya sont toujours données à quinze heures, heure locale.
Saint Martin de Porres
Dora nous raconta également que quelque temps auparavant une femme (ayant apparemment des dons de télépathie) était venue chez eux et leur avait déclaré que Gabriel était la réincarnation du frère Martin de Porres, surnommé « frère Balais », célèbre saint d’Argentine, renommé pour ses pouvoirs de guérison et qui voulait toujours accomplir les tâches les plus humbles, notamment balayer le sol, dans le monastère où il vivait. Dora et Carlos n’avaient jamais entendu parler de ce saint mais cela les fit rire car le jouet préféré de leur fils était un balai.
Quelques jours plus tard, nous tombâmes par hasard sur une pharmacie portant le nom de « Saint Martin de Porres ». Nous demandâmes à la propriétaire si elle possédait quelque portrait ou image de ce saint, et elle nous offrit aimablement une statuette de 15 cm qu’elle enveloppa comme un cadeau. Nous retournâmes à la maison de Gabriel où l’enfant pratiquait ses séances de guérison cet après-midi là. Après avoir fait la queue pendant un certain temps, nous entrâmes dans la maison et mon mari plaça la statuette encore emballée sur une table. Dora nous dit qu’ils ne pouvaient accepter de présents, mais nous expliquâmes que ce « présent » avait peut-être quelque chose à voir avec le passé de leur fils.
Gabriel entra alors dans la pièce et traita mon mari qui s’était foulé la cheville. Le petit garçon plaça son chapelet sur la tête de mon mari, dit une prière et reposa le chapelet sur sa « table de travail », couverte d’images, de fleurs et de bougies. Il semblait absent, comme s’il écoutait un message intérieur.
Puis, soudain, il se retourna et se dirigea vers la table sur laquelle était posée la statuette enveloppée. Il tendit les bras et eut quelques difficultés à l’atteindre. Lorsqu’il parvint enfin à la saisir, il s’exclama : « J’avais bien envie de savoir à quoi je ressemblais ! » Mais Gabriel ne perdit pas de temps car de nombreuses personnes attendaient.
Nous demandâmes la permission de prendre quelques photos. Dora se tourna vers son fils qui, après une pause, répondit avec détermination : « Non, on me dit de ne pas accepter que l’on prenne des photos cette fois-ci. »
Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que le Maître Jésus est principalement à l'origine des guérisons, et que Gabriel est effectivement la réincarnation de saint Martin de Porres (1579-1639).
Un an après le lancement de « TeleFood » (TV faim) par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), cet « événement médiatique pour une prise de conscience mondiale » a déjà permis de collecter plus de deux millions de dollars, pour financer 136 projets de modeste envergure visant à venir en aide à de petits agriculteurs, éleveurs et pêcheurs du tiers monde et à améliorer la nutrition de leurs communautés. Bien que ce programme couvre l’ensemble de la planète, c’est le continent africain, avec 50 projets concernant 23 pays, qui en est le principal bénéficiaire. Selon le Directeur général de la FAO, Jacques Diouf : « L’objectif majeur de TeleFood a été de provoquer une prise de conscience générale sur l’ampleur du problème et d’encourager la solidarité dans la lutte contre la faim. […] Nous n’apporterons pas d’aide alimentaire à la population, mais des moyens afin qu’elle produise sa propre nourriture, en atteignant ainsi un état de sécurité nutritionnelle et d’indépendance vis-à-vis de l’aide internationale. »
Ces premiers 136 projets visent à construire une autosuffisance alimentaire et reflètent, pour la plupart d’entre eux, le thème de la Journée mondiale contre la faim de 1998 (« Les femmes nourrissent le monde »), thème choisi pour souligner la contribution essentielle des femmes à l’équilibre domestique et national en matière d’alimentation.
Le projet mis en œuvre dans le village turc de Sahgeldi est typique de la philosophie qui sous-tend l’ensemble de l’initiative. A Sahgeldi, 30 femmes, considérées comme veuves virtuelles, du fait que leur mari a quitté une activité agricole marginale pour aller chercher du travail à la ville, ont reçu chacune quatre brebis, avec possibilité de pâture sur les terres appartenant au gouvernement. L’une d’entre elles, Gulistan Ircap, a déclaré que c’était la première fois de sa vie qu’elle possédait un bien légalement, et que le lait et le fromage qu’elle vendait au marché lui procuraient le seul revenu qu’elle ait jamais eu.
Présentant le TeleFood l’an dernier, Jacques Diouf affirmait que « le ressort de la lutte contre la faim n’est pas à chercher dans la charité, mais dans la justice ; et que le but de l’entreprise est de recueillir la solidarité et le soutient de tous. »
Source : FAO