Partage international no 220 – décembre 2006
Le cinéma est un moyen privilégié de montrer le mécanisme de la dette et ses ravages. C’est pour cette raison que le Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) apporte son soutien à deux films à l’affiche en France en cet automne 2006 : La dignité du peuple de Fernando Solanas (Argentine) et Bamako (Mali).
Bamako est un film franco-malien d’Abderrahmane Sissako, l’un des derniers grands cinéastes africains en activité. Ce film a reçu le Grand Prix du public des rencontres Paris cinéma 2006 et a été également présenté en sélection officielle au Festival de Cannes, hors compétition.
Il a également été présenté au festival international du cinéma de Toronto ainsi qu’au festival de New York où il a rencontré un certain succès.
L’originalité du film tient à son sujet et au lieu du tournage : une cour intérieure dans un quartier populaire de Bamako devient le siège d’un tribunal pour juger les grandes instances internationales et leur impact sur l’Afrique : G8, FMI et Banque mondiale.
Bamako, une Cour dans une cour, c’est en fait le système économique occidental qui est l’objet du procès. L’économie libérale mondialisée a engendré des millions de victimes, spoliant les pays du Sud, les privant de leurs services publics du fait des contraintes imposées par le remboursement de la dette. Où sont les instances juridiques qui pourraient interpeller les responsables de ces mécanismes inexorables et sans pitié ?
Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali, qui joue le rôle d’un des témoins, refuse de considérer que la principale caractéristique de l’Afrique soit sa pauvreté : « Non, assure-t-elle, l’Afrique est plutôt victime de ses richesses. »
« Il ne s’agissait pas tant de désigner les coupables que de dénoncer le fait que le destin de centaines de millions de personnes est scellé par des politiques décidées en dehors de leur univers », a expliqué A. Sissako.
Les pays en développement ont remboursé l’équivalent de dix fois ce qu’ils devaient en 1980, mais ils sont aujourd’hui cinq fois plus endettés.
Sources : CADTM ; www.cadtm.org ; www.bamako-film.com
Thématiques : Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
