Assumer notre libre arbitre

Partage international no 435novembre 2024

par Felicity Eliot

Le Maître de Benjamin Creme a écrit : « A de nombreuses reprises au fil des années j’ai dit que l’émergence de Maitreya était proche, et ainsi l’attente de cet événement est-elle restée vive dans le cœur de millions d’hommes. Le fait que sa pleine émergence ne se soit pas encore produite n’est pas un signe de perfidie de ma part mais résulte plutôt du caractère extraordinaire de l’entreprise, et de sa difficulté. Les hommes ignorent généralement tout des lois qui gouvernent un tel événement, ainsi que des limites qu’elles imposent à l’action de Maitreya. Il faut le dire aussi, nous qui sommes vos Frères aînés opérons en dehors et au-delà de la notion de temps, et nous avons des difficultés à présenter notre vision et nos informations à des hommes dont l’entendement reste gouverné par le « fait » du temps. » [Le Maître de Benjamin Creme, 14 juillet 2008]

 

Changement de perspective

En juillet 2016, Benjamin Creme (BC) annonça à son épouse Phyllis et moi-même, que la réapparition de l’Instructeur mondial, telle qu’il l’avait toujours présentée, était susceptible de se dérouler différemment : « Ne vous inquiétez pas si les choses ne se passent pas comme prévu. » Il nous a encouragées, et par extension tous ceux qui avaient eu connaissance de l’information et y accordaient de la valeur, à ne pas céder à la peur ou à l’anxiété s’il apparaissait que la vie, les évènements et le développement de l’humanité ne suivaient pas le cours que lui-même et son Maître avaient décrit. Nous avons aussi compris que d’évidence l’émergence de Maitreya avait déjà commencé et qu’elle pourrait se dérouler de façon très graduelle, plutôt que de la manière plus « spectaculaire » à laquelle on s’attendait. Il nous dit qu’il s’agirait peut-être d’une série d’adombrements progressifs – mais nous n’en sûmes pas davantage.

Aujourd’hui, huit ans plus tard, il est évident que la prémonition de BC et de son Maître était tout à fait justifiée puisqu’il est clair que, pour reprendre ses termes, « les choses se passent différemment ». Dans la période qui a suivi, certaines personnes ont essayé de se faire à cette idée et d’accepter le fait qu’il avait raison, et que cette mise en garde devait être prise au sérieux en tant que conseil sage et bienveillant pour le futur.

Quel était le contexte, et quelles étaient les attentes en 2016 ? Beaucoup souhaitaient et croyaient, avec divers degrés de conviction, que Maitreya se ferait connaître du grand public par des apparitions plus fréquentes dans les médias, dans un délai d’un an ou deux après le décès de BC. Toutefois, la question de la date s’est toujours trouvée avant tout entre les mains de l’humanité. Le premier article dicté par le Maître de BC pour la revue Share International en 1982 s’intitule le concept de temps dans le nouvel âge. Il constitue une véritable clé qui peut nous aider à composer avec cet aspect absolument dominant et pourtant irréel de la vie moderne qu’est notre perception du temps.

Aujourd’hui, un regard réaliste sur l’actualité mondiale ne peut laisser aucun doute sur le fait que la situation est en effet absolument « différente ». Indéniablement, personne ne peut prétendre que le monde s’est amélioré. Il n’est pas possible non plus d’affirmer qu’il a évolué dans la direction présentée pendant de nombreuses années non seulement par BC mais aussi par son Maître et par Maitreya, l’Instructeur mondial lui-même.

Certains se sont demandé : « Qu’a voulu dire Benjamin Creme ? » Il voulait dire que les gens ne devaient pas s’attendre à ce que le monde et son futur se révèlent précisément tels qu’il les avait toujours présentés selon les informations dont il disposait. Cela signifiait qu’il pouvait être sage d’abandonner les présupposés et les croyances auxquelles on a tendance à s’accrocher de manière dogmatique, et d’accepter la réalité comme elle se présente. Les divers plans et projets des Maîtres, y compris le travail de ce groupe, sont tous par nature de l’ordre de l’expérimentation. BC parlait fréquemment des Maîtres comme étant des « opportunistes » dans la mesure où, de leur position privilégiée, ils voient des opportunités qui à leurs yeux méritent de mener une expérience et d’y consacrer des efforts.

 

Les questions à se poser

La déclaration de BC aurait dû soulever des questions : « Pourquoi ? » et « Quels sont les facteurs à prendre en compte ? » On pouvait s’attendre à des réactions initiales de surprise et d’incrédulité, préalables à une réévaluation de la situation. Pour répondre à de telles questions, il faut sans doute tenir compte d’un certain nombre de problèmes auxquels les Maîtres sont confrontés en cette période si décisive. Nous nous trouvons dans une époque de bouleversements en partie générés par la transition entre deux ères. Maitreya se référait à cette époque comme à « une période épique dans l’histoire du monde ». A l’évidence, il n’est pas possible de se préoccuper de sujets auxquels nous ne pouvons rien connaître, comme la situation énergétique planétaire, systémique et cosmique, les fenêtres d’opportunité, le degré de l’emprise des forces du chaos sur les dirigeants de divers gouvernements, sur les lobbies et les think tanks influents. Il n’est pas possible non plus de dire grand-chose de l’état de réceptivité mentale et émotionnelle, ou autre, des gens à travers le monde.

Mais ce que nous pouvons chercher à savoir, c’est si l’humanité a réussi à mettre en place les conditions fondamentales requises pour rendre possible l’extériorisation de la Hiérarchie.

Les conditions primordiales énoncées par la Hiérarchie spirituelle pour permettre que la présence de Maitreya dans le monde soit publiquement reconnue ne sont pas encore réunies, ou pour le moins difficiles à percevoir. La paix ne règne pas dans le monde, et l’esprit des hommes n’est guère ouvert au principe d’un partage équitable des ressources planétaires. Par ailleurs, l’emprise des courants autoritaires dans tous les domaines – politique, économique, religieux et sociétal – n’a pas faibli mais s’est au contraire renforcée et étendue au-delà de ce qu’elle était en 2016, créant davantage de division et de tensions dans le monde. S’ajoute à cela le triste fait que la santé et le futur de notre planète et de tout le vivant sont sérieusement compromis.

 

Le libre arbitre

Nous, l’humanité, sommes un facteur majeur et déterminant, en particulier en raison de notre libre arbitre. Nous détenons le libre arbitre, ce cadeau merveilleux grâce auquel nous évoluons vers notre nature véritable de dieux en devenir. Nous pouvons faire le choix de la famille humaine et de la santé de la planète ; c’est l’espoir que nous nourrissons tous. Nous pouvons choisir de vivre, d’organiser la société, d’élaborer des valeurs, de fixer des principes, de développer des cultures et des mœurs alignés sur ce que les enseignements de la sagesse éternelle appellent le « Plan », ou la volonté de Dieu.

« Des millions de personnes ne savent pas qu’il existe un plan. C’est un état de fait regrettable. Probablement le plus regrettable qui soit à mon avis, en dehors de l’ignorance quasi totale du fait que nous sommes des âmes. La première chose, la première réalité, qu’à mon avis tout le monde devrait apprendre, c’est la constitution de l’homme : le fait que notre nature est en essence spirituelle, que cette divinité ou esprit se reflète à un taux vibratoire inférieur en tant qu’âme humaine et que l’âme à son tour se reflète sur le plan physique en tant qu’homme ou en tant que femme. L’évolution procède selon un plan. Les Maîtres de notre Hiérarchie spirituelle sont les Gardiens de ce plan.

Si tout le monde savait cela, ou pouvait seulement l’admettre comme hypothèse, le monde serait extraordinairement différent. Comme les gens ne savent pas qu’il y a un Plan, ils ne savent pas où ils vont. Ils sont entraînés par le grand aimant de l’évolution, et le résultat est qu’en réalité ils n’ont pas de libre arbitre. Ils sont simplement poussés par les circonstances, circonstances auxquelles ils réagissent, bien sûr, selon le niveau d’évolution qu’ils ont atteint. Ce dont nous avons besoin, sans doute plus que de toute autre chose, c’est d’une rééducation de l’humanité, de sorte que nous sachions tous que l’évolution procède selon un Plan dans lequel nous pouvons jouer un rôle. Nous pouvons prendre conscience de cet état de fait et agir dans le sens du Plan. Le chaos, l’agression et la guerre, les conflits de toute nature, résultent de notre ignorance de l’existence d’un Plan et de sa nature. Cette ignorance fait que nous ne savons pas comment diriger nos vies. Il existe de grandes lois gouvernant le processus de l’évolution, et l’âme dote son véhicule des moyens d’évoluer. La clé de ce développement est l’aspiration. » [Benjamin Creme, Partage international, juillet-août 2003]

« Plus nous comprenons ce plan, plus nous sommes capables de travailler intelligemment à sa mise en œuvre. Les Maîtres connaissent le Plan. Ce sont des dieux vivants et ils peuvent travailler intelligemment à la réalisation de ce plan, à travers l’humanité et les règnes inférieurs. Nous ne sommes pas tout à fait aussi inertes que les règnes inférieurs, mais nous le sommes tout de même beaucoup, et notre problème, c’est que, depuis au moins cent mille ans, nous avons perdu contact avec le Plan. Nous avons perdu notre chemin. » [Benjamin Creme, Partage international, juillet-août 1999]

 

Réponses de Benjamin Creme à des questions sur le temps et l’attente :

Oublier la question du temps
Q. L’art de l’attente est la capacité de garder à l’esprit l’émergence de Maitreya sans y être attaché. Si nous sommes conditionnés par l’idée que le jour de Déclaration viendra dans un proche avenir, nous réduisons notre capacité à travailler pour l’émergence.
R. Je ne parle pas de conditionnement. Mais si vous perdez de vue la possibilité du jour de Déclaration, vous vous direz probablement : « Eh bien, rien ne presse. Laissons les autres s’en occuper. Il y a longtemps que je travaille dur. J’ai droit à une pause. »

Le degré de préparation
Q. Quels sont les facteurs qui favorisent l’apparition de fenêtres d’opportunité ?
R. Je parlais de fenêtres d’opportunité concernant Maitreya, car il doit trouver le meilleur moment pour se présenter au grand jour dans le monde. Je ne peux donc aborder ce sujet que dans la mesure où nous connaissons certains des facteurs concernés.
Le plus important, j’imagine, est l’état des courants d’énergie cosmique qui affluent à tous moments, de manière cyclique, et qui changent sans cesse – peut-être pas d’un jour à l’autre, mais certainement d’une semaine à l’autre ou d’un mois à l’autre. Maitreya doit tenir compte de ces cycles. Certaines énergies, celles qui suscitent la meilleure réponse possible de l’humanité à sa présence, à son enseignement, etc., sont les plus favorables. D’autres énergies, présentes à d’autres moments, le sont moins. De toute évidence, il choisira le moment où il sera sûr de rencontrer la meilleure réponse possible à ce qu’il aura à dire. C’est là un facteur très important pour la détermination d’une fenêtre d’opportunité.
Un autre facteur est l’état de l’humanité, son état de conscience à tel ou tel moment, tel qu’il s’exprime à travers les divers événements se produisant dans le monde – ce que nous faisons pour nous-mêmes : expansion de conscience si nos actions sont bénéfiques pour le monde, ou contraction de conscience si une nouvelle guerre ou une division majeure occupent le cœur et l’esprit de l’humanité. L’état d’esprit, la sensibilité, l’ouverture et le niveau de préparation de l’humanité sont des facteurs très importants.
Il y aussi l’activité des « forces des ténèbres », comme on les appelle, les Seigneurs de la matérialité qui, vous pouvez en être certains, ne manquent jamais une occasion de faire obstacle à ce qui menace de mettre un terme à l’asservissement dans lequel ils maintiennent l’humanité. S’il est une chose qui leur déplaira souverainement, c’est la manifestation au grand jour des Maîtres dans le monde, à commencer par celle de Maitreya. C’est donc un autre facteur à prendre en compte.
Tout ce que fait la Hiérarchie – à l’exception des secrets les plus profonds qui ne sont connus que des Maîtres – peut être connu des forces opposées. En conséquence, il est très difficile pour la Hiérarchie de travailler avec ses groupes sans que « l’autre camp » ne soit renseigné sur ce qui est prévu et sur ce qui est en train de s’accomplir, sur les effets que cela aura dans le monde, effets qui sont déjà là (puisque le temps n’existe pas) avant même que nous ne nous rendions compte que des événements ont eu lieu. Nous n’acceptons de reconnaître que la précipitation des événements ; nous refusons d’admettre que ces événements se produisent déjà du point de vue des Maîtres, et aussi du point de vue des forces du mal – des anti-Maîtres, en quelque sorte…

Donc quand je dis que les forces cosmiques doivent être positives, je fais référence aux forces qui agissent à travers le cosmos depuis diverses constellations et qui en même temps ne sont pas influencées par certains groupes cosmiques du mal. Les forces des ténèbres de cette planète reçoivent leur énergie du plan astral cosmique, et certains, dans notre propre système, sont capables de manipuler ces puissantes énergies cosmiques. Tout cela doit être pris en compte par Maitreya dans le choix qu’il fera d’une fenêtre d’opportunité. Les conditions ne cessent de changer, rien n’est jamais statique. Il pourrait dire par exemple : « Les choses se présentent très bien ; nous ferons ça en septembre », or, d’ici septembre, la situation peut avoir basculé et être devenue épouvantable en raison des changements dans les forces cosmiques elles-mêmes et en raison de l’impact qu’ont les groupes du mal sur ces mêmes forces cosmiques. Ces groupes peuvent eux aussi manipuler ces forces, tout comme les Maîtres. [Partage international, juillet-août 1997]

 

Les plans ont changé

En novembre 2023, environ un mois après les 7 et 8 octobre, Maitreya est venu au Centre d’information à Amsterdam sous l’apparence que nous lui connaissons. J’étais à ce moment-là avec une autre membre du groupe, Mienke Lamain.

Nous le reconnaissons bien sûr à son physique et à l’énergie qui émane de lui, mais il valide toujours lui-même son identité soit en faisant allusion à quelque chose qui vient de se passer dans la vie des personnes présentes et que personne d’autre ne connaît, soit en mentionnant un sujet qui avait été abordé lors de notre rencontre précédente. Cette fois, sans que nous en ayons parlé, il a fait mention des aurores boréales et de leurs couleurs, phénomène que j’avais suivi dernièrement après avoir été touchée par ces couleurs inhabituelles et spectaculaires.

Dans la conversation qui a suivi, nous avons parlé de notre sentiment d’impuissance à soulager, si peu que ce soit, la terrible détresse du peuple Palestinien. Nous avons continué brièvement à parler jusqu’à ce qu’il annonce : « Les plans ont changé. » Cette déclaration a suscité de notre part la même réaction qu’en 2016, lorsque BC avait déclaré que les choses pouvaient évoluer différemment : choc et protestation. Nous avons répliqué en évoquant l’importance de la voix du peuple, ce à quoi il a répondu « oui, c’est vrai en effet, mais les gens sont complaisants et, pour une raison ou une autre, le monde continuera de vaquer à ses affaires. » Ce qui signifiait qu’en dépit des destructions et de la souffrance des Palestiniens, si présentes et visibles soient-elles, la réponse du monde en général serait totalement inadéquate.

Pourtant il y a une chose que nous pouvons faire, c’est de prier. « Priez, priez, priez », a-t-il dit. Et l’on peut, bien sûr, faire connaître les priorités de Maitreya et l’urgence de réformer tous nos systèmes pour instaurer la justice et le partage ; on peut aussi parler des enseignements de la sagesse éternelle.

Nous avons demandé si nous le verrions en juin 2025, juste après les trois fêtes spirituelles. Il a répété la date à haute voix mais est resté évasif. Le fait de savoir si nous le verrions ou non à cette occasion n’a pas été éclairci.

Ces derniers temps, les collaborateurs de Share International sont parfois mis à l’épreuve : « Alors, où est donc votre Maitreya, votre Christ ? » En toute logique, particulièrement en ces temps d’impunité génocidaire et de désastres climatiques, les gens remettent en question l’existence d’un Dieu aimant, de même que tout ce qui a été dit au sujet de l’Instructeur mondial et des Maîtres de Sagesse.

 

Le cours du monde est entre nos mains

La dure vérité est que les Maîtres ne sont pas des sauveurs ; il est vrai qu’ils sauvent et aident quotidiennement des innocents qui souffrent de manière inimaginable. Mais ils ne peuvent interférer avec nos décisions, et ne doivent pas le faire. Les choix, les échecs et les triomphes potentiels relèvent de l’humanité. Rien, ni le retard, ni le degré de souffrance, n’indique que les Maîtres ne sont pas réels et présents dans le monde actuellement. Leurs mains sont liées par la Loi, ils doivent attendre que nous reprenions nos esprits, et lorsque ce sera le cas, que nous leur demandions aide et guidance. C’est nous qui déterminons le rythme du changement : le présent et le futur sont entre nos mains. Beaucoup croient que nous attendons Maitreya, mais ce sont en fait Maitreya et les Maîtres qui nous attendent.

Que les Maîtres et Maitreya soient réels et présents sur notre planète pour nous encourager, nous conseiller et nous guider vers une nouvelle civilisation ne fait aucun doute. La question n’est pas de savoir quand Maitreya et les Maîtres, les Seigneurs de compassion, viendront pour nous sauver, mais plutôt de savoir quand nous trouverons en nous-mêmes la compassion et quand nous reconnaîtrons le Plan, la volonté de Dieu, pour nous sauver, nous-mêmes, notre famille humaine et notre belle planète en souffrance. La réponse réside dans notre acceptation du libre arbitre qui nous est donné, et dans notre capacité à agir sur la base de ce que nous savons et espérons.

Auteur : Felicity Eliot, rédactrice en chef de Share International, basée à Amsterdam (Pays-Bas).
Thématiques : émergence
Rubrique : De nos correspondants ()