Partage international no 442 – juin 2025
par Douglas Griffin
Un nouveau livre d’Anita Mitchell, ancienne épouse de l’astronaute Edgar Mitchell de la mission Apollo 14, a ravivé la question de la divulgation des ovnis, récemment relancée par le Dr Steven Greer, qui avait soumis en début d’année à l’Administration Trump des propositions dans ce sens. Dans son livre You Don’t Look Like an Astronaut’s Wife! (Vous n’avez pas l’air d’une femme d’astronaute !), elle raconte les nombreuses expériences inhabituelles que son mari et d’autres astronautes de la Nasa ont vécues dans le cadre de leurs programmes spatiaux et en tant que pilotes de chasse.
Le 3 janvier 1971, E. Mitchell fait partie de la mission Apollo 14 qui décolle de Cap Kennedy. Il est le sixième homme à avoir marché sur la lune. C’est aussi un pilote expérimenté de l’US Navy, titulaire d’un doctorat en aéronautique et astronautique du MIT (Massachusetts Institute of Technology). Il rejoint en 1966 le corps des astronautes de la Nasa et, en 1970, travaille au Centre spatial Johnson à Houston lors de la tristement célèbre mission Apollo 13. Lors de ce vol, l’explosion d’un réservoir d’oxygène a failli provoquer la disparition du vaisseau spatial lors de son approche de la lune. E. Mitchell a contribué à élaborer des procédures qui ont permis au vaisseau endommagé de revenir sur Terre, ce qui lui a valu de recevoir la Médaille présidentielle de la liberté.
Anita Mitchell révèle certains des secrets que son mari astronaute lui a confiés avant sa mort en 2016. « Il a toujours cru en la réalité des ovnis, car beaucoup de pilotes de la Nasa et d’astronautes ont pu en observer. » Au début du programme spatial américain, plusieurs des coéquipiers de son mari, dont l’astronaute James McDivitt, ont aperçu des « engins étranges ». Elle évoque également Leroy Gordon Cooper Jr, astronaute du projet Mercury : « Lors d’un dîner chez nous, Gordy nous a dit avoir « vu quelque chose ». » G. Cooper (Gordy) déclara aux Mitchell : « Écoutez, nous n’avons rien qui aille aussi vite et aussi haut. » Il totalisait des milliers d’heures de vol sur avions à réaction et avait été l’un des premiers pilotes engagés dans les projets Mercury et Gemini. Malgré son immense expérience, se souvient-elle, G. Cooper reconnaissait que les pilotes comme lui étaient tout simplement incapables de rattraper ces engins extraordinaires quand ils tentaient de les poursuivre. Après avoir entendu tant de témoignages directs, Anita partage aussi la vision de son mari sur le phénomène ovni : « Tu crois vraiment qu’on est la seule intelligence dans l’univers ? Parce que si c’est le cas, l’univers est mal barré. »
E. Mitchell a passé une grande partie de sa vie à explorer ces domaines ésotériques de la science et, bien sûr, l’existence d’êtres extraterrestres.

L’équipage de la mission Apollo 14 : (de gauche à droite) Stuart Roosa, Alan Shepard, Edgar Mitchell.
En 1973, peu après avoir quitté la Nasa, E. Mitchell fonde l’Institute of Noetic Sciences, qui visait à réconcilier le monde de la science conventionnelle avec la métaphysique. Cet institut menait des recherches sur des phénomènes psychiques et paranormaux comme la perception extrasensorielle (PES), la télépathie, la méditation ou encore les médecines alternatives. Il a consacré une grande partie de sa vie à explorer ces domaines ésotériques de la science et, bien sûr, à la question de l’existence d’êtres extraterrestres. En 2009, il exhorte publiquement le gouvernement américain à déclassifier les informations concernant la réalité des ovnis. A l’époque, il déclare au Guardian : « Nous recevons la visite d’êtres venus d’ailleurs. Il est grand temps de lever le secret concernant la présence extraterrestre. J’en appelle à notre gouvernement : qu’il mette fin à ce silence et qu’il s’associe enfin à l’élan mondial d’une humanité en marche qui cherche à prendre sa juste place en tant que civilisation de l’espace. »
Cela nous ramène à la genèse de l’histoire, évoquée ici par l’autrice. Au milieu des années 1990, S. Greer présente le projet ovni à E. Mitchell. Ce dernier assiste à plusieurs des premières conférences de S. Greer et ils organisent ensemble des réunions d’information au plus haut niveau au Pentagone.
En octobre 1997, lors de The Prophets Conference [La conférence des Prophètes], E. Mitchell intervient à la suite d’une présentation de S. Greer sur les technologies liées aux ovnis et les tentatives d’informer les responsables gouvernementaux. Venant du « sixième homme sur la lune », ses propos ont été repris par l’Associated Press, ce qui leur donna une portée nationale et internationale. En voici quelques extraits :
« J’aimerais compléter ce que Steven vient de dire. C’était un exposé remarquable, mais ce que je voudrais ajouter, c’est que lors de notre rencontre avec les chefs d’état-major interarmées, il nous est apparu très clairement qu’ils étaient naïfs. Ils n’en savaient en réalité pas plus que nous sur ce sujet […].
Pour moi, il ne s’agit pas de croire aux ovnis, mais de considérer les preuves dont nous disposons – et il y en a de plus en plus. Les observations continuent […].
Je travaille avec des personnes qui savent de quelle technologie nous disposons et notamment l’armée. La technologie des moteurs silencieux comme ceux des ovnis ne fait partie de l’arsenal d’aucune nation au monde. Et pourtant, elle existe. Donc, s’il existe des technologies issues de rétro-ingénierie, elles sont probablement entre les mains d’un groupe d’individus – autrefois liés au gouvernement, peut-être aux services de renseignement – mais aujourd’hui sous contrôle du secteur privé, avec une forme de supervision militaire ou gouvernementale. Mais cette supervision a vraisemblablement disparu, car ces programmes sont désormais classés dans une catégorie ultrasecrète, inaccessible même aux autorités officielles. J’appelle cela un groupe clandestin. Ces technologies ne figurent dans aucun arsenal militaire, mais elles existent. Pour moi, c’est extrêmement préoccupant. »
E. Mitchell et S. Greer ont fait preuve d’une grande détermination pour dénoncer cette opération clandestine, malgré les campagnes tout aussi secrètes visant à les discréditer et à brouiller les pistes. Ils ont collaboré pendant de nombreuses années avec des personnalités de haut niveau issues des milieux gouvernementaux et du renseignement militaire, ouvertes à l’idée qu’il existe bien des programmes secrets sur les ovnis.
A titre d’exemple, des documents publiés par WikiLeaks en 2016 révèlent l’existence d’échanges d’e-mails, sous la présidence d’Obama, entre John Podesta, alors conseiller du président, et E. Mitchell, au sujet de la présence extraterrestre et du phénomène ovni. S. Greer avait également transmis à J. Podesta, par l’intermédiaire d’un tiers, un dossier complet sur le projet ovni/nouvelles énergies, destiné au président Obama.
J. Podesta a lui-même toujours été « un fervent défenseur de la divulgation par le gouvernement des dossiers sur les ovnis ». Par ailleurs, au milieu et à la fin des années 1990, bien avant la présidence Obama, S. Greer communiquait déjà régulièrement avec des hauts responsables de l’administration Clinton au sujet des ovnis.

Le module lunaire d’Apollo 14
Il semble opportun que le livre d’Anita Mitchell paraisse justement maintenant, en 2025, dans le sillage de la récente relance par S. Greer d’une politique de divulgation officielle. Il espère, comme beaucoup d’autres, que cette année puisse être celle de la révélation. Il faudra « rester à l’écoute », pour ainsi dire, d’autant plus qu’à en juger par ce livre et d’autres sources, la question des extraterrestres a déjà connu bien des faux départs.
Mais des figures comme E. Mitchell et S. Greer ne se laissent pas décourager par les hauts et les bas de cette « bataille pour la divulgation ». Leur objectif à long terme reste inchangé : faire éclater la vérité sur les ovnis, sur l’existence d’un programme secret de rétro-ingénierie de technologies non humaines, sur l’énergie libre et, comme le disait E. Mitchell, que la Terre entre dans une nouvelle ère, celle d’une humanité unie et tournée vers l’espace.
Anita Mitchell décrit comment les débuts de l’exploration spatiale ont eu un effet unificateur. On a transcendé les frontières géographiques, culturelles et politiques, fût-ce seulement pour un bref moment d’émerveillement.
« [L’exploration spatiale] a rassemblé le monde comme rien d’autre auparavant […]. Ils ont envoyé cette image incroyable de la Terre prise depuis la Lune, et nous avons tous vu notre planète d’un œil nouveau. Peu importe qui tu étais, quand tu voyais cette petite bille bleue et blanche, en sachant que c’était notre maison, c’était bouleversant – et ça nous a unis. »
Elle poursuit : « Aujourd’hui, on se croirait presque à l’époque d’Apollo, mais en plus grand. On vit une époque passionnante, et je suis heureuse d’en être témoin. »
Cette nouvelle époque exaltante d’exploration spatiale et de redéfinition de l’avenir de notre planète ne sera pas limitée par une technologie obsolète du XXe siècle, largement dépassée.
Si le mouvement de divulgation dit vrai, sur la base d’un ensemble de preuves irréfutables, alors l’exploration de l’espace telle que nous la connaissons sera bientôt bouleversée par l’introduction d’une toute autre forme de technologie d’origine extraterrestre.
Une technologie qui, pour l’instant, reste dissimulée derrière un « secret de Polichinelle », uniquement accessible à une poignée de privilégiés, mais de plus en plus visible pour le plus grand nombre.
Auteur : Douglas Griffin, collaborateur de Share International résidant à Londres (Royaume-Uni).
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : De nos correspondants ()
