Partage international no 439 – mars 2025
Extrait d’une interview pour une station en ligne de Santa Cruz (Californie), novembre 1992, avec l’animatrice Bonnie Pipper.
Bonnie Piper: Je reviens d’un séminaire au Costa Rica sur l’environnement. L’un des intervenants, le Dr Robert Mueller des Nations unies, a déclaré que nous disposions d’un temps très limité pour faire face aux catastrophes environnementales qui menacent la planète. Je me demande ce que vous en pensez.
Benjamin Creme : Outre la priorité absolue de sauver les millions de personnes affamées dans le monde, Maitreya a fait de l’environnement la priorité de notre temps. Il a dit que cela devait impliquer chaque homme, chaque femme et chaque enfant. Chacun doit faire quelque chose pour sauver cette planète de la destruction que nous lui infligeons. Il dit qu’il n’y a pas de différence entre vous et la planète. Il existe une totale continuité de la structure atomique dans l’ensemble de la création. Chaque atome est lié à tous les autres, de sorte que lorsque nous saccageons la planète comme nous le faisons, nous détruisons en fait notre propre vie. Un jour, nous nous rendrons compte que ceux que nous appelons Dieu, la nature, l’environnement ou l’humanité sont une seule et même chose. Ils sont si intimement liés qu’il est impossible de séparer l’un de l’autre ; il nous incombe donc de prendre soin de la planète.
BP. Il semble que ce que vous dites s’aligne quelque peu sur les idées émises ces dernières années dans des livres comme The Global Brain, à savoir que, dans un sens, la Terre est notre corps.
BC. En effet. Nous sommes une partie de l’expression d’un grand Être divin, un Homme céleste qui enveloppe cette planète, dont le corps d’expression est la planète et tout ce qu’elle contient, y compris nous-mêmes. Nous sommes des formes-pensées dans l’esprit de ce Logos créateur, et le Logos ne fait pas de distinction entre l’humanité, le règne animal, les règnes végétal et minéral, l’environnement, l’air. Tous sont étroitement liés. L’un ne peut exister sans l’autre. Le rêve du Logos est d’amener tout cela à la perfection et, malheureusement, depuis très longtemps, nous saccageons peu à peu notre planète. Ce processus s’accélère de façon vraiment dangereuse. Il faut y remédier.
BP. Qu’en est-il de l’effet de serre ? S’agit-il d’une menace réelle ?
L’effet de serre est en effet une menace. La température s’élève de plus en plus, mais Maitreya a dit que cela sera corrigé, que ce n’est pas insurmontable. Nous sommes très adaptables. C’est la beauté de l’espèce humaine. Nous avons, selon la terminologie ésotérique, survécu pendant 18 millions et demi d’années et ce pouvoir de survie ne nous a pas totalement abandonnés. Nous nous adapterons et nous créerons les conditions dans lesquelles nous pourrons vivre correctement.
BP. Vous pensez donc que nous pouvons renverser la situation ?
BC. Il faudra peut-être vingt ou trente ans pour le faire correctement, mais nous le ferons. Et bien sûr, avec Maitreya, l’Instructeur mondial, et un grand groupe de ses disciples, les Maîtres de Sagesse, travaillant ouvertement avec nous, nous conseillant, nous enseignant, ce processus sera énormément accéléré.
BP. Avec Radio for Peace et d’autres groupes, nous nous réjouissons à l’idée de nous joindre à d’autres personnes pour un sommet sur l’état de la Terre. Ce sera pour la première fois un événement monumental où tous les gouvernements du monde et les scientifiques se réuniront pour dire : « Nous avons un problème, les amis. Qu’allons-nous faire ? » J’espère vraiment que cette période sera mise à profit pour guérir notre Mère malade.
BC. Cela montre à quel point les gouvernements commencent à prendre les choses au sérieux. Aucun gouvernement sur Terre ne peut aujourd’hui nier impunément les preuves fournies par les scientifiques, et je dois dire qu’ils commencent à s’en rendre compte. Les gens devraient insister auprès de leurs gouvernements pour qu’ils agissent.
Je pense que la plupart des gens ne réalisent pas à quel point ils sont puissants politiquement parlant. Ils peuvent influencer le gouvernement, ils ont le droit de vote. Mais les gouvernements n’agiront pas dans ce domaine si cela implique des budgets importants, à moins que la volonté du peuple ne soit entendue. Cela se produira de plus en plus.
Le meilleur exemple est ce qui s’est passé en Allemagne avec la chute du mur de Berlin et la réunification de l’Allemagne, ainsi que l’action de divers groupes en Union soviétique qui a abouti à la Perestroïka. Cela montre le pouvoir du peuple. Les gens ont un pouvoir énorme, et Maitreya dit qu’à l’avenir, la politique se transformera en un gouvernement pour le peuple, par le peuple. Cela n’est effectif nulle part. Les groupes de pouvoir pour le totalitarisme ou dans les domaines politique, économique ou religieux dominent le monde à l’heure actuelle, mais cela change rapidement.
BP. Nous rêvons d’une époque où nos politiciens seront au service des gens et de la planète !
BC. C’est ce qui est nécessaire, et Maitreya dit que c’est ce qui arrivera. La politique du futur sera pour le peuple, par le peuple. Les politiciens deviendront les serviteurs de leur pays.
BP. Il semble que, bien qu’on assiste à de nombreux rapprochements dans le monde, nous constatons que, paradoxalement, la fragmentation s’accentue.
BC. Maitreya a quelque chose à dire à ce sujet. Lorsque les systèmes politiques meurent, le tribalisme et le racisme apparaissent, dit-il, « comme des puces qui s’échappent d’un animal mourant ». Cela se produit parce que les politiciens ne peuvent pas résoudre les problèmes de leurs sociétés en mutation, alors les gens s’emparent de la loi. Mais il dit : « Cela mène toujours à la destruction. » Ce n’est pas une bonne chose, mais c’est un processus inévitable lorsque les forces d’unité s’effondrent et que le changement se produit, et que les démagogues et les opportunistes cherchent à s’emparer du pouvoir. Mais il dit aussi que la culture de la création est la diversité, et que c’est la base de chaque nation et de chaque religion. Si l’on tente de supprimer ces différences, on ne fait que provoquer la destruction. C’est pourquoi les échanges et le commerce sont si dangereux. « Une fois que vous ouvrez les vannes, l’eau se répand partout. » Elle échappe à tout contrôle, ce qui, en un sens, est doublement dangereux. Dès que vous relâchez les liens qui vous unissent, vous libérez des forces qui deviennent très facilement incontrôlables ; il faut alors la puissance et l’énergie de la Hiérarchie pour retrouver cette stabilité.
BP. J’aimerais vous donner l’occasion de parler de toute cette question de l’unité et de la diversité, de l’unicité et du « pluralisme humain », si vous voulez, et aussi du processus du changement lui-même. Vous avez dit qu’une fois que quelque chose meurt, les puces sautent toutes séparément. Si je comprends bien cette métaphore, vous dites que dans le processus de changement lui-même, on peut avoir l’impression que les choses se désagrègent avant qu’elles ne se rassemblent sous une forme utile ?
BC. Précisément, si c’est dans le sens du plan d’évolution. Ce qui va à l’encontre du plan d’évolution mène à la destruction. Ce qui va dans le sens du plan d’évolution est essentiellement l’unité dans la diversité. L’essence absolue de l’individualité et de la créativité personnelle est à la base de la création, mais le but de toute évolution est de tendre vers l’unité. Ces deux éléments doivent aller de pair pour que toute expression d’unification se fasse dans l’acceptation totale de l’unicité individuelle de chaque personne et, au sens mondial, de l’unicité de chaque nation. Le regroupement de syndicats, de fédérations, de conglomérats doit se faire dans un contexte d’acceptation totale de la diversité de chaque nation. Nous sommes tous gouvernés, en tant que nations comme en tant qu’individus, par certaines grandes énergies appelées rayons, qui déterminent la qualité d’une nation particulière. Les rayons qui gouvernent la France ne sont pas les mêmes que ceux qui gouvernent les Etats-Unis, et il n’y a aucune raison qu’ils s’imitent les uns les autres. La diversité est la nature même de la vie. Elle lui donne sa saveur, sa richesse, comme un bijou aux multiples facettes ou un riche tapis ou une tapisserie avec tous les différents fils qui s’entrecroisent, qui sont tous merveilleux en eux-mêmes et qui, ensemble, forment une harmonie totale lorsqu’ils s’expriment dans leur singularité originelle.
Thématiques : émergence
Rubrique : Questions-réponses de Benjamin Creme ()
