Changement climatique : la partie n’est pas perdue !

Partage international no 440avril 2025

Les grands médias ont pour mission de nous effrayer, de nous mentir et de nous diviser, mais la réalité climatique est bien différente de la version qu’ils en dépeignent. Il n’y a pas que du positif ou du négatif, mais plutôt un mélange des deux, et ce n’est certainement PAS la fin de la partie pour le climat. « Il y a des progrès, mais ils ne sont pas assez rapides, déclare Jonathan Foley, directeur du projet Drawdown. Nous devons simplement jouer plus intelligemment », précise-t-il.

Le projet Drawdown1 recueille et étudie toutes les solutions climatiques connues et en analyse les données afin de déterminer quelles sont les approches les plus rapides, les moins coûteuses et les plus performantes. Puis il recommande les meilleures d’entre elles et en fait la promotion.

J. Foley souligne plusieurs défaillances affectant nos approches climatiques actuelles: la montée de la désinformation (une activité qui se chiffre en milliards de dollars), l’emprise des organisations internationales (les COP 28 et 29 ont été organisées par des pays producteurs de combustibles fossiles), la priorité accordée à des solutions peu efficaces (capture du carbone, fusion nucléaire, éthanol à base de produits agricoles, etc). Pour contrer ces échecs et « jouer plus intelligemment », il recommande deux changements : 1) adopter une approche plus stratégique et 2) parvenir à de nouveaux modèles de gouvernance.

 

Pour des approches plus stratégiques

Ces approches doivent avant tout être fondées sur la science. On devrait privilégier les solutions dont l’efficacité scientifique a été prouvée, et signaler comme étant fallacieuses les solutions qui ne le sont pas – qui relèvent essentiellement de l’écoblanchiment, ou greenwashing. La solution la plus urgente est la réduction des émissions, et la plus immédiate (« le frein d’urgence », comme il l’appelle) serait de réduire les gaz les plus éphémères mais dont l’effet est le plus puissant : le méthane et le « carbone noir ».

Le deuxième moyen le plus efficace pour réduire les émissions est de lutter contre la déforestation, et un nouvel outil qui sera présenté en juin est le « Drawdown Explorer » (l’explorateur pour la réduction du carbone atmosphérique), qui mettra en évidence les problèmes à résoudre en fonction de leur localisation géographique. Il peut s’agir non seulement des foyers de déforestation, mais aussi des émissions et fuites de méthane ou des centrales électriques polluantes, repérés par imagerie satellite.

Il faut également prendre en considération les solutions les plus intéressantes d’un point de vue mondial, telles que l’amélioration de l’agriculture et de l’agroforesterie, qui contribuent à réduire les émissions tout en apportant un soutien économique aux populations. Ainsi, dans l’ensemble, les meilleures solutions stratégiques à promouvoir de manière dynamique sont celles qui, en se basant sur les données, sont les plus efficaces, les moins coûteuses, les plus rapides, les plus ciblées sur le plan géographique et les plus bénéfiques pour le plus grand nombre.

 

De nouveaux modèles de gouvernance

La politique américaine et la diplomatie internationale ne suffisent pas : il existe d’autres acteurs et d’autres stratégies. Le rôle moteur le plus efficace provient souvent des communautés locales, des gouvernements locaux et nationaux, des chefs d’entreprise, des innovateurs technologiques, des ingénieurs, des investisseurs et des philanthropes, de sorte que nous devons jouer sur tous les tableaux et pas seulement sur un seul de ces secteurs. Par exemple, les données montrent que les communautés autochtones sont celles qui préservent le mieux les forêts, et il faudrait leur rendre leurs terres ancestrales pour qu’elles en prennent soin.

La consommation personnelle est une autre voie à privilégier pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et le message est important. Plutôt que la décroissance (le sacrifice n’est jamais un message populaire !), nous devrions promouvoir l’achat de qualité plutôt que la quantité. Par exemple, le rendement énergétique total des voitures à moteur thermique est de 20 %, alors que les véhicules électriques atteignent un rendement total de 90 %. Les pompes à chaleur sont trois à cinq fois plus efficaces que les chauffages au gaz et, à long terme, moins coûteuses.

En résumé, les véhicules électriques et les pompes à chaleur sont des achats de qualité : La partie n’est pas perdue ! Il suffit de faire les choses plus intelligemment.

1 – voir Partage international, nov. 2020.


Sources : Séminaire en ligne de J. Foley à l’adresse suivante : https://youtu.be/RvqzFpCOy_g
Thématiques : environnement
Rubrique : Divers ()