Partage international no 437 – février 2025
par Benjamin Creme
L’attitude de nos contemporains face à ce phénomène récurrent que nous appelons la mort constitue une des grandes tragédies de notre temps. Pour la plupart, nous portons sur la mort un regard empreint de peur et de dégoût, cherchant par tous les moyens à lui résister, et prolongeant, souvent bien au-delà de son utilité, l’activité du corps physique, comme garantie de la « vie ». Notre peur de la mort n’est en fait que la peur de l’inconnu, la peur d’une dissolution complète et définitive, la peur de ne plus être. En dépit des multiples témoignages rassemblés au fil des ans par un grand nombre de groupes spirituels, attestant que la vie se poursuit après la mort, sous une forme ou sous une autre ; en dépit de l’acceptation intellectuelle répandue que la mort n’est que l’éveil à une vie nouvelle et plus libre ; en dépit de la croyance croissante en la réincarnation, et malgré les enseignements reçus, à travers les âges, des Instructeurs les plus sages, notre approche de ce grand passage continue d’être empreinte de peur et d’agitation.
Ce qui rend cette attitude si tragique est qu’elle est tellement éloignée de la réalité qu’elle est source de bien des souffrances inutiles. Notre peur de la mort n’est autre que la peur de voir notre identité anéantie. C’est cela qui nous terrifie. Si nous pouvions réaliser et expérimenter le fait que cette identité est un Etre immortel, ne pouvant ni mourir, ni être anéanti, notre peur de la mort disparaîtrait. Si, de plus, nous réalisions que ce que nous appelons la mort est en fait l’entrée dans une lumière nouvelle dont la clarté nous confère une conscience plus aiguë de notre identité, et nous révèle certains aspects plus élevés de notre Etre jusque-là occultés, toute notre attitude envers la mort changerait, pour notre plus grand bien.
La mort et la vie sur le plan physique seraient alors considérées comme les étapes d’un cheminement sans fin vers la perfection, la mort n’étant qu’une porte d’accès vers un champ d’expérience beaucoup plus vaste. Libérée des limitations du plan physique, notre conscience verrait s’ouvrir à elle de nouvelles et vastes perspectives de connaissance, d’intelligence et de beauté jusque-là inaccessibles. Dans un proche avenir, les Maîtres et leurs disciples enseigneront la vérité au sujet de cette expérience que nous appelons la mort, et ainsi offriront à chacun une liberté nouvelle. Nous apprendrons à accepter la mort pour ce qu’elle est : la restitution de nos véhicules à leur source initiale, « les cendres à la cendre et la poussière à la poussière », et une ouverture à une vie nouvelle, plus riche de significations.
Le processus de la mort
Il commence lorsque l’âme retire son énergie du corps physique dense. Cela peut prendre plus ou moins de temps. Une série de crises cardiaques ou l’aggravation continue d’une maladie peuvent signifier que l’âme a amorcé ce processus. Dès que la mort survient, les corps subtils – les corps astral et mental situés au sein du véhicule éthérique – se retirent du corps physique dense. Ceci peut, également, se faire plus ou moins rapidement, et les Maîtres conseillent d’attendre trois jours avant la mise en terre, ou de préférence la crémation, ceci pour être assuré que le corps éthérique s’est bien complètement retiré de sa contrepartie physique.
Dès lors, la conscience de l’individu subsiste à l’intérieur du corps éthérique qui, à son tour, se verra également abandonné. Les particules de substance constituant ce corps retournent alors dans l’océan d’énergie éthérique qui nous entoure. La rapidité de ce processus de désintégration dépend du karma individuel. Une fois le véhicule éthérique rejeté, l’enveloppe astrale de la personne lui confère une conscience sur l’un des sept sous-plans du plan astral, celui qui s’harmonise le mieux à sa nature astrale, sous-plan sur lequel elle vivra un certain temps, afin d’être confrontée aux désirs qui ont imprégné son corps astral durant sa vie terrestre et aux filets desquels elle se laisse encore prendre. Bien souvent, cette confrontation va l’absorber à un tel point que la vie sur ce plan devient pour elle une réalité. Si sa conscience est surtout focalisée sur l’astral et très peu sur le mental, une telle personne peut vivre sur le plan astral pendant une longue période – notion de temps toute relative si l’on considère que le temps tel que nous le percevons sur le plan physique cesse d’exister en même temps que le cerveau.
Sur le plan astral, chacun fait ce que normalement il aurait fait en incarnation. Mais, bien que cette vie sur le plan astral ait l’apparence de la réalité, tout comme la vie sur le plan physique dense, elle n’en est pas moins une illusion. Tous nos espoirs, nos peurs, notre agressivité, nos haines, nos jalousies et nos vices constituent de puissantes formes-pensées qui tôt ou tard doivent être dissoutes. C’est pourquoi le seul enfer qui existe est celui que nous nous sommes nous-mêmes créés sur le plan astral. L’enfer auquel nous sommes confrontés est celui de nos propres désirs, de notre propre cruauté, de notre séparatisme, de nos ressentiments et de nos peurs qui demeurent sur le plan astral. C’est pour cette raison que les Maîtres ne cessent de nous répéter d’apprendre à contrôler nos pensées et nos réactions émotionnelles.
Mourir consciemment
Pour cette même raison, il est important qu’au moment de la mort, le niveau de conscience soit aussi élevé que possible, afin que les derniers réflexes nerveux servent à propulser la conscience à travers les niveaux de l’astral et du mental inférieur jusqu’aux sphères mentales les plus élevées, de la manière la plus rapide et la plus consciente possible. D’où l’importance d’une préparation délibérée à la mort. A l’avenir, nous apprendrons comment mourir consciemment, comment gérer ce « passage ». Ce qui rend la mort si redoutable à la plupart des gens est l’idée qu’ils s’en font : celle de perdre leur identité et leur conscience, de perdre le contact avec leur famille et leurs amis. La réalité de la mort est cependant toute autre : la personne décédée découvre qu’elle est libérée des limitations du corps physique et que sa faculté de conscience s’est accrue incommensurablement. Elle perçoit simultanément deux mondes : celui des formes qu’elle vient de quitter et le monde nouveau qui s’ouvre à elle, lieu de plus grande liberté, où des êtres familiers viennent l’accueillir, mais où elle peut encore partager les sentiments et les pensées de ceux qu’elle a laissés derrière elle. Loin d’être une expérience traumatisante, la mort survient pour beaucoup d’une façon si douce qu’ils ne réalisent pas qu’ils sont morts, à tel point que de l’autre côté certains êtres ont pour tâche de leur en faire prendre conscience. Ainsi, sur le plan astral, des disciples, des initiés et certains Maîtres interviennent afin de les protéger et de leur faire prendre conscience de leur mort.
Après la mort du corps physique, la personne défunte séjourne sur le plan de l’astral qui correspond au niveau de développement qu’elle a atteint au cours de sa vie terrestre. A ce niveau subtil d’existence, notre faculté de perception est libérée des processus de la pensée et du raisonnement qui sont le fait du cerveau physique. Toute connaissance et expérience peut alors être directement vue, entendue, touchée et connue dans sa pleine signification. Perception, connaissance et beauté sont simultanément appréhendées et engendrent une sensation de joie et une libération inconnue sur le plan terrestre.
Le ravissement
Sur les sous-plans de l’astral supérieur, cette expérience directe revêt un caractère plus extatique. Elle provoque des émotions plus nobles et plus raffinées, correspondant aux niveaux astraux supérieurs du centre du cœur, aux plus hauts niveaux de l’astral. Un être parvenu à un certain degré d’évolution avant sa mort fait sur ces plans l’expérience d’une joie indicible et d’une extase presque constante. Il perçoit toute la beauté et l’harmonie qui sont, sur ce plan, l’expression de bouddhi, c’est-à-dire l’amour-sagesse. En fait, bouddhi est un état de ravissement qui peut être expérimenté sur le plan physique lorsqu’au cours de la méditation, on parvient à un degré élevé de contact bouddhique.
Un être qui a atteint un certain niveau de concentration mentale reste peu de temps sur le plan astral, car son véhicule astral est alors si raffiné et harmonieux qu’il se dissout rapidement, afin que ses particules puissent retourner dans le réservoir de matière ou d’énergie astrale, tout comme les particules du corps éthérique sont retournées au plan éthérique.
L’expérience vécue sur le plan mental est d’une nature différente, plus mentale. Là, le ravissement laisse place à la connaissance et à la sagesse. L’expérience spécifique de ce plan n’est plus seulement la joie extatique mais plutôt l’intelligence du sens profond des choses, de leur véritable signification. L’être suffisamment évolué, doté d’un niveau d’intuition élevé, peut alors comprendre cela, ainsi que le Dessein et la Volonté de Dieu.
Pour les êtres plus évolués, l’existence sur le plan mental constitue la dernière avant le retour en incarnation. Mais il se peut aussi que le corps mental se dissolve à son tour, l’être entre alors en état de pralaya, en devachan. Cet état d’existence ni mental, ni astral, ni physique, est un état intermédiaire entre la vie et la mort. C’est un état d’être, hors incarnation, où toute pulsion vitale est suspendue. C’est un état d’éternelle béatitude, de paix parfaite. L’être en pralaya n’est pas inconscient, mais aucun processus d’apprentissage conscient ne peut avoir lieu avant le retour en incarnation. C’est une sorte d’absorption dans l’Absolu, d’où l’on s’abstrait, selon la Loi, lorsque le besoin du groupe le réclame.
L’état de pralaya est le monde propre aux âmes, où elles n’ont d’autre but que d’être elles-mêmes. Dépourvue de tout véhicule inférieur, l’âme en pralaya ne fait aucune nouvelle expérience, contrairement à l’existence sur les autres plans. Ainsi, les progrès spécifiques ne sont possibles que sur les plans inférieurs. L’âme vient en incarnation par décision du Logos, en fonction des besoins du groupe et du Plan. C’est pour l’âme un grand sacrifice que de descendre sur le plan physique et de s’incarner. Elle le fait sous l’impulsion de son esprit d’abnégation. Cette volonté altruiste qui émane de l’âme est une puissante source d’inspiration. L’âme en pralaya n’éprouve aucun désir de s’incarner. Elle y reste, suivant les cas, de quelques dizaines à plusieurs milliers d’années, jusqu’au moment où un groupe d’âmes en pralaya est envoyé en incarnation, parce que le moment est propice et les circonstances favorables. C’est de cette manière que le corps de l’âme, ou corps causal, s’enrichit de nouvelles expériences. Le corps causal reçoit davantage de connaissance et de conscience de l’âme à mesure que ses véhicules s’affinent.
Les atomes permanents
Cet affinement des véhicules de l’âme (que sont les corps éthérique, astral et mental) s’opère par le truchement de ce que l’on appelle les « atomes permanents ». Il s’agit d’atomes de matière physique, astrale et mentale autour desquels s’organisent les corps en vue d’une nouvelle incarnation. Ces atomes permanents gardent la mémoire du taux vibratoire auquel l’individu est parvenu au moment de sa mort. Si cette personne a fait de grands progrès, les corps de ses incarnations suivantes seront plus raffinés, en harmonie avec la vibration de cet atome permanent qui, grâce au travail magique de l’âme, attirera toujours davantage de matière de nature subatomique. Ainsi, les atomes permanents parviennent à des fréquences vibratoires toujours plus élevées. Et comme un corps attire toujours à lui de la matière ayant un taux vibratoire semblable, les progrès réalisés de vie en vie créeront un corps chaque fois plus raffiné, d’une vibration toujours plus élevée. Les atomes permanents constituent donc les noyaux qui attirent les particules atomiques dont sont composés, en premier lieu le corps mental, puis le corps astral, enfin le corps physique éthérique, ce après quoi le corps physique dense est « précipité ».
Les atomes permanents d’un être sont liés au corps causal de l’âme et ne sont influencés par aucune expérience faite hors incarnation. Le corps causal se situe sur le plus élevé des quatre plans du mental, et on peut le considérer comme une sorte de réservoir de tout ce qui a été perçu, connu et expérimenté dans les domaines du physique, de l’astral et du mental. Une « corde d’argent » relie l’âme et son corps aux trois atomes permanents. Dans ce cordon, la conscience est continue, de telle sorte que lorsqu’il est temps pour l’âme de s’incarner à nouveau, des particules de matière de taux vibratoire analogue sont, magiquement, attirés autour des atomes permanents. Ceux-ci ont conservé la même fréquence que dans la vie qui a précédé, et sont imprégnés de la conscience et de la vibration des énergies de ces niveaux.
Au début des incarnations suivantes, lorsque les véhicules sont prêts, l’âme forme ses enveloppes mentale, astrale et physique. La connaissance et l’expérience accumulées, gagnées au cours d’une succession de vies précédentes, s’écoulent du niveau de l’âme dans le cerveau physique qui en retient tout ce qu’il peut consciemment absorber, utiliser et connaître. Cette connaissance ne peut être véritablement utilisée avant que les centres du cerveau n’aient été suffisamment éveillés. Lorsque c’est le cas, nous nous trouvons devant ce que l’on appelle un « génie ».
L’âme est le miroir de la Monade, ou volonté spirituelle, de bouddhi, l’intuition spirituelle, et de manas, le mental supérieur. La personne qualifiée de génie, est à même d’accorder ses vibrations avec celles émanant du niveau de l’âme ainsi que de la conscience manasique ou bouddhique, c’est-à-dire la pensée. Là se trouve la source de cette connaissance supérieure et de ce talent prééminent hérités de l’expérience acquise au cours des vies passées. Un génie est celui qui jouit d’un contact étroit et instantané avec l’âme et peut, de ce niveau, faire descendre la sagesse et la connaissance jusqu’au cerveau physique, dans la mesure où les centres du cerveau, qui pour la plupart des gens demeurent inutilisés, ont été ouverts.
Dans le processus de l’incarnation, le facteur important se trouve dans le fait que nous nous incarnons, non pas individuellement, mais en groupes. Si naturellement, l’incarnation individuelle a réellement lieu, elle n’est qu’incidente par rapport à l’événement de plus grande portée qu’est l’incarnation de groupe. Cette renaissance en groupe se produit cycliquement, selon certaines lois gouvernant la manifestation des énergies ou rayons, et se trouve, également, liée au niveau d’évolution des groupes concernés.
On pose souvent la question de la longueur du temps séparant deux incarnations. Et l’on a écrit là-dessus, bien des choses erronées et qui ne sauraient être, en tout cas, que spéculatives. Le fait est qu’il existe d’énormes différences dans la longueur des périodes passées hors incarnation, aussi bien à un niveau individuel qu’au niveau des groupes. Certaines âmes connaissent une succession d’incarnation et de période de pralaya extraordinairement rapide, tandis que d’autres passent des éons entre une vie sur Terre et la suivante. Il n’y a pas de temps « moyen ». Souvenons-nous toujours que nous parlons en termes de temps du plan physique. Hors du cerveau physique, le temps n’existe pas. Il est cependant possible de donner un tableau généralisé qui, compte tenu de nombreuses variations, rend compte du schéma d’incarnation de trois principaux groupes composant l’humanité, sous l’impact de trois Lois.
La loi de l’évolution
Les masses, aujourd’hui, sont largement focalisées dans le véhicule astral ou émotionnel – leur conscience est encore essentiellement celle de la quatrième race-mère, l’atlante, dont le but évolutif était le perfectionnement du corps astral. Des millions de personnes actuellement incarnées faisaient partie de cette race atlante, dont elles montrent encore puissamment les tendances émotionnelles.
Pour ces individus, les moins avancés, la période hors incarnation est généralement courte. Etant de « jeunes » ego, ils ont encore beaucoup à apprendre, et sont magnétiquement attirés vers la vie du plan physique par les formes-pensées qui les lient au plan de l’existence terrestre, ainsi que par le flux et le reflux karmique qui émane de notre Terre. Eux-mêmes n’ont pas beaucoup à dire sur la question, mais selon la loi de l’évolution, ils sont poussés, cycliquement, encore et encore, à s’incarner, à apprendre, à faire des expériences, et, par leurs essais et leurs erreurs, par la douleur et la souffrance, à prendre finalement librement la décision de retourner consciemment, hors de la matière, vers l’esprit et la libération.
Ceux qui sont un peu plus évolués tendent à rester plus longtemps hors d’incarnation, car ils n’ont pas créé des liens terrestres aussi forts. Ils sont plus souples, plus libérés, et ont une plus grande focalisation mentale. En outre, du fait de leur expérience personnelle plus riche, ils ont également besoin de plus de temps pour absorber et assimiler ce qui ne peut être pris et intégré que sur les plans supérieurs, hors incarnation.
Comme je l’ai déjà dit, les ego plus évolués passent une « période » plus ou moins longue en pralaya, cet état d’existence entre la mort et la renaissance dans lequel il n’y a pas d’impulsion de se réincarner à nouveau. Le pralaya, ou l’expérience dans le devachan, correspond à l’idée chrétienne du paradis. Là, ces âmes attendront, parfois de brèves périodes, parfois pendant des éons, que le besoin de la présence de leur groupe particulier se fasse à nouveau sentir sur le plan physique.
Toutes les âmes se situent sur l’un ou l’autre des sept courants d’énergie – les sept rayons – et lorsque ces rayons viennent en manifestation, les groupes d’âmes qui appartiennent à ces rayons s’incarnent également. Ces ego plus avancés ne viennent pas individuellement, ils ne sont pas non plus les jouets aveugles de la loi d’évolution, comme le sont leurs frères moins avancés. Ils s’incarnent en obéissant à la loi de groupe dans le but de remplir un certain objectif, sous l’influence d’un rayon d’énergie spécifique, et en rapport avec un certain aspect du Plan. Chaque génération amène en incarnation un groupe équipé de la connaissance et de l’habileté nécessaires pour régler plus ou moins les problèmes de cette époque. C’est de cette façon que se développe et se déploie graduellement le Plan, par le travail des groupes successifs qui viennent en incarnation, encore et encore, et peuvent ensuite disparaître à la fin d’une ère pour ne plus revenir en incarnation pendant des éons.
La loi du service
Un autre groupe également entre très rapidement en incarnation. Ce sont les êtres les plus avancés, les disciples et les initiés. Ce n’est ni la loi d’évolution ni la loi de groupe qui gouverne leur retour, mais celle du Service. Ils choisissent consciemment et en toute liberté de s’incarner. Connaissant le Plan et désirant le servir, ils décident, sous l’impulsion de leur Maître personnel ou non, de la meilleure manière de le faire. Mais comme ce sont des initiés, le Maître, qui connaît le sentier les conduisant vers leur but, les surveille et les conseille dans le choix des circonstances de leur réincarnation. L’initié veut également revenir sur Terre afin de poursuivre sa tâche là où il l’a laissée, et aussi pour continuer à servir. Il s’incarne de façon répétée et rapide pour franchir les dernières étapes du sentier de l’initiation. L’initié a pour objectif de se dégager rapidement de son karma, afin d’être libre et apte à un plus grand service. L’âme imprime à son véhicule ce désir au cours de l’incarnation, ce qui neutralise toute aspiration du disciple pour la félicité du pralaya connue dans le devachan.
Il existe une autre raison aux cycles rapides d’incarnation, qui peut être la nécessité de « perfectionner » l’équipement du disciple en concentrant ses activités dans une direction très précise, et cela sur plusieurs vies, en vue d’acquérir une qualité qui lui manque, ou d’apporter une qualité spéciale, parfaitement développée en lui, au travail d’un groupe ou d’une nation particulière.
Les groupes d’âmes
Toutes les âmes s’incarnent et se réincarnent sous la loi de renaissance. Les groupes d’âmes viennent ensemble, dans le but d’épuiser le karma créé dans le passé. Cette loi donne donc l’occasion de rembourser de vieilles dettes, de reconnaître des amis de longue date et de travailler, d’accepter d’eux des anciennes responsabilités et des obligations, et d’amener en manifestation des talents et des qualités acquises depuis bien longtemps afin de les utiliser. Quelle beauté et quel ordre, dans cette loi qui gouverne notre apparition sur le plan terrestre !
En résumé, nous pouvons dire que la réincarnation dépend de la destinée particulière de l’individu. S’il n’est pas suffisamment développé, il n’y a pas encore véritablement de destinée. L’individu est simplement ramené en incarnation. Lorsque l’homme ou la femme a progressé un peu plus, sa destinée devient une destinée de groupe. Dans le cas d’un disciple ou d’un initié, cependant, les cycles d’incarnation sont gouvernés par leur destin individuel et, par-dessus tout, par leur désir de servir.
Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : Divers ()
