Partage international no 435 – novembre 2024
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture vient de publier son rapport 2024 sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, qui indique que les niveaux mondiaux de faim et d’insécurité alimentaire n’ont pas changé au cours des deux dernières années. On estime qu’entre 713 et 757 millions de personnes, soit entre 8,9 et 9,4 % de la population mondiale étaient sous-alimentées en 2023. Si l’on considère l’estimation moyenne (733 millions), la faim a touché environ 152 millions de personnes supplémentaires par rapport à 2019.
Le rapport souligne que les principaux facteurs de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition, à savoir les conflits, la variabilité du climat et les phénomènes climatiques extrêmes ainsi que les ralentissements économiques, augmentent tous en fréquence et en intensité et se produisent plus souvent simultanément.
La situation de la sécurité alimentaire mondiale reste préoccupante et ne s’est guère améliorée depuis 2019. La prévalence de l’insécurité alimentaire modérée ou grave, telle que mesurée par l’indicateur des Objectifs de développement durable (ODD), continue d’être nettement plus élevée qu’avant la pandémie de covid-19. Cette mesure a peu évolué au cours des quatre dernières années, après une forte augmentation entre 2019 et 2020 en raison de la pandémie.
En 2023, environ 28,9 % de la population mondiale, soit 2,33 milliards de personnes, ont souffert d’une insécurité alimentaire modérée ou grave. Cela signifie qu’ils n’ont pas un accès constant à une alimentation suffisante. Au sein de ce groupe, un sous-ensemble particulièrement vulnérable de 10,7 % de la population mondiale – plus de 864 millions de personnes – est confronté à une insécurité alimentaire grave. Ces personnes ont connu des périodes de disette et, dans des cas extrêmes, ont passé des journées entières sans manger.
Le taux mondial d’insécurité alimentaire grave a connu un bond significatif, passant de 9,1 % en 2019 à 10,6 % en 2020. Depuis lors, ce chiffre est resté constamment élevé, ne montrant aucun signe d’amélioration. Ce recul met en évidence les défis permanents que pose la sécurité alimentaire mondiale, qui va au-delà de la simple faim pour englober des questions plus larges d’accès constant à une nutrition adéquate.
Pour que les interventions contre la faim atteignent l’ampleur nécessaire, il faut un accès adéquat et équitable à des financements permettant de s’attaquer aux problèmes de sécurité alimentaire et de nutrition. Le rapport se fonde sur les ressources financières nécessaires pour atteindre les objectifs 2.1 et 2.2 des ODD, plus précisément sur le financement nécessaire pour éradiquer la faim, l’insécurité alimentaire et toutes les formes de malnutrition.
