Une œuvre au long cours

Partage international no 413février 2023

En octobre 2010, j’étais en vacances avec mon mari au Japon. Nous visitions Kyoto pour admirer les magnifiques temples qui s’y trouvent. Ils sont principalement situés dans les collines en bordure de la ville et on y accède par des ruelles bordées de boutiques de souvenirs, de maisons de thé et de restaurants. En descendant l’une de ces rues animées, mon mari repéra un artiste au travail dans un espace situé devant une maison. Je le suivis pour voir ce que l’homme peignait.
C’était un Japonais d’environ cinquante ans. Il parlait un peu anglais et ils échangèrent quelques mots.

Je fus surprise par la peinture. Elle était habile, mais avait un côté enfantin. Elle représentait une nuée de gens de toutes les nations descendant la rue où nous nous trouvions. Une vraie merveille à regarder. Mais les bâtiments étaient très différents, même s’il s’agissait de la même rue.

J’étais sur le point de poser des questions, quand il se mit à expliquer qu’il peignait ce tableau depuis seize ans ! Pendant ce temps, les enfants avaient grandi, les familles avaient déménagé, les magasins avaient changé de propriétaires – d’où le changement de décor. Ensuite, il prit un morceau de bois, le plaça sur la toile et, avec de la peinture blanche au pinceau, il réalisa habilement un bord parfait le long d’un toit, tout en soupirant et en « tapotant » comme s’il était très insatisfait de son travail.

Deux autres hommes nous rejoignirent brièvement pour regarder le tableau, émirent des sons admiratifs puis partirent. Mon mari le quitta également. Alors seule en conversation avec l’artiste et son anxiété apparemment croissante, je trouvai ses gestes faciles à comprendre, de même que son anglais limité. Entre autres il déclara : « Je l’ai commencée en 1994. » Il ôta son chapeau et ébouriffa ses cheveux gris, soulignant le fait qu’ils avaient blanchi pendant qu’il essayait de réaliser son œuvre. Il dirigea ses bras vers le sol de façon spectaculaire et déclara qu’il mourrait à cet endroit s’il ne la terminait pas rapidement !

Je ne sus pas vraiment comment réagir à cet emportement. Je touchai son bras en espérant qu’il se calme, puis je me dis que je devais lui dire au revoir. Il me fit tranquillement ses adieux. Je rattrapai mon mari un peu plus loin, mais je me sentis soudain obligée d’y retourner pour voir si l’artiste était toujours là. Je jetai un coup d’œil à travers les buissons, constatai qu’il se tenait en retrait de son œuvre et qu’il observait les gens tout en se versant de l’eau claire d’une gourde dans une tasse.

Le Maître pourrait-il me dire si cet artiste était Maitreya ou quelqu’un d’autre ? Merci beaucoup.

H. S., Oxford, Royaume-Uni

[Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que « l’artiste » était Maitreya.]

Lieu : Kyoto, Japon
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)